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Liste des sujets

[Fic] La Flèche Blanche.

Zafeiri
Zafeiri
Niveau 10
14 janvier 2014 à 20:57:07

Je serais le first :bave: :hap:
Tu nous previendra sur le topic ? :cute:

Peil
Peil
Niveau 62
14 janvier 2014 à 21:02:23

Zafeiri : Bien sûr :oui:

[Skyjaker]
[Skyjaker]
Niveau 13
14 janvier 2014 à 21:05:59

Youhou !!

Ça veut dire que je pourrai continuer à suivre tes histoires !

:content:

Sinon, comme d'autres l'ont déjà proposé, tu ne comptes pas en faire... un livre ? De cette fic bien sur.

:-)

Peil
Peil
Niveau 62
14 janvier 2014 à 21:10:11

Sky : De cette fic ? Certainement pas. Si j'écris un jour un livre ( et ce ne sera pas aujourd'hui ), ce ne sera pas juste pour publier une fanfiction sur les TES, mais pour créer un univers bien à moi et un background totalement original. :oui:

Enfin, je suis loin d'avoir le niveau ( pour l'instant ) pour écrire un livre :oui:

Zafeiri
Zafeiri
Niveau 10
14 janvier 2014 à 21:11:23

Moi je pense que tu as le niveau :hap:
La plupart des gens qui lisent ta fic seront d'accord avec moi. :oui:

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 14 janvier 2014 à 21:18:02

là c'est plus facile l'univers est déjà poser il suffit juste de faire les personnage et l'histoire avec un livre il devrait créer le monde, les villes, le passer, ... cela prend énormement plus de temps et de moyens

[Skyjaker]
[Skyjaker]
Niveau 13
14 janvier 2014 à 21:25:27

En réalité, c'est vrai, tu n'as pas le niveau.
Ou du moins, tu ne nous l'as pas encore montré. Je veux dire, ta fic nous tient en haleine, elle est très poignante.

Mais en effet, tu ne crées pas de "background" original etc... la surenchère est assez présente.

Par ailleurs, tes descriptions sont quant à elles, excellentes.

Donc je pense que tu écris très bien et que avec du temps tu peux vraiment créer des choses très intéressantes.

Mais, encore une fois, c'est à toi de voir si tu es capable de créer un univers.

[Skyjaker]
[Skyjaker]
Niveau 13
14 janvier 2014 à 21:31:58

En tout cas, prévient nous quand tu démarreras une nouvelle fic hein ?!

:-)))

Sarto
Sarto
Niveau 8
14 janvier 2014 à 21:41:08

Peil: pour sur qu'on vas pas te lâcher si tu refais une fic^^ Après savoir si tu as le niveau de créer un univers entier...peut-être, tu écris bien, après il te faudra de la constance et beaucoup de temps.
Tolkien a mis une vie pour tous créer sur le seigneur des anneaux (et encore c'est son fils, Christopher, qui à fini l'histoire principale en suivant les notes de son père). Moorcock lui aussi à mis du temps d'ailleurs

SkyCraftGames
SkyCraftGames
Niveau 8
14 janvier 2014 à 21:47:04

UNe autre Fic :bave:
Serait-t-elle encore avec avec Roderick? (Du moins,dans le même "monde")

Peil
Peil
Niveau 62
15 janvier 2014 à 12:35:42

Chapitre 122 :

Les lames virevoltaient et s’entrechoquaient en provoquant des pluies d’étincelles. Raizo reculait sans cesse, contraint à la défensive. Le Scorpion ne lui laissait pas une seconde de répit, appuyant chacun de ses coups et y mettant assez de force pour mettre à terre un homme ordinaire.
Pourtant, ses armes n’étaient que deux petites faucilles en métal, plutôt fines.
Raizo sentait ses bras vibrer à chacune de ses parades. Il avait bien faillit lâcher son épée à plusieurs moments. Néanmoins, il résistait. Le Scorpion semblait au comble du bonheur.

-Encore ! hurla-t-il lorsque la lame de Raizo effleura sa joue et y laissa une longue ligne rouge. Encore ! Ha ! Ha ! Ha !

Il tourbillonnait, transformé en une véritable tornade, agitant ses faucilles à une vitesse telle qu’elles paraissaient se dédoubler.
Raizo ne les percevaient même plus clairement. Il ne parait et n’esquivait plus que par pur instinct, se fiant plus à son ouïe, à la sensation de l’air dans sa fourrure et à ses réflexes qu’à sa vue. Le Scorpion également ne prêtait pas attention au sabre de son adversaire.
Soudain, il se figea.
Pourtant immobile, Raizo entendit des bruits de pas rapides retentir. Il fit volte-face au dernier moment et vit les faucilles du Scorpion se croiser de chaque côté de sa gorge. Avec un sifflement, elles se décroisèrent, impitoyables.
Raizo avait bondit en arrière.
Il roula souplement au sol, se releva, et plaça son katana devant lui, parant in-extremis un nouvel assaut sauvage de son adversaire.

-Oui, c’est ça ! cria le Scorpion en bloquant une botte astucieuse de Raizo.

Il répliqua en faisant un demi-tour parfaitement maîtrisé et en frappant dans le même mouvement. Raizo fut projeté en arrière par la puissance de l’attaque. Il tituba mais sentit le vide derrière lui. Acculé au bord du sommet du clocher, il sentait le vent souffler sur sa nuque.
En bas, à une trentaine de mètre, les rues de Corinthe étaient en proie au chaos.
Les citoyens fuyaient la vague de Libérateurs enragés.
Raizo reporta son attention sur le Scorpion. Celui-ci venait de foncer la tête la première dans sa direction, ses deux faucilles en avant. Raizo plongea et passa entre ses jambes en abattant son sabre. Dans le feu de l’action, il n’avait pu parfaitement ajuster son coup et sa lame ne fit que mordre douloureusement la chaire du Scorpion, à l’intérieur de la cuisse, sans néanmoins le blesser grièvement.
Le Rougegarde se stoppa, dérapa sur plusieurs mètres et repartit vers Raizo à toute vitesse, semblant insensible à la douleur.
Etait-il devenu fou ? Son regard était devenu bestial. Lui que Shuzug avait décrit comme un être calme avait l’air possédé par le démon du combat.
Raizo s’arc-bouta pour laisser ses deux faucilles fendre l’air et passer au-dessus de lui. Il répliqua en détendant sa jambe. Son pied percuta violemment les côtes du Scorpion qui, surprit, se plia en deux et toussa.
Le vieux Khajiit se remit en position, leva son sabre et le laissa retomber. Le Scorpion disparut.
Raizo ne prit pas la peine de se retourner. C’était trop tard. Il se contenta de se jeter en avant. Les faucilles du Scorpion, qui se trouvait maintenant derrière lui, s’enfoncèrent dans la chaire de son dos et l’ouvrirent profondément.
Le mercenaire sentit un liquide chaud imbiber ses vêtements et couler à l’intérieur de sa cotte de maille. La douleur ne vint qu’après.
Il gémit et se redressa, sur un genou.
Il respirait comme une forge. Son sang battait contre ses tempes et son cœur tellement fort qu’il pouvait l’entendre résonner à travers tout son corps. Cependant, le moindre instant de déconcentration, la moindre erreur, et ce serait la mort.
Le Scorpion avança, son sourire s’élargissant sur son visage.

-Ta force est grande, vieux guerrier. Je n’ose imaginer le niveau que tu avais dans ta jeunesse, ni ce que tu as vécu pour en arriver là. J’aurais souhaité mieux te connaître. En autre lieu, et en une autre époque. J’ai eu beau parcourir le monde de long en large, participer aux plus grandes batailles et affronter monstres et combattant, il était pour moi impensable que quelqu’un soit un jour capable de me tenir tête, une épée à la main. Pourtant, c’était mon rêve. Trouver quelqu’un comme toi !

Raizo se releva, les jambes tremblantes.
Il ne tenait même plus debout. Quelle dérision.
Son dos brûlait, comme si on y avait apposé des charbons ardents. Son sang fumait à travers sa côte de maille et la vapeur s’élevait au-dessus de lui. La nuit étant bien avancée, le fond de l’air s’était cruellement rafraîchi.
Le Scorpion fit tournoyer ses faucilles entre ses doigts avant d’en lancer une en l’air, puis balancer l’autre dans sa direction. Celle-ci fusa vers sa gorge. Raizo se décala et elle le dépassa sans le toucher, disparaissant dans la nuit.
Le Scorpion venait-il de jeter son arme dans le vide ?
Il reporta son attention sur lui. Le Rougegarde venait de rattraper sa première faucille et se rapprochait de lui à une vitesse hallucinante. Raizo entendit alors un sifflement derrière lui. Il jeta un coup d’œil rapide par-dessus son épaule.
La faucille que le Scorpion avait jetée venait de bifurquer dans les airs, tel un boomerang, et revenait dans sa direction en tourbillonnant comme une hélice.
Alors que bloquer ?
La faucille qui arrivait par derrière ou celle que brandissait le Scorpion ? Raizo fit son choix.
Il tourna le dos au Scorpion et para la seconde faucille en plein vol. Celle-ci ricocha contre sa lame et tomba trente mètres plus bas, dans les rues de la ville.
Le Scorpion leva la sienne. Mais au moment où il allait l’abattre, un flot de sang jaillit des plaies béantes que portait Raizo le long du dos et éclaboussa le visage du Rougegarde, l’aveuglant momentanément.
Il frappa sans aucune précision et sa lame, au lieu de toucher mortellement son adversaire, se ficha dans son épaule.
Raizo rugit de douleur et balança sa jambe en arrière. Son talon percuta le Scorpion à l’estomac et celui-ci tituba en arrière, le souffle coupé, sa faucille toujours fichée dans l’épaule de Raizo. Le vieux mercenaire la jeta au sol en haletant.
Le Scorpion passa sa main sur ses yeux pour en ôter le sang qui l’empêchait de voir.

-Tu es… Tu es désarmé, maintenant, lâcha Raizo.

Le Scorpion releva la tête. Lui-aussi avait l’air épuisé.

-Un combat ne se termine que lorsque l’un des deux combattants est mort, dit-il. Frappe-donc, vieux guerrier.

Raizo fondit sur son adversaire, ignorant la douleur, ignorant le sang, ignorant la fatigue. C’était terminé.
Il frappa de tailles, abattant son katana en avant en y mettant toutes ses forces. Un coup unique qui fendrait le crâne du Scorpion jusqu’au menton et le tuerait sur le coup. Mais tout ne se passa pas exactement comme prévu.
Avec des réflexes hors-du-commun, le Scorpion joignit ses mains autours de la lame du sabre de Raizo, alors que celle-ci ne se trouvait plus qu’à une dizaine de centimètres de son visage, la stoppant net.
Raizo eut l’impression d’avoir frappé un rocher. Il eut beau appuyer de toutes ses forces sur son épée et y mettre tout son poids, rien n’y fit. Le Scorpion, dont l’organisme était différent d’un humain ordinaire, disposait d’une puissance physique phénoménale.
Shuzug lui-même n’aurait sans doute pas été capable de bloquer ainsi un coup de sabre à mains nues.

Peil
Peil
Niveau 62
15 janvier 2014 à 12:36:01

Le Scorpion sourit de toutes ses dents, comme s’il n’avait attendu que cet instant depuis le début du combat.

-Ca y est, siffla-t-il. Je t’ai eu !

D’une traction, le Scorpion déséquilibra Raizo et lui enfonça son genou dans le ventre. En pleine forme, Raizo aurait eu le souffle coupé par un tel coup et se serait effondré. Déjà affaibli et blessé, il sentit ses côtes céder sous la puissance du choc. Ses pieds quittèrent le sol pendant quelques secondes.
Puis il retomba. Il resta debout un instant, puis s’écroula, face contre terre, plié en deux, les yeux révulsés.
Le Scorpion qui avait fait tomber le katana se pencha pour le ramasser.
Raizo se força à se redresser sur un coude. Puis sur les genoux. Il avait beau ouvrir la bouche et tenter d’inspirer, il n’y avait plus d’air qui rentrait dans ses poumons. Mais il n’en avait cure. Il allait mourir.
Le Scorpion s’approcha, avec presque du regret dans les yeux, et leva sa lame. Raizo se força à le fixer. A le fixer dans les yeux, pour qu’il garde son attention braquée sur lui. Il ne fallait surtout pas que Raizo lance un coup d’œil derrière le Scorpion. Surtout pas. Sinon, il aurait le réflexe de se retourner.
Et alors il verrait que, derrière lui, Zemir venait de se relever.
Il y eut un instant de flottement.
Raizo cligna des yeux. Trois fois. Puis le Scorpion abattit sa lame, en même temps que celle de Zemir.
La lame du Scorpion mordit la chaire de Raizo, en même temps que celle de Zemir s’enfonçait entre ses omoplates.
La lame du Scorpion ouvrit la gorge de Raizo, en même temps que celle de Zemir ressortait de sa poitrine.
Le Scorpion hoqueta alors qu’un flot de sang jaillit à gros bouillon de la gorge du vieux Khajiit. Celui-ci bascula sur le côté, pris de spasmes. Zemir hurla de colère en enfonçant son glaive de vingt centimètres de plus dans le corps du Scorpion, jusqu’à la garde. Puis, il la fit tourner lentement, avant de la retirer d’un coup sec.
Le Scorpion porta sa main à sa poitrine et se retourna, les yeux écarquillés. Un nouveau sourire apparut sur son visage, mi étonné, mi ravi.

-Toi… Tu… Ca je… je ne m’y attendais pas. Tu faisais semblant d’être… mort ?

Zemir ne répondit pas. Il posa un genou par terre et s’appuya sur son glaive, exténué. Le Scorpion le fixa un moment, alors que le sang coulait en cascade de sa poitrine et de son dos, se répandant sur tout son corps.
Il finit par se détourner et tituber jusqu’au bord du clocher. Là, il lança un dernier regard à Zemir.

-Bravo, Loup de Lenclume. Jusqu’au dernier coup, tu as été parfait.

Puis, il sauta dans le vide. Zemir le vit chuter et disparaître de son champ de vision sans un bruit.
Il jeta un coup d’œil à Raizo. Il ne fallait pas être guérisseur pour deviner que le vieux Khajiit était mort. Une immense flaque de sang s’étendait autour de lui. Il ne bougeait plus. Ses yeux étaient grands ouverts, et il avait les mains plaquées sur son ventre.
Un vent chaud souffla sur la scène, faisant flotter les cheveux de Zemir devant son visage.
Il était le seul être vivant au sommet du clocher.
Alors c’était comme ça que tout se terminait ? Dans le silence ?
Zemir se releva difficilement, laissant son glaive au sol. Là, il alla s’agenouiller à côté de Raizo. Il ne le connaissait pas. Mais il avait combattu avec lui. Et ensemble, ils avaient tués le Scorpion. Ils avaient sans doute bien plus appris l’un l’autre en se battant côte à côte qu’ils ne l’auraient pu en discutant.
C’était ainsi que communiquait un guerrier. Et que vivait, et mourait un guerrier. Par les armes. Et, indubitablement, ce Raizo était un grand guerrier.
Zemir lui ferma les yeux, puis lui écarta les bras et les mit en croix sur sa poitrine. Une marque de respect. Il ne l’avait jamais fait pour personne, mais il se sentait obligé d’agir ainsi pour ce vieux Khajiit. Une sorte d’instinct.
Puis, une douleur aigue fit grimacer le Rougegarde. Il baissa les yeux sur son torse et sur la blessure que lui avait faite le Scorpion. Heureusement pour lui, le coup n’avait pas été assez appuyé. Ainsi, le poumon n’avait pas été touché.
Sinon, Zemir serait mort.
Le Rougegarde tenta de se redresser. Il n’y parvint que très difficilement. Là, il se pencha au-dessus du vide.
Trente mètres plus bas, dans les rues à feu et à sang de Corinthe, gisait le Scorpion, les jambes brisées, le cou tordu dans un angle impossible, et le squelette en miette.
Mais un large sourire sur le visage.

Roderick fit volte-face et décocha deux flèches dans le même mouvement. En arrivant au niveau du Rôdeur, elles furent brusquement détournées par un champ de force invisible. Elles allèrent se ficher dans le mur, derrière lui.
Le Rôdeur s’élança. Tous les objets, débris, ou meubles sur sa route furent impitoyablement balayés avant même qu’ils ne les heurtent, projetés sur le côté comme par magie.
Roderick recula. Il se mit à transpirer. Mais le Rôdeur le dépassa, presque sans faire attention à lui, et se précipita aux côtés de sa Maîtresse.
Il prit le corps sans vie de Felisia dans ses bras avec délicatesse et entreprit de la secouer doucement.

-Maîtresse, murmura-t-il. Maîtresse, je suis là, réveillez-vous.

Seul le silence lui répondit.

-Maîtresse, implora le Rôdeur sous son masque. Pitié… revenez.

Puis, des sons étranges résonnèrent. Des halètements ? Non… Des pleurs ? Le Rôdeur pleurait ?
Roderick ne savait plus que dire ou faire. Il avait toujours imaginé le Rôdeur comme un être sans pitié, plus monstrueux qu’humain, et le voilà qui était agenouillé au sol, en train de sangloter et de serrer contre lui le cadavre de Felisia.
Il resta ainsi prostré pendant de longues secondes, son masque enfoui dans les cheveux de la Dunmer.
Roderick saisit lentement une flèche dans son carquois, l’encocha sans un bruit et tira la corde. Là, il attendit. Il s’était dit que lorsqu’il aurait le Rôdeur en face de lui, il n’hésiterait pas à le tuer sur le champ si l’occasion se présentait.
Mais voilà que toute sa rage s’était envolée face à cet homme –car il y ressemblait, maintenant- à l’air désespéré, presque faible. Le comble, il était incapable de tirer alors que le Rôdeur lui tournait le dos.
Pourquoi ?
L’image de son maître lui revint brusquement en mémoire, et la maison en flamme dans laquelle l’avait coincée le Rôdeur. Puis celle de Zwee-Toï, Itan, Ri-Saar et Okaw, disparaissant dans le brouillard, massacrés les uns après les autres.
Alors la colère réapparu.
D’abord une petite flamme vacillante dans le cœur de Roderick, renaissant sur des cendres froides, puis un feu plus puissant. Toute la haine, la peur, la peine qu’il avait ressentie pendant des années et des années à cause du Rôdeur ressurgirent en même temps, et Roderick comprit que sa colère n’était qu’endormie.
La flamme devint un immense brasier, capable de tout consumer.

Peil
Peil
Niveau 62
15 janvier 2014 à 12:36:19

Tout remord s’étant volatilisé de son esprit, Roderick lâcha la corde.
La flèche vrombit et fusa vers le Rôdeur. Elle se ficha dans sa nuque avec un bruit mât.
Les pleurs cessèrent instantanément.
Lentement, très lentement, comme s’il portait une lourde charge, le Rôdeur déposa le corps de Felisia au sol, avec des précautions infinies. On aurait dit que c’était un vase en cristal précieux, susceptible de se briser à cause d’une simple brise.
Il lui caressa furtivement la joue du bout du doigt, puis se redressa. Là encore, incroyablement lentement.
Il saisit la flèche dans son cou, la brisa, et en jeta les morceaux par terre. Enfin, il tourna la tête. Doucement. Millimètre par millimètre. Jusqu’à faire face à Roderick.

-Qu’as-tu fait ? lâcha-t-il d’une voix qui, cette fois, excluait toute humanité possible. Qu’as-tu fait ?

Soudain, un autre sentiment serra le cœur de Roderick. Sa colère, brasier puissant, fut soufflée comme la flamme d’une simple bougie, par autre chose de mille fois plus puissant. La terreur. A son sens le plus pur.
Le sol autours des pieds du Rôdeur se mit trembler légèrement, puis de plus en plus fort, jusqu’à se fissurer. Des petits morceaux de dallages se détachèrent et se mirent à léviter autours du Rôdeur en vibrant.
L’air lui-même s’agitait, brouillant la silhouette du Rôdeur.
Roderick recula. Jamais encore il n’avait ressenti une telle peur panique. Le sentiment que tout était perdu. Qu’il n’y avait rien à faire. Il allait mourir. Voilà ce que lui disait, non, lui hurlait son instinct. Ici et maintenant. Ecrasé comme un insecte.
L’aura de noirceur qu’avait dégagée Lyan Llamaré, l’Ancien Vampire qu’avait affronté Roderick à Helstrom, paraissait celle d’une fillette à côté de ce que dégageait la lueur dans les yeux du Rôdeur, visible à travers les deux trous dans son masque.
Roderick faillit trébucher. Il rétablit son équilibre de justesse.
Il se força à secouer la tête pour reprendre son calme, en vain.
Le Rôdeur paraissait un géant face à lui. Un démon.

-Je vais te tuer, murmura le Rôdeur.

Ces paroles furent prononcées dans un souffle. Pourtant, elles résonnèrent à l’intérieur de la tête de Roderick tellement fort qu’il porta les deux mains à son crâne et gémit de douleur. Un filet de sang coula de son nez.
Il se rendit compte qu’il tremblait de tous ses membres.
Alors le Rôdeur s’avança.

Mizoel ressenti l’aura du Rôdeur avant même de poser un pied dans la grande salle. Il se figea instantanément et crut qu’il allait défaillir. L’entrée de la salle de réception n’était qu’à dix mètres de lui mais tout ce qu’elle lui inspirait, c’était la mort.
Il sut que s’il y entrait, il allait mourir. D’une mort atroce.
Une main invisible semblait s’être refermée sur sa nuque, et une bouche lui chuchoter à l’oreille :

-Vas-t-en. Fais demi-tour et fuis le plus loin possible. Sans jamais regarder en arrière.

Mizoel lui-même ne sut expliquer pourquoi il se remit à avancer. Il prit sa lance à deux mains et, la serrant de toutes ses forces, malgré la transpiration qui rendait ses mains moites et ses écailles glissantes, il pénétra dans la grande salle.
A l’intérieur, deux hommes se faisaient face. Le premier était un Bréton aux cheveux mi-longs, noués en queue de cheval, portant un arc et un carquois dans le dos, que Mizoel avait déjà vu. Roderick Lustwick, un de ceux qui avait décimé la bande, à Havrelâme.
L’autre portait un masque de théâtre représentant un visage triste, une capuche, une cape sale traînant par terre et une armure de cuir rapiécée et usée. C’était de lui que provenait l’impression de danger.
A ses pieds se trouvait le cadavre d’une femme. Une Dunmer. La princesse Lewyna ? Impossible, c’était une Khajiit.
Quand Mizoel entra, les deux hommes tournèrent la tête vers lui.

-Qui es-tu ? fit le Rôdeur.

Rien qu’en entendant sa voix, Mizoel eut l’impression que ses genoux allaient céder sous lui et qu’il allait se retrouver écrasé au sol. Néanmoins, il se força à parler.

-Je… Je cherche la princesse, dit-il faiblement. Où… Où est-elle ?

Le Rôdeur s’anima en un instant. Il marcha, d’une allure d’apparence tranquille. Pourtant il quitta en un instant le champ de vision de Roderick et se retrouva devant Mizoel. L’Argonien déglutit, son air endormi ayant définitivement quitté son visage.
Le doigt du Rôdeur effleura sa joue, remonta le long de sa tempe, bifurqua vers son front, puis descendit jusqu’entre ses narines écailleuses.
Dans la seconde qui suivit, sans que la moindre lame n’ait touché Mizoel, une profonde entaille apparut sur son visage, suivant le tracé du doigt du Rôdeur. Un nuage de sang gicla et Mizoel tituba en arrière en étouffant un juron.
Il porta sa main libre à sa blessure tandis que de l’autre, il frappait à l’aveuglette de sa lance, devant lui.
La pointe de celle-ci s’enfonça dans quelque chose de mou. Malgré le sang qui l’aveuglait, il ouvrit à demi les yeux et vit qu’il avait enfoncé sa lance dans le ventre du Rôdeur. Celui-ci, loin de s’en émouvoir, fit un simple geste de la main, comme on chasserait une mouche agaçante.
Comme si un rhinocéros venait de le percuter à pleine vitesse, Mizoel fut frappé par une force invisible surpuissante. Il sentit ses pieds quitter le sol. Puis, le sol et le plafond s’inversèrent et il traversa la grande salle comme un boulet de canon, en tourbillonnant.
Il pulvérisa chaises et tables sur son passage, faisant voler des morceaux de bois dans tous les sens, avant de heurter le mur du fond avec une violence inouïe. Une série de craquements sinistres retentirent dans tout son corps.
Il ne savait pas combien d’os venaient de s’effriter dans son squelette mais ça faisait mal.
Il vomit un flot de sang et retomba mollement au sol, tel un pantin désarticulé. Il n’avait néanmoins pas lâché sa lance.
Dans un état entre la conscience et l’évanouissement, Mizoel vit le Rôdeur s’approcher lentement de lui. Les dalles se craquelaient sous ses pieds, comme s’il pesait une tonne. Etrangement, la plaie qu’avait créée Mizoel en enfonçant sa lance dans le ventre du Rôdeur avait disparue, alors qu’il y avait toujours un trou dans son armure.

« Ca y est, se dit l’Argonien. Je suis mort. »

Et puis un sifflement retentit et la pointe d’une flèche ressortit de l’épaule du Rôdeur, couverte de sang.
A l’autre bout de la salle, Roderick semblait avoir retrouvé ses esprits. Il brandissait son arc, un air déterminé dans les yeux. Le Rôdeur se retourna. Il leva la main et Mizoel sut qu’il préparait quelque chose.
Alors, il cessa de réfléchir.
Il serra sa lance à s’en faire blanchir les phalanges et bondit. Malgré ses côtes en miette, ses articulations détruites, ses omoplates brisés, sa cage thoracique disloquée, ses rotules pulvérisées, mû par une force qu’il ne se connaissait pas, il s’élança en avant.
Alors c’était ça, dépasser ses limites ?
La pointe de sa lance revint se ficher dans le corps du Rôdeur. Le dos, cette fois. Mizoel y mit tout son poids. La pointe remonta et déchira ses muscles, éclata sa colonne vertébrale et continua sa route. L’Argonien détendit ses jambes et la lance, perforant la chaire et les organes qui se trouvaient sur sa route, ressortit par la gorge du Rôdeur dans une explosion de sang.
Dans la même seconde, trois flèches décrivirent des courbes parfaites et se plantèrent une par une sur le Rôdeur. Une dans l’épaule, une dans la hanche, et une dans le cœur.
Mizoel lâcha sa lance et retomba à genoux.
Alors, avec une stupeur mêlée d’effroi, il vit le Rôdeur faire volte-face et le saisir par la gorge, avant de le soulever au-dessus du sol. Mizoel gémit. Il suffoquait. Comment était-ce possible ? La pointe de sa lance ressortait du cou du Rôdeur, dégoulinante de sang, et l’autre extrémité du manche, elle, dépassait de son dos !
Il était embroché de part en part !
Un homme ne pouvait survivre avec de telles blessures.
Mizoel entendit d’autre sifflements et d’autre bruits mâts, signe que Roderick continuait à tirer des flèches sur le Rôdeur. Certaines d’entre elles rebondissaient sur un champ de force. D’autres touchaient leur cible, sans que celle-ci n’ait l’air de s’en rendre compte.
L’Argonien n’en avait cure. Manquant d’air, des points noirs dansaient devant ses yeux.
Et soudain, il ne se posa plus de question. Il baissa les yeux pour voir le bras du Rôdeur collée à sa poitrine, s’arrêtant à son poignet. Sa main, elle, était enfoncée à l’intérieur de son torse.
Mizoel sentit ses doigts fouiller sa chaire, écarter ses côtes cassées, puis se refermer sur son cœur.
D’une traction sèche, le Rôdeur arracha l’organe chaud et sanguinolent du corps de l’Argonien. Il sembla à celui-ci qu’il battait encore, dans la main du Rôdeur. Puis, ses yeux se fermèrent. Et il mourut.

zorro85
zorro85
Niveau 10
15 janvier 2014 à 13:01:37

Rahhhh Pourquoi Raizo :snif:

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 15 janvier 2014 à 13:09:00

putain il est solide le rodeur mais je me demande pourquoi roderick n'a pas utiliser la flèche magique dés le début lorsque le rodeur pleurait sur le corps de felisia

Zafeiri
Zafeiri
Niveau 10
15 janvier 2014 à 13:34:36

Ouais il est bete :(

SkyCraftGames
SkyCraftGames
Niveau 8
15 janvier 2014 à 13:41:21

RIP Raizo.
Je veut des nouvelles de Fenrir maintenant :hap:
SUITTE :fou:

[jv]HawKzz
[jv]HawKzz
Niveau 5
15 janvier 2014 à 14:08:46

NAAAAAAAAAAAAAAAANNNNNNN Mizoel est mort il a même pas combattu !!!! c'était un de mes perso préférés quoi !!!! :snif2:

Peil
Peil
Niveau 62
15 janvier 2014 à 14:14:23

Pourquoi Roderick n'a pas tiré dans le dos du Rôdeur ? Parce qu'il n'avait jamais imaginé que le Rôdeur puisse avoir des sentiments et qu'il a été stupéfait quand il l'a vu pleuré.

Pourquoi il n'a pas tiré la flèche d'Ezeranth ? Parce que c'est son unique chance de tuer le Rôdeur alors crois-moi, il ne va pas la tirer juste comme ça, il n'aura qu'une seule occasion dans tout le combat pour la mettre.

Roderick aurait justement été complètement idiot de la tirer dès le début alors qu'il ne connait au final rien des capacités en combat du Rôdeur et que celui-ci pouvait l'esquiver, la bloquer, l'arrêter magiquement, etc...

Zafeiri
Zafeiri
Niveau 10
15 janvier 2014 à 14:27:56

Mais je suppose que la fleche peut etre recuperee :(

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