Et hop ! La suite direct cette fois-ci ! J'espère que ça vous plaira.
Chapitre 16 : Taaj
Le ciel se voilait, et petit à petit, les étoiles disparaissaient lentement. Le vent cessa de souffler, comme si le temps se figeait. Un voile d’obscurité tombait peu à peu su Morthal, et même les lueurs des torches des gardes devenaient faibles. C’est comme si un brouillard noir s’était abattu sur la ville, obscurcissant la vue de tout le monde. Même Taaj, qui normalement pouvait voir dans le noir sans problèmes, commençait à avoir du mal à distinguer ce qu’il se passait autour de lui. Néanmoins, le dragon était encore visible, et ses yeux rouges luisaient dans l’ombre maléfique qui saturait l’air de la nuit.
La créature restait immobile, fixant d’un air impérieux les gardes, mortifiés et paralysés par la peur. Le chevalier sur le dos du monstre ne bougeait pas, et le Khajiit sentit que celui-ci était au moins aussi redoutable que sa monture.
Taaj avait dégainé ses dagues, attendant la première attaque du dragon. Après plusieurs secondes, ce dernier inspira profondément. C’est partit… pensa le Khajiit en plongeant derrière un mur.
Le souffle du dragon ne se fit pas attendre. Dans un bruit puissant, la créature cracha un torrent de flammes bleues sur l’auberge de la ville, qui s’était allumée comme une torche. Le toit en paille prit feu, et quelques seconde plus tard, à la grande surprise de tout le monde, les murs en pierre s’embrasèrent également. Le granit fondait à vu d’œil.
Incroyable… se dit Taaj, impressionné. Celui-ci avait déjà vu des dragons, il y a une décennie, mais pas comme celui-ci.
La plupart des gardes fuirent dés que le monstre avait mis feu à la taverne. Ce dernier pris son envol dans un battement d’aile, et cracha un autre torrent de flammes. Taaj, aussi rapide que le vent, fonça vers le lac et plongea dans l’eau glaciale, afin de se mettre à l’abri.
Après quatre minutes d’apnée, le Khajiit remonta à la surface afin de reprendre son souffle, et découvrit une ville brûlée et dévastée. Le dragon sillonnait les airs, crachant des flammes dévastatrices, qui n’avaient aucun mal tout réduire en cendres. Il vit une femme fuir vers la forêt, mais qui se fit rattraper vers le dragon qui l’inonda sous un torrent de feu.
Après plusieurs minutes de vol, le dragon se posa par terre. Taaj, curieux d’en savoir plus sur le mystérieux chevalier qui montait la créature, sortit du lac, et se mis à l’abri derrière un tonneau. Il se déplaçait le plus vite possible afin d’éviter d’être repéré, aussi silencieux qu’une ombre. Dans un bruit métallique, le chevalier mis pied à terre, et regarda autour de lui. Il était très impressionnant. Son armure noire était ornée de plusieurs runes et têtes de morts. Son casque ne permettait pas de voir son visage, mais une mince lueur bleue s’échappait de sa visière. Taaj essaya d’humer l’air, afin d’identifier la nature de l’adversaire, mais ce dernier n’avait pas d’odeur. Il ne sentait ni comme un vivant, ni comme un mort…
Un garde, qui s’était mis à l’abri dans une cabane qui fût partiellement épargnée, eût la mauvaise idée de sortir à ce moment là. Lorsqu’il comprit son erreur, il essaya de prendre la fuite en hurlant, mais le chevalier noir ne l’entendait pas de cette oreille. Il leva alors le bras, doucement, et tira ce qui semblait être un épais nuage d’ombre qui fila vers sa victime à une vitesse incroyable. Le pauvre bougre n’eût pas la moindre chance : il fût soufflé par le sort, et toute la partie droite de son buste fût détachée du reste. Son cadavre fit un vol plané avant de finir par s’écraser sur un mur dans une éclaboussure de sang.
Le chevalier se dirigea ensuite vers la longère du jarl, qu’il semblait avoir épargné. Taaj, le suivant aussi silencieusement que possible, se mis à l’abri derrière un mur qui avait presque totalement fondu. Soudain, trois gardes sortirent du bâtiment du jarl, en compagnie de l’huscarl de ce dernier. Sachant qu’ils n’avaient aucune chance de fuir, ils avaient sans doute décidé de se battre et de mourir dans l’honneur, afin de passer l’éternité à Sovngarde. Stupide croyance de ce peuple… pensa Taaj, misérable excuse pour ne pas craindre la mort lorsqu’ils sont dos au mur…
Les quatre hommes encerclèrent le terrible chevalier, qui avait dégainé son épée. Un des gardes tenta de l’attaquer en traître par derrière, mais d’un mouvement de la part de son adversaire, il se retrouva découpé en deux.
Le Khajiit resta bouche bée… L’épée du chevalier avait découpé l’armure, le bouclier, l’épée et les os du pauvre homme comme s’il s’agissait de beurre. Le cadavre s’effondra, et une marre de sang s’étendit sur le sol rocailleux.
Le chevalier brandit son épée d’un geste menaçant à l’encontre de ses adversaires, qui tremblaient de peur. L’un d’entre eux fit un pas en arrière à la vue de l’arme de l’ennemi. Il fallait admettre que celle-ci était unique. Elle était noire, longue, tranchante, et luisait d’un éclat menaçant. Sa large lame était parcourue de petites lueurs rouges, et le pommeau de l’épée représentait un aigle aux yeux de rubis et au bec acéré.
D’un autre mouvement du bras, le colosse en armure décapita les deux derniers gardes en même temps. L’huscarl, terrifié, essaya de fuir en criant : « Pitieeeez », mais son adversaire tira un autre trait d’ombre qui le déchiqueta.
Le chevalier noir remonta sur le dragon, qui attendait sagement prés des restes de la scierie, et pris son envol en direction du Sud-Est. Lorsqu’il passa par-dessus la longére du Jarl, la créature déversa sur le bâtiment un souffle de flammes, qui ne laissait aucune chance à ceux qui se trouvaient à l’intérieur. Puis, dans un mouvement d’aile, il s’éloigna dans l’obscurité du ciel voilé.
Petit à petit, l’opacité de l’air s’amenuisait, et les étoiles réapparurent dans le ciel. Une brise fraîche commença à souffler sur les ruines de la ville encore fumante. Les cadavres jonchaient le sol, déchiquetés et éclairés par certains feux qui n’avaient pas encore finis de brûler. Un vrai carnage… pensa le Khajiit. C’était la première fois que Taaj rencontrait un adversaire aussi redoutable et puissant. Pour une fois, il s’était abstenu d’intervenir, car il avait sentit que la puissance du Chevalier Noir était sans limites…
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