Gérard Bernardet : « Si j´étais resté, je suis certain que Montpellier serait toujours en Ligue 1 »
Même les gentlemen ont leurs limites ! Et à force de lire et d´entendre que Montpellier-Hérault, dont il fut débarqué en février, était une équipe en vacances et limitée tactiquement, le " sage" Gérard Bernardet est sorti de sa réserve.
Sans haine ni amertume... Juste pour exprimer sa déception sur la situation d´un club qu´il adore.
Midi Libre : Gérard, on ne vous a ni vu ni entendu depuis votre limogeage de l´équipe " pro", en février. Qu´avez-vous fait pendant ces cinq mois ?
Gérard Bernardet : Je me suis refait une santé morale. Quitter l´équipe n´a pas été facile et je dois avouer qu´il m´a fallu plusieurs semaines pour digérer tout cela.
Ensuite, j´ai assisté à de nombreux matches avant de partir trois semaines à Clairefontaine où j´ai passé, avec succès, mon DEF. Cela signifie qu´il ne me reste plus désormais qu´à obtenir le DEPF pour pouvoir entraîner officiellement une équipe de Ligue 1.
Pourquoi avez-vous choisi de vous exprimer maintenant ?
Parce qu´il n´était pas question de le faire tant que la saison n´était pas terminée. Si j´ai quitté le groupe sur la pointe des pieds, sans faire de bruit, c´est uniquement parce que je souhaitais ardemment que Montpellier se maintienne en Ligue 1. Aujourd´hui, hélas, ce n´est pas le cas et j´ai envie de remettre certaines choses à leur place.
Par exemple ?
Lorsque Robert Nouzaret m´a succédé, j´ai été le premier à dire qu´il était l´homme de la situation de par son expérience et sa connaissance du club.
Lui a choisi une autre manière de communiquer. Et en disant qu´il avait trouvé à son arrivée une équipe de Montpellier en vacances, nulle sur le plan tactique et au sein de laquelle on pratiquait le copinage, il m´a quelque part manqué de respect. Le groupe de Montpellier a toujours formidablement bossé, quelle que soit sa situation et jamais il n´a été en vacances.
Tactiquement, même si je n´ai pas la prétention d´être un génie, je crois pouvoir dire que nous ne nous en sommes pas trop mal sortis lors de notre opération sauvetage, en fin de saison dernière, mais aussi lors des six premiers mois de l´exercice 2003/2004.
Quant au copinage, ce n´est parce que j´ai toujours défendu publiquement mes joueurs que je ne leur disais pas leurs quatre vérités lorsque cela était nécessaire.
Nouzaret a échoué dans sa tentative de sauvetage. Êtes-vous surpris ?
Un peu oui, mais je n´ai pas à juger la fin de la saison, ce n´est pas mon style.
La seule chose dont je suis certain, c´est que si j´étais resté l´entraîneur de Montpellier, nous nous serions maintenus en Ligue 1. Je lisais dans les yeux des joueurs que cette spirale de défaites était uniquement due à un " coup de pompe" général et non pas à une quelconque démission collective.
Votre contrat avec Montpellier s´achève le 30 juin. Allez-vous rester au club ?
Non et ce, même si le président, que je dois rencontrer prochainement, me propose quelque chose. Je ne reviendrais pas au club tant que certaines personnes y seront.
Quelles personnes ?
Celles qui ne souhaitaient pas travailler avec Nouzaret et qui pourtant, sont toujours là.
Qu´allez vous faire ?
J´ai des contacts pour entraîner. Mais rien de définitif. On saura bientôt.