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Liste des sujets

[Fic] Un long parcours.

DontHaveTheTime
DontHaveTheTime
Niveau 4
31 janvier 2009 à 16:56:54

Bon, j'ai écrit trop tard apparemment. Comprenez-moi, c'est dur sur un téléphone. Bye.

Erol_Flynn
Erol_Flynn
Niveau 5
31 janvier 2009 à 16:59:12

tu dois aussi croire qu'une femme ne pense pas comme un homme.

~~> Oui mais ça c'est évident. ^^

YumeArashi
YumeArashi
Niveau 10
31 janvier 2009 à 17:18:08

Bien sur que j'accepte la critique ! Oo
C'est grâce à Nyarno ici présent et aux ficeurs cités dans ma réponse que j'ai appris à ne pas m'offenser à la moindre remarque du moment qu'elle était constructive.
Par contre je suis d'accord par mes camarades sur le point contesté du "masculin/féminin" qui est pas vraiment stable en terme d'argument. =) Tu cites Simone de Beauvoir, c'est pas réellement le même contexte qu'aujourd'hui au sein de la littérature, début XXème, "nous" les femmes luttions toujours pour nos droits, en ça je trouve que le fait de mentionner cette écrivaine [puisque ça s'écrit] est presque... paradoxal étant donné qu'elle s'est battue pour la cause féminine.
Ca me fait penser à quelque chose. Regarde les romantiques de 1830, Lamartine, Musset... ce sont majoritairement, pour ne pas dire uniquement, des hommes et l'expression exacerbée des sentiments et leurs phrases torturées pourrait aujourd'hui être qualifié de typiquement féminin et ça ne dérange personne. N'ont-ils pas eu un succès fou à la postérité ou durant leur vie ? Ne te méprends pas, jeune homme, je n'oserais pas me comparer à eux, c'est juste quelque chose sur lequel je peux m'appuyer pour montrer ce que je pense.
Ça me donne envie de poser la question à ma prof pour avoir son avis. =)

T'es rigolo. =) J'suis pas partie pour faire un best seller, hein ! :o)) Ne te force pas à retirer ce que tu as dit, parce que c'est ton point de vue et il parfaitement compréhensible et il a lieu d'être à certains trucs près.

Tiens DHTT, te revoila. =)

Erol_Flynn
Erol_Flynn
Niveau 5
31 janvier 2009 à 17:24:20

Concernant mon amie Simone, elle était peut-être très féministe, mais pour avoir lu "mémoire d'une jeune fille rangée", je peux t'assure qu'elle a un style très masculin, peut-être même plus que son compagnon Sartre, c'est te dire.

Pour de Musset (Lamartine je connais que de nom, jamais lu),ça tombe bien que tu en parles, je suis en train de lire on ne badine pas avec l'amour. C'est vrai que quand il fait parler Camille, c'est vraiment d'un féminin implacable. Mais là c'est du théâtre, c'est un art de rendre les personnages réalistes. Par contre on reconnait bien son caractère dans celui de Perdican (un vrai mâle :o)) ).

Tiens mais vu qu'on est sur un forum et donc évidemment à un niveau différent que tous ces prestigieux messieurs, j'ai vu sur le forum écriture qu'une seule "fille" : DollyNoxie. Ses nouvelles ont un succès de malade. (Style very very sombre, loin du rose bonbon et tout le tralala)...

Ouah ça fait du bien de discuter comme ça, pas comme sur diamant. Je vais rester ici :o))

Deck16
Deck16
Niveau 10
31 janvier 2009 à 17:44:37

Je me suis arrêté au chapitre 5 pour aujourd'hui :p .

Très bien écrit, agréable, bon scénario. Ca change un peu des fics habituelles. Le rythme n'est ni trop rapide, ni trop lent.

Continue, j'aime beaucoup ;) :ok:

:hap:

YumeArashi
YumeArashi
Niveau 10
31 janvier 2009 à 17:55:44

C'était sans doute dans le caractère de Madame de Beauvoir d'avoir un style assez dur (je n'emploie plus "masculin", ça n'a pas de sens) dans la mesure où elle a vécu dans un environnement hostile aux femmes et elle a du s'affirmer pour avoir le droit d'être elle-même.

Lamartine... ses poèmes sont très représentatifs de ce que j'avance. =) Musset, je parlais surtout de sa période romantique et donc de ses poèmes, pas des pièces de théâtre. Ce genre d'écrivains savait s'adapter à différents styles et faisait preuve de... je cherche un mot... Polyvalence, voila.

Quant à la jeune fille du forum Écriture, je n'ai pas le temps de passer voir ce qu'elle fait (oraux de français en prévision et mes amis Shakespeare, Molière, Corneille et Racine me prennent pas mal de temps au détriment de ce forum), et pas tellement envie, les nouvelles Dark ne me plaisent pas en règle générale. Je préfère largement le style Rose bonbon. Je ne doute pas que ce soit bien, voire très bien.

Oh, tu es le bienvenu. :o))

YumeArashi
YumeArashi
Niveau 10
31 janvier 2009 à 17:56:41

Merci Deck ! =)
C'est gentil, je suis contente que le rose bonbon guimauve te plaise. :sarcastic: =)

Capharnaum
Capharnaum
Niveau 10
31 janvier 2009 à 18:02:57

Ah, tu n'as pas demandé à GB pourquoi lui il n'aimait pas. :o))
Tu as bien fait. :o))

Capharnaum
Capharnaum
Niveau 10
31 janvier 2009 à 18:09:14

Je viens de finir de lire votre petite discussion. :o))
Je suis étonné qu'en mouvement « typiquement féminin », je n'ai pas vu cité La Préciosité. :o))
C'est quand même l'exemple type de « l'ennui mortel ». :o))
Et ça reste cependant très très loin de ce que produit l'Humaine. :o))

YumeArashi
YumeArashi
Niveau 10
31 janvier 2009 à 18:32:18

Je le lui ai demandé mon cher Caph'. :o))
Sa réponse est ma foi restée absconse comme la plupart des phrases qu'il daigne adresser à ma petite personne. =P

  • s'en va pleurer* :o))
Capharnaum
Capharnaum
Niveau 10
31 janvier 2009 à 18:44:29

Estime-toi heureuse qu'il ai daigné t'adresser lesdites phrases. :o))
Ingrate. :o))

YumeArashi
YumeArashi
Niveau 10
31 janvier 2009 à 18:54:36

Va te faire cuire dans un moule à gaufres, gougnafier. :o))
Je suis très grate d'ailleurs. xD

Capharnaum
Capharnaum
Niveau 10
31 janvier 2009 à 18:56:01

Je préfère les crêpes aux gaufres. :o))
Mais, d'accord, ma foi, ça pourrait être rigolalilooooo... :o))

Erol_Flynn
Erol_Flynn
Niveau 5
07 février 2009 à 12:25:31

J'ai été chercher les méditations poétiques à la bibiliothèque(homer simpson :o)) ), et je dois avouer que c'est assez beau.

Maintenant qu'on a sympathisé. (Ben ouais, critiquer la fiction de quelqu'un est le meilleur moyen de sympathiser :noel: ), ça te dérange si je te pose quelques questions, sur le forum ?

YumeArashi
YumeArashi
Niveau 10
07 février 2009 à 19:08:17

Des questions ? :(
Dis toujours.

YumeArashi
YumeArashi
Niveau 10
01 mars 2009 à 00:11:56

Chapitre 7

[Partie 2]

Lionel quitta les lieux, Oké sur les talons et ferma la porte de la cuisine dans laquelle il entra, me laissant seule.

« Ca picooooote... »

Je me relevai péniblement en m'appuyant sur mon bras valide. Le vent s'engouffrait parmi mes longs cheveux emmêlés et me fit frissonner. Quant au cheval de feu, il se trouvait toujours étalé par terre, ses frêles flancs se soulevant par à coups : la respiration se faisait difficilement et je ne savais pas ce qu'il avait. Ponyta était en réalité extrêmement maigre, l'on voyait apparaître ses côtes, une partie des os du rachis et ceux de ses hanches, ses jambes n'étaient pas bien robustes et son encolure peu musclée. Cela pouvait aisément s'expliquer à la simple observation de la mangeoire du pokémon. Constamment pleine, car jamais vidée, alors que Ponyta galopait tout la journée d'un bout à l'autre de l'enclos, et n'absorbait comme seul élément vital que l'eau de la rivière, c'était comme si elle se livrait à un rituel de jeûne, un régime fatal qui l'amènerait à coup à quitter notre monde. Peut-être était-ce pour cela qu'elle tentait par conséquent de faire le plus de mal possible autour d'elle. Elle voulait transmettre, faire comprendre quelque chose, qu'on ne l'oublie pas. Et rester dans cette pension ne l'aidait en aucun cas à accomplir ce à quoi elle se destinait. J'avais entendu Phil raconter une histoire à propos des pokémon légendaires et la lier avec Ponyta. « Elle se prend pour les fondateurs de notre Terre, elle aspire à faire de grandes choses, elle n'est pas comme les autres. Je ne peux pas la sonder, je sais juste qu'elle veut aller loin ou mourir.. » Telles avaient été ses paroles avant qu'il ne se rende compte que j'écoutais à la porte.

Je fouillai dans le sac roussi et en sortit un petit calepin où j'entrepris de noter mes observations. Je me prenais d'affection pour la jument malgré son attitude belliqueuse, son caractère de cochon, son regard de tueur et cette espèce de pouvoir, d'emprise qu'elle exerçait sur moi. Au bout d'une vingtaine de minutes, elle ne s'était toujours pas relevée. Par défaut, je jetai un regard vers l'escouade de Marill, somnolent à demi. Un muscle de Ponyta tressaillit. Immédiatement, la plus grosse des souris aquatique ouvrit les yeux et prépara une attaque Pistolet à O qu'elle lança sur le pauvre pokémon, à ce moment sans défense. Elle fut immédiatement imitée par les membres de la troupe de surveillance et je vis Ponyta hennir... Mes oreilles souffrirent..

« Mais qu'est-ce que vous faites ?! ARRÊTEZ !! » Hurlai-je.

Les pokémon firent volte face nonchalamment. J'allais de surprise en surprise, il me semblait évident qu'une hiérarchie s'était mise en place dans ce groupe la. Je pris mon courage à deux mains et avançai vers les grosses souris.

« C'est bon, elle est déjà assez mal en point, vous allez la tuer ! Vous pensez que votre dresseuse sera fière de vous ? Que vous allez grimpez dans son estime si vous vous amusez à mettre à mort les pokémon qu'elle soigne ?!
- Maaaamaaa riiill maaaa ! Riiil mamaaaaaaaaaaariil !
- Je ne te comprends pas la bestiole ! Palabrer devant moi ne sert à rien ! Je veux que vous arrêtiez de faire mu muse immédiatement. Je jure qui si vous n'obéissez pas, vous en subirez de lourdes conséquences... C'est clair ?! »

YumeArashi
YumeArashi
Niveau 10
23 avril 2009 à 17:15:43

Chapitre 9 : Capture exemplaire

Mon cœur battait. Je ne savais pas si c'était en rapport avec ce vol temporaire ou avec l'idée d'avancer vers quelque chose que je ne maitriserai peut-être pas. Cette chose qu'on appelle l'Inconnu.
Les pensionnaires faisaient leur sieste quotidienne et Lionel s'occupait de la maintenance. Ces deux choses ôtaient un poids considérable de mes épaules. Une légère brise s'était levée, l'air se trouva moins lourd et la marche moins pénible. Tout en évoluant parmi les enclos du Domaine, il me vint à l'esprit que je ne savais absolument pas quel pokémon attraper. J'y allais « au feeling » et mon inconscient guiderai mes pas : où comment se délester d'une prise de décision. Tandis que j'atteignais la rivière, je ressentis une petite douleur aux pieds. Je m'assis au bord de l'eau, sur une grosse pierre moussue, avant d'enlever mes bottes.

« Flûte, une ampoule... Deux ?! C'est bien ma veine. »

Je pestai comme à l'accoutumée. Il y avait a moins un point positif à cette marche : le paysage. Des plus sublimes, c'était l'une des seules choses qui jusqu'à aujourd'hui aurait pu accaparer plus de trois heures de mon temps. Le soleil dardait ses rayons sur l'onde calme et cette rencontre créait une multitude de petits scintillements qui, à leur tour, piquaient délicatement mes paupières à moitié closes.
Tout en appliquant un peu du baume que j'avais pris avec moi sur mes coups de soleil et la cicatrice, je divaguai. Ce furent les dernières paroles échangées avec mon père la veille qui me virent à l'esprit, et je dus avouer qu'il avait bel et bien raison. A moins que je ne fusse capable de tisser des liens avec n'importe quel pokémon en claquant des doigts, parvenir à établir une relation d'amitié, cette chose qui me manquait tant en dépit de celle que m'offrait Lionel, avec Ponyta m'apparaissait comme irréalisable.

« Cherchons la facilité ! Oui... Enfin, si je tape dans le trop simple je vais me retrouver avec une quiche, et on sera pas dans la mouise pour la suite... »

« Attraper un pokémon » Volume 1.
Ne jamais sous estimer le pouvoir d'un costaud grimoire !

Les quelques lignes de ce livre, très mal écrit par ailleurs, que j'avais lues et dont je me souvins sur l'instant, ne m'apportèrent pas d'information supplémentaire si ce ne ne fut peut-être le fait qu'il faille affaiblir le pokémon avant de lancer la pokéball. Je soupirai.

« Okay, va pour la quiche... »

Je mis mon menton au creux de ma paume et attendis, lasse. Si j'avais su que ce serait aussi « compliqué »... Un ange passa.
Finalement, un gros poisson orange passa et repassa lourdement devant moi durant une dizaine de minutes. Je l'ignorai du mieux que je pus car il fallait l'avouer, il était laid et si c'était un pokémon, il me paraissait insensé de vouloir capturer une bête aquatique faiblarde et à peine frétillante. J'étais en chasse - enfin à ma manière, celle qui consiste à attendre que la proie vienne d'elle même se jeter dans la gueule du dresseur ou plutôt dans celle de la pokéball – pas au concours de pêche.
Or, il ne cessait ses allers-retours. Je commençais à mal le prendre.

« Il me nargue, le bougre ! »

Je saisis l'objet sphérique, et, en espérant éloigner le poisson borné, le jetai avec négligence dans l'eau. La ball m'échappa. « Viser » était un terme à la définition absolument abstraite pour moi et au lien d'atteindre le tas de sable désiré, le projectile atterrit sur la tête du pokémon.

« Et merde ! A tous les coups, c'est pour ma pomme. »

Cela ne rata pas. Le poisson qui n'avait fait AUCUN effort pour se décaler, comme si son seul désir était de se retrouver enfermé dans un truc en acier, se « transforma » en une lumière rougeâtre et gigotante avant de pénétrer dans l'habitacle rond qui cessa alors immédiatement tout mouvement.
La bouche ouverte, les bras ballants, les yeux écarquillés, j'avançai vers la rivière et me penchai afin de récupérer la pokéball. Mes doigts l'effleurèrent, la découvrant de la même manière qu'au premier contact dans cette fameuse remise. Mais cette fois ci, il me semblait que quelque chose battait à l'intérieur. Je la serrai, toute douce, au creux de ma main, éberluée, et la remontai dispersant le sable du fond du lit. Je ne parvenais pas à croire que j'avais réussi... Cette capture était une chose nouvelle, et même une chose extraordinaire. Malgré l'impression première plutôt négative, je sentais monter en moi une flèche de bonheur qui se décomposait en étincelles, elles même parcourraient mes vaisseaux et atteignaient tout mon corps par des picotements significatifs. Comment décrire une si fantastique sensation lorsque on n'a aucun mot à portée de bouche ?

Je savourais avec délectation ce moment qu'à mon avis trop peu de dresseurs avaient réellement connu. De nos jours, on leur donnait de la main à la main un pokémon déjà capturé, déjà en partie dressé et habitué à l'homme : on leur mâchait le travail et l'étape la plus importante de la découverte. Mon pokémon à moi, malgré son aspect certes repoussant, ne connaissait rien du monde des combats. C'était merveilleux de se dire que ce pokémon et moi allions apprendre au même rythme et...

Je fus grossièrement interrompue par un rire gargantuesque et moult reniflements. Tel le cow-boy fort et viril – s'apprêtant à mettre une raclée au vilain desperado à moitié obèse – qui, au cours d'un superbe ralenti hollywoodien, fait volte face avant le combat final et affiche la plus effrayante des expressions vengeresses... je me retournai.

« Quoi... ENCORE ?! »

Le goujat moqueur qui se permettait de se rire de ma prodigieuse capture n'était autre que Lionel. Qui d'autre de toute façon ? Déconcertée, je lui lançai un regard mauvais. Il n'y fit guère attention, bien trop occupé à se tenir les côtes tandis que le seul « mâle » présent doté d'un peu de tact – oui... Okéoké – haussait un sourcil, sceptique.
« Euh... Dis moi ? Quelque chose ne va pas ?
- C'est... HAHAHA !! C'est ce que et surtout... Huumpf ! la façon dont... HAHAHAHAHAHA tu... l'as attr... attrapé ! Hahahahahahahahahahahaha !
- Plaît-il ? »

Entre deux éclats de rire, Lionel parvint à retrouver un peu de sérieux et tenta vainement de m'expliquer les raisons de son hilarité. Il se perdit tout d'abord dans des explications confuses qui me parurent inutiles avant de commencer à construire des phrases intelligibles.

« T'as du mal à viser, hein ?
- Et alors ? Je l'ai eu, c'est tout ce qui compte !
- Et avec quelle classe ! Tu aurais nourri des pigeons, l'effet n'aurait pas été bien différent, constata t-il avec une pointe d'ironie.
- Tu me tapes sur le système, Lio...
- Puis... c'est un... Magicarpe, tu sais... Pas l'un des pokémon maîtres des éléments genre Kyogre... Y a pas vraiment de mérite. Magicarpe pour premier pokémon... Tiens, écoute ça. »

Il tendis une réplique du Pokédex de mon père, sans doute son propre Pokédex et en pointa le capteur vers la main où se trouvait encore la ball. Une voix narquoise et grésillante s'en échappa.

« Magicarpe, Pokémon carpe. On raconte qu'autrefois, Magicarpe était beaucoup plus puissant qu'aujourd'hui *mon œil*. Il ne sait faire que des ronds et des bonds dans l'eau. *Avec lui, gagner un combat c'est pas d'la tarte* Il est malheureusement *enfin tout est relatif* devenu célèbre pour son inutilité... *Ouaiiiiis !* Cet étrange Pokémon a poussé de nombreux chercheurs à étudier son cas mais aucune théorie plausible n'a été avancée. »

« Quesseucé qu'ce truc ?
- Un Pokédex ?
- Merci, ça je le sais, mais... celui de mon père ne s'est jamais moqué d'un pokémon comme le fait le tien... fis-je, éberluée.
- Ce sont des logiciel que tu ajoutes, en fonction de ce que le dresseur pense et...
- Tu ferais mieux de les désactiver et de changer ta vision des choses à mon humble avis. » le coupai-je.

Après un dernier regard, je le laissai seul. Je commençai à longer la rivière, serrant fébrilement la pokéball tiède contre ma poitrine, espérant que le pokémon n'ait pas entendu le tissu de mensonges du vieux bonhomme aigri dont on avait pris la voix. La façon que Lionel avait de dénigrer ce qu'il ne connaissait pas m'horripilait au plus haut point et j'étais assez peu tolérante avec ceux que cette notion essentielle – la tolérance - ci n'avait apparemment jamais effleuré.
Je fis sortir Magicarpe de la pokéball en appuyant sur le bouton au devant de l'objet rond et regardai le pokémon se matérialiser dans l'eau devant moi. A chaque instant, je m'attendais à le voir filer pour ne plus jamais revenir. Mais cela ne se produisit : le poisson fit quelques ronds dans l'eau puis s'immobilisa et plongea son regard dans le mien.

« Caaaarpe caaarpe !
- C'est vrai que tu n'as pas l'air bien futé... »

Il sourit bêtement. Je haussai un sourcil. Peut-être n'était-il pas un attaquant berserk mais au moins, il avait une tête on ne peut plus sympathique.

...mais qu'à cela ne tienne ! Tu as l'air d'être un chouette bonhomme... poisson ? Magicarpe. » dis-je en souriant.

Le ton employé revint à mes oreilles avec une de ces nuances maternelles qu'emploient les femmes protectrices en s'adressant à leur progéniture. J'étais heureuse. A ce moment, oui, c'est ce que j'étais. Je rappelai mon nouveau compagnon et me mit en marche vers l'enclos de Ponyta. Cette fois ci, j'avais un allié et ma volonté n'en était que plus forte.

« C'est parti ! »

YumeArashi
YumeArashi
Niveau 10
23 avril 2009 à 17:16:27

Chapitre 10 : Sanglante chevauchée.

J'étais parée... enfin, plus ou moins si j'en croyais la partie « neutre » des dires du Pokédex. Ponyta broutait tranquillement jusqu'à ce qu'elle m'aperçoive. Dès lors, elle se campa solidement sur ses jambes et baissa la tête, sans se départir de cette expression belliqueuse qu'on lui associait tout naturellement à ce pokémon enragé. Je déglutis avec difficulté... Puis, prenant mon courage à deux mains, je pénétrai dans l'enclos...

J'avance avec précautions, je fais un pas. Puis deux. Je respire. Mon coeur fait la java tandis que mes mains deviennent moites. Je crains qu'elle ne me « dore » comme un toast sur lequel le grille-pain se serait acharné mais je chasse cette idée et prends confiance en moi. Je ne suis pas seule. Je ne suis plus seule. Je tends la pokéball devant moi, c'est mon bouclier, mon ami, mon pokémon. Nous sommes à vingt mètres l'une de l'autre. Je hausse la voix.

« Hum... J'aimerais qu'on parvienne à s'entendre toutes les deux ! Or, je te préviens, il y a dans cette pokéball un pokémon très puissant... Si tu tentes quoique ce soit, tu le regretteras amèrement. ok ? »

Mes paroles eurent l'effet d'un coup de poing sur le flanc d'une montagne... En gros, aucun. Ponyta, qui avait parfaitement saisi ce que j'avais eu tant de mal à exprimer, racla le sol de l'un de ses sabots. La corrida allait commencer.

Elle chargea violemment et j'eus à peine le temps de me jeter dans un plant de végétaux urticants afin de me protéger. Ma seule arme roula plus loin dans l'herbe et je la perdis de vue tandis que Ponyta faisait demi tour, prête à relancer l'offensive. Je rampai à toute vitesse dans les plantes voraces. De grosses plaques envahirent mes bras. Je résistai péniblement à l'envie de me gratter : le sol tremblait, j'étais dos à Ponyta et ces secousses indiquaient qu'elle n'allait pas tarder à me broyer sans pitié, ce n'était pas le moment d'assouvir un besoin si futile. Que pouvait un humain face à la furie que j'avais décidé de combattre ? J'imaginais déjà mon dos en morceau et...
Ma main heurta quelque chose que je saisis sans me demander ce que c'était. Je l'envoyai violemment vers la jument. L'objet décrivit un arc de cercle harmonieux avant de s'écraser sur la tempe de la jument. Toujours plaquée par terre, le visage maculé de poussière humide, j'entendis un caractéristique « Carpe caaaarpe ».

« Et merde... »

Je pris appui sur mes mains et me relevai pour mettre le poisson qui allait manquer d'air dans l'abreuvoir. Dieu ce qu'il était lourd et encombrant... Ponyta ne bougeait plus, étalée à son tour dans l'herbe, la seule chose qu'elle était encore en mesure de faire était tenter de respirer régulièrement. Magicarpe en « sécurité » dans l'eau, je m'approchai du pokémon feu, les poings sur les hanches.

« Je t'avais prévenue, je ne sais pas pourquoi tu t'obstines. Je suis fatiguée mais tu l'es encore plus. Si tu en veux encore, je suis prête à me défendre et même à attaquer jusqu'à ce que ton ego ait diminué. La défaite est difficile à admettre mais l'acharnement ne paye pas lorsque de l'autre côté, ce que tu sembles vouloir appeler « l'ennemi » à tout prix, n'est pas prêt à abandonner de sitôt. »

Elle grogna et ouvrit la gueule. Une puissante attaque Lance Flammes en sortit. Je fis deux pas de côté, frôlant ainsi la crise cardiaque et revint près d'elle par la droite. Ma mère n'approuverai certainement pas cette technique mais la douceur n'a parfois aucun effet.

« Mais t'es sourde ou quoi ? Tu veux être violente, je peux l'être aussi ! »

J'écrasai sèchement mon pied sur son museau, un léger craquement se fit entendre : elle gémit. Je profitai de l'occasion et grimpai sur son dos. Dieu ce que c'était haut ! Ce fut le pire affront, la preuve physique que l'on cherchait à réduire en esclavage, mettre au service de l'Homme ce corps bouillant de colère. Les flammes dorsales du pokémon redoublèrent d'intensité. Il se leva violemment, mû par une force désespérée qu'il puisait au plus profond de son cœur. La tension était palpable, les muscles bandés de Ponyta fins prêts à montrer leur vigueur. Ce combat allait se terminer en ma faveur, je le savais et cela insuffla dans ma poitrine un air nouveau, le même qui gonflait celles des valeureux maîtres des temps anciens. En temps normal, cela m'eût fait sourire.
J'étais prête à souffrir le martyr... or la morsure cuisante des flammes ne rongea pas ma peau. Je n'éprouvai aucune douleur, rien.
Ponyta, aveuglée par cette ire dévastatrice, fila à travers l'enclos à toute vitesse, enchaînant ruades et sauts, essayant par tous les moyens de me désarçonner, accélérant, ralentissant, usant de mille stratagèmes, prenant des virages serrés au terme desquels elle s'arrêtait net avant de reprendre le galop de plus belle. Elle suait abondamment, sa tempe était enflée et ses forces s'amenuisaient seconde après seconde. J'étais impressionnée de la manière avec laquelle elle me malmenait. Cette lutte était l'exutoire dont Ponyta avait besoin. A la fin, il n'y aurait plus trente-six solutions.
Je ne pus dire combien de temps la « bataille » dura. Car c'était une réelle bataille, dont chacun des assaillants attendait quelque chose. A contrario, j'étais bel et bien certaine d'une chose : tous les pensionnaires avaient assisté à ce rodéo endiablé et si ma mère avait vent de ça, ce qui me manquerait à coup sûr pas, j'allais être sévèrement réprimandée. La voix de Lionel me hurlait de lâcher prise. Il avait peur.

Mes jambes meurtries saignaient : le fluide pourpre avait traversé le toile de mon pantalon se mêlant ainsi avec celui de Ponyta sur les flancs de laquelle il s'était aussi répandu. Je n'osais imaginer l'état de mes membres. Je n'en pouvais déjà plus.. Mes muscles, complètement endoloris, travaillaient sans relâche, déployant leurs forces pour m'aider à rester « en selle » et ils se débrouillaient bien mais ils n'allaient pas tarder à faiblir. Le pokémon émit un souffle rauque, un peu comme si sa poitrine avait été placée dans un étau qui se resserrait au fur et à mesure. J'en vins même à me demander où j'avais bien pu acquérir une telle assiette. Il accéléra une dernière fois. La barrière de l'enclos ne fut qu'un obstacle ridicule qu'il franchit sans autre forme de procès. Ponyta m'emmena ainsi dans des lieux reculés du Domaine, sous les hurlements de Lionel, des lieux sauvages où même ma mère ne se risquait qu'en cas d'urgence médicale. Je parlai à Ponyta, me penchait , la priai de se calmer, la rassurai... Au bout d'un moment, son galop se cadença. Nous étions arrivé à un point où une telle attitude devenait absolument inespérée. Son allure était confortable, ses foulées lestes et amples. J'en oubliai de respirer. Mes mains se décrispèrent et je pus sécher les larmes qui humidifiaient mes joues depuis le début de cette chevauchée infernale. Je... me risquai une petite seconde à jeter un œil autour de moi.

...

Le paysage défilait tellement plus vite qu'à bord de la charrette familiale... Les arbres se démembraient, les nuages prenaient une toute autre forme, les chemins ressemblaient à de drôles de serpents beige sans tête. Il était si différent vu d'ici. Les neiges éternelles des hauts sommets montagnards brillaient sous le soleil, la rivière reprenait ses droits sur les berges et s'évanouissait dans les flots de l'un des lacs naturels cachés de la région au milieu d'une grande forêt de pins. J'avais lu dans l'une des aventures de l'auteur Linda Carph, qu'il existait un point d'eau près de Jadielle où, les soirs de pleine lune, un millier de lucioles se réunissaient et dansaient gracieusement sur les eaux sombres du lac. Un ballet unique où s'entrelaçaient les corps lumineux des insectes mâles et femelles, ce qu'elle qualifiait d'union d'âmes perdues. D'après cette femme, il était rare de pouvoir y assister mais quiconque y parvenait se voyait doter d'un don précis. Ce n'étaient sans nul doute que des histoires écrites pour les enfants mais l'évocation de ce récit magique me fit sourire malgré l'épuisement indescriptible qui torturait mon corps. Ponyta allait, tranquillement, vers cet Inconnu qui était le sien cette fois. Puis le jour commença à décliner et ce fut sans doute ce qui la décida curieusement à faire demi-tour. Je me taisais. Le pokémon était entièrement libre de ses choix, je ne prétendais pas exercer un rapport de dominant et dominé avec ce pokémon... Et il le comprit.

Ponyta reprit le chemin de la Pension, franchit à nouveau la barrière. Cette ultime secousse fit tressaillir tous les muscles que la chevauchée n'avait pas insensibilisés. Elle me déposa près de l'abreuvoir, duquel avait disparu Magicarpe, avant d'aller s'effondrer quelques mètres plus loin. Lionel accourut, le visage décomposé. Il saisit ma main et débita une multitude de paroles dont je ne saisis pas le sens. Profitant d'un moment de calme, je murmurai :

« Et bien, ce fut la croix et la bannière pour arriver à un semblant d'écoute... »

Mes jambes ployèrent et je m'évanouis...

Bob-les-Ponge
Bob-les-Ponge
Niveau 10
24 avril 2009 à 12:29:58

Je viens de lire et je commente.

La chose qui saute tout de suite aux yeux est les multiples passages de déscription. Ils sont superbes. J'aime aussi les petites remarques insolentes de Marine. Le seul défaut que je t'ai trouvé c'est l'histoire qui n'avance pas assez vite pour moi.

Sinon, j'adore et je lirai les autres chapitres.

YumeArashi
YumeArashi
Niveau 10
24 avril 2009 à 13:32:06

Ca va bouger dans un ou deux chapitres. Merci d'avoir commenté. =D

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