La lumière revint, j´étais assis sur la branche d´un arbre extrêmement grand. Je jetais un regard vers le bas. Je n´aurais pas dû. J´étais, depuis très jeune, en proie à des crises de vertige, alors être là, en hauteur. Je relevais la tête et soufflais. Où était Fausto ? D´un bond je me mettais debout sur la branche et utilisait mes mains comme visière pour repéré le tueur. Introuvable dans cette végétation. Je bondis sur une branche un peu plus haute d´un arbre voisin, seulement en plein milieu du saut, je baissais la tête. Le sol, si loin de moi. Je heurtais alors violemment la branche sur laquelle je devais atterrir. J´eus le souffle coupé mais je parvins à m´accrocher le plus fort possible à la branche. Alors, je le vis, un éclair dans un arbre, un bruit de feuille, ça ne pouvait être que lui. Fausto.
« Alors petit Sheikah, on a peur de tomber ? Demanda l´arlequin que je ne pouvais toujours pas voir. »
Sa voix, froide et grave, elle me faisait froid dans le dos. Je ne répondis pas. Avec un grand effort je réussis à m´asseoir à califourchon sur la branche. Je lâchais un grognement de satisfaction lorsque l´un des couteaux du tueur se planta dans le bois de la branche devant moi. Stupéfait et apeuré je bondis sur mes pieds et lançais une nageoire dans la direction d´où venait le couteau. Trop tard, l´arlequin émergea des feuilles de l´arbre dans lequel il était caché et atterrit à côté de moi. La branche, sous le choc, se mit à bouger me faisant tomber vers le sol. Fausto, persuadé d´avoir gagné, récupéra son couteau et se remit à fredonner son hymne. Entendre cet énergumène chanter, tout fier de lui, me mit en colère alors, au moment où il sautait pour m´achever dans les airs, je sortais mon sabre Sheikah et le plantais dans un arbre, stoppant net ma chute. L´arlequin en fit de même sur un arbre en face du mien. La peur qui se lisait dans mes yeux dû lui donner encore plus envie de me tuer car il s´élança vers moi, comme s´il volait, en criant.
« Tu vas mourir !
Pas encore... »
Alors que le tueur se trouvait à quelques mètres de moi, il reçut une pierre sur le corps; il était à plat ventre dans les airs, ce qui l´entraîna vers le sol.
« Maudit Kokiris !! Hurla t-il avant de se débarrasser miraculeusement de la pierre pour atterrir sur un arbre un peu plus bas. »
C´est alors qu´en regardant autour de moi, je m´aperçus de la beauté de l´endroit, cette forêt, si verdoyante, j´étais émerveillé par ce paysage, que j´en oubliais mon vertige. Avec un grand effort je commençais à escalader l´arbre à l´aide de mes nageoire que je plantais dans l´arbre au fur et à mesure. Mon sabre, bien rangé, me gênait un peu mais ce n´était pas bien grave. Une fois arrivé sur une branche proche du sommet de l´arbre, je me rendais compte que tous les arbres étaient différents, par là un sapin, là-bas un chêne. Mais plus aucune trace de Fausto. Je regardais autour de moi, prêt à subir une nouvelle attaque à tous moments attaque. Je sentis soudain un peu de vent dans mon cou. Il était là, derrière moi. Au moment où Fausto envoya ses couteaux vers l´avant je sautai une branche plus haut et redescendais en flèche, sabre dégainé et en avant. Seulement qui dit descendre, dit voir le sol. Alors, je me fis encore avoir par le vertige, mes muscles devinrent raides et ma peau devint blanchâtre. L´arlequin venait de comprendre mon point faible. Il leva ses couteaux vers le haut de manière à me réceptionner douloureusement.
« Sens la douleur ! Dit-il, un sourire aux lèvres. »
Le destin voulut que j´ actionne un piège Kokiri qui envoya une nuée de flèche vers Fausto qui eut tout juste le temps d´esquiver, me laissant poursuivre ma chute qui s´arrêta contre une branche un peu plus bas. Je venais d´entrer en collision très douloureusement avec une branche épaisse. Encore ce satané vertige, pensais-je. Me remettant debout, je me disais de surmonter ma peur du vide. Mais c´est plus facile à dire qu´à faire. Fausto s´était déjà remis de l´attaque et il bondit vers moi. Je lançais mes nageoires qu´il reçut en plein ventre, lui coupant le souffle. Je bondis sur un arbre plus loin, un arbre fin et grand, il ne pourrait soutenir deux personnes sur une branche. Mes nageoires revinrent s´accrocher à mes bras d´elles-mêmes. Je sortis mon sabre de son fourreau en attendant Fausto. Maintenant, je surmonterais mon vertige, maintenant, je ne fuirai plus. Comme prévu l´arlequin, qui avait réussi à atterrir plus ou moins bien sur une branche robuste d´un arbre à ma droite, se jeta sur moi, il avait sortis son sabre cette fois. Le fer entra en contact avec le fer. Je sautais une branche plus haut en donnant un coup circulaire de ma lame afin d´éloigner le tueur. Celui-ci bondit sur une branche parallèle à celle où je m´étais logé. Alors il commença à donner plusieurs coups d´estocs, comptant plus sur la puissance de ses attaques que sur la rapidité et la finesse. Je parais chaque attaque élégamment tout au long du duel, nous montions toujours plus haut dans les arbres, à présent totalement absorbé par le combat je ne faisais plus attention à mon vertige. Fausto était un médiocre épéiste, ce qui me donnait un avantage certain. Alors que ses coups devenaient plus lent, je compris qu´il était fatigué, l´expression crispée sur son visage, que je ne pouvais pas voir, aurait pû me laisser penser qu´il était énervé de se faire bloquer par un gosse d´une douzaine d´années.
« Tu te défends bien sale chien, mais tu ne pourras pas éviter ta mort bien longtemps. Dit-il d´une voix haletante.
Moi je ne suis pas épuisé monsieur, répondis-je sur un ton ironique, tandis que vous...
Tais-toi !! »
Maintenant qu´il était épuisé je pouvais attaquer, je lançais une série de coups, tous plus rapide et élégant les uns que les autres, je donnais surtout des coups de taille. Fausto devait batailler dur pour bloquer mes attaques et réussir à placer deux ou trois coups. Soudain, il sortit un couteau de je ne sais où et, d´un mouvement rapide du poignet, me l´enfonça dans ma jambe d´attaque. La douleur me fit perdre mon équilibre, nous étions pratiquement au sommet du plus grand et robuste arbre de la forêt. Je tombais en arrière, lâchant mon sabre. J´étais irrésistiblement attiré vers le sol, et au-dessus de moi, Fausto, prêt à me tuer dès qu´il en aurait l´occasion. Mon sabre toucha le sol bien avant moi, ce qui me sauva la vie, en tombant il avait tranché un fil, presque invisible, qui avait déclenché un piège. Un filet émergea de la mare de feuille morte au sol et m´attrapa, arrêtant ma chute a à peine quelques mètres du sol. L´arlequin jubilait, il avait une occasion inespérée de me tuer dans d´atroces souffrances. Il se laissa tomber sur une branche à quelque centimètres de mon filet. Son souffle chaud et puant venait me lécher les narines. Il semblait encore plus effrayant qu´avant.
« Je vais te tuer Sheikah, et je t´arracherais les yeux, comme je l´ai fais à tous les autres avant toi. Dit-il dans un murmure que seul pouvais-je entendre.
Je ne suis pas Sheikah pour rien. Répondis-je avec un grand calme malgré la peur que me procurait ce type. »
Alors que Fausto allait me tuer d´un coup de couteau, je coupais les cordes du filet avec mes nageoires, me refaisant tomber. Malgré la douleur à ma jambe d´attaque je réussis à le redresser et à planter mes nageoires dans l´arbre devant moi, me maintenant à 10 centimètres au-dessus du sol. Je tirais brusquement sur mes bras, me propulsant sur la même branche que Fausto. A présent, je n´avais plus mon sabre, j´utiliserais donc le combat au corps à corps. L´arlequin maléfique commença à me donner des coups de sabre et de couteau. J´esquivais et il frappait, à chaque fois j´évitais plus vite, puis, je lui donnais des coups de mes mains. Le tueur effectua un coup circulaire de son arme de manière à se mettre en hauteur, sauf que j´avais été plus vite que lui. Je sautais au-dessus de sa tête, en me gardant bien de regarder vers le sol, et arrivais sur la branche où il voulait s´installer avant lui, je lui décochais alors un coup de pied transversal dans le dos, lui faisant prendre une courbe anormale et le faisant hurler de douleur.
« Tu ne paies rien pour attendre, je te tuerais lentement, tu sentiras la mort avant toute autre choses, dit-il en crachant presque ses mots. »
Je bondis en avant et alors qu´il était encore dans les airs, éjecté par ma première attaque, je le ruais de coup de poings, seulement je finis par le frapper avec ma jambe blessée, me faisant hurler de douleur et me faisant tomber le dos contre une branche. Fausto, plus énervé que jamais, sauta juste devant moi et commença à me donner plusieurs coups de couteaux dans les jambes et les bras. Je réussis à me débarrasser de lui d´un coup de reins. Je roulais alors sur le côté et, dans un effort surhumain, je m´accrochais à une branche en-dessous. Alors, je regardais en bas. Voir le sol réveilla mon vertige me pompant toute mon énergie, je devais tenir, je devais tenir. Alors que j´allais lacher, une phrase de mon professeur Sheikah me revint en tête: « Un Sheikah ne sent pas la douleur s´il pense qu´il ne souffre pas. ».
« Essayer... je.. n´ai... pas... mal »
Et à force de répéter cette phrase, je finis par avoir moins mal, la douleur était toujours présente mais je pouvais bouger comme avant, cela-dit, le vertige était hélas toujours présent. Tirant sur mes bras je m´assis sur la branche et me mis debout.
« Fausto, cette fois, je vais te faire regretter ce que tu m´as fais. Dis-je avec une voix dure et froide.
Tu veux dire que tu vas te battre ? Oh, comme c´est intéressant, j´aurais encore plus de plaisir à te tuer. Ricana-t-il. »