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[Fic] La Flèche Blanche.

Peil
Peil
Niveau 62
16 janvier 2014 à 19:10:50

Chapitre 124 :

Une énergie sombre commença à se rassembler autour d’Anor. Celui-ci ferma les yeux et sentit son esprit quitter son corps. Il rouvrit les yeux, mais cette fois, c’étaient par ceux de son âme qu’il voyait. Le temps semblait s’être figé.
Il se voyait, lui, Anor, quelques mètres plus bas, les bras écartés, les paupières closes, entouré d’un nuage de poussière. Plus loin, il y avait Androthi, la bouche ouverte dans un cri silencieux, comme s’il avait deviné ce que tentait de faire le Psijique, mais totalement immobile.
Dans le ciel, un oiseau était figé en plein vol, comme pris dans un carcan de glace.
Rien ne bougeait. Rien ne faisait du bruit.
L’âme d’Anor ne se mit pas à voler et à monter vers le ciel. Elle se concentra et créa une brèche psychique devant elle avant de s’y engouffrer.
Là, elle arriva dans une plaine de cendre et de terres calcinées, s’étendant à perte de vue, parsemée de lacs de magma et de cratères fumants, au ciel rougeoyant duquel tombaient des éclairs en permanence. Des êtres décharnés aux yeux fous arpentaient les lieux en gémissant.
Le plan de Merhunes Dagon.
Puis, elle ouvrit une autre faille, dans laquelle elle se jeta, et se retrouva dans une vallée brumeuse, éclairée par la lueur spectrale de la Lune. Au loin retentissaient des aboiements de chiens et des hurlements de loups, pris dans une chasse sans fin.
Le plan d’Hircine.
Là, elle matérialisa un troisième portail qui la mena dans une vaste salle remplie d’étagères titanesques, s’élevant sur plusieurs dizaines de mètres, bourrées à craquer de livres épais. Même le sol en était jonché. Il semblait y en avoir à l’infini.
Le plan d’Hermaeus Mora.
L’âme d’Anor ouvrit d’autres brèches, encore et encore, traversant, en ce qui correspondait à quelques secondes en unité humaine, tous les plans daedriques connus. Puis, elle continua à descendre, encore et encore, dans les méandres de l’Oblivion.
Elle atteignit des mondes oubliés, dont personne ne soupçonnait l’existence. Des plans situés dans les abysses de l’Oblivion, que même les daedras hésitaient à visiter.
Elle passa par un océan à l’eau bouillonnante dans lequel on pouvait voir des monstres marins immenses se battre ; par une forêt marécageuse où des démons sautaient de branches en branches en riant et en caquetant ; par le pont d’un navire volant dans un ciel zébré d’éclairs, au-dessus des nuages, et dont l’équipage était composé d’hommes sans têtes ; par l’intérieur d’un manoir aux murs écarlates et au sol doré dans lequel des femmes nues couraient dans les couloirs en gloussant, poursuivies par les propriétaires des lieux, des monstres aux traits indistincts mais portant des paires de cornes et agitant des langues baveuses…
Il lui sembla traverser tous les enfers possibles, tous les univers cauchemardesques imaginables.
Puis, il arriva au fin fond de l’Oblivion.
Un monde noir, sans lumière ni matière, un néant sans frontière, où aucun son ne pouvait naître, et où personne n’était sans doute jamais allé.
L’âme d’Anor flotta pendant quelques secondes avant que deux yeux gigantesques ne s’ouvrent dans les ténèbres. Leurs iris étaient rouges et à l’intérieur de leurs pupilles, on pouvait voir des flammes ardentes brûler.
Ils étaient tous deux mille fois plus grand qu’Anor, mais la taille était toute relative dans un tel endroit.
Une voix profonde, vieille de tellement de millénaires qu’elle avait sans doute vu l’univers naître, grandir, disparaître en poussière et renaître un nombre incalculable de fois, retentie.

-Qui ose déranger mon sommeil ?

L’âme d’Anor, dégageant une faible lueur bleutée, semblait un insecte face à cette entité obscure.

-Ô, toi, Azareus le Grand, le Fléau, le Sacrilège sans Nom, le Serpent Avaleur, le Fossoyeur de terres, je me présente humblement à toi, moi, simple âme humaine et mortelle, répondant au nom d’Anor Kingsming, afin de solliciter ton aide.

Déballer une telle liste de noms et de titres grandioses faisait toujours bon effet quand on s’adressait à de tels êtres.
Le démon gronda.

-Anor Kingsming ? Qui es-tu ?
-Je suis un Psijique, ô Seigneur des Mille Néants, et c’est grâce à mes quelques modestes connaissances des arcanes que je suis venu à toi.
-Un ver de terre comme toi ? Tu es tel un moucheron qui réveillerait un lion pour lui demander de lui prêter main forte. Je pourrais souffler ton âme comme on soufflerait la flamme d’une bougie, effacer ton existence de ce monde d’une pensée, détruire tout ce qui te compose… Le sais-tu ?
-Je le sais, Eminence des Ombres, je ne le sais que trop bien. Et malgré le risque que cela représente, je suis néanmoins venu m’adresser à toi.

Le démon se tut un instant –si la notion de temps existait dans un tel endroit- avant de reprendre la parole.

-Solliciter mon aide, as-tu dit ? Qu’entends-tu par-là, faible mortel ? Quelle aide pourrais-je t’accorder, s’il se trouvait que mon désir était de répondre à ta supplication ?
-Me prêter votre pouvoir, ô Majesté Blasphématrice, afin de pouvoir défaire mon ennemi.
-Un ennemi trop fort pour toi ?
-Il semblerait.
-Hum, hum, hum… Tu as du cran, petit être éphémère. Cela faisait bien longtemps qu’on n’avait pas tenté de m’invoquer. La dernière fois, cela devait être dans un kalpa bien lointain. Les dieux eux-mêmes me craignent. Mais dis-moi, insignifiante poussière qui se présente à moi sous le nom d’Anor Kingsming, quel va être le réceptacle dans lequel je vais devoir m’incarner ? Tu sais que plus l’avatar est puissant, plus je suis capable d’utiliser ma force.
-Ce réceptacle sera mon corps.

A ces mots, le démon partit dans un rire énorme. L’âme d’Anor faillit s’évaporer face à la puissance qui s’en dégageait. Il tint néanmoins bon. Le démon reporta son attention sur lui.

-Tu m’intéresses, humain. Ton propre corps ? L’utiliser comme réceptacle ? Tu ne sais pas à quoi tu t’exposes.
-Je le sais, et je suis prêt à en payer le prix.
-Jamais on ne m’avait fait une telle demande. Je te trouve amusant. Et tu as du culot. Tu me plais. J’accepte, bien que m’incarner dans un vulgaire manteau de chaire ne me permettra que de déployer une infime partie de mes pouvoirs.
-Cela sera suffisant, Maître Innommable.
-Cesse d’inventer des surnoms à la fin de chacune de tes phrases ou tu risques de m’agacer.

L’âme d’Anor se tut instantanément. Le démon grogna.

-Vous, les mortels, et votre manie de donner un air théâtral à chaque situation… Enfin… J’espère que tu es prêt.
-Je le suis.
-Bien. Il est temps que je revienne sur Nirn, après tant de temps.

Androthi vit son adversaire rouvrir les yeux. Il ne comprenait pas bien ce qui s’était passé. Il avait écarté les bras et fermé les yeux, alors le Thalmor avait cru qu’il allait préparer un sortilège surpuissant… Mais en fait, non.
Anor regarda à droite à gauche, comme s’il ne savait plus où il se trouvait.

Peil
Peil
Niveau 62
16 janvier 2014 à 19:11:11

Androthi haussa un sourcil.
Le Psijique fit un pas en avant, puis perdit l’équilibre et s’affala au sol. Il afficha un air étonné, puis se redressa et tenta de marcher, tout doucement, mettant lentement un pied devant l’autre. Il avait l’air de quelqu’un réapprenant à marcher après dix ans passés dans un fauteuil.
Au bout d’un moment, Anor arriva à coordonner ses mouvements. Alors, il sourit.
Androthi se demanda s’il faisait toujours face à la même personne. Quand le mage leva les yeux vers lui, il eut sa réponse. Non.
Ses iris étaient rouges vif et brillaient d’un éclat malsain. Quant à ses dents, elles semblaient s’être allongées.
Quelqu’un, ou quelque chose, venait de prendre possession du corps d’Anor. Mais quoi ?
Quand il ouvrit la bouche, ce fut une voix venant d’un autre âge qui s’adressa à Androthi, et qui lui donna l’impression soudain de n’être qu’un misérable insecte devant un monstre monumental.

-C’est donc ça, Nirn ? fit « la chose » en Anor.

Androthi déglutit.
Les yeux du mage se posèrent sur lui et il crut qu’il allait se ratatiner sur place.

-Et c’est toi, celui que je dois tuer ?

A ces mots, Androthi s’élança. Il comprenait le danger. Ce n’était plus Anor qu’il combattait. C’était quelque chose d’infiniment plus puissant, d’infiniment plus menaçant. Androthi avait déjà entendu parler de sorts semblables.
Invoquer l’esprit d’un démon dans son corps.
De la magie interdite.
Mais de quel genre de démon s’agissait-il là ?
Androthi posa ses deux mains au sol et le sable se mit à trembler avant de rougeoyer. L’air crépita et sembla s’enflammer. La chaleur monta, monta, jusqu’à devenir insoutenable. Bientôt, le sable se changea en verre, avant de devenir de la lave.
Des geysers de feu éclatèrent ici et là autour d’Anor. Des fissures parcoururent le sol, desquelles sortaient de la fumée noire et étouffante.
En un instant, une bulle de chaleur intense s’était matérialisée autour de la zone, englobant les deux combattants dans un véritable enfer. Anor n’en sembla nullement ému.
Il tapa du pied par terre et une onde magique vibra dans le sol et fusa dans la direction d’Androthi.
Le mage Thalmor écarquilla les yeux et bondit sur le côté. A l’endroit où il s’était trouvé une seconde plus tôt, une faille s’ouvrit, dans l’air, et tout ce qui se trouvait là disparu, réduit en poussière. Un immense trou sans fond apparu dans le sol et engloutit des tonnes de sable enflammé.
Androthi recula précipitamment.
Anor s’avança.
Il claqua des doigts.
Des éclairs d’une puissance incroyable tourbillonnèrent autour de lui, tels des centaines de spectres hurlant, avant de fuser dans toutes les directions avec un bruit de tonnerre. Androthi inspira et matérialisa un rempart de feu devant lui.
Les éclairs le pulvérisèrent littéralement et continuèrent leur route. Androthi commença à paniquer.
D’une incantation, il changea les éclairs en langues de flammes incandescentes. Mais celles-ci, au lieu de lui obéirent comme convenu, fusèrent dans sa direction. Il se jeta au sol et croisa les doigts. Une immense croix lumineuse apparu et désintégra les éclairs avant de disparaître dans le ciel.
Androthi roula sur le sol, le front luisant de sueur.
Anor, ou plutôt l’être qui le possédait, marchait tranquillement vers lui. La terre fondait sous ses pieds.
Quelle était cette puissance ?

-Impossible ! hurla le Thalmor. Cela ne se peut !

Anor ricana.
Le ciel fut zébré d’éclairs. Androthi se redressa. Puisque c’était ainsi, il allait lui aussi faire appel à toute sa puissance.
Il ferma les poings et ses vêtements se déchirèrent d’eux-mêmes. Sa peau changea de couleur pour devenir rouge. Ses cheveux tombèrent. Des flammes naquirent sur son épiderme avant de toutes le recouvrir, telle une armure.
Androthi était devenu un pur être de feu. Un brasier vivant.
Il fonça dans la direction de son ennemi en laissant des traces fumantes derrière lui.
Autour de lui, c’était le chaos. Les éléments étaient déchaînés. D’immenses crevasses s’ouvraient dans le sol, le tonnerre grondait, le vent soufflait, le sable tourbillonnait, des gouttes de pluie bouillantes tombaient, des arcs électriques dansaient dans l’air.
Anor et Androthi arrivèrent au même niveau.
Androthi abattit son poing ardent. Le Psijique leva le sien et les deux se heurtèrent en produisant un crépitement d’une telle puissance que si un humain s’était tenu dans la zone, il en aurait eu les deux tympans crevés.
Une vive lumière jaillit de l’impact. Puis, une onde de choc puissante qui souleva un souffle violent. La terre se retourna autour d’eux, et l’air vibra.
Les deux combattants tinrent bon.
L’être qui avait pris possession d’Anor éclata de rire.

-C’est tout ce que tu sais faire ? C’est ça, un mage de Nirn ? Oh, que je suis déçu.

Il balança son autre poing. Ce fut au tour d’Androthi de le parer, avec son avant-bras. Mais quand le coup l’atteignit, sa puissance fut telle que le Thalmor recula de deux pas. Anor exécuta un geste dans le vide et une vague d’énergie balaya tout ce qui se trouvait devant lui.
Androthi fut projeté à plusieurs dizaines de mètres en arrière, à la vitesse d’un boulet de canon. Anor disparut et se matérialisa à ses côtés.
Androthi se redressa et frappa. Sa main traversa la poitrine de son adversaire, calcinant sa peau, transformant sa chaire en cendre et ses os en charbon, avant de ressortir dans son dos. Anor continua à rire.

-Crois-tu qu’une telle blessure puisse m’arrêter ? Moi ? MOI ?

D’un geste, Anor imita Androthi et lui enfonça sa main dans le torse, se moquant de l’armure de flamme qui le recouvrait. Sauf qu’au lieu de la faire jaillir de l’autre côté, il la laissa à l’intérieur. Là, le corps d’Androthi se mit à briller de l’intérieur, à tel point qu’il en devint éblouissant. Le Thalmor devina que le démon, puisque c’en était vraisemblablement un, était en train de rassembler une immense quantité de magie dans son poing.
Il hurla.

-Non ! Non ! Arrête ! Pas ça !

Il ôta sa main de la poitrine Psijique et la porta au bras de celui-ci, y mettant toute sa force pour la retirer. Mais impossible. Il était tellement chargé d’énergie que le simple contact avec Anor était douloureux.
A l’intérieur de lui, la lumière devint de plus en plus intense.

-Non ! répéta-t-il d’un ton paniqué. Non !

Puis, un flot de lumière blanche jaillit de sa bouche, de ses yeux, de ses narines, de ses oreilles… Sa peau en devint translucide et il ne fut plus qu’un être lumineux.

Peil
Peil
Niveau 62
16 janvier 2014 à 19:11:32

A l’intérieur de sa poitrine, Anor claqua des doigts.
Androthi explosa.
L’onde de choc créa un mini-séisme qui fissura les enceintes de Corinthe, un kilomètre plus loin, et la lumière éblouissante éclaira la nuit à tel point que pendant quelques secondes, il fit jour, en Elswer tout entier.
Alors elle décrut, lentement. La tempête magique se calma.
La pluie cessa de tomber, le sol de trembler, les éclairs de déchirer les cieux, le vent de souffler.
Le nuage de poussière soulevé par l’attaque se dissipa.
A la place d’Androthi, il n’y avait plus rien.
Anor se dressait là, la main tendue. Il baissa les yeux sur sa poitrine perforée et calcinée. Le démon haussa un sourcil.

-Oh, désolé, j’ai oublié que j’étais dans une enveloppe mortelle. Pour moi, une blessure pareille est insignifiante, mais pour toi…

Sans s’en préoccuper plus que ça, il se gratta la tête et regarda Corinthe, au loin.

-Hum… Je vois que l’humanité a bâti de grandes choses en mon absence. Eh bien, retourner en Nirn et me battre un peu étais plus agréable que je ne le pensais. Je te remercie donc de m’avoir réveillé, petit humain.

Il sourit et se lécha les lèvres.

-Une entité comme moi qui remercie un insecte comme toi, murmura-t-il. Quelle dérision.

Les yeux d’Anor reprirent alors une couleur normale. Ses dents se rétractèrent dans sa bouche. Le mage tomba à genoux. Le démon venait de quitter son corps et de retourner dans son monde. Le Psijique se sentait vidé de toute énergie.
Il n’y avait plus que le silence, autour de lui.
La zone dans laquelle il avait combattu était totalement dévastée. Il n’en avait cure. Peut-être que si Androthi avait tenu à l’affronter en pleine ville, il aurait hésité à faire appel à de la magie interdite, mais là… Il n’avait pas le choix.
Le Thalmor l’avait impressionné par sa puissance. Des mages comme cela… Il n’en apparaissait qu’un par siècle. Et encore. Anor sourit.
En d’autres circonstances, il aurait même apprécié de le rencontrer autour d’une tasse de thé et de débattre de magie.
Anor se releva. Ou plutôt, il essaya.
Il se rendit compte que son corps ne lui obéissait plus. Il fronça les sourcils quand un flot de sang coula de son nez et de sa bouche. Alors, il baissa les yeux sur le trou dans sa poitrine. Un de ses poumons était totalement carbonisé, et une moitié de son cœur avait été emportée.
Anor se demandait comment il avait pour survivre aussi longtemps. Sûrement une parcelle de l’énergie du démon qui restait encore dans son organisme et qui le maintenait conscient.

-Oh, lâcha Anor. Merde.

La sensation de mourir était très étrange. Bien entendu, il ne pouvait pas survivre. Une telle blessure ne pouvait pas se soigner. Mais le fait de sentir la vie le quitter était troublant. Il ne savait pas quoi dire.
D’ailleurs, il n’avait jamais réfléchit à ce qu’il dirait à ce moment.

-Oh, et puis zut, dit-il. Il n’y a personne pour m’entendre.

Il crut parler tout haut, mais en fait, il n’y eut que du sang qui jaillit de sa gorge. Il se plia lentement en deux. Alors c’était tout ? C’était comme ça que tout se terminait ?
Le mage releva la tête.
Il sourit faiblement. Il n’avait aucune crainte. Il n’avait pas peur de mourir. Bizarre. Il avait vu tant de gens pleurer, paniquer ou hurler à l’heure de leur mort. Lui était serein. Il ne comptait même pas lutter. Qui avait-il à faire de toute façon ?
Le sourire d’Anor s’élargit.
Il s’effondra.
Un dernier souffle de vie quitta sa bouche.
La dernière image qu’il emporta fut celle de Corinthe, au loin, en proie aux flammes et au chaos. Il n’en avait que faire.

« Désolé, Roderick. Je ne serais pas à tes côtés au dernier moment. Je pars devant. J’espère que tu réussiras à t’en tirer. »

Fenrir sortit de la caserne. La cour du palais était silencieuse. Néanmoins, à l’intérieur même du palais retentissaient des bruits de combat. Roderick devait affronter le Rôdeur. Le petit Dunmer s’élança.
Il devait aller lui prêter main forte. Il avait beau être épuisé par son combat contre le Corbeau, il devait le faire.
Mais à mi-chemin, alors que les grandes portes du palais n’étaient plus qu’à une cinquantaine de mètres, le voleur se figea. Une brusque douleur venait d’éclater dans sa poitrine, à l’emplacement de son cœur.
Il grimaça mais se remit à courir, avant d’être stoppé par une deuxième crise, cinq secondes plus tard.
La petit Dunmer s’arrêta et inspira un grand coup, la main posée sur son torse.
Il se mit à transpirer.

-Qu’est-ce qui m’arrive ? murmura-t-il.

Un troisième élan de souffrance, insoutenable cette fois, le plia violemment en deux. Il tomba à genoux. Il se rendit compte qu’il peinait à respirer. Alors il comprit.
Anor.

-Non, balbutia-t-il. Pas maintenant. N…

Une quatrième crise. Cette fois, il tomba à plat ventre dans l’herbe ensanglantée. Il essaya de ramper vers le palais.

« Je vais y arriver, pensa-t-il. Je peux y arriver. Allez, bordel ! »

Mais la cinquième vague de douleur l’empêcha de continuer. Trop forte. Trop brutale. Son cœur se contractait à l’intérieur de sa cage thoracique à mesure que son cordon psychique s’amincissait. A plusieurs lieux de là, Anor se mourait.
Fenrir serra les dents.

-C’est… pas… possible, fit-il dans un souffle.

Il tendit une main tremblante vers le palais. Alors qu’il avait triomphé de son adversaire, qu’il avait vaincu le Corbeau si astucieusement, et qu’il allait prêter main forte à Roderick dans son combat, voilà que la malédiction le rattrapait.
Le prix de la résurrection. C’était si rageant.
Sa main retomba lentement dans l’herbe, privée de force. La sixième crise ne vint pas. La douleur s’était envolée, laissant derrière elle un agréable sentiment de bien-être. Fenrir sentit le sommeil de la mort le gagner.

-Pu… tain… lâcha-t-il en fermant les yeux. J’y étais… p… presque…

Fenrir s’éteignit, doucement, sans un bruit, comme s’il s’endormait.
Anor mourut au même moment.

Blue_Salamander
Blue_Salamander
Niveau 7
16 janvier 2014 à 19:19:35

Oh 'tain non ! Les deux en même temps ! Je dois dire que je m'y attendais mais quand même :(

Excellent une fois de plus, ce drama :hap:

Zafeiri
Zafeiri
Niveau 10
16 janvier 2014 à 19:23:43

2 en 1 \ :hap: /

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 16 janvier 2014 à 19:25:20

peil je te hais tu vient de faire disparaître deux des perso les plus charismatique de ta fic j'épère que ta mort sera longue et douloureuse :)

plus sérieusement bon chapitre, dommage pour anor et fenrir mais bon il fallait que sa arrive je suis d’ailleurs sur qu'a la fin que se soit du coter de la bande à roderick ou des quatre tous le monde sera mort

herr_doom
herr_doom
Niveau 38
16 janvier 2014 à 19:29:55

J'avoue il reste qui encore en vie ? :hap:
Zemyr et Roderick. Pas pour longtemps je crois :noel:

Zafeiri
Zafeiri
Niveau 10
16 janvier 2014 à 19:31:01

L'auteur il fait mourir tout le monde c'est triste :hap:

zorro85
zorro85
Niveau 10
16 janvier 2014 à 19:31:50

J'en étais sûr :noel:

Peil
Peil
Niveau 62
16 janvier 2014 à 19:48:26

Adam aussi est encore vivant, et le rôdeur, et le serpent :hap:

zorro85
zorro85
Niveau 10
16 janvier 2014 à 19:54:35

Donc résumé, pour tuer le Corbeau, le scorpion et le mage thalmor et Felisia on a sacrifié Shuzug, Raizo, Zemir(Il est quasi mort), Mizoel, Azzyrio, Anor, Fenrir et Lynris?
Tu es un monstre. :hap:

Peil
Peil
Niveau 62
16 janvier 2014 à 19:57:20

Nan mais attendez, les Quatre c'est pas du menu frétin, fallait s'attendre a des pertes. :noel:

Astonvillapark
Astonvillapark
Niveau 10
16 janvier 2014 à 20:04:16

On s'en fout du rôdeur et du serpent eux on veut les voir crever anor et fenrir non :oui:

Jeveuxungateau
Jeveuxungateau
Niveau 10
16 janvier 2014 à 20:06:36

Euh...deux des quatre sont déjà mort donc ouais c'est un peu du menu fretin... :noel:

Pangloss31
Pangloss31
Niveau 9
16 janvier 2014 à 20:32:59

Noooon ! Pas Anor ... :snif2:
Il était tellement épique .......
J'avais même envie de me faire un mage Bréton dans Skyrim grâce à son inspiration

zorro85
zorro85
Niveau 10
16 janvier 2014 à 20:45:40

Le pire c'est quand même Fenrir, qui, tout seul, tue un des Quatre, s'en sort avec deux égratignures puis meurent à cause d'Anor :hap:

Pangloss31
Pangloss31
Niveau 9
16 janvier 2014 à 20:50:52

Fenrir je m'en fou :) je sais pas pourquoi j'ai pas super accroché au personnage !
En revanche Anor je l'aimais bien, ce coté mage surpuissant et calme.

Mais bon si on fait le compte :
Shuzug (mort comme un merde d'ailleurs c'est dommage)
Fenrir
Anor
Lynris (vraiment morte ? mouais...)
Raizo (après un combat épique il a fait tout le boulot)
Mizoel
Azzyro

Il reste :
Roderick
Adam
Zemir

Pour affronter le Serpent qu'on a même pas encore vu dans le combat et le Rodeur.
Ca va être tendu...

[jv]HawKzz
[jv]HawKzz
Niveau 5
16 janvier 2014 à 20:53:58

Mizoel aussi est mort comme une loque mon cher VDD ! :'(

Zafeiri
Zafeiri
Niveau 10
16 janvier 2014 à 20:55:21

Il l'a dit mon cher vdd :(

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 16 janvier 2014 à 21:02:43

surtout que zemir a subi pas mal de légats, que adam a une blessure assez sévère a la jambe et je doute fort que roderick survive face au rôdeur si il reste seul ( même si il pourrait emporter le rôdeur dans la tombe)

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