@Matricule77 : "clochardisation du personnage" : bravo pour cette expression, c'est vraiment bien trouvé et c'est exactement ça. Bravo aussi à l'auteur du premier post pour la qualité de son test.
Le début du jeu vous donne en effet l'impression d'être un sdf : vous n'avez rien, vous vous faites botter le cul partout où vous allez, livré à vous-même, terrifié quand la silhouette d'un loup se profile à l'horizon, rasant les murs et baissant les yeux. Au début.
Puis très rapidement, en explorant le monde, vous comprenez une chose : vous êtes au coeur d'un microcosme vivant, interdépendant, où chacune de vos actions aura des conséquences. La vie, quoi. On parlait de jeux "bac à sable" à propos d'Oblivion ou de GTA ? C'est oublier que le sable est une matière flexible à laquelle on donne la forme que l'on veut. Risen, plus encore que Gothic III, vous offre cette flexibilité absolue de l'environnement, le sentiment que le sdf qui a débarqué sur sa plage au début du jeu va écrire sa propre histoire et transformer chaque parcelle de ce monde à sa manière.
C'est un jeu qui donne la priorité absolue au role-play, c'est-à-dire que le mode principal d'interaction entre vous et le jeu, ce n'est pas le farming bête et méchant, ce n'est pas l'exploration pour l'exploration, ce n'est pas le déroulement d'un chemin balisé et identique pour tous les joueurs. Risen vous dit : "écris ta propre histoire, fais tes propres choix et découvre leurs conséquences sans avoir peur de te planter : rien n'est tout blanc, rien n'est tout noir, et chaque chemin est intéressant". Donc un peu comme dans the witcher, avec moins d'embranchements clairs mais encore plus de liberté, on se laisse aller.
Il y a quelque chose de magique dans Risen, malgré quelques chicanes techniques et un doublage français à la ramasse : il réalise un fantasme de joueur, vous donne le sentiment, dès le début du jeu, que tout est possible, que c'est vous qui décidez de ce qui va se passer. Votre montée en puissance progressive, le déroulement du scénar, la qualité de l'écriture et l'originalité des PNJs : imaginez un livre genre "défis fantastiques" qui aurait non pas 400 paragraphes, mais 20000, faites-en un beau jeu vidéo, ajoutez-y un système de combats plaisant et stimulant : vous obtenez Risen. Un rève de gosse. Ce serait dommage de le louper.