"L'autre, Miguel Rosa, n°7, minotaure en short, court les bras tendus comme un Playmobil, le tout avec une tête et une coupe sorties d'un album de Frank Margerin. Un altruisme hors du commun le conduira à faire au moins quinze kilomètres dans le match et des aller-retour en sprint inutiles et généreux jusqu'à la dernière minute
Au Stade du Restelo, on apprécie l'effort, on applaudit les touches. Toutes les touches. On interpelle les joueurs pendant le match, on rit entre copains et copines, on regarde sur la piste d'athlétisme trempée à cause d'un système d'arrosage mal réglé les ramasseurs de balles faire des concours de jongle. Parfois, on s'en va au milieu du match, on revient sans que le score n'ait bougé, on regarde le chronomètre qui avance de trois secondes en trois secondes – si, si -
Sur le terrain, à l'échauffement, les exercices changent trop rapidement pour être utiles. Le gardien remplaçant ne touchera que deux ballons sur vingt frappes. Le sourire aux lèvres. Dès l'avant-match, deux joueurs semblent pourtant déterminés, énervés même, assurément pressés d'en découdre, dans le but de défendre les couleurs du club ou de briller pour lui échapper plus rapidement, c'est selon. Les deux, au final, illumineront à leur façon ce match bucolique, entre courses laborieuses et gestes techniques dessinés à gros traits par des joueurs en moyenne assez lourds – les joueurs sont surnommés les Pastéis de Belem, en hommage aux spécialités locales"
Il m'a tuée l'enfoirée. 