[Oui ben désolée mais y avait du monde chez moi alors pour venir...]
Tessa poussa un léger soupir. Elle ne pouvait espérer mieux comme partenaire. Myrallia avait d´ailleurs l´air soulagé, elle aussi.
Wellan ne parut pas se défaire de son flegme habituel, bien qu´il fut avec le chef machiniste dont on savait qu´il avait un caractère un chouia difficile.
Marcel, justement, se serait volontiers passé de devoir travailler en groupe, comme à peu près tout le monde à bord de l´OoT-slider, mais il décida de ne rien dire. Peut-être ne désirait-il pas se brouiller à nouveau avec le capitaine.
Berthy ne montra pas beaucoup plus de réaction qu´à l´ordinaire et se mit à balayer le seuil de la salle à manger avec sa pancarte.
Boris-Ivan, quant à lui, eh bien...il n´était plus là, et Dieu seul savait où il se trouvait à présent.
Rachid, tout en griffonant sur le journal de bord du vaisseau, ne paraissait pas ravi de faire équipe avec le capitaine. Il était vrai que, tout le monde s´évitant systématiquement, personne ne connaissait vraiment le capitaine et on ignorait les limites de sa patience et de son indulgence.
Le capitaine Linkoura avait un sourire malicieux aux lèvres d´avoir ainsi obligé une confrontation entre les membres de l´équipage, sourire qui s´effaça à peine quand il constata la disparition de Boris-Ivan.
L´équipage en était là de ses réflexions et réactions diverses et variées, tenu muet par la présence du capitaine et aussi par la surprise qu´il eût fait uen telle chose lorsque une violente secousse ébranla le vaisseau. Linkoura se tourna vers Tessa pour lui donner l´ordre d´aller voir ce qu´il se passait mais à peine leur regards s´étaient-ils croisés que la jeune fille partait en courant vers l´étage le plus haut du navire.
Après quelques longues et angoissantes minutes à se demander si oui ou non on allait mourir brutalement sans même être prévenus, un haut-parleur grésilla et la voix de la co-pilote dressa un bilan qui rassura l´équipage et le capitaine à moitié seulement.
"Une météorite nous a heurtés, il faut atterrir d´urgence sur la planète en vue. On a un moteur hors-service, si on reste en l´air c´est la mort assurée."
Après un temps de silence que tout le monde mit à profit pour digérer la nouvelle, le capitaine saisit un micro fixé sur le point d´attache de sa cape et demanda:
"Pensez-vous que nous avons une chance d´atteindre cette planète?
-Si on s´y prend maintenant, avec toute une série de manoeuvres et un peu de chance, oui.
-Alors je vous rejoins et on commence tout de suite."
Il lâcha le micro et donna ses ordres aux autres.
"Marcel, en salle des machines, vérifiez que rien n´a été endommagé. Ensuite vous resterez là-bas jusqu´à ce que l´on se pose. A la moindre anomalie, que vous la découvriez en arrivant ou qu´elle se déclenche durant les manoeuvres, je veux rapport immédiat et détaillé. Les autres, vous retournez dans vos appartements sauf si quelqu´un a des notions de pilotage ou de mécanique qui pourrait nous être utiles."
Personne ne bougea.
"Bien, alors exécution!"
Voyant que le capitaine avait l´intention de rester juqu´à ce que tout le monde ait rejoint son affectation, Marcel partit en salle des machines et tout le reste de l´équipage se dispersa dans les chambres, Berthy poussant sa pancarte devant lui et Rachid toujours ocupé à noircir son carnet.
Pendant ce temps, en salle des machines, Tessa avait débranché le pilotage automatique et procédait à différents réglages afin d´optimiser les chances de réussir les manoeuvres avec un moteur out. Elle allait commencer quand le capitaine entra dans le poste de pilotage, l´air inquiet. Il s´installa près de la jeune fille, scrutant les écrans lumineux, et ne demanda pas les commandes. Commença alors une période de doute. Personne ne savait avec exactitude ce qui se passerait au cours des prochaines heures. Le cockpit baignait dans un silence angoissant et angoissé, rompu quelquefois par l´ordinateur de bord,une remarque du capitaine ou de Tessa. Les manoeuvres se succédaient, secouant d´un côté puis de l´autre les humains présents à bord. Bien que l´OoT-slider s´approchait de la planète à une vitesse phénoménale, le temps semblait être ralenti, épais. Allait-on mourir avant même de découvrir une planète?