Aujourd'hui, Pepe est une épine dans le pied du Real Madrid. Sa réputation le suit depuis son enfance. Pourtant, il a échappé au cliché des joueurs issus des favelas de Rio. Kepler Laveran Lima Ferreira, son vrai nom, a grandi à Maceio. "La plus petite des grande villes brésiliennes. Il ne s’y passe rien", a-t-il eu l'occasion de décrire dans le magazine brésilien Placar. Un quotidien dans lequel la violence a malgré tout fait rapidement irruption. Surnommé Pepino (concombre), parce qu'il était "petit et gros", il est la cible des gamins de son âge. Et des plus vieux. "J’avais 8 ans et je jouais avec des jeunes qui en avaient 18 et 20, dévoile-t-il. Quand ils me frappaient fort, j’essayais de retenir mes larmes pour montrer que je n’étais pas une mauviette. Puis, dès que je rentrais chez moi, je m’entraînais à faire des tacles tout seul jusqu’à avoir les genoux ensanglantés. Je voulais absolument me faire accepter, quitte à souffrir physiquement." Un récit qui fait froid dans le dos...
Pour se forger un mental de guerrier, Pepe peut aussi compter sur les méthodes d'entraînement musclées de son père. Quand d'autres peaufinaient leurs jongles, il enchaînait les footings de plus de deux heures sur la plage, façon Rocky. "Mon père me mettait dans l’eau avec des poids de deux ou trois kilos attachés à chaque pied, dit-il encore. J’avais deux possibilités: me noyer ou tirer sur les jambes pour pouvoir respirer". Alors il tire sur ses jambes, avant de tirer sur celles de ses adversaires. A 13 ans, c'est ainsi qu'il se fait repérer. "Il a toujours joué dur, avec un esprit de guerrier. Les gens lui ont vite collé l’étiquette de bourrin", se souvient Edminton Lins, directeur du Clube Regatas Brasil. Son coéquipier de l'époque en défense centrale, Paulo Jorge, garde le même souvenir : "Les gens disaient que j’étais le gentil et lui le méchant. Un jour, lors d’un match, j’ai remarqué que l’attaquant adverse venait seulement de mon côté. Quand je lui ai demandé pourquoi, il m’a dit qu’il préférait ne pas s’approcher trop près de Pepe, parce qu’il avait peur de s’en prendre plein la gueule !"
"Pour me détendre, je joue à Call of Duty"
A 28 ans, Pepe ne s'est pas calmé malgré les nombreux conseils prodigués au sein du Real Madrid. En 2010, Di Stefano l'avait déjà incité à ne "pas perdre les pédales". En vain. Le staff médical est même allé plus loin. En 2007, lors de son arrivée du FC Porto, il avait tenté de canaliser son agressivité à coups d'antidépresseurs. Une solution radicale qui a été abandonnée. "Je n’aime pas les médicaments, et surtout, j’ai trouvé une solution pour me détendre avant d’aller dormir: me faire une petite partie de Call of Duty", expliquait alors le joueur dans Marca. Un jeu vidéo violent dans lequel Pepe a son niveau préféré : "Celui des favelas. C’est là que je fais mes plus gros carnages"... A la lumière des récents événements, ce portrait est plutôt inquiétant. Le "gars adorable" décrit par Zidane serait un fauve incapable de se contrôler sur un terrain. Pourtant, aux yeux de Mourinho, il est indispensable. Alors peut-il s'offrir le luxe de s'en priver pour un Clasico qu'il n'a pas le droit de laisser filer ?
Pepe le warrior 