Voici le début d'une nouvelle fiction que j'ai finalement décidé d'écrire après plusieurs heures à me poser la question. C'est qu'un "prologue" si je puis dire, vous ne pourrez sans doute pas juger directement mais je vous invite à critiquer quand même ^^
Îlyanie
Le soleil se lève sur le bois au sommet de la colline et les animaux de la forêt se réveillent peu à peu. En contrebas, un village endormi s’illumine. Les rayons du soleil se reflètent dans l’eau de la fontaine, les étals des marchands sont installés sur la place et pourtant toutes les rues, toutes les maisons sont vides. Le sol dallé de pierres multicolores absorbe la lumière et renvoi tout son éclat sur les murs de pierre blanche. Des fresques de couleurs apparaissent, l’eau d’un ruisseau s’écoule jusqu’au clocher. Les cloches retentissent à présent, une brise brûlante traverse les rues désertes mais merveilleuses. Les murs d’enceinte se tiennent fièrement debout, les portes sont grandes ouvertes et les pont-levis, vernis avec soin, sont abaissés. La ville, car c’est une ville qui scintille sur la plage, illumine le sable chaud de ses couleurs. La mer va et vient.
Du haut du clocher, une musique s’élève soudain, une musique harmonieuse, magnifique. Une lyre vole, à quelques centimètres du clocher et ses cordes s’agitent toutes seules, comme animées par une volonté propre.
Un sentier s’éloigne de la ville et traverse le bois où les lapins courent, frappant la terre de leurs grandes pattes, les oiseaux chantent dans les arbres. Le vent tiède s’engouffre sur le chemin, traverse le bois, caressant la fourrure des loups, encore endormis, réveillant les marmottes. La douce brise quitte le bois et rase les fleurs jaunes et oranges et rouges, de l’autre côté de la colline. Dévalant le flanc en pente douce, le courant d’air se dirige vers la falaise qui surplombe la mer, à l’autre bout de l’île, au bout d’une grande prairie d’herbe verte parsemée ça et là d’arbres aux feuilles réfléchissant les rayons du soleil. En haut de ce promontoire de pierre, caressé en contrebas par l’eau turquoise de l’océan, le vent s’engouffre dans une petite tourelle, monte les escaliers et arrive au sommet où trône fièrement un sceptre, en suspension dans l’air. La brise s’enroule langoureusement autour du bâton d’or au bout duquel est enchâssée une gemme rouge. La pierre précieuse brille au contact de la tiédeur et devient bleue.
La petite île isolée, cachée depuis des siècles, vide, resplendit au milieu de la mer et éclaire le monde de sa lumière chaude et bienveillante. Un troupeau de gazelles court dans les hautes herbes.
Depuis plusieurs siècles, elle est là, et jamais n’a été foulée par la botte de l’homme, et pourtant, un fier navire s’approche avec insouciance de ce lieu magique. Un fier navire aux voiles blanches, aux flancs bruns brillants à la lumière du soleil, et à l’étendard bleu. A l’étendard bleu.
Le vent s’élève dans les airs et s’en retourne vers la ville, à l’autre bout de l’île, par la voie du ciel, recommençant inlassablement son parcourt, son parcourt depuis des années.
Et bien, c'est une belle introduction qu'on a là !
J'en conviens, on ne sait pas grand chose, mais justement !
Tu utilises en quelque sorte ce prologue comme un miroir qui, suivant le court du vent, va nous refléter le lieu.
Une ambiance agréable a été instauré d'entrée ! Et l'insistance sur cet "étendard bleu" nous donne indéniablement envie d'en savoir plus (à moi qu'il s'agisse d'un faux indice ?
).
Bref, s'est une fiction prometteuse, à mon avis ! ![]()
Je ne sais que penser Linkou
A part que ça va roxxer du moins je l'espère.
Ouha, qu'elle entrée
ça change de fictions qui commencent souvent par la même chose.
Dommage que je sache d'avance que je lirai sûrement pas la suite, mais peut-être que pour une fois, je ferai un effort.
Sûrement, même ![]()
Nan mais tu crois quoi, on est sur OOT quand même !
Ah ouais, je viens de le remarquer ![]()
Merci pour ces réponses =)
C'est encourageant ![]()
C'est génial, j'adore la description de l'île, c'est typiquement le genre de paysage et de description que j'adore
C'est très attachant et intriguant, ça donne envie d'avoir la suite ![]()
Bluffant !
Du Linkoura comme j'aime. Continue graw !
Houlà!
Ça doit bien faire plusieurs années que je n’ai pas lu de fictions sur Oot. Je peux dire en toute honnêteté que la tienne me donne l’envie de recommencer. Tu maîtrises très bien l’art de la description, une qualité qui n’est pas si facile à acquérir. Beau portrait des lieux avec détails fascinants. On pourrait presque fermer les yeux et l’imaginer dans notre esprit.
De plus, je dois te féliciter en ce qui a trait à l’orthographe! Tu as une plus grande connaissance du français que beaucoup d’Ootiens ayant écrit des fictions. De plus, ce prologue nous renseigne peu sur le contenu exact de ta fiction, mais c’est majoritairement ce qui la rend intéressante et prometteuse.
Je n’ai qu’une chose à dire : La suite est pour quand? =)
Et voilà la suite !
Chapitre 1
Le fier navire s’avance avec assurance vers la petite île où règne un calme harmonieux. L’étendard bleu flottant au gré du vent. Au gré d’un vent chaud. La tiède brise se détache du ciel et s’enroule autour du mât, descendant vers le sol. Elle zigzag entre les divers marins qui s’affairent à leurs tâches et qui lèvent leur tête au contact de cette tiédeur peu commune. Depuis le début du voyage ils sont harassés de violents courants d’air froid et cette tiédeur aussi fugitive que revigorante leur rend le courage qui leur a fait défaut depuis plusieurs semaines. La brise rase le sol, vernis avec soin et à peine abimé par les pas des marins, et s’engouffre dans la cabine du capitaine par la fenêtre entrouverte. Le courant d’air chaud caresse les murs langoureusement, comme s’il s’y frottait, et s’enroule autour du pied d’une des chaises disposée devant un grand bureau sur lequel est exposé un planisphère aux bouts cornus par une utilisation régulière. Tout autour sont disposés divers outils tel que de l’encre, quelques plumes, une règle, une boussole, un compas et des couverts d’argent. Dans un coin de la salle trône un majestueux porte manteau sur lequel sont accrochés un grand manteau bleu sombre et un tricorne noir. Collée contre un mur, en face de la porte, se trouve une grande couchette dont les draps sont défaits. Derrière le bureau, affalé dans un fauteuil brun, une bouteille de whisky à la main, un homme vêtu de dentelle et de tissu couteux et avec des cheveux sombres somnole, balançant la tête au rythme des cahots du navire. La chaude brise, curieuse et intrépide, s’approche doucement des jambes de l’homme.
La porte s’ouvre avec fracas et un vieux type avec une courte barbe et vêtu d’habits de tissu enroulés sur son corps entre en jurant, le courant d’air froid du dehors chasse la brise plus loin. L’homme dans le fauteuil sursaute, lâche la bouteille, encore ouverte, et regarde l’alcool se déverser sur le sol. Le bois aspire peu à peu le breuvage et le capitaine soupire.
« Qu’y a-t’il Wilson ? demande l’homme affalé sur le fauteuil.
- Y a, amiral, que la vigie a repéré une île, sur notre chemin, croasse le nouveau venu.
- Eh bien, c’est une bonne nouvelle, retournez travailler ! répond le premier avec lassitude.
- Vous d’vez encore être endormi cap’taine, parc’que, y a aucune île de répertoriée sur notre trajet.
- Comment ? Eh bien… Vous avez dû dévier du cap, il suffit de se réorienter, soupire l’amiral en levant les yeux au ciel.
- C’n’est pas possible m’sieur, j’ai moi-même tenu la barre et, depuis dix ans, jamais j’ai dévié un seul navire ! réplique fièrement Wilson, l’air farouche.
- Eh bien…
Le capitaine jette un coup d’œil par la fenêtre et voit le ciel s’obscurcir.
- De toute façon, la nuit va tomber nous règlerons ce problème dans une auberge sur cette fameuse île, je ne connais pas une île qui n’ait pas une auberge ! s’exclame-t’il.
Le courant d’air chaud ressort de la pièce rapidement, laissant les deux hommes discuter de la suite de leur voyage, et s’envole vers l’île qui commence à se dessiner, au loin.
***
Le soleil descend dans le ciel et peu à peu la ville multicolore s’éteint, les myriades de couleurs des pavés s’estompent et les pont-levis cessent de briller. Dans le clocher, les mécanismes des énormes cloches s’activent et plusieurs coups sonnent. Le son parcourt les rues de la ville, faisant vibrer les maisons, le sol, s’engouffrant dans les petites allées et apportant avec lui une douce obscurité. Au dessus du clocher, la lyre s’arrête de jouer et se dépose avec douceur sur le toit.
La ville s’est éteinte mais ne cesse pas de vivre pour autant. La brise tiède vole à quelques centimètres du sol, et donne un nouvel aspect à la cité. Peu à peu, alors que la lune se lève, une lumière blanchâtre se dépose sur la ville. Les murs blancs semblent briller et les dalles de couleurs prennent des aspects bleus, violets, sombres et lumineux à la fois. Les étals des marchands ont été remballés et à la place, siègent diverses estrades aux extrémités desquelles des torches s’allument. Et dans chaque rue des feux prennent, lâchant des halos orangés sur les murs et le sol, donnant un sentiment de sécurité. Le courant d’air chaud, peu à peu, devient plus frais, tout en gardant sa douceur, et sort de la ville. Dans le bois, au sommet de la colline, les animaux s’endorment, à part les prédateurs nocturnes qui, eux, s’éveillent pour se nourrir. Le vent frais lisse les plumes d’un hibou et passe au travers d’un vol de chauves-souris. De l’autre côté de la montagne, les fleurs aux couleurs chaudes sont devenues sombres et, au sommet de la tour qui surplombe la mer, sur son promontoire de roche, une lueur verte illumine les environs, telle un phare guidant les marins perdus. Ou un phare, attirant ceux qui causeraient la perte de ce merveilleux endroit.
***
L’amiral Tyler met pied à terre et observe la plage de sable fin, plongée dans la lumière blanchâtre de la lune. Au loin, sur la côte, se dessine une ville éclairée par des torches. Si l’amiral n’a pas fait amener le bateau directement au port, c’est parce qu’il ne sait pas à quel nation appartient cet endroit.
En tant que prudent militaire, il troque ses habits habituels, avec la dentelle et les manteaux fins, contre de vieux vêtements usés et crasseux et se met à marcher en direction de la cité, avec des marins qu’il a désigné. Au début ils avancent avec assurance puis, alors qu’ils se rapprochent, de plus en plus en boitant et trébuchant. Ils ont des rôles à tenir.
Arrivés juste sous les remparts, un doute s’instaure dans leurs esprits. De nuit, les ponts-levis restent abaissés et n’importe qui peut entrer. Est-ce qu’ils ont été repérés et sont en train de tomber dans un piège ?
L’amiral Tyler tâte son côté droit pour vérifier que son pistolet est bien là et s’avance avec défaillance sur le pont-levis. Il entre dans la rue principale avec suspicion, sur ses gardes. Ses trouillards d’hommes restent en retrais, derrière lui, et il se maudit d’avoir choisi ces andouilles pour l’accompagner, il aurait dû choisir le cuisinier, il a une telle manière de découper les jambons… Perdu dans ses pensées, l’amiral ne se rend pas compte qu’il est maintenant sur la place principale de la ville. Une ville vide.
J'viens de tout lire...
Comment dire, c'est juste merveilleusement bien décrit, en particulier dans le prologue. Un peu le genre d'endroit si beau qu'il n'en existe que dans nos rêves. ![]()
J'attend la suite avec les marins !
Wouhou ^^
Je sens que j'vais aimer Tyler, il me plaît bien ce bougre.
Sinon un chapitre 1 dans la lignée du prologue. J'aime bien la façon tu décris le paysage et l'île en particulier.
Enfin t'as vraiment augmenter ton niveau écriture depuis que t'es arrivé sur le forum et pour ça j'te félicite mon Linkou.
J'attends les chapitres suivants pour juger de l'histoire, continue dans cette voie Sir 218 !
Rien à dire de plus, si ce n'est :
La suite ! ![]()
Magique, envoûtant, fantasmagoriquementementationelle.
Scotché, sans voix, beau, le summum. Continue.
Super
Génial
Trop top
Inouie
Trop beau
Groovy
Trop frais
Cheezzy
Clacieux
Stylé
Okay
Funky
Trop drole
Samedi
Trop cool
Extra
Sympa
Puissant
Dément
Piscine
Villa
Champagne
Taxi
Hi-fi
Dolbi
Botox
Glamour
Sexy
Crazy
Le "Stylé" est en trop ! xD
Merci ! =)
Suite ! C'est court mais j'ai pas voulu faire plus long
Chapitre 2
L’amiral Tyler avance sur les pavés aux couleurs froides, étincelants au clair de lune, et admire l’endroit. Tout autour de lui n’est que lumière, blancheur éclatante qui s’allie aux couleurs des murs et du sol. Sur la place centrale de grandes estrades sont placées contre les murs, et dans les rues alentour les vives lumières orangées des torches offrent un contraste avec le reste de la ville.
Une question s’impose alors à l’homme qui tourne sur lui-même, sur la place centrale, émerveillé par une telle beauté. Où sont les habitants ? En effet des estrades sont montées, et les volets des maisons sont fermés, mais il n’y a personne, pas une lumière dans les habitations, pas l’ombre d’une personne.
Le courant d’air frais est de retour dans la ville et se faufile entre les maisons, il s’envole par instant au-dessus des toits et semble chercher quelque chose du regard avant de replonger. La brise fraîche tourne à gauche, tourne à droite, s’enroule autour de la flamme d’une torche, comme pour se réchauffer, et semble ronronner. La rue menant au cœur de la ville… Et là, entre les estrades, devant le clocher, un homme. Le vent frais s’approche de l’homme en guenilles, il ne le connaît pas, que fait-il là ? Malgré le déguisement, à force de tourner autour, la brise semble reconnaître l’homme qui se trouvait dans le bateau. Ce n’est pas possible, il ne peut pas être là ! Le courant d’air frais s’envole à nouveau et se tourne vers la côte, le navire est là-bas, au loin, de la lumière brille par ses fenêtres. Et, à l’entrée de la splendide cité, quatre hommes en haillons eux aussi attendent leur capitaine. La brise fraiche prend un courant d’air au passage et se laisse portée vers le navire. Vers le navire à l’étendard bleu.
***
-Bande de trouillards superstitieux ! Venez ici tout de suite !
- Mais enfin Amiral, c’est un piège, une telle chose ne peut être qu’un mirage ! Si on entre, on mourra ! s’écrie l’un des marins avec détresse.
- Ah vraiment ? Est-ce que j’ai l’air d’un mort ?! s’énerve Tyler en agitant les bras.
- Non, bien sûr que non Capitaine, je ne voulais pas dire ça, je… balbutie le subordonné.
- Alors venez !
A court d’excuses, les hommes s’avancent en râlant mais toute fois sur leurs gardes, marchant lentement, mesurant leurs pas et jetant des regards effrayés tout autour d’eux.
L’amiral secoue la tête avec exaspération, qui lui a refilé de tels trouillards ?! Tout en jurant, il se retourne et continue son exploration de la ville. Plus il avance, plus il est émerveillé par ce qu’il voit. Comment n’a-t’on pas trouvé cette fabuleuse cité avant ?
Tyler sursaute soudainement, surpris par une ombre, au bout de la rue qu’il suit et soupire. Ce n’est qu’un chat. Le félin aux poils blancs lève la tête une seconde vers l’homme et, jugeant qu’il n’est pas un danger immédiat, reprend son toilettage. L’amiral sourit et s’approche doucement de l’animal en sifflant.
-Eh le minou, vient me voir, je ne suis pas méchant. Allez, approche.
Tyler est maintenant à quelques centimètres du chat qui continue à se lécher les pattes, s’il tend le bras il peut le toucher. Paks arrive en courant dans la rue et le chat, apeuré, fait un bond et disparaît dans une maison pourvue d’une chatière.
-P…pardon amiral…
- Qu’y a-t’il Paks ? On court partout maintenant, on a plus peur d’être piégé ? lance sèchement l’homme encore accroupi.
Le marin baisse la tête avec honte, rosissant légèrement mais se reprend bien vite et reprend avec un ton toute fois moins sûr de lui :
- Vous devez venir voir Amiral, il y a quelque chose d’incroyable !
Troublé par l’intonation émerveillée de ses paroles, Tyler se lève et suit son subordonné dans la ville jusqu’au clocher. Une fois arrivé devant l’immense bâtiment Paks pousse la porte et fait signe à son chef de le suivre.
- Alors d’abord vous avez la trouille de mettre les pieds dans cette ville et juste après vous la mettez à sac ? raille l’amiral.
L’homme devant lui, montant les marches amenant au sommet du clocher, acquiesce sans rien dire. Il a compris depuis longtemps que son capitaine est impossible et ce n’est pas la peine de rétorquer quoi que ce soit. Paks n’était pas totalement stupide.
Arrivés au dernier étage, ils débouchent dans une salle spacieuse au centre de laquelle d’énormes cloches aux couleurs dorées reposent au-dessus du vide. Ils retrouvent leurs compagnons, si l’on peut dire, en train de fixer avec émerveillement et béatitude le plafond.
-Andouilles, qu’est-ce que vous avez à regarder bêtement ce toit ?! s’exclame l’amiral Tyler, irrité par le fait d’être ignoré aussi superbement.
L’un d’eux se tourne vers lui et pointe son doigt vers une fenêtre ouvrant sur le ciel et l’Amiral s’approche pour distinguer l’extérieur. Jamais il n’avait vu si belle chose.