Requiem se sentait tout à fait dans son élément. Il avait même ouvert les bras, se tenant le reste du corps droit.
-Ca me rappelle le bon vieux temps, siffla-t-il avec un sourire.
Il se passa la langue sur la lèvre et laissait l’eau le mouiller un peu. Il tourna alors lentement son regard vers Herorta. Il n’avait pas l’air très fin et tentait déjà de trouver une solution pour monter.
-Si je ne peux pas te torturer, dit Heinrich à son adversaire, je préfère ne pas continuer ce tournoi. Je te donne l’occasion de te suicider, ça t’évitera bien des tourments.
Le gerudo le regarda avec dédain puis leva la tête et commença à grimper sa propre corde à la force des bras.
Requiem, toujours en train de faire la croix à une bonne vingtaine de mètres du sol (ou plutôt de l’eau), leva la tête à son tour et jaugea ses possibilités. Les poutres étaient soutenues par des solidifications prenant racine sur terre, ce qui permettait l’avancement de la poutre par rapport à la cascade. Si la poutre avait été reculée un peu, les deux hommes auraient bu une sacrée tasse.
La corde qui reliait le sheikah à la poutre était peu solide, tout comme celle de Herorta, et Requiem estima que s’il donnait cinq bonnes pulsions sur la corde, celle-ci se détacherait. S’il commençait son ascension, ses chances de la casser seraient plus nombreuses juste en-dessous de la moitié, mais il s’agissait quand même d’une dizaine de mètres à la force des bras, et le sadique savait clairement qu’il ne pourrait y arriver.
De chaque côté de la cascade, des roches semblaient être disposées spécialement pour l’ascension de la cascade, presque comme des marches. Toutefois, elles reflétaient énormément la lumière du soleil , et l’effet de loupe occasionné par toutes l’eau qui débitait de la cascade était aveuglant. De même, Requiem en conclut que ses pierres étaient glissantes.
Cette épreuve était celle de la balance après tout et il espérait faire en sorte que Herorta s’en souvienne à jamais. Maintenant, ça allait commencer.
Le gerudo se trouvait à environ trois mètres au-dessus de Requiem. Le sheikah fit une pression sur la corde. Quatre. Son corps mince et élancé lui permit de monter un mètre de cordes rapidement. Deuxième pression. Trois. Repos de trente secondes. Il s’élança une fois de plus, et fit un mètre. Encore une pression sur la corde, qui commençait enfin à montrer des signes de fatigue. Deux. Heinrich sentit qu’il allait bientôt épuiser toutes ses forces contenues dans les bras. Il se dépêcha donc à faire un nouveau mètre. Il refit une pression sur la corde.
Maintenant le sheikah semblait pratiquement au même niveau que son adversaire. Un. Requiem commença à se balancer d’avant en arrière, et alors il se propulsa vers Herorta tout en donnant une dernière pression sur la corde. Ca avait marché. La corde craqua soudainement, Requiem garda en main la corde qu’il tenait et s’accrocha aux jambes du gerudo avec ses propres jambes. La tête en bas, le sadique ne put s’en empêcher de refaire la croix.
-Aaaaah ! Je mourrais bien comme ça ! dit-il.
Son adversaire, en revanche, donnait des coups de pied en vain. Heinrich était fortement attaché à son adversaire et ne se laisserait pas tomber. Il défit tranquillement la corde enroulée à sa taille puis il se plia soudainement en deux et enfila sa partie de la corde autour du cou de Herorta. Celui-ci réussit à donner un coup de coude dans les côtes de son tortionnaire et ce fut le moment de faiblesse du sheikah, qui se rattrapa in extremis à la corde autour du cou du gerudo, le souffle coupé. Emportés dans la chute, ils revinrent au point de départ, soit trois mètres plus bas, mais la corde sur laquelle se tenaient les deux adversaires menaçait de craquer à chaque instant. D’autant que le gerudo luttait pour ne pas mourir étouffé et Requiem s’accrochait désespérément à la corde glissante. Il était haletant mais prenait un malin plaisir à sentir la douleur vivre en lui.
Au prix d’un effort surhumain, le sheikah parvint à se rétablir sur un Herorta suffoquant, et put enfin commencer la torture. Faisant fi des bonnes manières, Heinrich plongea ses crocs dans le ventre du torturé. Lorsque le trou fut suffisamment ouvert, il y plongea une main et déchira les entrailles du gerudo pour en ressortir un bout de gros intestin auquel Requiem attacha la corde glissante. Son adversaire, lui s’était évanoui à la vue de son propre sang.
-SATAAAAAN ! hurla Requiem, debout sur sa proie inconsciente.
Après ça, il détacha le cou de Herorta et trouva un rocher sur le rebord de la cascade qui intéressa le sheikah. Il commença un mouvement de balancier et avec un timing parfait, après avoir fait un nœud à la corde glissante, l’enfila autour de ce rocher (qui rappela d’ailleurs la forme d’un phallus à Requiem et commença à l’exciter… il voulait voir la finalisation de sa torture maintenant, cela n’avait que trop durer).
Voilà. Le plan était parfait. Heinrich sauta en prenant bien appui sur Herorta, et attrapa le « rocher-phallus ». Malheureusement ce dernier était plus glissant que tous les autres.
Ce qui arriva sauva la vie de Requiem. En effet, la corde sur laquelle ils s’étaient tous les deux trouvés étaient maintenant cassée, laissant celui qui y était suspendu faire une chute de presque vingt mètres. Seulement, la corde qu’il avait attachée au rocher était reliée à l’intestin de Herorta. Dans sa chute, ils se déplièrent et l’homme se trouvait maintenant suspendu à ses entrailles devant cette gigantesque cascade. C’est la corde qui reliait le martyr au rocher qui sauva Requiem. Il put s’y accrocher et réitérer son mouvement de balancier afin de se rendre sur des pierres moins glissantes.
Il contempla alors pendant une bonne vingtaine de minutes le cadavre suspendu. Il était satisfait de sa torture. Probablement l’une des moins douloureuses cependant, étant donné que son adversaire était tombé dans l’inconscience.
Alors, il se remit à son ascension, sur les roches-escaliers entourant la cascade, et ne glissa que quelques fois, où il put se rattraper à temps. Il arriva en quelques dizaines de minutes à la poutre et s’assit dessus, les yeux rivés vers un crépuscule couleur sang, ce que Requiem apprécia en se léchant les doigts, et le contour de la bouche, salies par le sang de Herorta.