Eric Di Meco : «Gagner une Coupe de France avec l’OM, c’est entrer dans l’histoire»
17/04/07 - OM-Nantes (CdF)
Eric Di Meco a remporté avec l’OM la dernière Coupe de France du club. Il porte un regard empli d’expérience sur ce match qui oppose Phocéens et Canaris. Mais également sur une compétition qui garde une place à part dans son cœur et celui des Marseillais.
Eric Di Meco, comment trouvez-vous jusqu’ici le parcours en Coupe de France de cette équipe olympienne ?
«Deux ans de suite en demi-finale, c’est super pour les supporters. Ces derniers temps ils n’avaient pas beaucoup de victoires à se mettre sous la dent. Là, je crois que ce parcours avec notamment, la victoire contre Lyon, est une belle aventure avec des tirages qui ont été intéressants pour les Marseillais. Mais lorsqu’on va au bout en général, c’est parce qu’il y a de bons matches, et une part de chance dans les tirages également».
Comment les trouvez-vous ces Marseillais cette saison? Pensez-vous qu’ils aient la possibilité de battre déjà Nantes, et d’aller remporter la compétition au Stade de France ?
«Oui je pense qu’ils ont les moyens d’aller au bout et de la gagner. Il est certain que l’on est un peu déçu par rapport au début de championnat où tout le monde a eu beaucoup d’espoirs. Mais nous sommes toujours à la lutte et il y a une place en Champion’s League qui est encore jouable. Certains disent que les Marseillais ne méritent pas la Ligue des Champions, mais je ne vois pas quelle équipe la mérite plus que nous. Toutes celles qui sont à la lutte avec l’OM ont également perdu beaucoup de matches cette année. Donc ce sera la meilleure formation sur la fin du championnat qui ira en C1. Les Marseillais ont toutes leurs chances».
Côté nantais, cette Coupe de France est-elle le meilleur moyen de sauver une saison bien terne en championnat ?
«Le problème dans leur situation, c’est que même s’ils la gagnent et qu’ils descendent en Ligue 2, le pire sera arrivé. Je ne pense pas que l’on puisse sauver une saison en descendant et en gagnant malgré tout une Coupe de France. Parce que la saison d’après, ils joueront en deuxième division quoi qu’il arrive. Mais il est clair qu’ils viendront au Stade Vélodrome avec de grosses ambitions et en essayant de faire un coup. Malgré tout, c’est une équipe qui est un peu traumatisée par son championnat et que l’OM peut très vite mettre au pas. Si les joueurs font ce qu’il faut, c’est un match qui peut très vite virer en faveur des Marseillais».
Raymond Domenech a déclaré que Fabien Barthez serait «la clé du match». On se souvient de son retour au Stade Vélodrome en février…
«Même s’il s’est arrêté, même s’il est allé dans un club qui joue le bas du tableau, sur un match, il peut tout simplement être le meilleur gardien du monde. Et jouer au Stade Vélodrome, pour lui, c’est toujours un grand événement. Donc je suis sûr qu’il va faire un grand match. Maintenant, il suffit de le battre une fois et cela suffira pour les Marseillais».
Vous faisiez partie de l’équipe phocéenne qui a ramené la dernière Coupe de France du club sur le Vieux Port en 1989. Quels souvenirs cela vous évoque-t-il ?
«On parle toujours de la Coupe d’Europe de 1993. Mais pour moi, cette Coupe de France gagnée, avec en plus le titre de champion de France, est une de mes plus grandes joies. Tout simplement car, un an auparavant, je jouais en deuxième division. Je me suis retrouvé dans cette équipe à faire le doublé Coupe Championnat, et en devenant international en plus. Après nous avons eu des objectifs très clairs et très difficiles mis en place par le président. Mais à l’époque nous étions encore insouciants et il y avait une super ambiance. Je me rappelle de la fête après le match, c’était un grand moment de ma carrière».
L´OM est détenteur du record de victoires en Coupe de France, avec 10 titres. Un nouveau succès dans cette compétition, c’est ce que souhaite par-dessus tout le public marseillais ?
«Déjà pour les joueurs, gagner un titre avec l’OM c’est rentrer dans l’histoire. De nos jours, certains ne restent au club que peu de temps, mais il est bien de pouvoir laisser son nom dans l’histoire de ce club. Ils s’en souviendront toute leur vie. Mais c’est surtout important pour les supporters. Ils ont mal depuis quelques années, ils souffrent par rapport aux résultats de l’OM et ils mériteraient d’avoir cette Coupe de France. Car c’est un trophée que l’on peut toucher et leur présenter. Pour les joueurs et les inconditionnels de l’OM, cela fait partie des grands moments d’une carrière».