Chapitre 3 : Un enchaînement d'évènements
Le dernier cri était d'une puissance si phénoménale que son origine semblait être à une centaine de mètres. Il y eut un blanc, et la Capitaine me foudroya du regard en me criant de m'approcher. En m'exécutant, je m'approchais pas à pas de la Mort ... Le bourreau ne me quittait pas du regard.
La Capitaine me mit à genoux et me posa la tête sur la pierre de décapitation ; j'avais une vue imprenable sur la tête de Thongar ... Le bourreau adopta son même sourire carnassier et, alors qu'il levait sa hallebarde, j'aperçut au loin une silhouette qui m'étais inconnue. Une sorte de dragon, oui. Il se posa sur une tour à proximité, surplombant l'assemblée. Il poussa un cri surpuissant qui fit tomber le bourreau, puis il en poussa un second en ma direction. Ce dragon semblait me vouloir du mal.
Il fallut moins d'une minute pour qu'Helgen soit à feu et à sang. Tous les prisonniers s'échapèrent, moi y compris. Une partie d'entre nous se réfugia dans une tour en face. J'étais en compagnie de Ralof et Ulfric. Sans prêter la moindre attention à leur discussion, je commençai à monter par les escaliers quand le mur éclata pour laisser place au dragon. Il cracha une flamme, et semblait dire "Toor ... Shul !". Je ne comprenais vraiment rien à ce qu'il m'arrivais. Je sautais de la tour par le trou béant qu'avait créé l'explosion, et continua ma fuite. Je croisa à un moment le soldat à la liste, et j'appris qu'il s'appelait Hadvar. Je me frayai péniblement un chemin à travers les combats et explosions, et j'arrivai enfin à l'intérieur d'un bâtiment sécurisé, en compagnie de Ralof. Il défit les liens de mes brassards, et nous pûmes nous équiper à notre aise.
Je me souviens encore de cet après-midi. Avec tous les impériaux que nous avons étripés, nous aurions sûrement été recherché partout en Tamriel si la Légion avait été au courant ... Nous avons même rencontré un ours à un moment.
Bref, Ralof et moi faisions partie des rares survivants du massacre d'Helgen.
Une fois dehors, il me parla alors du clan Sombrage, qu'il me voyait bien rejoindre malgré mes origines. Car oui, j'étais un Haut-Elfe, race similaire des Thalmors, ennemis jurés des Sombrages ...
Il m'indiqua le village le plus proche, Rivebois. Il me proposa de le suivre pour pouvoir manger en toute tranquillité avec sa soeur et le conjoint de cette dernière, mais je déclina poliment son invitation : je n'avais guère envie de perdre mon temps en actions inutiles. Ralof ajouta ensuite que pour m'enrôler dans le camp Sombrage, il me faudrait me rendre à Vendeaume, la ville la plus au nord est de Bordeciel, la route serait longue ...
Je lui fis mes adieux et sortis du sentier. Je m'engouffra dans la forêt, de sorte à trouver un autre chemin et ne pas arriver à Rivebois en même temps que lui ; je ne voulais pas être trop vite mêlé à d'autres problèmes avec la Légion.
Après trois bonnes heures de marche, j'arrivai en ville. Aucun signe de Ralof, parfait. Je me dirigea vers ce que je cru être une taverne et pénétra à l'intérieur pour manger et boire à mon aise. Je salua le tavernier et lui demanda un plat quelconque accompagné d'une boisson locale. Sans même me regarder, il me balança une viande desséchée et un liquide qui ressemblait étrangement à de la bave de gobelin. "Charmant" dis-je ; et pour seule réponse, le tavernier émit une sorte de grognement. C'est presque si je me forçais à manger, mais cet effort était nécessaire si je voulais prendre des forces. Je venais de passer une journée épuisante. Une fois mon plat et ma "boisson" finis, je me leva et me dirigea vers la sortie en souhaitant la bonne journée au peuple de cette auberge. C'est alors que j'entendis une voix dans mon dos.
- Eh toi là ! Tu payes !
- Pardon ? dis-je en me retournant.
- T'as bien compris tête d'elfe ! Tu mange, tu bois, tu payes !
- Autant pour moi, ça ne se passe pas comme ça dans mon pays, en général ...
- On s'en contre-fout de ton pays daedrique ! Toi et tes frères refusez le culte de Talos, nous on va te refuser ici ! intervint un poivrot qui était au bar.
C'est alors que les trois-quarts de l'auberge se leva de sa chaise et se ruèrent vers moi, le tavernier y comprit. Je m'empressai alors de sortir de ce bâtiment inhospitalier.
C'est une fois dehors et au soleil que je me rendis compte à quel point ces pitoyables Nordiques étaient nombreux ! J'aperçus alors une planche de bois par terre ; je m'en saisis dans le but de pouvoir combattre de façon équilibré face à leurs mains nues.
A mon grand étonnement, le tavernier dégaina une dague en fer.
- Ça se complique ... 