chapitre 8 : jusqu'à que la mort nous sépare.
4E185, aux alentours de Kvatch, fin du moi de la Semailles
Au petit jour, sous une pluie battante, et alors que le soleil commençait tout juste à se lever, un homme de grande taille en cape noire s'avançait, il traversait péniblement une petite bourgade fermière que Kvatch surplombait du haut de sa colline. Arrivé au centre d'une cour, il regarda tout autour de lui, puis retrouva enfin l'endroit qu'il cherchait: une petite chaumière; une petite lumière s'échappait d'une fenêtre. L'homme avança jusqu'au seuil de la chaumière, frappa trois fois à la porte.
Une jeune femme pâle aux cheveux noirs et aux yeux bleu ouvrit la porte, la surprise se lisait sur son visage.
-Bonjour Annaïg, lui dit l'homme d'un ton mélangeant inquiétude et tendresse à la fois.
-Euh, bonjour, qui êtes vous ? lui répondit Annaïg entre quelques toux.
-Oh, pardon, j'imagine que comme ça c'est mieux...
L'homme déroula une longue écharpe qui lui cachait la moitié du visage, laissant découvrir une peau cuivrée, des traits fins et relativement jeunes ainsi de petits yeux verts, les traits typiques d'un altmer. Annaïg fut surprise, et ne put cacher plus longtemps sa joie, elle sauta au coups de l'elfe.
-Inganar ! je t'en pris, rentre.
Inganar emboîta le pas, et Annaïg ferma la porte avec quelque peines. Elle fut prise de douleur au niveau de foie, l'obligeant à se pencher sous le poids de la souffrance, Inganar, surpris se précipita vers la jeune femme pour la soutenir,appliqua un sort de restauration au niveau du foie, faisant disparaître la douleur et ainsi permettre à Annaïg de se relever.
-Annaïg, depuis quand es-tu dans cet état ? S'inquiéta Inganar.
-Depuis 5 mois...
-Et pendant tout ce temps tu ne m'a rien dit ?
-Je ne voulais pas que tu t’inquiètes...confia Annaïg à l'elfe.
-Mais à quoi joues-tu ? J'aurais pu appeler un médecin.
-Si c'était si facile...grogna la jeune femme,dont les yeux commencèrent à laisser échapper quelques larmes, tu imagines si notre relation était révélée au grand jour, tu imagines les répercussions pour nous deux, je serais une paria de la société pour avoir eu une liaison avec un officier du Domaine, et toi, tu serais sans doute puni pour avoir fricoté avec une humaine...et ce qui se passerait pour notre fils.
-Crois-moi, j'aimerais que ça soit si facile. Confia l'elfe, qui s'était rapproché d'Annaïg, enroulant ses bras autour de la femme pour la consoler.
-Mais ça n'est jamais simple, n'est-ce pas ? Demanda Annaïg.
Les larmes commencèrent à couler sur le visage de l'elfe,soulevant le questionnement de la femme.
-Tes supérieurs sont au courant pour le petit, c'est ça ?
-Et ils m'ont demandé de "trouver une solution"...
-Et par solution j'imagine "neutraliser" ?
Le jeune altmer, sanglota à nouveau.
-Mon rêve le plus cher était de trouver l'amour et fonder une famille, ce rêve je l'ai réalisé avec toi, maintenant le Thalmor veut me le reprendre...je...ne sais pas quoi faire.
-Si ce n'est pas le Thalmor, ce sera la maladie...ajouta Annaïg.
-Que veux-tu dire ? s'inquiéta Inganar
-Tu ne pensais tout de même pas que j'allais laisser la maladie m'emporter sans rien faire; je suis allé voir les soigneurs en villes quand mes douleurs sont apparues, ils m'ont clairement fait savoir qu'il me restait moins d'une année à vivre.Dans un sens, cela règle une partie de ton problème.
-Mais il y a un mais dans l'histoire, c'est ça.
-Oui, notre fils, qui s'occupera d'Ewenn quand je ne serai plus là ? Je doute que tes supérieurs te laisseront t'occuper de ton fils.
-Je trouverai une solution.
-Inganar, je me sens faible, confia Annaïg, avant de s'écrouler gémissant, pliée sous le poids de la douleur.
Une nouvelle fois, Inganar reteint la jeune femme et appliqua un sort de toucher apaisant.
-Il n'y a donc rien à faire ? Demanda l'elfe.
-Je crains que non, je suis condamnée.
-Mais...je ne veux pas te perdre, tu es ma famille ! s'insurgea Inganar.
-Si tu m'aime vraiment, abrège mes souffrances ! répondit froidement Annaïg, avant de se mettre à pleurer.
-Non, je refuse !
-Tu sais que plus rien ne peut me sauver, chaque jour qui passe me rapproche davantage de la Faucheuse.
-Et pour le petit ? Demanda l'altmer.
-J'ai anticipé, il y a un petit monastère dédié à Mara au nord d'Anvil, j'ai..une amie là-bas, Julia, ils s'occupent des orphelins.
Inganar sourit légèrement, confiant à Annaïg qu'il l'aimait pour son intelligence. Il demanda enfin ce qu'il restait à faire.
-Suis moi. indiqua Annaïg, qui conduisit son amant vers un petit laboratoire d'alchimie. Une fois arrivé, elle pointa du doigt quelques plantes aux baies rondes et noires.
-De la belladone ! s'écria Inganar.
-chut, pas si fort, tu vas réveiller le petit ...j'ai cru comprendre que tu étais fin alchimiste ?
-Soit, tu comptes t'envoler au pays des rêves pour l’éternité...
Quelques minutes plus tard, la mixture était prête,et fut mise en bouteille. Puis ils revinrent dans la cuisine, et s'installèrent à une table, pour se fixer dans le blanc des yeux.
-J'imagine que ta décision est prise ? Demanda Inganar, tout en devinant la réponse d'Annaïg.
-J'aimerais avoir le choix, mais le choix est un luxe que je n'ai pas.
-Tu te rends compte que je t'aime du plus profond de mon être ?
-Mais qu'est-ce que tu crois, moi aussi je t'aime ! S'il y avait une autre solution, crois bien que je l'aurais trouvé, mais justement, il n'y a pas d'autre solution ! S’énerva la jeune femme, si vraiment tu m'aimes, tout ce que je te demande, c'est de sauver notre fils !
-J'y...pourvoirai. répondit l'elfe en baissant la tête, la voix triste et les larmes coulant sur ses joues.Quand il releva sa tête, la fiole d'essence de belladone était vidée et posée sur la table.
-Je t'aime. Confia Annaïg quelques secondes avant de s’effondrer.
-Puisse Juianos avoir pitié de nous, pauvres créatures de chair et de sang.
Inganar monta dans la chambre, regarda autour de lui pour découvrir un landau, dans lequel dormait un bébé aux cheveux noir et aux oreilles légèrement pointues d'un point de vue humain, ou légèrement arrondies d'un point de vue elfique. L'enfant ouvrit ses yeux, laissant découvrir un œil bleu, et un autre vert, puis une petite voix sortit de sa bouche, une petite voix qui disait "Papa".
-Puisse Auri-El te prendre en pitié, mon fils...
Le jeune père se saisit avec précaution de son fils, enroula un petit drap autour de lui pour le tenir chaud, et le blottit contre lui,quand ils passèrent dans la cuisine, le jeune enfant demanda "Maman ?" non sans inquiétude.
-Tout va bien bonhomme, Maman ...est en paix.
Puis ils sortirent, sous une pluie battante. Inganar, les yeux larmoyants, se dirigea vers son cheval.
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bon ceci est la première partie de ce huitième chapitre.