Irvin hésita un instant, puis il amorça son approche. Lentement, il se mit en marche vers la table et s’assit.
Le turien détourna aussitôt le regard pour le poser sur Irvin. Puis après quelques secondes d’observations mutuelles, Garrus prit la parole d’une voix rauque, sans doute pour cacher son identité.
« Que voulez-vous ? »
Irvin regarda Garrus, puis Jenna, puis Garrus de nouveau. Après un moment d’hésitation, il éteint son comlink, puis d’une voix grave :
« Jenna est en danger. Les gangs ont envoyé un de leurs hommes pour la tuer, ici et maintenant. Ils m’ont ordonné de leur donner le feu vert dès que votre intention sera dirigée autre part. »
Garrus le regarda d’un œil suspect, croyant que c’était une ruse. Puis voyant le visage sérieux de l’humain :
« Savez-vous qui sera le tueur ?
-Non. Et j’ai débranché l’oreillette pour éviter qu’il m’entende.
-Merde ! Il faut faire évacuer Jenna maintenant. Je peux compter sur vous ?
-Je vous aie prévenue non ?
-Ok, essayez de repérer quelqu’un de suspect dans la foule »
Irvin observa autour de lui pendant que Garrus s’approchait discrètement de Jenna. Difficile de trouver quelqu’un de suspect dans un club où tout le monde était suspect.
Soudain, il aperçut une espèce de tortue, le visage balafré de cicatrices, avec un pistolet à la main. Ce devait être lui le tueur.
Irvin essaya de prévenir Vakarian.
« Garrus ! C’est lui là-bas ! » dit-il en désignant l’alien.
Le turien dégaina son arme en même temps que la tortue levait la sienne.
On entendit deux coup tirés simultanément.
La foule s’agita de partout. Les gens couraient de partout. Irvin traversa difficilement cette vague de panique et rejoignit Garrus. Il était agenouillé à côté du corps de la jeune femme.
Quelques mètres plus loin, on pouvait voir la dépouille du mercenaire, une balle entre les deux yeux. Irvin ne pouvait qu’admirer la précision du turien.
« Elle voulait juste aider, tu sais ? Juste se rendre utile, elle qui travailler dans un bar ordinaire à la citadelle. Et voilà comment elle finit. Juste un corps de plus sur Omega.
-Venez Vakarian. Cet endroit n’est plus sûre.»
Ils sortirent du night-club.
Quand Irvin revint voir Aria, il la trouva en fureur.
« Mais qu’est-ce que vous avez foutue, bordel ? Votre mission était pourtant simple : détourner l’attention de Vakarian ! C’était si dur ?
-Je ne vois pas pourquoi j’aurais eu à me mouiller dans une affaire qui ne me regarde pas !
Si vous voulez envoyer des gens au casse-pipe, faîtes-le avec vos hommes. »
Aria se calma un petit peu.
« De toute manière, l’affaire est réglée. Vakarian a envoyé son rapport, mais le présidium ne souhaite pas intervenir. Etonnant, n’est-ce pas ? Par contre, vous êtes virés.
-Je n’ai jamais bossé pour vous, Aria.
-Pensez ce que vous voulez, mais cassez-vous avant que je vous fasse écarteler. »
Irvin sortit du club, suivie de très près par deux turiens.
Après quelques mètres, il croisa Villie en train de parler avec d’autres vortchas.
« Ah ! Te voilà, lâcheur ? Avec toi, c’est quitte ou double. Soit tu essayes de me tuer, soit tu me laisse tomber.
- Moi pas laisser tomber toi. Juste laisser toi parler à Aria. Aria pas aimer vortcha. Elle encore moins aimer vortcha qui trahi elle.
-Ben voyons
-Ah, et moi recevoir message de turien Vakarian. »
Villie lui tendit un datapad. Sur celui-ci était écrit :
« Je tenais à vous remercier pour votre aide au bar. Au moins j’aurais tué ce fumier. Ca ne ramènera pas Jenna, mais ça fait une pourriture en moins dans cette galaxie. J’ai officiellement démissionné du SSC. Je leur ai envoyé un rapport détaillé de l’attaque, et tout ce qu’il ont trouvé à me répondre ces cons, c’est « Cet opération n’était pas officiel. Nous ne pouvons agir. Rentrez à la citadelle. ».
Je pense que je vais rester sur Omega, voir si je peux rendre ce monde meilleur autrement que le cul vissé à une chaise. Si on vous parle d’un malade qui bute les criminels dans les rues d’Omega, vous pourrez être sûre que ce soit moi.
Qui que vous soyez, je vous remercie encore une fois.
PS : Vous feriez mieux d’éviter de fréquenter des vortchas. Ils sont généralement de mauvaise compagnie. »
En levant les yeux du datapad, Irvin découvrit qu’il avait suivie Villie instinctivement.
« Où on va ?
-Moi aller t’amener devant un homme du courtier de l’ombre. Toi veux savoir qui être toi, non ?
- Pourquoi m’aides-tu ? Tu n’as pas de compte à me rendre.
-Peut-être, mais partout où être toi, il y a des fusillades. Ca être rigolo.
-Parle pour toi. Qu’est-ce qui me fait dire que tu ne tenteras pas de toucher la prime des soleils bleus.
-Moi avoir principe : ne jamais essayer tuer deux fois même personne. »
Au tournant d’un carrefour, un homme sortit de l’ombre et s’approcha d’eux.
« Irvin Ohara ? »
Il s’arrêta net.
« Que me voulez-vous ?
-L’homme trouble désire vous parler. »
1) Je vous suis.
2) Et pourquoi ?
3) Et moi pas.