J´ai pris mon temps, mais finalement, c´était particulièrement génial.
J´ai donc repris au chapitre où je m´étais arrêté : le mien (même pas égocentrique).
Et c´est à partir de ce chapitre que le tout devient intriguant.
Avant cela, on pouvait encore tenir une thèse comme quoi le tout aurait un raisonnement logique, mais finalement on est bien sur du fantastique (d´toute façon, dès le début on était dans du fantastique, mais avec la rencontre de M. Pendu plus qu´autre chose on en arrive à bien mieux le croire (d´ailleurs Mr. Pendu me fait penser à Banal Fantasy, ça m´a fait marrer donc)).
Là où je trouve que c´est un chef d´oeuvre tient sur une chose en particulier.
La narration est bonne, elle se veut captivante, laissant souvent traîner les moments de suspense au grand damme du lecteur, mais sachant également accélérer le rythme quand il le faut. La focalisation interne multipliée par le nombre des héros permet d´avoir un large éventail de personnage intéressant et travaillé. Mais j´y reviendrai plus tard.
Donc, le point fort de ce Noel inoubliable ne se porte pas sur la narration, même si elle est, d´une évidente manière, bonne.
Le scénario lui est un peu faiblard. Beaucoup de mystères, c´est le moins que l´on puisse dire, mais on s´y attend plus ou moins... Hormis sur le compte de M. Pendu, et encore le nom du Gîte du Pendu est un détail intéressant. D´ailleurs, les détails fourmillent, et c´est appréciable. Mais il y a un "quelque chose" qui fait que tout semble presque prévisible... La seule donne qui relance ce caractère d´imprévisibilité, c´est les personnages, mais encore une fois, j´y reviendrai.
A mi-chemin entre narration et scénario, l´ambiance, sui s´est révélée peut-être pas terrifiante, mais suffisamment angoissante pour bien nous captiver.
Et puis, ces ambiance de doute, ces trahisons... Beaucoup beaucoup d´ingrédients récurrents dans le genre fantastico-agoissant, mais ça marche d´autant plus que nous sommes les personnages.
Bon, inutile d´aller plus loin, j´ai trouvé que le véritable point fort était cet éventail de personnage.
Non seulement on se sent impliqués puisqu´on a l´impression d´en être les acteurs (je parle pour ceux qui apparaisent bien sûr), mais en plus, leur psychologie est vraiment bien rendue. Dans les premiers chapitres, ce n´était pas palpable (ni dans les deux derniers, mais ça c´est la faute de M. Pendu), mais c´est finalement une réussite.
La scéance touchage avec Saria a dû plaire à M-I c´est donc une réussite. Cette pauvre Saria, qui semble si vulnérable, symbolise bien la femme active, notamment en se servant de ses atouts pour récupérer la clé. J´ai trouvé ce passage géant, arriver à instaurer une certaine passion éphémère (cool c´est moi qui la fais retomber en plus), et qui se révèle en fait être factive, comme beaucoup d´autres choses en fin de compte.
La palme du presque meilleur rôle revient à Scared, non pas car il est l´élu, mais car il a des répliques tout simplement géniales (ah, le "Broken!", tout simplement génial !) et puis, il est largement dans la trempe du héros, notamment dû au stéréotype final : "je me rebelle contre le méchant", et les ingénieuses "remarques" sur la montre, qui semblent presque Out Of Character et démesurées en toutes proportions. Ca ne l´empêche de toujours avoir des répliques remarquables.
Au même niveau dans l´inverse, Megaintello, le faible lâche qui a peur, bien plus réel que n´importe quel autre personnage. Qui ne serait pas pétrifié à cette occasion ? Une maison qui semble vouloir vous bouffer, avez-vous envie de résister ou de lever le drapeau blanc ? En plus, il lâche des répliques parfois cinglantes et mémorables (manque de pot, j´ai oublié, fortement contradictoire mais on fera avec).
Hylia, contrairement à Saria (je sais, pas du tout construit comme commentaire), est beaucoup plus introvertie, mais n´hésite pas à faire part de ses observations d´un niveau particulièrement haut question psychologie/philosophie ("C´est vous, M. Pendu qui êtes prisonniers de votre maison, pas nous." ou presque). Elle est touchante toutefois, notamment lorsque Scared la met en joue.
Je déplore grandement la perte de Thomas, le medium du groupe. Ah, fendard également lorsqu´on est tous les trois séparés (Scared, lui, moi) et que la maison lit dans mon jeu. Heureusement que mon personnage est malin, mais finalement, il se fait tuer dans tous les cas. Bon, par contre le fantôme qui prend possession de Thomas lui a porté malheur, ça c´est sûr.
Imperial Link, aka bizarro-man, qui a déjà parlé avec des fantômes, et qui semble presque pas surpris de voir du paranormal. Ca fait un peu "mage du groupe".
Pauvre Megasam. Non seulement, il perd un bras, et arrive à continuer l´aventure sans soucis, mais en plus il ne fait qu´être passif. Le personnage le moins intéressant j´ai trouvé, étant donné qu´on en parle le moins.
Cassoulet, ce petit salopio, plus rusé que moi, nous a bien eu en tout cas. Son rôle aurait presque était parfait s´il n´était pas revenu à la fin (mais qui aurait trébuché sur la tête de Linki alors ?) . Bref, j´ai beaucoup aimé son obsession. Le véritable psychopathe c´était lui. Animé par une rédemption impie de ses camarades, il était assurément le plus fort de tous les personnages. Autant sur le plan physique que moral. Sa deuxième fin est pitoyable malgré tout cela.
Sheik, lui, est entre Scared et Cassoulet. Alors que Scared déjoue les pièges de François Pendu, Cassoulet fait son psychopathe dans son coin, mais Sheik n´est que le pantin de cette machination. Il n´est utile qu´à la fin, où ses actes héroïques paraissent plus anecdotiques qu´autre chose (tout comme le retour de Pendu).
Je me suis gardé pour la fin, car y a des choses cool sur moi. Leader incontesté, presque le plus rusé, toujours là en cas de situation désespérée, s´il devait y avoir un héros ce serait presque moi au vu de tous mes actes plus téméraires les uns que les autres (la capture du Hache-Viande par exemple). Heureusement, dieu merci, il n´y a pas de héros dans cette histoire, et surtout mes actes "héroïques" ne vont pas sans la psychologie qui est géniale ! Je réfléchis, j´ai les bons réflexes, je prends toujours le revolver, et nul doute que sans moi, il y aurait eu plus de mort que ça. J´aurais tellement, pour compléter le cadre du héros imparfait, mourir en protégeant quelqu´un, en disant "Ne versez pas de larme, I´m on the road again" (bad joke).
Bref, j´ai été long à lire, mais long est mon commentaire, j´espère qu´il sonnera pour vous deux, Linki et Super-G comme une récompense (écrivant moi-même je sais que des commentaires sont des cadeaux bien plus parlants que n´importe quoi d´autre).
Je finirai sur deux choses.
La clé qui disparaît, c´était un classique, mais c´est toujours aussi cool de voir que ça a été pensé.
Et le mot de la fin : Stayin´ Alive !
Encore merci pour ce Noel Inoubliable (et encore désolé pour les hypothétiques fautes).