Erik Bielderman (L'Equipe Mag) : «Ronaldo. Il a une dimension que Messi n'a pas, celle de susciter les émotions fortes et contradictoires. On l'aime ou on le déteste.
Messi, on ne peut que l'aimer. Le talent de Ronaldo est densifié et occulté par son comportement, qui le fait rentrer dans la famille des Maradona, des talents absolus qui trichent et qu'on trouve mal élevé, mais qui ont cette dimension indispensable pour être tout en haut de l'affiche.
J'entends que Zidane est un contre-exemple. Mais non. Zidane est transparent face à un micro, mais il a reçu quatorze cartons rouges. Il pouvait disjoncter n'importe quand. Messi n'a pas cette dimension là. C'est le jeune homme issu de la classe moyenne, qui réussit dans la discrétion.
Seul son jeu est fantastique. L'histoire de Ronaldo, c'est presque une histoire de boxeur. Les belles histoires de footballeur, c'est ça, généralement, comme Maradona. Chez Ronaldo, il y a quelque chose en plus, plus de variété dans la manière de s'exprimer sur le terrain.
Il est insupportable avec tout le monde, jusqu'à son entraîneur. Il te nourrit d'émotions contradictoires. Messi, j'adore. Mais Ronaldo m'excite.
Parfois j'ai envie de l'étrangler, souvent je me dis : mais non, il est génial, ce n'est pas grave. Plus de génie chez Messi ? Pas sûr. Messi a un centre de gravité tellement bas qu'il peut accomplir des gestes qui ne sont pas à la portée de 99% des gens. Il surfe sur un quasi handicap physiologique. Ronaldo physiquement, n'a rien pour être un joueur génial. Ce qu'il accomplit en étant grand est à mon sens plus compliqué que ce que fait Messi.»
Tout ce qu'il dit est vrai, surtout le passage "Il(CR) te nourrit d'émotions contradictoires."
C'est exactement ce que je ressens parfois envers CR.