Chapitre 12
Qui suis-je ? Je ne le sais pas. Ils m´ont appelé Cassoulet, puis Anthony... Qu´est-ce que cela veut dire ? Je n´en sais rien. La seule chose que je sais, dont je me souviens, c´est pourquoi je suis là. Ma mission. Ma mission... Libérer les âmes de mes amis, même si ils ne peuvent pas le comprendre. Et surtout... Je dois obéir au Maître.
Le Maître. Je lui dois tout. Tout ce que j´ai. Tout ce que je suis. C´est lui qui m´a éclairé. La lumière... Oh oui, la lumière est en moi. Je la sens... Cette flamme qui me donne cette énergie... La lumière est ma force, et le Maître me l´a offerte. C´est grâce à lui. Ma vie n´est plus misérable. Ma vie a un sens. Je lui dois tout. Je dois obéir au Maître.
Une fois que Scaredsim fut envoyé dans la salle d´isolement, j´attendis l´appel du Maître. Plus que tout je désirais le servir, lui à qui je devais tout. J´attendis.
- Monsieur, voudriez-vous bien venir me voir s´il vous plaît ? Résonna la voix du Maître de l´autre côté du mur.
J´accourut immédiatement, prêt à recevoir de nouvelles instructions.
- Je vais avoir une fois de plus recours à vos services... si toutefois vous vous sentez à la hauteur de la tâche à accomplir, bien entendu...
- Oui Maître, quelques soient vos ordres, je m´y emploierais de mon mieux. Je suis prêt à tout pour vous satisfaire, mon Maître. Répondis-je en pesant bien chacun des mots que je prononçais.
- Fort bien... Alors, voici ce que je désirerais... Vous allez retourner chez nos invités, et vous récupérerez le bien qu´ils m´ont volé. Par tous les moyens cette fois-ci. Usez de la force, si nécessaire. Gronda la voix du Maître caressant sa splendide montre gousset.
- Bien Maître, comme il vous plaira. Je ne vous décevrai pas, cette fois, Maître
Sans un bruit, je sortis de la loge du Maître et me dirigeais vers l´Extérieur. D´un geste machinal je poussais le bouton et remettait en place le meuble.
Commençant à descendre les marches, je sortis l´arme à feu de ma poche gauche et l´armait, prêt à tirer sur le premier camarade à portée. J´étais le purificateur, j´étais la personne qui extirpait le malin. Je dois les purifier. Il fallait le faire, surmonter la peur, la douleur. Le Maître était là pour nous aider. Il aiderait mes amis comme il m´avait aidé moi. La lumière emplira leurs corps à leur tour, et, une fois tout cela terminé, ils me remercieront. Mais ils ne peuvent pas comprendre. Pas encore. Leurs esprits corrompus les en empêchent. Je dois les sauver.
J´avance dans le noir total. Je n´ai pas besoin de lumière, ma lumière suffit. Grâce à elle, je vois tout. Grâce à elle, je connais la demeure de mon Maître comme si j´y avais vécu.
J´arrive enfin dans le dernier escalier, entre le premier étage et le rez-de-chaussée. Dans un instant, je serais en bas. J´entends un bruit.
La musique n´est pas là pour m´accompagner. La musique n´est pas là pour m´aider. Je ne l´entends pas. Elle me donne toujours la force et le courage nécessaire pour accomplir ma destinée. Mais aucun bruit ne résonne, mis à part celui de mes pas. Et le bruit en bas. Je prie pour que ça ne soit pas Elle. Elle seule nous fait peur à tous, même au Maître. Si le Maître ne peut pas lutter, je ne peux pas lutter. Je ne bouge plus.
Un pas. Puis deux. Aucun bruit. J´avance normalement. Je suis en bas de l´escalier, et il n´y a rien. Elle n´est pas là, et mes amis ne sont pas là non plus. Sans faire de bruit, je me rapproche lentement de la porte du grand salon. Elle est entrouverte. Dans l´obscurité totale, le filet de lumière provenant de cette ouverture est la seule chose éclairant le hall. J´entends des voix de l´autre côté. Pas de doute, ce sont eux.
Lentement, silencieux comme un serpent, je me glisse derrière la porte et regarde dans l´ouverture. Rauru est assis sur une chaise, Hylia penchée sur lui. Imp semble trop épuisé pour pouvoir se relever, et Megasam est soutenu par le bras de Saria. Il n´en manque qu´un. Ils croient m´avoir dupé, ils pensent que je vais tomber dans le piège. Je sais qu´ils n´ont pas la clé. J´ai bien vu que pendant que je luttais contre eux, Scaredsim en avait profité pour la donner. Et il n´est pas là. Reculant de quelques pas, je m´approche de la porte adjacente, qui semble avoir été ouverte depuis peu. Sans doute l´endroit où s´était cachée Saria. Je m´avance à pas lents, afin de faire le moins de bruit possible. Il ne doit pas être bien loin, il suffit que je contourne le salon. Il n´aura pas osé s´aventurer trop loin dans le rez-de-chaussée, dans lequel même moi pourrais me perdre.
J´arrive dans un couloir sombre, je prends la porte de droite. Déjà, je sens que je me rapproche du but. Chaque détail de la maison me l´indique, chaque petite chose déplacée de quelques millimètres, à peine secouée, est une trace, un indice. Il est venu ici, et il a pris la porte en face. Tout est clair. Je sens sa présence... Un autre couloir. Celui-ci mène au salon, je le sais. C´est par là qu´il est venu. Il est entré par ici et il a rebroussé chemin. Comme si il laissait une fausse piste. Il ne me dupera pas.
A gauche, au bout du couloir, trois portes. Heureusement, le spectre m´a laissé des indices, lui aussi. La poignée de droite est moins gluante. Le vieux salon, il est entré ici. Il n´y a pas d´autre issue, le couloir d´en face. Pourtant, beaucoup de poussière a été soulevée dans cette pièce. Il est resté ici un moment. Je touche au but. J´ouvre la porte du couloir en face. J´entre.
Il ne m´échappera pas.
J´ai vu sa silhouette se précipiter, il m´a vu. Je vais le prendre à revers. Revenant sur mes pas, j´ouvre la porte à gauche dans le couloir. Je la referme et j´attends. Je l´entends. Apeuré, je l´entends se précipiter de l´autre côté, courant pour échapper à la mort. Courant comme un damné poursuivi par le Diable. Il ne sait pas. Il est perdu. Il ignore que dans une seconde, il va tomber dans la gueule du loup. Je sais qu´il va entrer dans la pièce.
Cinq. Des craquements se font entendre plus loin.
Quatre. Je l´entends, je sais qu´il se rapproche.
Trois. Je me plaque contre le mur et me rapproche à pas lents de la porte.
Deux. Il est tout près, il se déplace juste derrière le mur.
Un. La poignée tourne. La porte s´ouvre.
Sans un mot, je pointe mon arme devant moi. M-I rentre directement dans ma ligne de mire. En un instant il me voit. Tétanisé, il tend les bras au-dessus de sa tête, et la laisse tomber. Cette fois-ci, personne ne viendra à son aide... Personne...
Je m´approche, il recule. Je me décale du mur, il se plaque contre celui d´en face. Toujours sans mot dire, j´arme mon revolver, et lui place sur le front. Je sens son corps qui tremble. Mes yeux se ferment. A l´instant où je veux presser la gâchette, un bruit se fait entendre sur ma gauche. Rouvrant les yeux, je vois l´armoire sur ma gauche lentement se renverser et me tomber dessus. J´ai à peine le temps d´essayer de la retenir à une main, que déjà je reçois un coup de pied à l´articulation de la cuisse, ce qui m´oblige à plier les genoux. Impuissant, je me retourne et découvre le visage d´Arnaud, triomphant.
Patatrac. Le choc. Le noir. La lumière... La lumière m´échappe... Je...
Lentement, douloureusement, mes paupières se soulevèrent. La pièce dans laquelle je me trouve était éclairée, et la lumière m´aveugla. Puis, une fois mes yeux accoutumés, je réalisai alors que mes bras et mes jambes étaient ligotés.
En face de moi, mes amis ootiens. Je les regardai d´un air ahuri.
- C´est... C´est vous ? Pourquoi est-ce que vous m´avez attaché comme ça ?
Joey s´approcha de moi tout en me fixant droit dans les yeux. Son visage était couvert d´égratignures en tout genre, il avait l´air salement amoché.
- Ne fais pas le malin avec nous... ok ? Me répondit-il sur un ton lent, sec et saccadé.
- Pourquoi tu fais une voix de robot, t´es con, je...
Sans aucune raison, Imp me donna un grand coup de pied dans la jambe. Je laissai échapper un cri de surprise et de douleur. C´est alors qu´en me redressant je vis les autres me regarder avec des airs ahuris.
- Mais t´es givré, pourquoi tu m´as frappé ? Et pourquoi vous me regardez comme ça, vous avez jamais vu quelqu´un crier ou quoi ?
Je les observais. Ils se regardaient sans dire un mot, puis Arnaud se mit à me gueuler dessus.
- Je commence à en avoir assez de te courir après ! Je suis fatigué, j´ai mal partout, alors maintenant… Tu ne nous auras plus, tu m´entends ! Je ne sais pas comment tu as fait pour t´échapper la dernière fois, mais maintenant cette comédie est terminée ! Tu vas nous dire tout ce que tu sais sur Pendu, et plus vite que ça !
- Sur qui ? Pendu... Bah, c´est qui le mec qui est pendu ? Et où sont les autres ? Vous me faites flipper là ! Je ne comprends que dalle les gars... Dites-moi pourquoi vous m´avez attaché !
Plus je posais de questions, plus j´avais l´impression que ça énervait tout le monde, comme si les réponses étaient évidentes.
- Tu sais très bien tout ça, monsieur le Hache-Viande ! Lança Sam.
- Le quoi ? C´est quoi ce délire, là, on joue à Zelda et moi je suis un Hache-Viande ? Et c´est qui Link ? J´me souviens même plus qu´on faisait ça, moi...
Une fois de plus, ils se regardèrent tous, je crois que je n´avais pas très bien joué mon rôle de Hache-Viande, vu que je les contrariais beaucoup.
- Bon, vous pourriez me détacher maintenant, c´est plus drôle ! Criais-je. Et j´crois qu´en plus j´commence à avoir mal aux poignets à cause des cordes, c´est trop serré !
J´eus beau les appeler une bonne dizaine de fois, personne ne me répondit et personne ne vînt à ma rencontre. J´étais épuisé, je commençais à m´assoupir quand enfin quelqu´un revînt voir le paria que j´étais. C´était Olivia.
- Anthony, est-ce que ça va ? Demanda-t-elle avec un air passablement triste.
- Je suis crevé, j´ai horriblement mal aux jambes et à la tête, et je suis ligoté par mes propres amis, alors non, j´ai pas l´impression que ça va très bien ! En plus je n´arrive même pas à me souvenir de comment je suis arrivé ici...
- Est-ce que tu te souviens de la soirée ?
- La dernière chose dont je me rappelle c´est d´avoir pris la voiture avec Arnaud, Alex et Yann... Mais Arnaud et Yann n´ont pas l´air de beaucoup m´aimer, aujourd´hui. Où est Master, au fait ?
- Je... Je ne sais pas si je peux te le dire, si j´ai le droit de te faire confiance, les autres ne veulent même pas que je te parle...
- Mais qu´est-ce qu´ils ont ? Je leur ai fait quoi, au juste ? Pourquoi vous ne voulez pas me détacher ? J´ai trichéà votre super jeu du hache-viande et j´ai pris un carton rouge ou quoi ?
Sans répondre, Saria commença à glisser sa main près de ma cuisse.
- Ah d´accord, si c´est juste pour que tu puisses me tripoter, vous n´aviez pas besoin de m´attacher !
Après avoir fait un petit sourire, elle fouilla dans la poche gauche de mon costume et en sortit un flingue.
- Oh putain ! Mais qu´est-ce que ça fout dans ma poche ? C´est un faux... pas vrai?
Elle secoua la tête.
- Ecoute, je n´ai jamais touché une arme de ma vie... Mais fais gaffe tu risques de tirer sur quelqu´un sans le faire exprès ! C´est super dangereux ces machins-là !
- Est-ce que ça te rappelle quelque chose ?
- Ouais, ça me rappelle "les experts", sur la une... Mais sinon je le répète c´est la première fois que j´en vois un en vrai !
Ensuite, je la vis fouiller dans sa poche, et en sortir une sorte de clé.
- Et ça ?
- Bah, c´est une clé...
- C´est tout ?
- Bah elle n´est pas à moi, alors que veux-tu que j´te dise d´autre ?
- Donc tout ça ne te rappelle rien ?
- Un flingue et une clé... Euh... Quelqu´un a cambriolé le gîte ? Sérieusement, pourquoi tu me demandes tout ça ? Tu croyais que j´allais te dire quoi ?
- Je sais pas, moi...
Ensuite elle se releva et s´éloigna, en me laissant la clé et le flingue. Elle se retourna une dernière fois, et me regarda bizarrement, avant de rejoindre les autres. Dans d´autres circonstances, si je n´étais pas ligoté par exemple, j´aurais pu tenter quelque chose avec cette fille, mais ce n´était pas le moment apparemment.
J´entendis toutes sortes de voix. Je crois qu´ils se disputaient, sur ce qu´ils allaient faire de moi sans doute. J´espérais avoir au moins le droit de me défendre. La situation semblait confuse. Il y avait eu un pendu pendant le réveillon, mais qui, j´en savais rien. Après Saria me parla d´un flingue qui atterrit je ne sais pas comment dans ma poche, et puis une clé que je n´avais jamais vu non plus. Alors mon estomac se mit à gargouiller. Je voulais les déranger en leur demandant de me donner un truc à bouffer, mais je savais bien que tout ce qu´on m´aurait donné c´était un coup de pied entre les deux jambes.
Une bonne dizaine de minutes plus tard environ, les voix baissèrent d´un ton et mes juges s´approchèrent de moi. Rauru était en tête, il me fixait droit dans les yeux.
- Qu´est-ce qu´il y a ? Tu me trouves moche, ou quoi ?
Il ne répondit pas immédiatement.
- On va tout reprendre depuis le début, d´accord?
Lentement, il s´accroupit devant moi pour se mettre au ras du sol, à mon niveau.
Puis, son visage se fit moins sévère, et il me regarda avec une pointe de pitié.
- Anthos, quelle est la dernière chose dont tu te souviens ?
- Ben... On était dans la voiture, toi, moi, M-I et Alex. Je me souviens qu´on était presque arrivés, on avait vu la pancarte avec le nom du gîte... Euh... J´ai oublié le nom, par contre... Ensuite, je me souviens que tout s´était assombri et qu´on avait attendu près d´une énorme grille... Guillaume et Alban sont venus nous accueillir. Ensuite, c´est beaucoup plus difficile de me rappeler... Il y a comme un flash, et après c´est le trou noir total. Qu´est-ce qui s´est passé, on a eu un accident ou quoi ?
M-I vint à la hauteur d´Arnaud et s´adressa à moi:
- Dans la voiture, Master a répété une phrase au moins quatre fois, tu t´en souviens?
- Vous me saoulez sévère là… J´voulais passer un Noël inoubliable avec vous, mais là, ça commence à bien faire, bon alors laissez moi réfléchir... "J´aime me branler"… Non, c´était pas ça... Euh ah ouais voilà,"Il y avait une pomme et une fraise dans Ocarina of Time".
M-I confirma, et je rajoutai:
- Il disait même que ça avait rapport avec Gbakool !
- Ouais c´est bon on a compris! Dit Yann.
Rauru se retourna vers les autres et exposa son diagnostic : " C´est bien lui, où alors c´est le meilleur comédien qu´il m´a été donné de rencontrer. ".
- Bon, j´en ai marre que vous parliez entre vous, surtout que j´entend tout ce que vous dites, alors si je suis bien moi, eh ben détachez-moi et surtout expliquez-moi pourquoi je suis là et pourquoi je ne me souviens de rien !
Mais personne ne fit le moindre geste.
- Vous êtes très lourds là…
Imp s´avança et me prit l´arme.
- Bon débarras, comme ça j´aurais moins de chance de me prendre une balle ! Enfin, avec vous on sait jamais, peut-être qu´après m´avoir ligoté vous allez jouer à Duck Hunt avec ma tête ?!
Après une légère hésitation, ce fut Samy qui se rapprocha de moi et rompit mes liens.
- C´est pas trop tôt, allez, maintenant expliquez-moi tout ! Où sont les autres et...
Joey pointa le revolver sur moi.
- Tu bouges, t´en prends une.
- Eh ben Imp, j´croyais que ta spécialité c´était la chasse aux noobs, pas le tir aux canards ! Fis-je en reculant.
- Calme-toi Anthos, me répondit gentiment Claire, on va tout t´expliquer, mais il va falloir que tu acceptes beaucoup de choses horribles qui se sont passées aujourd´hui.
- Allez-y, racontez-moi... Mais qu´entends-tu par chose horrible? Personne n´est blessé j´espère ?
Je vis qu´Olivia se mit à pleurer derrière, et retournait au salon.
- Voilà, hum... Ceux que tu vois là, nous tous, eh bien... Nous sommes les seuls encore vivants. Commença Arnaud.
- Tu oublies... Coupa Samy.
- Chaque chose en son temps ! S´exclama Hylia.
- Je... Je ne comprends pas... C´est une blague, ou quoi ? C´est pas drôle, franchement !
Bordel, dites moi que c´est juste une blague, et vous allez m´annoncer la chute d´un instant à l´autre !
- Malheureusement c´est tout sauf une blague, poursuivit Arnaud d´une voix grave, tous nos amis sont... Morts...
- Mais qu´est-ce qui s´est passé ? Dis-je avec un hoquet, les larmes aux yeux.
- Disons qu´un... Qu´un type bizarre avec une hache les a tué, et aussi une espèce de bête qui... Répondit Sam.
- Un type avec une hache ? Une bête ? Je ne comprends rien à ce que vous racontez, essayez d´être plus clairs !
- Bon, écoute Anthos, l´important ce n´est pas comment ils sont morts, ni ce qui les a tué. En résumé, nous sommes arrivés dans ce gîte comme prévu, mais un homme nommé Pendu nous a tendu des pièges, et beaucoup d´entre nous sont morts. Simon et Julien sont retenus en otage par lui, et nous devons les sauver. Expliqua Hylia.
- Attendez... Vous voulez dire qu´on n´est pas les seuls à être ici ? C´est qui ce " Pendu " ?
- C´est plus ou moins le propriétaire du gîte, et c´est un psychopathe. Répondit Sam.
- Pendu, j´ai déjà entendu ce nom, il m´est familier…
- Tu te souviens de quelque chose? Demanda Hylia
- Non rien… Mais, toi tout à l´heure tu m´as appelé Hache-Viande et tu me dis qu´un type avec une hache vous a attaqué ! C´est... attendez je commence à comprendre, si vous m´avez attaché, c´est que j´étais dangereux et… Oh non !
- Anthony, tu as été sous l´emprise du propriétaire, et il t´a poussé à faire des choses horribles, tu n´étais plus toi-même... Mais ce n´est pas ta faute. Me dit Joey en rabaissant le flingue.
- Oh mais non, c´est pas possible, c´est pour ça que je me souviens plus de rien. Oh non, c´est pas vrai, mais qu´est-ce que j´ai fait…
Je mis mes mains sur la tête
- Je suis navré, je…
- Bon, il y a encore une chose que tu dois savoir. Cette clé qui est là, c´est notre seul moyen de sortir d´ici... Et Pendu t´a envoyé pour la récupérer. Reprit Rauru.
- Ah oui mais maintenant je risque pas d´aller lui rapporter, si c´est lui qui m´a demandé de tuer tout le monde. Répondis-je.
- Si, justement... Répondit Arnaud avec un air mystérieux. Tu vas faire comme si tu étais toujours sous son emprise, et lui rapporter la clé, et ensuite, tu n´auras plus qu´à lui tirer dessus alors qu´il ne s´y attendra pas.
- C´est risqué, mais ça peut marcher ! Renchérit Samy.
Je les regardais. J´avais fait tant de mal, tout ça à cause de moi.
- Mais attendez, si j´étais sous l´emprise de Pendu, comment se fait-il que je sois redevenu moi-même?
- Nous n´en savons rien, Anthos, tu as sans doute reçu un coup sur la tête qui t´a remis les idées en place. Supposa M-I.
- Et si je pète les plombs encore une fois, vous y avez pensé ? C´est très dangereux.
- On sera tous là pour t´empêcher que ça arrive. Rassura Samy.
- Bon, après tout le mal que je vous ai fait, je pense que c´est normal que je vous aide maintenant, alors j´accepte, quitte à me faire tuer ! Répondis-je en souriant tristement, essuyant mes yeux humides.
Alors je me levai. Je récupérai la clé et l´enfouissant dans ma poche droite. Nous allions faire payer ce dingue de Pendu.
- J´espère que je me trompe pas à ton sujet... Se contenta de dire Joey en me donnant le flingue.
- Je ne te décevrai pas, fais mon confiance ! Répondis-je en souriant.
Joey me tapota dans le dos et me tendis la main.
- Tiens, les munitions...
Je pris les trois balles qui devaient être dans le pistolet et l´armais d´avance. J´étais fin prêt. Je croisais alors en relevant la tête le visage de Yann, qui continuait à me regarder avec un air bizarre. Peut-être continuait-il à se méfier du type à la hache...
- Mais il y a un autre problème, on ne sait pas où se cache Pendu ! S´exclama Hylia.
- Olivia, tu penses que tu pourrais retrouver l´endroit où tu étais la dernière fois ? Demanda Megasam gentiment.
- Je ne sais pas trop, je... Répondit Saria, confuse.
- Pas la peine, je commence à reconnaître chaque détail de cette maison... Intervins-je.
- Quoi ? Mais je croyais que tu ne te souvenais de rien ? Interrogea Imp.
Je m´approchai de la porte, et passa dans le hall d´entrée. Du sang sur le bois... il y a eu une bataille ici.
- Je suis aussi surpris que toi, je ne me souvenais de rien il y a à peine cinq minutes et maintenant je reconnais cette maison comme si j´y avais vécu, alors que c´est la première fois que je la vois ! M´exclamais-je.
- Attendez une minute, ça veut dire que tu sais où se trouve la réserve ? Coupa Arnaud.
- Euh... Celle du premier étage ? Bah, je crois que oui...
- Mais alors, on peut aller directement chercher de la dynamite et sortir d´ici ! Conclut Sam.
- Vous n´allez quand même pas laisser Simon et Julien aux prises avec Pendu ! Cria Claire.
- Ou sinon, on pourrait se séparer en deux groupes, le premier qui va chercher la dynamite, et le second qui tend le piège à Pendu. Reprit Megasam.
- Tu oublies un peu vite la bête qui traîne toujours dans le coin ! S´énerva Saria.
- Non, ça ne va pas. Premièrement, on a besoin d´Anthos des deux côtés. Deuxièmement, si on arrive devant Pendu et que tout le monde n´est pas là, il va se douter de quelque chose. N´oubliez pas ce que Marguerite nous a dit, il est malin et très intelligent, il est peut-être en train de nous tendre un piège à l´instant même où nous parlons... Et troisièmement, on a besoin de la clé pour la réserve, et si Pendu ne voit pas Cassoulet arriver avec la clé, il va avoir de gros soupçons.
- Donc on ira à la réserve après, on ne va pas abandonner nos amis comme ça, il y a déjà eu trop de victimes ! S´égosilla Joey.
- Bon bah on y va ? Fit Yann.
Sans répondre, je sortis l´arme de ma poche gauche, et guidai mes amis dans les étages. Ces murs me parlaient, j´arrivais à les reconnaître au premier coup d´oeil, avec comme un impression de déjà-vu.
Nous montâmes les étages, un à un, sans faire de bruit, jusqu´à arriver au troisième. J´étais devant le passage secret. La comédie commençait là.
Sans un mot, je fis signe à M-I d´approcher, puis je me mis à viser sa tête avec mon arme, tout en lui faisant un petit clin d´oeil complice.
- Pousse la commode, toi ! Criais-je afin d´être bien entendu de l´autre côté du passage secret. Les autres se mirent à sourire comme s´il s´agissait d´une mauvaise blague qu´on allait faire à un voisin le soir d´Halloween.
- Et vous autres, le premier qui bouge, j´le descend ! Ajoutais-je en forçant la voix dans le grave.
Yann déplaça la commode, puis j´appuyais sur le bouton caché. Je savais qu´il était là. Alors le passage secret s´ouvrit, et la comédie cessa.
Dans la loge, Sheik avait attendu, comme prévu, l´arme à la main, pointée sur les ootiens.
- Entrez, je vous en prie, notre Maître est impatient de vous voir. Fit-il.
Pour les convaincre d´avancer, je dus continuer à sourire, et eux, confiants, avancèrent dans le piège qui leur était tendu, sans aucune hésitation. Une fois le seuil de la pièce franchi, le passage se referma grâce au bouton sur lequel je venais d´appuyer. Le Maître parut alors, provenant de la salle d´isolement. A côté de lui se tenait Simon, l´arme à la main, pointée vers eux. Je vis Arnaud commencer à se mordre la lèvre inférieure, il était en train de comprendre.
- Simon ! Tu ne peux pas avoir été manipulé par lui, toi aussi ! Cria Hylia, prête à fondre en sanglots pour celui qui s´était sacrifié pour elle.
- Désolé Claire, mais c´est le seul moyen d´en sortir. Je préfère écouter les conseils des vivants plutôt que ceux de la morte... si tu vois c´que j´veux dire. Répondit Scared d´un ton sec.
- Vous l´avez ? Demanda le Maître, les ignorant.
Je rengainais alors mon arme, regardant mes amis en souriant, et sortit la clé de ma poche droite, puis la donnait en main propre au Maître.
- Mes sincères félicitations monsieur, je ne pensais pas que vos amis seraient assez dupes pour croire que vous me trahiriez. Car vous, vous le savez, c´est pour leur bien, pour les sauver, les guérir.
- Oui Maître, je le sais.
Me retournant vers mes camarades, j´eus une montée d´adrénaline à la vue de leurs mines désabusées.
- Tu l´as dis toi-même Rauru, tu en as assez de me courir après, pourtant tu m´as laissé me libérer de mes liens... Tu n´es pas très malin tout compte fait.
L´intéressé ne daigna pas répondre un seul mot.
- Enfoiré!! Tu vas me le payer! Hurla M-I en se jetant sur moi.
Je le maîtrisai facilement, et le soulevais par le col.
- Tu crois que je n´avais pas compris votre piège minable ? Je savais tout pour l´armoire depuis le début, et vous n´avez rien compris.
Je pris mon index et mon majeur de la main libre et les lui enfonçais dans les orbites jusqu´à ce qu´il comprenne qu´on ne se mesure pas à moi. Il commença alors à crier, à tenter de se débattre, mais il était trop faible. Les armes de Sheik et Scaredsim étaient suffisamment dissuadantes pour qu´aucun d´eux ne tente quelque chose. Il agonisait, cela me donnait de plus en plus envie d´enfoncer mes doigts plus profondément, mais l´heure n´était plus au jeu. Il fallait en finir. D´un geste je le relâchais et le repoussais en arrière, à côté des autres.
- Vous ne pouvez pas savoir à quel point cela me fait plaisir d´avoir réussi à réunir... Vous tous, au complet, dans mes propres appartements... C´est un honneur ! Maintenant, chers invités, je crois que vous avez compris que vous venez d´être trahis une fois de plus et votre aventure touche à sa fin. Avez-vous vraiment cru que vous pourriez me piéger ? Vous ne savez pas à qui vous avez à faire, car même si monsieur Anthos s´était rallié à votre cause, il aurait été tué avec vous. Reprit le Maître.
Ses paroles n´étaient plus les mêmes. Il m´avait dit de les sauver, je venais d´apprendre qu´il voulait les détruire. Moi compris. Je me demandais où il allait en venir, et j´allais intervenir quand le Maître poursuivit.
- Maintenant, je vais vous montrer. Simon ?
- Oui m´sieur ? Répondit Simon.
- Vous êtes l´Elu, à vous l´honneur de tirer la première balle. Faites ce que je vous ai demandé tout à l´heure.
- Bien m´sieur...
Regardant une dernière fois tous mes amis, je ne savais pas lequel d´entre eux allait mourir le premier. J´allais accomplir ma destinée... Et le carnage allait commencer.
Pour l´instant j´ai la dale de lire...XD je lie ce soir ![]()
Wahooo
jcrois avoir ma petite idée sur ce qui va se passer mwahaha, ce qui va dire que ce sera tout le contraire de ce que je pense comme toujours ![]()
![]()
Gros bide?
Bah j´ai bien l´impression qu´on est tous des tafioles naïves dans ce chapitre !
Qui serait assez dupe pour donner un flingue et la clé de la survie au gars qui a tenté de tous nous tuer... J´ai beau y réfléchir, ça ne me ressemble pas, je reste perplexe ! Moi ce gars, je lui aurais casser les parties et ensuite je l´aurais forcé à nous indiquer le chemin du maitre ! Ensuite je l´aurais buté mouarf ! Et puis j´ai toujours pas récupéré mon bras !! ! Mais pourtant on se laisse porter, c´est un très bon chapitre ^^
Jte préviens Linki que si je me fais buté, tu le sentiras passer la prochaine fois qu´on se verra !! !! Pareil si c´est pas moi quio sauve héroïquement tout le monde !
Je viens de tout lire et...... J´adore !!
Mais sérieux, ça manque de nounours, vous pensez vraiment qu´il n´y a pas de nounours dans cette baraque ?
Oui, un gros nounours avec une hache
)
J´aime, mais c´est sadique... pauvre M-I devenur aveugle
mouarf
Mais oui, la bête est en fait un nounours mutant pas gentil ^^ ![]()
Samy
c´est ce que j´ai dit à Linki mais bon...
Finalement j´ai pas encore lu, mais sa a l´air bon vu les commentaires...jme tappe la lecture...entre ce soir et mercredi ![]()
Bah moi j´aime pas trop ce chap ![]()
C´est normal, c´est pas toi qui l´a écrit. ![]()
j´aprécie bien... sauf que ca reste encore trop vague.. on n´en sait pas assez !!
Tu vas bientôt tout savoir... Mwhahahahhaha... ![]()
Je viens de commencer à lire xD...
YEAH ![]()
ouais dans mes rêve les plus fou