Oui, je vais continuer, foi de... M'oui.
Non, non, je posterai ici lorsque la flemme m'aura quittée. =)
toi aussi victime de flemmite chronique ?
Ca nous ferait un point commun
EDIT FIN CHAPITRE 2 :
Pour toute réponse, la jument fit un écart et lança une Flammèche. Ma mère l'évita avec agilité. Elle ordonna aux Kadabra de soulever le cheval de feu. Ils s'exécutèrent et tous se téléportèrent y compris ma mère qui me lança un petit sourire avant de disparaître. Je restai seule avec le colosse mauve. Je tournai la tête, je vis qu'il me fixait. Quelque chose brilla dans ses yeux. C'était un regard doux, protecteur. Malgré cela, je pris peur. La seule réaction que je pus avoir fut de m'enfuir à toutes jambes vers la maison. Plus jamais seule avec un de ces trucs, je me le promis.
FIN DE L'EDIT.
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CHAPITRE 3
Partie 1 :
Depuis cette curieuse journée, je sentais mon corps en ébullition. J´avais décidé de ne plus jamais parler de quoique ce soit qui touchait à un pokémon de près ou de loin... J'en voulais à ma mère de m'avoir laissée seule, je m'en voulais d'être venue. Pourtant, je m'étais sentie étrangement bien en voyant le Ponyta.
Cyrielle avait mis mon père au courant du déroulement de l'opération. Ceci avait donné lieu à une petite dispute de couple. Bien qu'il fut tout autant attristé par le non-intérêt que je portais aux pokémon, il avait toujours dit à ma mère que ça viendrait avec le temps, qu'il ne fallait en aucun cas me brusquer sous peine de me voir m'éloigner encore davantage d'eux.
Il rentrait tôt ces temps ci. Il prétextait une fatigue harassante. Je savais bien que le but profond était passer du temps avec moi. Les parents sont souvent bien peu subtiles.
***
Depuis son plus jeune âge, il rêvait d´être un maître pokémon. Il commença son voyage initiatique l'année de ses seize ans avec la ferme intention de s'installer sur un autre continent. Il avait quitté sa famille, parcouru les différentes régions du vaste monde, et surtout, tiré de nombreuses leçons de cette aventure. Une dizaine d'années après son départ, il atteignit la Ligue Pokémon. Pour une raison qui m'était inconnue, il abandonna tout. Il rencontra Cyrielle ; elle était comme lui. Ils se plurent, s'aimèrent et se marièrent deux ans plus tard. Ensemble, ils partirent vivre à Jadielle. Phil était respecté, les gens l'érigeaient en héros. Il était le seul à s'être aventuré aussi loin dans les terres de Kanto, Johto, et Hoenn. Le couple avait bâti la pension et développé des élevages grâce aux captures de chacun. La Pension Pokemon de Jadielle fut ouverte au public quelques mois seulement après la fin des travaux.
Il avait cherché un emploi à la mine du Mont Sélénite. Il travaillait dur pour rendre le tunnel accessible aux dresseurs et aux scientifiques qui venaient étudier le terrain. Son équipe était devenue la plus efficace du secteur. Cela lui avait valu de nombreuses promotions. Charmina, son premier pokémon, l'épaulait toujours de son mieux. A ce binôme inséparable venaient se greffer un Onix, un Machopeur et un Gravalanch... Mon père était un grand dresseur mais je n'en avais pas conscience.
***
J'étais plongée dans mon livre. C'était une histoire passionnante. Une épée enchantée, un roi qui se battait contre les forces du Mal, des vies à sauver ! Un véritable récit épique ponctué de morts affreuses et d'exploits fabuleux. Une photo glissa lorsque je tournai la page. Elle représentait une forme brumeuse apparemment entrain de voler agilement parmi les nuages. De grandes ailes, un port majestueux, des yeux phosphorescents. C'était envoutant, comme si la photo avait une âme. J'allais l'examiner plus attentivement quand quelqu'un frappa à ma porte. Je la cachai vite sous le matelas et pris un air détendu.
« Entrez... »
Mon père passa la tête par l´encadrement. D´un regard, je fis un signe de la tête et il sourit. Avec douceur il avança vers moi. Malheureusement, il n'avait pas vu LA latte rebelle qui le fixait intensément, prête à accomplir ses méfaits. Ce qui devait arriver, arriva... Il fit un superbe vol plané en heurtant la fameuse planchette récalcitrante du parquet de la chambrée.
J´explosai de rire. Il se releva en maugréant et s´assit à coté de moi, massant le bras sur lequel il était tombé.
« Alors ? Qu'est-ce que tu fais enfermée ? Il fait un temps magnifique dehors !
- Pas envie de sortir...
- Oh... fit-il déçu. J'aimerais que tu viennes avec moi tout à l'heure. Enfin, non... Je VEUX que tu m'accompagnes tout à l'heure. C'est mieux ainsi. »
Je fis les gros yeux ! Ca ne pouvait pas être si terrible... Je m'ennuyais tellement de toute manière? Je devais faire durer le livre le plus possible, il était si passionnant. Un petit entracte ne serait pas de refus.
« Oui papa... »
Ravi, il m´embrassa sur le front et se dirigea vers la porte en évitant exagérément la responsable du bleu qui se formait sur son coude. Je fixai les prés de la pension où ma mère se démenait avec Ponyta. Elle semblait ne pas vouloir obéir, ni même bouger... La jument ne se laissait pas approcher, elle anticipait toutes les tentatives de Cyrielle sans exception. Un instinct de survie accru sans doute...
Non, c'était plus que ça. Le pokémon dirigea son regard vers moi une minute. Il me glaça littéralement. Il y avait tellement de choses à l'intérieur que c'en était indescriptible précisément. De la haine ? De la colère ? De la tristesse ? De l'envie ? De la peur ? Ponyta inclina la tête imperceptiblement. Cela me fit sursauter bien que son geste fût minime. Je fermai les yeux et massai mes paupières. Lorsque je les rouvris, la jument ployait sous les Pistolets à O du Tortank mauve. Ça me fit mal de la voir ainsi. Ma mère avait apparemment été atteinte par une flamme. Son bras fumait.
M'arrachant au spectacle, je sortis de ma chambre. Bouder indéfiniment ne servirait à rien... Je pris mon bandeau, jetai un dernier regard vers Ponyta et claquai la porte. J'enfilai mes bottes vertes et me rendis près de mon père qui remplissait les abreuvoirs des Tauros. L'un deux grogna méchamment quand je passai près de la clôture. Je tentai de l'ignorer et m'appuyai contre la grosse pierre qui faisait face à l'enclos.
« C'est bon ? Dispo ?
- Faut bien, soufflai-je.
- Je vais te donner un cours..
- Un cours de quoi ?
- Je veux te voir combattre. »
Ce dernier mot. Le mot « combattre »... Mes tympans vrillèrent. Ça ne fit qu´un tour dans ma tête. Quel enfoiré... Me faire ça... Comment pouvait-il ? J'étais bien décidée à le rendre malade. Il allait s'arracher les cheveux et se maudire d'avoir voulu m'infliger ça.
« Tu te mets le doigt dans l'œil jusqu'au coude, papa.
- Je ne pense pas, chérie ! Je veux que tu vois ce qu´est un combat de pokémon !
- Bah tiens...
- Je vais t'en prêter un. Peut-être as tu un peu de potentiel...
- Potentiel ? Demandai-je la bouche en cœur. Quel potentiel ? Où ça du potentiel ? Montre toi potentiel !
- Désespérante. J'ai compris ton manège, va.
- Un manège ? Quel manège ?
- Tu te battras contre moi.
- Ok, fastoche. C'est quoi la combine ? Il y a anguille sous roche quelque part. Allez déballe moi ton chantage, fis-je en souriant.
- Quelle perspicacité, c'est incroyable, lança t-il sur un ton sarcastique.
- Et oui ! Répliquai-je du tac au tac.
- Prends ça et tais toi. Avant un combat, tu te concentres.
- Et... Et les clauses du contrat ? Demandai-je incrédule.
- On verra ça après le match.
- Tu as conscience que ça me rends encore plus hésitante quant au fait de t'affronter.
- Va falloir que tu apprennes à discerner les intentions d'un homme rien qu'en observant son regard. Les yeux sont le miroir de l'âme. Tu verras plein de choses si tu les fixes avec attention. Chaque mouvement du corps est important. Un homme finit toujours par se trahir. Et il est fort possible que... Mais qu'est-ce que tu fais ?! » Questionna t-il soudain.
Je m'étais penchée exagérément en avant appliquant exactement ce qu'il venait de dire.
« Tu vois papa, je sonde ton âme la. Elle me dit que l'enjeu de ce match concerne le fait que je fréquente davantage les pokémon si tu gagnes, ce qui va se passer dans tous les cas, puisque tu y tiens... Ce genre de défi est valable quand les dresseurs ont le même niveau. Tout est donc faussé et...
- Jeune fille, le pokémon que je vais te confier est plus entrainé et présente un avantage sur le mien. J'en ai trop dit maintenant prends ça et combats. »
D'un côté, si je le battais tout rentrerait dans l´ordre et je recommencerai à haïr ces bestioles tranquillement. Je ne risquais pas grand chose. Je saisis l'objet qu'il me tendait. « Une pokéBall... Comment ça se lance ce truc ? J'ai vu maman faire mais de la à imiter son geste. Ah tiens, je vais m'amuser ! » pensai-je. « Sans rancune papa. »
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Suite demain ou après demain.
Encore mieux qu'avant ! Quel est le stade au-dessus de la perfection ? Il n'y en a pas.
Je te laisse réfléchir à ce que je viens d'écrire.
Ta fic est vraiment bien et même si c'est toujours les mêmes trucs que dans la première version, je prends toujours autant de plaisir à la lire.
J'ai hâte de voir ce que ça va donner pour le combat tout beau tout neuf. ^^
Ow ! ![]()
Merci Bobby [
] mais de la à parler de perfection. ![]()
Je suis en plein écriturage de la suite. =)
J'y retourne ! Gooow ! ![]()
D'accord, ne parlons pas de perfection mais de fluidité, de poésie, de vocabulaire riche et de vie. C'est mieux encore. Ajoutons au tout un très bon niveau (excellent ?) en orthographe.
Ce sont les mots qui me viennent quand je pense à ta fic, qu'ils aient un sens ou non.
Bon écriturage. ![]()
+1. ![]()
mariowned = marioland ?
Si oui, ça fait un bail que l'on ne s'est pas vu ! ![]()
C'est ça.
Donc oui, ça fait un bail que l'on ne s'est pas vu !
T'as fini ta fic prophétie machin ?
![]()
La prophétie de Darkrai ! Oo
Ecorchage !
![]()
Je sais c'était pour faire un effet de style classe. ![]()
Un p'tit peu raté. ![]()
Oh Marine, je en savais pas que tu avais une fic aussi. Je vais la lire. ^^
Ah, Mawine, que de bonheur de voir que tu n'as pas totalement suspendu ta fic (ce qui, soit dit en passant, est indiqué sur 'bip)
Je lirai ton chapitre (du moins, sa première partie) demain, car là, j'ai du boulot.
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ma fic, Energie Zéro, Satisfait ou Remboursé !! (comment ça, ça veut dire que je devrais vous donner de l'argent ?) Nouveau chapitre !!:
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-10266-2580099-1-0-1-0-0.htm
Tu l'as lue Pontinou ? =)
Firedaan > Yep, merci, je passerai voir le tien aussi sur Diamant. J'ai pas eu une minute à moi !
Suite ce soir normalement.
J'aime bien cette fic.
Sinon sweet ![]()
Bientôt fini. ^^ Moi j'ai posté un nouveau chapitre. ^^
Bon voilà j'ai fini. ^^ (J'ai été lire les autres chapitres sur diamant)
Eh bien je trouve cela génial. Ton style très féminin est vraiment très agréable. Tu as un don pour la description. ^^ Franchement c'est très bien par contre je trouve que le scénario manque de suspense.
Je lirai la suite avec plaisir. ^^
RESUME : Marine est entrée malgré elle dans le monde des pokemon. Tadaaam ! Après sa rencontre avec Ponyta qui a entrainé un violent rejet, elle est décidée plus que jamais à éviter ces êtres. [Nan nan nan] Pourtant, au moment où nous l'avions quittée, elle était sur le point de livrer son premier combat. Et pas contre n'importe qui. En effet, son père qui endosse le rôle de l'adversaire. [Héhé] Il espère bien décider sa fille à accepter ce à quoi elle est destinée. Marine prend ça comme un jeu jeu accepte le défi.
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Partie 2 :
Il se posta devant moi. L´aire de combat était en réalité un enclos vide... stérile. Une surface appréciable en somme. La tension était palpable. Je m'attendais à ce qu'il envoie Charmina se battre contre le pokémon qu'on m'avait « confié ». Si c'était le cas, je pouvais organiser mes funérailles. Tout tournait dans ma tête. Mes idées s'entrechoquaient, puis s'organisaient. Finalement, gagner ou perdre ne me faisait ni chaud, ni froid. Je savais que je ne me plierai pas à ses ordres quoiqu'il advienne. J'étais déterminée.
« Maganon ! Go ! » Cria mon père.
Je soufflai, soulagée. Quoique, cette bestiole était assez effrayante en réalité. Le pokémon feu - ou peut-être était-ce un humanoïde – pointa ses gros bras en forme de canon vers moi, avec un grognement sourd et profond.
Je renforçai mon étreinte un instant sur l'objet sphérique. Mine de rien, cela ne s'annonçait pas aussi amusant que je l'avais cru. Je tentai de l'imiter... sans grand succès. Lorsque mon géniteur me cria d'appuyer sur le petit bouton circulaire afin d'augmenter le volume dudit objet, je remarquai que le lancer était bien plus facile. Un éclair rouge apparu. Progressivement, il laissa place à une tortue très massive arborant une sorte de carapace. Sur cette dernière poussait, on ne sait comment, un grand arbre au large tronc.
« Et maintenant ? Lançai-je sceptique.
- Tu te bats ! Maganon ! Groz'Yeux !
- Je peux connaître son nom au moins ?! »
L'une des premières chose que j'appris lors de cet affrontement était le fait que lorsque l'on combat, chaque dresseur se doit de réfléchir à une vitesse incroyable. L'attention est primordiale, tout est analysé puis anticipé pour contrer au mieux l'adversaire. Mon père avait toujours dit qu'on ne verrai jamais un champion d'arène idiot. Certes ils pouvaient être fantasques, aimables ou non, ou que sais-je mais aucun d'entre eux n'avait été nommé à la tête de l'institution sans l'avoir mérité. Sans jugeote, pas de maitres. Je commençai à comprendre la portée de ses paroles.
Se creuser la cervelle ou ce que j'appelais fort élégamment « masturbation d'esprit » m'avait toujours plu. Je crois que c'est à ce moment la que je me pris au jeu malgré moi.
Je commençai par une analyse basique. Un pokémon vert avec des buissons sur le dos, cela ne pouvait être qu´un type feuille. Maganon étant visiblement « enflammé », la bestiole qu'on m'avait confiée était forcément vulnérable aux attaques spéciales de ce dernier... Un court instant, je me demandai comment je savais ça. Malgré la simplicité de la chose, je ne me souvenais pas d'en avoir parlé avec qui que ce soit. Je cherchai les combattants des yeux. Magachose entretenait son attaque qui semblait paralyser mon pokémon. Ce dernier subissait en silence.
« Il est stupide ou quoi ?
- Maganon ! Attaque Flammèche !
- Mais !
- Trop lente ! » Jubila mon père.
L'humanoïde avait interrompu Groz'Yeux et s'était mis à courir vers son adversaire au nom inconnu. Un jet de flammes ardentes inonda sans crier gare la tortue feuillue qui émit un gémissement plaintif. Je ressentais un profond malaise. Je ne bougeais pas, ne l'aidait pas, j'avais mal... Peur aussi. J'entendais des échos, des paroles murmurées, ponctuées de petits sursauts. Qu'est-ce que c'était ?
« Euh... Protège-toi comme tu peux ! »
Bravo Marine ! Ça, c'était vraiment un ordre utile, constructif et tout le tintouin... Légèrement hagarde, elle s'exécuta. J'aurais aimé connaître son nom pour commencer !
« Quitte à ce que je mène ce pokémon au mouroir, autant que je sache comment il s'appelle !
- Il s'appelle Torterra, dit mon père sans ciller. Maga...
- Très bien... Torterra ! Charge moi cet truc bizarre en conservant la protection ! »
Surprise, la grosse tortue tressaillit. Le sol trembla violemment lorsqu'elle se mit en mouvement. Elle se dégagea du tourbillon enflammé sans grosses difficultés et... rugit. Je crois qu'on aurait pu décrire cela de la sorte, un son prolongé, guttural... Elle semblait très en colère contre ma personne, mais plus encore vis à vis de mon père qui l'avait confiée à une incapable telle que moi. Elle brillait un peu, signe que le mur défensif était maintenu ; sa charge fit reculer Maganon d'une demie-dizaine de mètres. Furieux, l'humanoïde chargea de l'énergie dans son poing.
« Poing de Feu ! Cria Philippe.
- Essaie de le déstabiliser en faisant trembler le sol ! »
Au moment où le poing allait frapper mon pokémon, Torterra frappa le terrain de la patte. Il y eut une secousse et la surface terrestre se fendilla légèrement. Un nuage de poussière se leva. On ne voyait pas à un mètre; je toussai lorsque les premiers échantillons de poussière entrèrent dans ma gorge. Le brouhaha causé par la collision probable des deux combattants cessa quelques minutes avant que le voile aveuglant ne se dissipe...
« Les pokémon ne sont plus en état de combattre, déclara la voix de mon père.
- Comment tu peux dire ça, on y voit rien ! *Corf... corf... *
- Je le sais. »
En effet lorsque l'air redevint respirable, les deux bestioles étaient affalées l'une contre l'autre, incapables de bouger. J'étais stupéfaite et dans l'incompréhension la plus totale. Mon père rompit le silence. Il éclata de rire.
« Quoi ? Qu'est-ce qu'il y de drôle ?
- Bah, on dirait bien que nous sommes à égalité.
- J'avais remarqué, merci, mais en qu...
- Allez ! Fais pas cette tête ! Tu as eu une chance pas croyable sur ce coup.
- Ah ? ÇA, c'est drôle !
- L'attaque que Maganon a lancé aurait été la dernière de ce match et de même celle qui m'aurait donné la victoire si Torterra n'avait pas créé un mini séisme, expliqua t-il posément.
- Je voulais juste lui faire perdre l'équilibre, histoire de retarder.
- Je sais, et donc Torterra en suivant tes ordres a lancé une attaque Séisme, la faiblesse de mon pokémon en question... Il se frotta le menton. - Cette égalité m'oblige à revoir notre petit compromis, lança t-il en souriant sournoisement.
- Quoique tu décides, je ne reviendrais pas sur ma position !
- Tooooor...
- Hein ? »
Derrière nous, Torterra s'était relevé tant bien que mal et respirait avec difficultés. Il ne parvenait qu'à émettre des râles. Je me sentais mal à l'aise.
« Marine, d'une certaine façon, nous avons gagné tous les deux. J'allège donc ta « peine » puisque tu sembles le prendre comme ça. Je voudrais seulement te parler d'une chose.
- Je suppose que je suis obligée de t'écouter, soupirai-je.
- En effet. Il s'assit sur le sol et m'invita à l'imiter. - Un pokémon, lorsque tu t'engages à en attraper ou à en adopter un, est totalement à ta charge. Chacun des miens est devenu comme un ami proche. Et tu pourrais même faire abstraction du « comme ». Ce sont des amis à part entière. Par exemple, lorsque l'un d'entre eux se blesse, il est du devoir du dresseur de lui apporter des soins le plus vite possible. Tu ne laisserais pas un ami souffrir sans tenter d'apaiser sa douleur ?
- Non, bien sur que non.
- La c'est la même chose. Il combat pour toi, tu dois combattre à ta manière pour lui. C 'est pourquoi je te demande de t'occuper de Torterra le temps qu'il se remette.
- Mais ! Commençai-je indignée.
- Chut !! Regarde le. »
Les flammes avaient roussi les feuilles de son dos et une large brûlure s'étendait sur son flanc droit, causant des plaies de ci de la. Quant à Maganon, il s'était endormi et semblait être beaucoup moins mal en point que la tortue. Je me sentais coupable. Mon père avait le don d'éveiller en moi des sentiments que je tentais de refouler, comme la tristesse, l'apitoiement... Je me levai brusquement.
« Papa... avec Maman vous n'arrêtez pas ! Je suis contrainte d'écouter leçon de vie sur leçon de vie ! L'autre jour au sujet de la folle qui crépite, aujourd'hui à propos de cet arbre mouvant ! Je n'aime pas les pokémon ! Est-ce que ça va durer longtemps votre cirque ?
- Pour commencer, tache de calmer ta colère ! Je n'admettrai pas que tu m'adresse la parole sur ce ton. Tu as raison cependant... je ne te demande pas de t'en occuper, je l'exige ! Point final, je ne veux plus rien entendre. »
Il se leva à son tour, m'envoya la ball de Torterra, rappela Maganon et partit sans rien ajouter. Ses pas résonnaient comme des coups sur une percussion.
« Il est fâché... J'y ai été un peu fort, c'est vrai, m'enfin flûte ! C'est comme si je le forçais à manger des endives au jambon alors qu'il déteste ça ! Kyaaaaaaa ! »
Je commençai un monologue qui ne s'interromprait que plus tard. Tout en soliloquant, je regardais le pokémon avachi sur le sol. Ses yeux étaient de véritables snipers. Je haussa un sourcil et me laissai tomber, adoptant une position semblable à celle de Torterra.
« Bon, que vais-je bien pouvoir faire de toi... »
Chapitre 4 : S'il faut se dire...
Il était encore tôt. Un vent léger s'était levé ; il faisait ondoyer les longues tiges des fleurs champêtres qui avaient proliféré dans la plaine, se rappropriant le lieu, revendiquant leurs droits sur cette tendre lande. Un concert de sons mélodieux me parvenait aux oreilles ; doux bruissements, complainte frissonnante... Mes craintes s'évaporaient. Près de moi, un gémissement rauque me fit comprendre que la grande bête allongée à mes côtés se trouvait dans le même état de plénitude que moi? Bercée par la douceur de la musique florale, mes yeux ne purent rester ouverts. Les feuilles du grand arbre dorsal de Torterra tourbillonnaient en sifflant. Le pokémon posa sa tête au sol à quelques centimètres de la mienne et ferma les paupières à son tour.
Le match m'avait secouée. Torterra avait combattu admirablement, et j'éprouvais des remords à le laisser rentrer dans sa pokéball sans une quelconque récompense. Je m'étais donc trainée jusqu'à une Zone sauvage du Domaine. La seule que j'avais estimé utile de visiter jusqu'alors. En effet, je m'intéressais beaucoup aux plantes et la plaine regroupait autant de végétaux différents qu'un musée horticole. Le Pokemon semblait... heureux. C'était aussi visible que cela se ressentait. J'inspirai lentement. L'air qui emplissait mes poumons me faisait me sentir vivante.
***
Le Domaine était extrêmement vaste. Bâti en partie sur les ruines de l'ancienne Ligue pokémon de Kanto, on comptait plusieurs plus d'une centaine d'hectares de prés et autant sinon plus d'espèces de Pokémon. Outre les surfaces planes, un immense lac artificiel avait été aménagé quelques années auparavant afin d'élargir l'élevage aux pokémon aquatiques et des rivières avaient été creusées afin de reproduire l'environnement de certaines espèces. Le reste du territoire se noyait dans les montagnes abruptes barrant la Vallée de Jadielle. Il était donc impossible d'en énoncer précisément la superficie, et il semblait que même Phil et Cyrielle n'auraient pu calculer avec exactitude..
La jeune femme partait une fois par semaine escalader les parois avec Charmina et Mentali. Elle y étudiait certaines variations climatiques, effectuait des relevés thermiques, vérifiait les œufs des pokémon des sommets, ne pouvant les rapporter à la Couveuse - nous y reviendrons. En vérité, elle était surtout partisane de l'éclosion naturelle. La Pension accueillait très souvent d'éminents professeurs que Cyrielle et son mari guidaient avec un immense plaisir. Avaient déjà logé chez eux les Professeurs Chen et Orme, vieux amis de Phil qui s'était fait une joie de les retrouver, le professeur Sorbier et ils avaient reçu plusieurs congrès de jeunes scientifiques, désireux d'en apprendre davantage sur tel ou tel type de pokémon. Sages gardiens des lieux, les époux veillaient sur leur fief avec amour, menant la vie de la maison avec une main de fer dans un gant de velours. C'est pourquoi cet endroit était si prospère. On parlait d'eux avec déférence et aussi altruistes que possible, ils avaient toujours mis un point d'honneur à aider les autres.
L'énorme cloche du village annonça midi. Le soleil commençait à taper fort. Je me relevai, la tête entre mes mains ; ça tournait... un peu. Torterra grogna et donna un petit coup de tête dans mon dos.
« T'as faim ? Fis-je en me retournant. Moi aussi. »
L'immense pokémon marchait à mes côtés, un peu pataud, regardant à droite, à gauche. Chacun de nos pas soulevait un nuage de poussière aussitôt réprimé par le Pistolet à O des Marill qui arrosaient très délicatement le chemin. J'entrai dans la cuisine. Cyrielle fit volte face, me sourit puis retourna à sa préparation après avoir jeté un coup d'œil à la pendule.
« Bientôt midi et demi, je suis en retard aujourd'hui, dit-elle doucement. Puis elle changea de ton. - Oh ! Marine, que fait Torterra ici ?
- Je... dois m'en occuper, répondis-je. Ordre du paternel.
- En voilà une bonne chose ! Je change de sujet, tu n'es pas sans savoir que je pars demain, ou après demain au plus tard dans les montagnes. Ton père travaille, tu pourras faire tourner la Pension quelques heures ?
- Si tu veux.
- Merci chérie ! »
Elle termina sa mixture, ouvrit une petite trappe percée dans le mur de la cuisine et versa le contenu du saladier. Elle m'expliqua que cette ouverture communiquait avec le silo à grain.
« Les pokémon ont tout ce qui est nécessaire à leur croissance dans les prés mais de temps en temps, un petit complément ne fait pas de mal. Je rajoute quelques vitamines et nourrit ceux qui me semblent faibles. Crois moi, il est plus efficace que n'importe quel soin habituel, il est extrêmement concentré. Le seul inconvénient, c'est qu'il agit pas immédiatement comme une potion. Tous les dresseurs qui s'arrêtent la repartent avec un pot de préparation. Il faut l'utiliser cependant avec prudence. C'est une sorte de drogue, et comme toutes les catégories de stupéfiants, il ne faut pas en abuser. Allez, viens voir. »
Sous mes yeux, elle prit une dizaine d'herbes différentes, séchées ou non, qu'elle coupa afin de garder les feuilles ou les tiges selon le végétal, puis - « De la marjolaine à coquille, pour apaiser. » - elle les hacha et les broya - « Et la du ginseng, c'est principalement ce qui redonne de la vigueur. » - énergiquement. De l'autre côté bouillait de l'eau, elle se saisit de la casserole et versa trois gouttes de liquide brûlant sur les plantes préalablement préparées. Elle remua vigoureusement et l'appareil prit l'allure de bouille informe et grumeleuse. Elle ajouta encore un peu d'eau - « Il ne faut pas que ça soit trop liquide, une pâte tout au plus. » - et effectivement elle obtint une pâte verdâtre.
« C'est prêt. Tiens, dit-elle en remplissant un boite en acier qu'elle referma avec soin. Ça te servira, fais moi confiance. »
Cyrielle débarrassa rapidement la table ronde, attrapa une veste en coton fin, enfila ses sabots, déposa un baiser sur mon front et me laissa dans la cuisine, seule. Enfin pas tout à fait. Torterra essayait d'entrer par la porte, occasionnant plusieurs fissures.
« Hoooop hop hop ! J'arrive, arrête Torterra, tu vas écrouler la baraque ! Stooop ! »
La grosse tortue sembla peinée, aussi, je sortis à mon tour et l'emmenai visiter le Domaine. Elle devait le connaître mieux que moi, si je lui expliquai, elle pourrait être mon guide.
« Je ne connais pas vraiment bien le lieu où je vis en réalité, tu me ferais visiter ?
- Toooor ! »
D'un mouvement de tête elle m'indiqua que je devais grimper sur son dos. M'appuyant sur une patte, je me hissai la haut et m'assis adossée à l'arbre. Un sentiment violent m'atteignit de plein fouet.
« Tu es sur le dos d'un pokémon la, tu te rends bien compte de ce que tu fais, Marine. S'il veut t'emmener je ne sais pas où, il le fera ! Bon, restons calme, il n'y a pas de raison et puis surtout... Ohhh ça va viiite tout à coup !! »
Torterra s'était mis à courir, me bringueballant dans tous les sens.
« Pas si pataud que ça... » Pensai-je.
Nous passâmes à toute vitesse devant l'enclos des Girafarig qui s'étaient rassemblés en cercle, ne laissant apparaitre que leurs étranges queues noires. Des queues pourvues d'yeux d'ailleurs ! « Quelle horreur... »
Je vis beaucoup d'autres choses comme des pokémon qui plongeaient dans la rivière, d'autres qui broutaient, de grands oiseaux qui parcouraient le ciel en groupe occasionnant une drôle d'ombre lorsqu'ils volaient devant le soleil. Torterra s'arrêta devant un petit bâtiment reclus et me fis signe de descendre. De petites éoliennes rouges surplombaient le toit, elle ne faisaient pratiquement pas de bruit. Je voulus pousser la porte : elle était fermée. Instinctivement, je regardais sous le petit paillasson si une petite clé n'était pas dissimulée, dans les pots accrochés de part et d'autre de la fenêtre, sous la tôle du toit. Rien. J'en vins à remarquer que c'était inutile, il n'y avait même pas de serrure.
« Désolée Torterra, mais on ne peut pas rentrer, tu vois bien.
- Annoncez vous ! Déclara soudain une voix métallique qui me fit sursauter.
- Hein ?
- Veuillez décliner votre identité, reprit sournoisement la machine.
- Euh... Marine... Flaver ?
- Reconnaissance vocale activée. BIP... BIP...
Un petit papier apparu. En réalité, il provenait d'une fente entre deux lattes de bois.
« Marine Flaver. 17 ans.
Fille de Cyrielle et Philippe Flaver. Pas de pokémon propre pour l'instant.
Premier combat livré ce matin à 7h58 contre Philippe Flaver : Torterra de Philippe VS Maganon de Philippe... »
« Qu'est-ce que c'est que ce boxon, je suis fichée ou quoi ? »
La porte s'ouvrit. J'hésitais à entrer... Or, la curiosité fut plus forte que la peur. C'était un endroit à première vue agréable pourvu de plusieurs pièces. Celle où je me trouvais était affreusement chaude et humide. Il y avait un compteur sur le mur. Je lus : « Taux d´hygrométrie » et « Taux de température ». Le principal mobilier était constitué de boxes en verre percés de petits trous où l'on pouvait observer de gros objets blancs ovoïdes qui tantôt couinaient, tantôt remuaient.: des œufs. C'était bien la première fois que j'en voyais. J'écarquillais les yeux. « Les pokémon sont ovipares ? » Un panneau accroché au plafond indiquait : « Couveuse – Œufs en difficultés » puis en plus petits caractères : « Silence, les petits sont fragiles ».
J'explorai chaque pièce, enfin, toutes celles qui m'étaient permis de visiter. La chaleur était parfois insoutenable. Certains œufs, loin de ressembler aux produit présents dans notre réfrigérateur, avaient des formes curieuses, d'étranges couleurs... Fascinée par ce monde hors du commun, je ne tenais plus compte du temps. La seule musique des lieux se composait de petits couinements et gargouillis des bébés. C'était une sorte de monde subaquatique, la même quiétude, la même tranquillité. J'aurais voulu qu'un œuf éclose sous mes yeux, mais rien ne se produisit. J'en arrangeai deux trois qui avaient basculé et soupirai.
Je finis par rejoindre Torterra au dehors. La porte se ferma, seule, comme elle s'était ouverte. La cloche du village sonna quinze heures. Tout à coup, je sentis un regard insistant me brûler le dos, un regard presque meurtrier que je sentais empli de haine, d'aversion. Cela me perturba, j'avais déjà éprouvé ça. Je me retournai. Ponyta... La jument de feu, surveillée par un Alakazam qui l'emprisonnait, me fit comprendre qu'elle haïssait l'Homme et que je ne faisais pas exception... Je feins de n'y prêter aucune attention. Toujours ce feu qui ondoyait sur son encolure. Elle frappa le sol de son sabot. A ce moment précis, plusieurs petits Marill rondouillards avancèrent, les sourcils froncés, prêts à calmer la furie si elle tentait quoique ce soit. Déçue et résignée, la jument se remit à brouter. Je m'amusai à faire une analogie entre nous. Elle était ce que je détestais encore quelques heures auparavant. Mes réticences n'étaient pas totalement brisées bien fortement affaiblies. J'étais ce qu'elle détestait. Je ne voulais pas me l'avouer mais elle m'intéressait énormément. Ce que je ne savais pas, c'est que moi aussi, je l'intéressais.
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