"Je préfère un soldat avec des petits coups de déprime après une défaite qu'un abrutis qui dira des blagues bidons non stop sans se soucier de rien ..."
Hum j'ai un problème avec ce côté déprimé et fatigué de Shepard, qui serait la preuve de son humanité et d'une réaction normale face aux affreuses circonstances de la guerre contre les moissonneurs.
Dans ME3,l'orientation psychologique de Shepard tend à être exploitée dans un sens unique malgré des idées intéressantes. En effet, l'autonomie manifeste de Shepard dans les dialogues exclue par moments le joueur de ses choix dans la psychologie qu'il désire façonner. Par exemple, on voit à la fin que Shepard, à la question d'Anderson "Comment ça va ?" posée juste après avoir traversé le faisceau, a le choix entre une réponse conciliante qui consiste à faire part de sa souffrance ou un réponse pragma où le commandant assure qu'il tient le coup (et dont l'esprit pourrait se traduire par "je refoule mes souffrances personnelles pour me concentrer sur la mission"). Plus tôt dans le jeu, après la mission de Tuchanka, Garrus faire par de son inquiétude à Shepard qu'il sent épuisé et là le commandant répond sans que l'on ait le choix un truc du genre "Je n'aurai de repos que lorsque je serai mort" Donc sur ce coup-ci Shepard avoue sa fatigue à Garrus, il fait un aveu de faiblesse, il se confie, autrement dit cette réponse est plutôt conciliante ! Une réponse pragma, comme on le voit avec Anderson, aurait consisté à nier cette fatigue.
Beaucoup de monde trouve que Shepard a un côté "plus humain" dans ME3 parce-que qu'il nous fait part de sa fatigue et de ses appréhensions... Le truc c'est qu'il le fait des fois sans nous demander notre avis.
Le problème avec ce manque d'option de dialogue dans ME3 est qu'il fait tendre Shepard vers une orientation psychologique unilatérale: bien sûr de prime abord on dit "oh trop cool Shepard dit qu'il est inquiet et fatigué, il est plus humain lol" mais je trouve que l'on exploite pas assez cette autre orientation possible où Shepard justement nie souffrir de tout le poids de la galaxie à sauver.
J'ai donc l'impression parfois que le jeu nous impose ce côté qui serait "plus humain" où Shepard manifeste son épuisement. Mais la psychologie humaine est plus complexe que ça il me semble. On aurait pu avoir un Shepard conciliant "psychanalysé", qui avoue son ressenti aux autres et accepte leur aide dans sa tourmente ou alors un Shepard pragmatique qui affirmerait qu'à défaut de le décourager, cette guerre lui donne un but, elle renforce sa volonté de survivre et de se battre et donc son goût pour la vie. Il refuserait alors la sollicitude de ses coéquipiers.
Donc bref, peut-être que je me goure totalement et que mon pavé ne veut pas dire grand chose. Mais je n'aime pas le fait que ME3 tende nous imposer un unique "côté plus humain". Il y avait un très gros potentiel dans cette exploitation de la psychologique du personnage et certains éléments du jeu montrent de très bonnes idées, qui malheureusement ne vont pas assez loin.
PS: copié/collé d'un pavé posté ultérieurement dans un topic oublié et locké
Bon après c'est sûr que j'en demande un peu trop au vu du temps qu'a eu BW pour nous pondre ME3 (mais ce qu'il ont fait avec un si petit laps de temps reste remarquable).
N'allez pas me dire que c'est du HS, puisqu'il s'agit bien de Shepard dont il est question.
Pour moi et pour d'autres Shepard contribue autant à faire aimer Mass Effect que son univers très riche.