Je pense qu’un golem d’argile et quelques pièges empoisonnés feraient l’affaire. Le golem attirerai les dévoreurs dans les pièges, la confusion ainsi créée devrait suffire à faire partir les gardiens de la lame.
Voilà les pièges en place. Je plongeais ma main dans la terre pour en retirer une poignée, après avoir récité l’incantation, le sol trembla légèrement et un golem en sortit. Je lui donnais mes instructions. Pendant que je me dirigeais à l’autre bout du camp il se mit à tuer quelques dévoreurs, les autres ne tardèrent pas à le suivre, et les ris de douleur ne tardèrent pas à se faire entendre. J’étais presque arrivé au Gidbin que d’autres cris se firent entendre.
-Imbouska ! Imbouska !
Cela veut dire embuscade dans leur langage. Les dévoreurs ne suivirent plus le golem et certains venaient dans ma direction. Voilà le Gidbin ! Je me dépêchais de le mettre dans un sac puis je me mit à courir dans la jungle comme un perdu. Je pourrais créer des murs d’os mais cela leur donnerai ma position.
Ils sont plus rapides et commencent à me rattraper…que faire ?
Ils sont sur le point de m’encercler. Dois je me servir du Gidbin et le maîtriser ou dois-je gagner sans l’utiliser ?
J’essaie vainement de lancer un sort sur eux mais visiblement Tyrael a encore fait des siennes. Me voilà donc obligé d’utiliser cette lame maudite. Mon âme frissonne rien qu’en approchant ma main de la lame. La voilà dans ma main, l’âme du démon entre en moi et me prête sa force, mais peu à peu je perds le contrôle. Je me souviens m’être lancé sur les dévoreurs d’âmes et…plus rien.
Je me relève je ne saurais dire combien de temps après, perdu, toujours dans la jungle, couvert de sang. Je vérifie d’abord que je ne suis pas blessé, mais non aucune égratignure, je me sens juste un peu fatigué. C’est alors que je vit le charnier, impossible de dire le nombre mais des centaines de cadavres gisaient autour de moi. Je ne pus m’empêcher de dire à voix haute :
-Quel gâchis de chair vivante !
Je retournais vers l’endroit où Tyrael m’avait déposé, ma mission étant finie. J’avais toujours la dague en main…
Mais une patrouille s’approchait.
-Que faites vous ici ? vous n’avez pas le droit d’être là ! cria le chef.
-Je, heu…je suis allé chercher le Gidbin.
C’est alors que le démon me murmura de les tuer. « Qui sont-ils pour te parler ainsi » me dit-il. Je devais résister. C’était cela mon épreuve. Mais avec le charnier précédent le démon avait repris des forces, je me pliais en deux, la tête entre les mains. Sa voix résonnait dans ma tête, mais je ne devais pas céder aux pulsions du démon. Impossible de jeter le Gidbin. Le démon se faisait plus pressant que jamais mais je tenait bon.
-Tu l’auras voulu, hurla le démon.
Il sorti de moi et pris mon apparence extérieure. Me voilà en face de moi-même, trait pour trait.
-Je suis ton côté sombre. Combat moi ou meurt !
Voyant que j’hésitais à affronter mon double il se jeta sur moi, j’évitais de justesse sa lame qui avait pour cible mon cœur. J’en profitais pour contre-attaquer en lui enfonçant le Gidbin dans le bras, mais cela me fit hurler de douleur autant que lui. Mes coups portés au démon me blessaient également.
Voyant l’incompréhension des gardes, je pus conclure que ce combat se passait dans ma tête.
Mais le démon ne me laissa pas de répit et repartais déjà à la charge. Je ne bougeais pas d’un pouce et dis :
-Je ne me battrai pas
-Tu refuses de te battre ? dis le démon surpris, alors MEURS !
C’est à ce moment que je lança un ordre aux gardes :
-Coupez moi la main !
Voyant leur tête stupéfaite par cette ordre je réitérais :
-Dépêchez vous tranchez moi la main portant la lame !
Le garde le plus proche s’exécuta. Au moment ou le démon me ressemblant allait me transpercer, le garde coupa net ma main droite, et le Gidbin tomba à terre.
Le démon disparu de ma tête…j’avais réussi. Je remerciait les gardes en leur expliquant ce qui s’était passé. Le soldat médecin du groupe me fit un bandage. Après les avoir encore remercié je me dirigeais sans tarder vers Tyrael. Il esquissa un sourire en me voyant. Puis il se fendit d’un compliment :
-Bravo Bleeding_Scythe, le don de soi est une bonne arme pour combattre le mal. Souviens-t-en !
Ne t’inquiète pas pour ta main. »
Le public applaudissait l’exploit du grand Patriarche nécromancien. Sacrifier une partie de soi pour éradiquer le mal était courageux et noble. Les nécromanciens présents étaient aux anges.
Sur ce haut-fait conté, Almeric alla se coucher, il savait que la nuit qui s’annonçait serait encore plus difficile à vivre. Néanmoins il était heureux pour Bleeding_scythe.