Suite !
Chapitre 3
Les cavaliers s’élancent dans la forêt. Les chevaux martèlent le sol de leurs sabots, faisant voler des brindilles et des éclats de bois en tout sens. La brise tiède les suit, enivrée par la vitesse, et s’enroule autour des chevaliers, leur donnant force et espoir de par sa chaude douceur. Le bois est clairsemé et c’est avec joie que la tiédeur se balade entre les arbres espacés. Le vent chaud ébouriffe l’herbe et se met à tourner au centre de la clairière, attendant les hommes à chevaux derrière lui.
Un lapin sort de son terrier, se précipite vers un arbre et s’arrête, s’assoit. Bientôt, toute une tripoté de petits lapins sortent du terrier, suivis de leur mère, et rejoignent l’autre lapin au bas de l’arbre.
A ce moment les chevaux arrivent dans la clairière et s’arrête sur le terrier précédemment occupé. Les cavaliers semblent attendre quelque chose. Bientôt un homme vêtu d’une robe rouge sombre apparaît devant eux, se déplaçant lentement. Il possède quelque chose de long d’emballé dans un linge. L’un des hommes à chevaux s’avance, il commence à parler avec l’homme en rouge et bientôt la discussion vire à la dispute. La brise s’approche doucement des deux personnages, intriguée et attirée par quelque chose.
L’homme à cheval crie quelque chose. Les cavaliers tirent des pistolets de leurs vêtements et font feu sur l’homme à la robe rouge. Il déballe son linge et en sort un long objet.
Un flash vert et plus rien.
***
Le navire est pris dans la tempête. Jamais le capitaine n’a vu autant de vent. Le bateau, ne se fendant pas pour la seule raison qu’il ne le doit pas, est transporté avec force par le vent, agitant l’eau sous sa coque, fonçant vers le tourbillon qui trône là, en face.
Le marin lâche les cordages un instant et est projeté par le vent dans le vide, son cri restant coincé dans sa gorge, sous la force de l’impact.
Cependant un homme reste fièrement debout, sur le pont. Il est là, les bras écarté, gardant son équilibre, même pas effleuré par le souffle. Il rit, son chapeau reste planté sur son crâne chauve. Oh, il affronterait même le Diable avec son énergie.
Un flash vert et plus rien.
***
L’amiral Tyler lui-même en resta bouche bée. Par la petite fenêtre, dans le toit, on aperçoit une magnifique aurore boréale, flottant dans le ciel au-dessus de l’autre bout de l’île. C’est un évènement nouveau pour l’attroupement de marins et ils restent estomaqués ainsi un bon moment. Evidemment, le fidèle Tyler se ressaisit et gueule à ses hommes :
« Vous allez pas rester plantés comme ça toute la nuit non plus ? Prenez vos affaires et vos « trouvailles » et on retourne direct au navire !
-Mais enfin cap’taine, c’est si magnifique… conteste l’un d’eux.
-Ce sera toujours magnifique du bateau non ? réplique Tyler
-Oui mais…
- Y a pas d’mais, on rentre ! J’veux pas faire de jaloux, on montrera ça aux autres incompétents à bord, coupe sèchement l’amiral.
-On pourrait aller voir depuis l’autre côté de l’île ? suggère alors Paks.
-Eh ben on verra une fois sur le navire !
Ayant réveillé ses hommes qui se dirigent en râlant vers les escaliers, l’amiral se tourne de nouveau vers l’aurore boréale et lui adresse un clin d’œil.
***
La fraîche brise s’infiltre par un unique interstice entre 2 planches de la coque et pénètre dans l’intérieur du navire. Dedans, ce n’est que raffut. Cependant elle avance au milieu des affaires jonchant le sol du dortoir, et sort dans le couloir où les hommes passent, se croisant, se poussant. Curieux qu’il est ce vent froid il s’enroule langoureusement autour de la jambe de l’un d’eux qui sursaute et frissonne. Apeuré la brise s’envole, frôle le plafond et est aculé dans la cale par le remue-ménage qu’elle vient de créer. En effet le marin qu’elle a effrayé a fait tomber un de ses camarades en travers de l’étroit couloir bloquant le passage à tous les autres qui se mirent à crier énormément d’insulte jusqu’à l’arrivée du cuisinier et son énorme couteau tout juste affuté.
Dans la cale, c’est le foutoir. Le sol oscille doucement au rythme des vaguelettes, renversant les marchandises dans tous les sens ainsi que la nourriture empilée dans un coin. Les énormes sacs de toile contenant les trésors qu’ils ont amassés au fil de leurs voyages, il reste beaucoup de place. La brise s’avance dans la cale et caresse les murs de bois. Elle est triste, on dirait.