comment vous vous permettez de me faire mourrir -.-
Tu as lu Arty?
juste le chapitre 1 pourquoi? vous parlez dans mon dos?
Hop Boost ne parlez pus
Le premier qui parle je l´étrangle ![]()
Le chap 11 arrive, ne postez pas de mess avt que j´poste tout.
Sachez que ce chap est très bon et qu´avec Linki on s´est défoncé
Voilà Imp j´ai tenu ma promesse ![]()
Chapitre 11
Je m’appelle Scaredsim. Je suis sur le forum Ocarina of Time depuis 533 jours où l’on me surnomme Scared. En acceptant de venir dîner avec les autres, je n’aurais jamais pensé jouer à James Bond dans un manoir hanté. Mortelle comme soirée. Ce cinglé de cassoulet avait essayé de me tuer sous ses airs de type à la hache, et ça, je ne l’oublierais pas de sitôt.
- Emmenez-le au salon ! Ordonna Rauru.
Sam et Joey obéirent à Arnaud, attrapèrent Cassoulet encore sous le choc, et l’emmenèrent dans la pièce d’à côté. Le reste de la troupe les suivirent. Je fus le dernier à quitter le hall, avec Seed ramassant la fameuse hache qui avait causé tant de souffrances. Ça pouvait toujours être utile, surtout si l’autre bête se pointait...
- Thomas, Yann, décrochez les rideaux et utilisez les ficelles pour l’attacher.
Rauru avait toujours le flingue pointé sur l’ex-type à la hache. Il s’y croyait trop le Arnaud. Le parfait petit héros. Le smoking à moitié déchiré, quelques égratignures, un pistolet, manquait plus que la fille en bikini. A cette pensée je me tournai vers Claire. Elle avait arrêté de pleurer. Je m’approchai d’elle.
- Alors ça va ?
- Ah c’est toi, euh... Je ne sais pas si on peut vraiment dire que ça va... Sheik a essayé de me tuer, Anthos de m’étrangler... J’ai connu de meilleurs réveillons.
- Idem ! Répondis-je avec un faible sourire.
- Et ta main ?
- J’ai les traces de dents du Cass, la chair du pouce entaillée... Sinon tout baigne !
- Viens, je vais soigner ça, ça me changera les idées. Dit-elle en soupirant.
Elle m’emmena sur une chaise, puis prit quelques serviettes en papier pour nettoyer la blessure. La voix autoritaire d’Arnaud me ramena à la réalité.
- Maintenant tu vas tout nous expliquer Anthos... Pourquoi voulez-vous nous tuer Sheik et toi ? Est-ce vous qui avez monté tout ça ?
Il ne répondit pas. Depuis qu’il s’était fait capturer, il avait un air totalement indifférent, comme si il n’entendait pas ce qu’on lui dit.
- Tu me fatigues maintenant, alors je te conseille vivement de répondre très rapidement, où je vais vraiment m’énerver ! Et crois-moi tu parleras...
Le prisonnier desserra enfin les dents, ouvrit lentement la bouche pour dire quelques mots d’une voix monocorde, comme un automate.
- Je ne vois pas à quoi vous faîtes allusion.
- Arrête de te foutre de nous... Réponds seulement à la question. Expliqua Sam, en imitant la voix du Cass, avant d’aller chercher un couteau sur la table pour le menacer.
- Je n’ai pas à vous répondre, vous êtes le mal absolu.
- Bien sûr, et toi tu es le purificateur c’est ça ? Questionna Arnaud.
- Précisément. Ma destinée m’a amené jusqu’ici pour vous débarrasser de vos pêchés. Vous devez me libérer, et je vous soignerais. C’est votre destin. On ne peut aller contre son destin.
- Tu es complètement dingo Cassoulet ! Lança Imp.
- On se croirait vraiment dans un film d’horreur avec tous les clichés du genre ! S’exclama M-I.
Ils continuèrent l’interrogatoire mais l’ex-type à la hache retomba dans un état léthargique, comme si il voulait reprendre des forces pour nous attaquer de nouveau. Je ne voulais pas qu’il s’en sorte comme ça. Oh non, c’était trop facile, après tout ce qu’il nous avait fait subir. Il devait payer pour tout ça. Il allait tout nous dire, foi de Simon. Rauru était bien trop gentil avec lui. Je me saisis alors du couteau des mains de Megasam, et laissais Claire pour me faire un petit tête-à-tête avec mon nouvel ami.
- Pousse toi, toi ! Lançais-je à Rauru.
Je regardais alors le prisonnier dans le blanc des yeux. Je lui mis le couteau sous la gorge.
- Parle maintenant, ou je te saigne ! Criais-je en gardant les dents serrées.
Je sentais les autres angoisser derrière moi. Personne ne bougea pour autant, j’avais surpris tout le monde par mon action. J’avais été trop rapide pour que quelqu’un puisse m’empêcher d’agir.
- Doucement Simon ! S’exclama Seed.
Je savais exactement ce que je faisais. J’en mourrais d’envie, de lui enfoncer cette lame dans le cou, il le méritait, mais pas avant d’avoir tout balancé. Son regard était toujours le même, aucune perle de sueur ne s’était montrée sur son visage. Je n’avais jamais connu un mec capable de garder aussi longtemps son sang froid. On aurait dit qu’il avait déjà fait la guerre, qu’il avait déjà connu ça, la torture.
- Si tu me tues maintenant, tu le paieras ainsi que toute ta famille. Jusqu’au dernier.
- Qui a dit que j’allais te tuer ?
Sa voix complètement indifférente m’avait fait perdre patience. Je tins fermement le manche dans ma main droite et je lui enfonçai avec une lenteur sadique le couteau dans sa cuisse droite. Il n’eût l’air de rien ressentir du tout. C’est comme si il n’était plus avec nous.
- Bon sang arrête Simon ! On a besoin de lui ! Aboya Rauru en me retenant par l’épaule gauche. L’ignorant, je continuais à fixer celui qui nous avait tous trahis.
- Alors ça pique, hein ? Comment on sort d’ici ...? Allez dis-le ! Dis-le !
Comme toujours, Cass semblait n’avoir pas entendu la question. L’air qu’il avait, cet air-là me rendait plus furax qu’autre chose.
- Tiens mais on dirait que l’autre jambe est jalouse ! Repris-je avec un grand sourire.
Je brandis à nouveau ma lame. Samy et Arnaud voulurent m’empêcher de frapper à nouveau. Donnant un violent coup de poing à l’estomac au premier et poussant violemment le second, je vis en me retournant vers mon prisonnier les regards terrifiés des autres ootiens quand j’entendis une voix de fille crier :
- Simon, ça suffit !!
Je me retournai machinalement vers Claire, quand la voix féminine reprit de plus belle :
- Non mais c’est quoi ça, t’en prendre à Cassoulet…
Je vis alors d’où elle provenait. Sur le seuil de la porte du salon, se tenait Saria3, l’air essoufflé. Tout le monde fut un peu surpris de la voir débarquer à ce moment précis, m’empêchant de finir ce que j’avais commencé.
- Mais... Mais qu’est-ce que tu fais là Olivia ? Lui demanda Megasam, qui semblait être le plus étonné.
- Content de te revoir Samy, et vous tous aussi, j’ai… Mais qu’est-ce que vous faîtes à Anthony ?
- C’est l’enfoiré qui jouait au bûcheron avec nos têtes ! Répondis-je immédiatement.
Je pense qu’elle comprit de suite, cependant elle insista.
- C’est une raison pour lui faire du mal ? J’arrive, j’ai passé je sais pas combien de temps, seule dans le noir, apeurée, et là je reviens, j’étais toute contente de vous retrouver et je te vois en train de torturer Cass…
- Je fais ça pour nous protéger !
- Non, tu fais ça pour te venger c’est tout !
- Je…
- Bon calmez vous tous les deux ! On est déjà assez divisés comme ça, vous ne croyez pas ?
Imp avait mis fin au débat. Je lui jetai un regard noir, mais ne renchérit pas. Pour une fois qu’il ne parlait pas pour balancer une vanne québecoise, celui-là... Saria s’approcha de Claire et prit une chaise. Elle donnait l’impression d’être épuisée.
- J’ai cru ne jamais vous revoir, vous savez !
- Alors, qu’est-ce qui s’est passé ?
Megasam, avide de curiosité, ne lui laissa pas le temps de se reposer.
- J’ai été prise de panique quand je ne t’ai plus vu Sam ! Je ne sais pas pourquoi ni comment nous avons été séparés, mais toujours est-il que je me sentais bien seule, je n’y voyais rien… j’étais perdue... J’ai mis longtemps à retrouver le bon chemin...
- Et tu n’as pas entendu la bête qui a tué Linki ? Interrogea Sam.
- Non, je t’ai dit, j’étais dans le noir, je n’ai rien vu ni rien entendu ! Répondit Saria semblant à la fois gênée et énervée.
- Même pas un indice qui pourrait nous aider ? Insista encore Yann.
- Si j’avais vu quelque chose, croyez-moi je vous le dirais !
J’entendis un bruit, le type à la hache… enfin, Cassoulet qui commençait à remuer. Nous l’avions tous un peu oublié à cause de l’arrivée de Saria et je lui tendis le couteau bien en face des yeux pour lui faire comprendre que je ne le lâcherais pas de sitôt. J’entendis quelqu’un se lever pour m’arrêter. C’était encore elle.
- Donne-moi ce couteau tout de suite ! M’ordonna-t-elle en tendant la main.
- Ecoute-moi bien Saria, tu es peut-être fragile et tu ne supportes sans doute pas la souffrance, mais je ne vais pas laisser ce gars se foutre de nous plus longtemps, tant pis si t’es pas d’accord. Je ne laisserais pas cet enfoiré tranquille tant qu’il ne m’aura pas dit ce que je veux entendre !
Megasam voulut intervenir dans la conversation, mais elle ne lui laissa pas en placer une.
- Tu trouves que le type à la hache est un monstre, mais c’est toi le monstre ! Tu es pire que lui, sincèrement tu me fais honte ! Cria-t-elle en me regardant droit dans les yeux.
Après ça elle se retourna brusquement et quitta le salon très énervée. Tout le monde était resté scotché face à sa réaction, surtout moi, qui en était l’auteur.
- Qu’est-ce que je lui ai fait ? Demandais-je, complètement perdu.
- Peut-être que tu lui avais tapé dans l’œil et qu’elle pensait pas que t’étais comme ça ! Fit Seed.
- Thomas la ferme, c’est pas l’moment là !
- Qu’est-ce qui lui prend ? S’interrogea Joey.
- Bah, elle doit juste être en manque de sexe ! Plaisanta Yann, toujours très intelligent dans ce genre de situation.
- Allez, vite, rattrape-la et va t’excuser ! Ordonna Claire.
- Pffffff... Soufflais-je.
Je n’avais pas pour habitude de reconnaître mes torts. Cependant j’étais de l’avis de Claire, il valait mieux rester unis et faire face à Sheik si il débarquait pour nous tuer un par un, ou à la bête du gévaudan, ou autre chose... Et Saria en nous quittant s’était mise à nouveau en danger, et j’avais un sentiment de culpabilité qui commençait à naître au fond de mon corps. Ce serait la poisse si quelque chose lui arrivait juste maintenant, à cause de moi.
- Bon d’accord, je vais la chercher, mais quand je reviens, je veux que ce taré nous ai dit comment on sort d’ici ! Râlais-je, tout en jetant un dernier regard sur l’autre ahuri qui n’avait pas bougé d’un poil, avant de sortir du salon.
- Il y a un truc qui cloche avec cette fille... Marmonna Sam, qui n’avait pas lâché un mot depuis qu’il avait interrogé Saria.
Je quittai mes camarades et me retrouvai dans le hall. Je ne l’avais pas entendu monter les escaliers donc je supposai qu’elle était toujours en bas. Et de toute façon, je ne pense pas que j’aurais eu assez de cran pour y aller. Je crevais pas d’envie de tomber nez-à-nez avec Sheik tout seul et dans le noir. Mais l’idée de me lancer encore une fois dans le labyrinthe du rez-de-chaussée ne me tentait pas vraiment plus. J’ouvris la première porte en face de moi et criais :
- Ecoute Saria, reviens, je voudrais te parler !
La jeune fille ne répondit pas. Je fis quelques pas et entendis un faible bruit devant moi. Je traversai la pièce, ouvrit la porte en face, le bruit devint plus net, quelqu’un pleurait, sans doute Saria. En regardant à gauche, je vis une porte légèrement entrouverte. Je me saisis de la poignée gluante et aperçut Saria, recroquevillée à terre et pleurant à chaudes larmes.
- Va t’en ! Fit-elle entre deux sanglots.
- Ecoute, je n’ai pas l’habitude de m’excuser, mais... je... Je te demande pardon pour t’avoir parlé comme ça tout à l’heure, et j’aimerais que tu reviennes avec moi.
- Tu es sincère là, ou c’est juste parce que quelqu’un te l’a demandé ? Dit-elle en essuyant ses yeux.
- Non, je suis très sérieux.
Je tendis ma main pour l’aider à se relever pour la décider plus vite.
- Viens avec moi, et trouvons un moyen de sortir au plus vite de cet enfer.
Elle me regarda fixement dans les yeux, et je lui rendis son regard. C’était la première fois où j’avais pu la regarder vraiment, et je me rendis alors compte à quel point elle était belle. Après un court instant, elle se décida à saisir ma main, et je l’aidais alors à se relever en essayant de ne pas la brusquer.
- Je crois que cet endroit est vraiment en train de me rendre folle J’ai vu mourir Linki, c’était mon meilleur ami sur le forum, et je pense que…
D’un seul coup, elle sembla perdre conscience. J’ai cru qu’elle allait tomber dans les pommes, je la saisis alors par la taille.
- Olivia, ça va ?
- Oui oui, c’était juste un coup de fatigue.
Elle posa alors sa tête contre mon épaule et m’enlaça de ses bras, comme si elle allait tomber, tandis que je la tenais encore par la taille. Je ne savais pas à quoi elle jouait… Mais toujours est-il que c’était la première fois que je me retrouvais dans cette situation, avec une fille assez jolie dans mes bras. J’étais très gêné mais j’essayais de me contrôler le mieux possible.
- J’aimerais que tout s’arrête, qu’on revienne en arrière… Soupira-t-elle.
- Tu n’as qu’à appeler Marty Mac Fly ! Plaisantais-je pour détendre l’atmosphère.
Elle éclata de rire.
- C’est un homme comme toi que j’aimerais rencontrer, drôle, charmeur… Répondit-elle en me regardant droit dans les yeux, avec un léger sourire.
A cet instant, je ne pus résister à la tentation plus longtemps, et je l’embrassai. Elle n’essaya pas de se dégager. Ce fut long, chaud, bien comme je me l’imaginais. Mes mains remontèrent jusqu’à ses épaules et les siennes descendirent à mes cuisses. Dans un effort surhumain je me dégageais la tête.
- Excuse moi, je ne sais pas ce qui m’a pris, je…
Elle me fit un sourire, comme amusée, puis mis son index sur ma bouche, et me glissa dans l’oreille un “chut” qui voulait tout dire. J’étais aux anges. Ensuite elle m’embrassa à son tour, et ce fut un instant magique, loin de tout, loin de ce gîte qui nous pourrissait la vie. Elle se colla ensuite tout contre moi, et voulant goûter plus intensément au plaisir, je fermais les yeux. Je sentais ses lèvres me parcourir le cou, sa langue sur ma peau, ses mains me caressant le bas du dos. Je n’osais plus bouger, j’avais l’impression de vivre un rêve éveillé. Je ne pensais plus à rien, je voulais rester comme ça pour toujours. Finalement, je rouvris les yeux, et je vis le visage d’Arnaud derrière elle.
- Hé, mais dégage petit mateur ! Lançais-je à l’adresse de celui qui venait de me sortir de mon rêve.
Je vis alors qu’il pointait son arme dans notre direction. Je sentis Olivia desserrer son étreinte et la vis regarder Rauru d’un air aussi stupéfait que le mien.
- Eloigne toi d’elle ! M’ordonna-t-il.
Je ne comprenais absolument rien à ce qui se passait. Rauru venait de perdre les pédales. Il faisait peut-être parti d’une alliance avec Sheik et Cass. Peut-être qu’il était lui aussi complètement dingue.
- Tu va nous tuer, c’est ça ? Demandai-je pour vérifier.
- Eloigne toi d’elle bon sang ! Tu me fais confiance, non ?
La confiance ! C’est un bien grand mot ici, moi je ne faisais confiance à personne sur le forum, mis à part Linki, même si j’avoue avoir eu quelques doutes, je savais qu’il ne nous avait pas emmené dans un piège. Rauru avait jusqu’à présent joué franc jeu, et si le type à la hache avait été mis sous contrôle c’est en grande partie grâce à lui. J’enlevais mes mains des hanches d’Olivia et rejoignis Arnaud. Ce dernier gardait toujours son revolver pointé sur elle.
- Et si tu m’expliquais ce qui se passe, maintenant ?
- Je vais t’expliquer, mais avant nous devons rejoindre les autres. Allez avance Olivia, passe devant et n’essaye pas de me tromper.
Olivia n’avait pas l’air de comprendre non plus.
- Tu te trompes Arnaud, c’est pas ce que tu crois...
- Tu fais ce que tu veux, je ne suis pas ton père. Répondit-il d’un ton sec.
Elle obéit, et quelques secondes plus tard, nous étions dans le hall d’entrée. Après qu’Olivia et Arnaud passèrent la porte du salon, je remarquai d’entrée que quelque chose ne tournait pas rond chez les autres, la plupart étaient tétanisés, comme si ils avaient vu un fantôme. Parmi ceux qui tenaient encore debout, je remarquais Thomas, Joey et Yann.
- Vérifiez par vous-mêmes, maintenant.
C’était Seed qui avait parlé. Néanmoins, ce n’était pas sa voix habituelle. Celle-ci était douce, aiguë et assez harmonieuse. Une voix de vieille, en fait.
- Thomas a des dons pour l’imitation ? Demandais-je sans comprendre ce qui se passait.
Arnaud répondit, toujours Saria en joue.
- Je te présente Marguerite.
- Hein ? Mais de quoi tu parles là ? M’exclamais-je en comprenant de moins en moins.
- Enfin, Marguerite dans le corps de Thomas... Expliqua-t-il d’un ton très sérieux.
Je vis soudain Seed me faire un sourire, assez affreux, qui ressemblait plutôt à une grimace. Ce n’est qu’à cet instant que je remarquais qu’il avait les yeux blancs, comme si il était en transe.
- Marguerite… Marguerite, la femme de Danglard ?
Elle me fit : « elle-même ». C’est vrai que la voix ressemblait à une voix de grand-mère. Si ça aurait pu être une blague, j’aurais éclaté de rire. Malheureusement, c’était très sérieux. Comprenant que la situation était sans doute grave, je me mis à écouter attentivement Rauru.
- Dès que tu es parti chercher Olivia, Seed a eu une sorte de malaise et il s’est réveillé au bout de deux minutes dans l’état où tu le vois... Et le fantôme de Marguerite a pris possession de son corps.
- Putain, mais on est en plein délire là, les fantômes ça existe pas !
- Ce n’est pas la première fois que je communique avec l’un d’entre eux. Affirma Joey, qui paraissait à peine troublé par ce qui était en train de se passer.
- Et j’en suis la preuve vivante jeune homme ! Reprit Marguerite dans le corps de Thomas.
J’observai M-I qui esquissa un sourire et prit la parole.
- Excusez-moi mais je trouve ça fort qu’un fantôme se dit être une preuve vivante. Plaisanta-t-il.
Je ne voulais pas rigoler parce que je ne voyais toujours pas où se trouvait le rapport avec Olivia.
- Je suis désolée si je vous ai fait peur, mais c’était le seul moyen pour moi de communiquer avec vous. J’ai choisi ce jeune homme car je l’ai déjà croisé auparavant au rez-de-chaussée et j’ai actionné un des passages secrets pour le sauver du pauvre garçon qui se prend pour le purificateur. C’est aussi le seul apte à ce que je puisse prendre possession de son corps et de son esprit.
- Mais il nous a jamais parlé de ça ! S’exclama Yann.
- En même temps, qui l’aurait cru ? Répondit Megasam.
- Bah... Moi je l’aurais cru. Rétorqua Imp.
- Mais venons-en aux faits... Mademoiselle, pourriez-vous nous montrer ce que vous avez dans les poches s’il vous plaît ? Reprit le fantôme.
- Quoi ?! Mais non, vous n’avez pas le droit ! Se défendit Olivia.
Rauru se montrait beaucoup moins patient qu’à l’ordinaire.
- Fais-le, ou je vérifierais moi-même !
Je me tenais prêt à intervenir, car je n’avais aucune confiance en ce spectre qui avait soi-disant sauvé Thomas, et j’étais persuadé qu’Olivia n’avait rien à se reprocher. Rauru et les autres s’étaient fait embobiner, et tout ça n’était qu’un piège de plus. Je pris dans ma poche le couteau que j’avais gardé sur moi par précaution.
Oli, hésitante, finit par accepter, et montra ce qu’elle avait sur elle. Je fus surpris et en même temps énervé quand elle montra un objet qui m’était familier. Elle venait de sortir... la clé. Je tâtonnais machinalement la poche de ma veste. Je ne la sentais plus. Et dans l’autre poche, elle ne s’y trouvait pas non plus.
- Ah la garce, elle m’a volé la clé, tout ça c’était juste pour me la prendre, tu vas me le payer très cher !
Je vis tout le monde s’interroger au moment où je prononçais les mots “tout ça”, Yann et Sam sourirent légèrement.
- Calme toi Simon, tu ne vas pas frapper une fille tout de même ? S’exclama Claire qui venait de reprendre ses esprits.
J’étais sur les nerfs, moi qui croyais qu’elle s’intéressait vraiment à moi. Elle avait juste joué avec mes sentiments, je n’avais plus de mots pour exprimer ma colère. Alors je lui arrachai l’objet tant convoité des mains.
- Alors tout ça, tout ça c’était que du vent ? Pour avoir cette putain de clé ? Tu es la complice de Sheik, hein ? Pourquoi ? Pourquoi...? Hurlais-je, les larmes aux yeux.
J’en avais plus rien à foutre de ce que les autres pouvaient s‘imaginer, de pleurer devant eux, de casser l’image de gros dur qu’ils avaient de moi, d’insensible. Non, là, j’aurais juste voulu être loin, très loin d’ici, le plus loin possible ce gîte qui m’avait gâché la vie une fois de plus.
Je la vis sursauter en me regardant tristement. Elle avait peur et c’était normal, elle allait payer, comme les deux autres.
- Non... Tu te trompes, Simon, il m’a obligé, il a dit qu’il tuerait Julien si je ne lui rapporterais pas la clé...
Alors elle commença à pleurer. Je me demandais à qui le “il” pouvait bien renvoyer. Seed se mit tout à coup à bouger, et toussota légèrement en guise de prise de parole.
- C’est là où je voulais en venir... Laissez moi vous expliquer. Votre amie s’est faite piéger par le propriétaire de cette maison...
- Un propriétaire ? Le propriétaire c’est pas celui qui loué le manoir à Linki ? Questionna Megasam.
- Non, en réalité, cette maison appartient à un certain Pendu, oui je sais c’est peut-être drôle pour vous mais ce gîte du Pendu appartient à François Pendu. Tout ce qu’il a pu vous dire mademoiselle n’est que pur mensonge. Cet homme a un don pour le mensonge, et c’est lui le responsable de tout ce massacre. Si il y a une personne à arrêter dans cette maison, ce n’est pas votre ami, mais bien lui !
Olivia avait cessé de pleurer et s’expliqua rapidement.
- C’est la vérité, je vous ai menti, je t’ai menti Simon. Monsieur Pendu existe bien, je l’ai rencontré, et il m’a forcé à te reprendre la clé ou bien il tuerait Julien, je n’avais pas le choix, je suis dés…
- Il fallait nous prévenir ! Nous aurions pu t’aider. Fis-je, toujours sur le coup de la colère.
- Tu ne sais pas de quoi il est capable... Répondit Olivia d’une voix pleine de tristesse.
Marguerite repris son discours.
- Ecoutez bien ce que j’ai à vous dire les enfants. Je ne compte plus les années que j’ai vécu ici... Pendu a forcé mon mari à faire des choses horribles, et c’est entre autres lui qui a loué cette maison à votre ami... Pendu est un manipulateur, ne l’écoutez pas, ne lui faîtes pas confiance, jamais.
- Malheureusement c’est trop tard… Si je ne lui rapporte pas cette clé dans l’heure qui suit, il a dit qu’il tuerait Sheik, alors je t’en prie Simon, rend moi cette clé et qu’on en finisse...
- Je ne crois pas que cela soit la bonne solution, mademoiselle Olivia, je vous l’ai dit, Pendu ne vous laissera jamais sortir d’ici, tout ce qu’il l’intéresse c’est de s’amuser, vous êtes des pions, comme je l’ai été autrefois...
Elle se tut, et un temps de silence s’installa. Mes paupières étaient lourdes, et en y réfléchissant à deux fois, je crois que j’étais en train de devenir complètement maboul. Je parlais avec un esprit qui avait pris le contrôle de Thomas. C’était contraire à tout ce en quoi je croyais, contraire à la réalité. De toute manière rien de ce qui se passait dans ce gîte ne semblait réel, c’était comme si nous étions dans une autre dimension.
- Alors on va attendre patiemment que le proprio nous assassine un par un ? Reprit M-I.
- Je n’ai pas dit ça... Continua Marguerite. Il existe un moyen de sortir de cette maison, par la porte d’entrée.
- Waouh, génial ! Fis-je ironiquement, et il faut être un fantôme pour l’avoir deviné ? Il y a juste un problème, nous on ne peut pas traverser les murs.
- Vous ne vous êtes pas encore demandé pourquoi Pendu voulait la clé ? C’est tout simplement votre moyen de sortir. Cette clé n’ouvre pas la porte d’entrée, mais une autre pièce de la maison : la réserve.
- La réserve... Sheik nous avait parlé d’une réserve juste avant de tuer Alex... Marmonna Hylia.
- Oui, c’est bien de cela qu’il s‘agit... Je m’y suis rendue de nombreuses fois et on y trouve tout un tas d’armes ainsi que de la dynamite. Poursuivit Marguerite.
En entendant ce mot, mes oreilles se mirent à palpiter. Exploser la porte, c’était ça l’idée. Rauru avait l’air d’avoir un problème.
- Attendez, il y a déjà eu une explosion dans cette pièce, et pourtant la pièce est restée intacte, alors excusez moi, mais je ne suis pas sûr que quelques bâtons de dynamite fassent l’affaire face à une porte !
Le m’sieur n’avait pas tort, l’explosion avait tué la moitié des invités, et n’avait pas ébranlé du tout la pièce.
Thomas sourit.
- J’ai étudié cette maison, et croyez moi, cette porte est plus vulnérable que vous le pensez, quelques charges bien placées et vous sortirez d’ici.
J’avais quand même un peu de mal à faire confiance à un fantôme, malgré tous les super-conseils que Thomas nous donnait.
- Alors si je suis bien votre raisonnement, on entre dans la réserve avec la clé, on prend la dynamite, on fait sauter la porte, et on pourra passer un Nouvel An devant Michel Drucker ? Résuma Samy.
Marguerite acquiesça mais je vis Megasam et les autres aussi perplexes que moi-même. Jusqu’à présent il faut reconnaître que la chance n’avait pas été de notre côté, tout ce que nous avions fait avait été contré par Cassoulet, Sheik et le soi-disant Pendu.
- Et où se trouve cette fameuse réserve ? Interrogea Claire.
- Au premier étage, il y a une…
Les tambours. Ils venaient de reprendre subitement. Je ne m’attendais pas à ce qu’ils interviennent à ce moment précis. Les musicos n’étaient certainement pas contents qu’on apprenne tant de choses intéressantes.
- Restez sur vos gardes, il arrive ! Ordonna Marguerite.
Le « il » faisait sans doute référence à Pendu. A ma gauche, Rauru pressait son flingue entre ses doigts. Saria était paniquée à l’idée de revoir le proprio, et Hylia la soutenait tant physiquement que psychologiquement. Yann était toujours isolé dans son coin, prêt à bondir au cas où. Megasam regardait partout, et Joey semblait tétanisé par les tambours. Sans doute cela lui rappelait quelques souvenirs traumatisants.
- Quelqu’un va mourir ! Murmura Imp.
Nous avions tous les yeux rivés sur la porte. Qu’allait-il entrer dans la pièce ? Encore un monstre, une créature voulant nous bouffer ? Nous allions bientôt le savoir.
- Je te jure que si ça tourne mal, la première balle elle est pour toi, Cass ! Affirma Rauru avec conviction.
Celui-ci était toujours dans les nuages.
Tout à coup, une brise légère se leva dans la pièce. Je ne sais pas d’où elle provenait, peut-être de la cheminée, mais les tambours continuèrent de plus belle. La brise devint vent. Les tambours se firent encore un peu plus entendre. Quelque chose allait arriver. Cela approchait. Puis la porte du salon s’ouvrit, dans un grincement lugubre.
Arnaud se mit à viser l’entrée, il semblait trembler, de peur ou de fatigue. Et puis soudain, je le vis tomber lourdement par terre à côté de moi. En me retournant, je compris ce qui venait de se passer. Tout avait été extrêmement vite. Le type à la hache s’était libéré je ne sais par quel moyen et avait porté un coup à la nuque à Rauru, et lui avait repris son arme. Je n’avais rien pu faire pour l’en empêcher, ni personne d’autre d’ailleurs. Il pointa le revolver sur moi, me fit un sourire macabre puis tira dans le tas. Le sang gicla. Thomas venait de s’écrouler, et avec lui Marguerite. Il avait pris une balle en pleine tête. Les tambours stoppèrent net, la porte du salon se referma dans un bruit sourd. Le prisonnier venait de reprendre le contrôle de la partie.
- Et maintenant, donne moi la clé, Scared. S’exclama-t-il d’une voix calme et machinale.
Je ne savais pas comment j’avais fait pour ne pas me prendre la balle. Je l’avais senti frôler mon visage, mais c’est Thomas qui se l’était prise. Personne n’osait bouger chez les ootiens. Nous étions tous sous le choc.
- Jamais ! Je préfère mourir plutôt que de te la donner espèce d’enfoiré ! Marmonnais-je en serrant les dents.
Il me visa à nouveau. Cette fois, j’allais y passer. Ma petite vie allait se terminer ici, dans ce manoir hanté. Je n’avais rien à dire, et le type à la hache allait appuyer sur la gâchette quand il hurla de douleur. Une main lui avait planté un couteau de cuisine dans la jambe. Ceci fit diversion et je sautai dans un vol plané derrière les canapés pour me mettre à l’abri. C’était Rauru qui s’était réveillé. Ce mec était un dieu, je ne sais pas comment il avait fait, il venait de me sauver la vie. Cass le remarqua immédiatement, il appuya sur la gâchette mais rata Arnaud de justesse, à cause de sa blessure qui lui avait fait perdre son sang froid. Il réarma le pistolet. Heureusement, Sam et Joey sautèrent très vite sur lui, tel des lutteurs. On était plus nombreux, mais c’était pas gagné pour autant. Je jetai un regard près de moi, et j’observai M-I terrorisé.
- Yann, prends la clé et va t’en ! Eloigne toi, ne te perd surtout pas, cache-toi et ne reviens sous aucun prétexte. Reste caché jusqu’à ce qu’on vienne te chercher. C’est bien compris ?
Il hésita, n’osant bouger de peur de se prendre une balle perdue.
- J’ai confiance en toi, Yann, tu peux le faire, allez maintenant vas-y, cours !
Je le regardai dans le blanc des yeux.
- Fais le, pour Super-G, pour Linki, c’était tes amis, c’est le moment de te venger.
A ces mots, il prit conscience qu’il devait le faire. Il me tendit sa main, et je lui glissai la clé dans la paume.
- Ne te retourne surtout pas !
Et il s’enfuit. Il nous quitta très rapidement, reclaquant la porte derrière lui. En me relevant, le spectacle que j’aperçus n’était pas brillant. Malgré trois hommes contre lui, le type à la hache avait su contrôler, Rauru déjà très affaibli, et Megasam. Imp luttait toujours. Arnaud m’avait sauvé la vie, je lui étais redevable. Je me précipitai sur Anthony. Je vis en un instant qu’il n’avait plus l’arme en sa possession. C’était déjà ça de gagner, par contre je ne savais pas où elle était. Joey était sérieusement amoché. Son visage était couvert de sang. Cass était sans doute devenu, grâce au père Pendu, une sorte de surhomme, cependant nous l’avions déjà battu une fois, donc nous pouvions recommencer. Je lui donnai un coup dans le pif, mais il semblait n’avoir rien senti. Il me rendit la monnaie de ma pièce, et je sentis le coup passer. Il avait visé la mâchoire, et j’avais l’impression d’avoir pris une enclume sur la gueule. Je me vengeai en voulant recommencer. Malheureusement il m’en empêcha, et me donna un coup de boule qui me sonna complètement. A ma droite, Joey était hors service. Cassoulet se releva et retira le couteau qu’il avait dans le mollet. Il le lança alors à l’autre bout de la pièce. Je le voyais devant moi, sérieusement amoché de tous les côtés, pourtant cette enflure tenait toujours debout. Il était aussi résistant que tout à l’heure, sauf que maintenant il rendait les coups, et deux fois plus fort. Si seulement ils m’avaient laissé lui trancher la gorge un peu plus tôt, on n’en serait pas là. Joey ne serait pas en sang, Thomas n’aurait pas la tête explosée, et les autres ne seraient pas sonnés. C’était nous ou lui. Mauvaise pioche.
Mais c’était pas fini, car Olivia continua l’attaque des ootiens en arrivant par derrière. Elle tenait à bout de bras la fameuse hache de Cass dans ses mains, et elle allait lui transpercer le dos. L’ancien prisonnier avait fait preuve jusque là de réflexes hors pair et il arriva une nouvelle fois à esquiver, puis à attraper le manche de l’objet tranchant. Elle ne faisait pas le poids contre lui, et il s’empara de sa fidèle arme. Le type à la hache renaquit sous mes yeux. La jeune femme courut à l’autre bout de la pièce rejoindre Hylia qui s’était mise dans le coin. Néanmoins, il ne s’en préoccupa pas, et se dirigea vers moi. C’est moi qui l’intéressais.
- Maintenant, vous allez tous rester calmes. Vous allez payer pour ne pas m’avoir donné la clé. Scaredsim va venir avec moi.
- T’es cinglé, je ne viendrais pas avec toi ! Tue moi ici ! Répondis-je.
- Qui a dit que j’allais te tuer ?
A ces mots il se mit à sourire, ça avait l’air de lui plaire qu’on échange les rôles. Je n’étais plus en mesure de faire quoi que ce soit, j’étais épuisé. Arnaud gisait sur le sol, peut-être mort. Quant à Samy et Joey, ils étaient toujours vivants, mais dans un sale état. J´eus une pensée pour M-I. C’était le seul qui pouvait encore espérer sortir d’ici.
- Je ne le répéterais pas, relève toi, et viens avec moi. Répéta-t-il machinalement.
- Tu nous tueras tous de toutes façons, alors non je ne bougerai pas !
Il devint subitement rouge. Je crois que je venais de le mettre en colère. Même si son expression ne changeait toujours pas, sa respiration se faisait plus ressentir, il était super furax, tel un taureau voulant détruire son torero. Soudain, il porta un énorme coup sur la grande table, qui se fendit en plusieurs morceaux.
- Très bien, tu l’auras voulu. Tu seras responsable de deux victimes innocentes.
Il s’approcha des deux filles. Oh non, il allait les assassiner sous mes yeux... J’essayai de me relever tant bien que mal, je pense que mon bras gauche était complètement brisé...
- Fuyez les filles, fuyez !
Elles n’eurent pas le temps, elles étaient dans un coin, et Anthos leur coupa la route. Claire et Olivia se mirent à hurler et à le supplier. Elles pleurèrent, elles ne pouvaient rien faire. Je ne pouvais pas laisser faire ça. Tel un fou, il continua sa perversion en les provoquant. Ce qu’il voulait, je le sais, il voulait me pousser à bout. Il voulait se venger des humiliations que je lui avais fait subir. Alors il se saisit de sa hache et la ramena en arrière pour donner plus d’ampleur à son coup, déterminé à en finir une fois pour toutes. Je ne pouvais pas les regarder mourir, je n’avais pas le choix.
- Stop ! Arrête ! Criai-je. Je vais venir avec toi... Laisse-les tranquilles.
Je me trouvais à présent debout, j’avais des difficultés à retrouver mes esprits, mais je le devais sinon il allait continuer son massacre. Je devais l’en empêcher à tout prix, quitte à me sacrifier.
- En route, passe devant.
Je regardais une dernière fois les filles, puis tous les autres, en espérant qu’il ne leur ferait pas de mal, puis me dirigeais vers la hall.
- Ne fais pas ça Simon ! Me supplia Olivia.
Je ne pouvais pas revenir sur ma décision. Le type à la hache me bouscula dehors, et me dit de prendre les escaliers. J’obéis et grimpais quelques marches.
- Où va-t-on ?
Je détestais me prendre des vents comme ça. J’étais arrivé au premier étage, et il était toujours derrière moi, me fixant pour voir si je n’essayais pas de ruser.
- Où va-t-on ?
Il me fit signe avec la tête de monter au deuxième. Qu’allait-il faire de moi ? Pendant un instant, je n’étais plus sûr de ma décision. Mais il était trop tard pour regretter.
- Qu’est-ce qu’il t’est arrivé Cass, pourquoi tu fais tout ça ? Pourquoi ?
Il me prit par le col, et me plaqua contre le mur, la lame de la hache sous la gorge, et me susurra à l’oreille
- Encore un mot, et je te tranche la tête... Direction le troisième étage.
Je me tus immédiatement, ne voulant pas l’énerver encore. Je me demandais vraiment ce qu’il attendait de moi. Il aurait pu me tuer à plusieurs reprises, et tuer mes camarades, mais il ne l’avait pas fait, il y avait bien une raison à cela. C’est là que je me souvins des paroles de la mère Danglard, qu’on était des pions, qu’on jouait avec nous. Et si c’était vrai ? Et si c’était juste pour ça qu’il nous avait laissé vivre ? Pour le plaisir de nous voir nous entre-tuer les uns les autres. Et puis quelque chose me tracassait plus que tout... Comment Anthony avait-il fait pour se détacher aussi facilement ? J’abandonnai mes pensées pour revenir à la réalité. Nous étions arrivés au dernier étage, et il me fit signer de ne plus bouger. Il déplaça alors un meuble, une sorte de vieille commode, puis il tâtonna sur le mur à la recherche de je ne sais quoi. J’entendis un bref clic, et le mur sur lequel je m’étais appuyé disparut comme par miracle. Ce que nous avait dit Marguerite se vérifiait encore une fois, ce manoir était certainement truffé de passages secrets.
- Avance !
Je n’y voyais rien, je ne savais pas où il m’emmenait. Je sentais que j’allais bientôt le découvrir car j’arrivais à une intersection, et au moment de tourner je remarquai un trait de lumière. Apparemment nous étions arrivés à une porte.
- Ouvre !
Je trouvais la poignée avec difficulté, et ouvris la porte. Dans les quelques secondes qui suivirent mon geste, j’eus des difficultés à voir où je me trouvais. Puis je me rendis compte que j’étais dans une sorte de petit appartement aménagé, du moins c’était une chambre. Je regardai rapidement la pièce. J´aperçus alors un vieillard tout à fait à ma droite dans une sorte de canapé.
- Ah, mais voilà le Père Noël... ! Entrez, je vous en prie.
Il prit un objet dans sa poche. C’était une montre gousset.
- Une heure et cinquante quatre minutes, vous êtes en retard !
Cass referma la porte par laquelle j’étais entré. Le vieillard continuait à parler tout seul.
- J’attends mon cadeau, voyons...
- Maître, il y a eu un problème. Ils ont été plus forts que je ne l’avais imaginé, et ils ont pris la clé. Expliqua Cassoulet de sa voix d’automate obéissant.
Celui qui se faisait appeler maître restait calme. Mais je sentais de la nervosité dans ses paroles.
- Bon, très bien, nous verrons cela plus tard. Veuillez nous laissez maintenant.
Anthos disparut par une porte que je n’avais pas remarquée. Je n’avais plus la pression de la hache derrière moi. Je fixais le vieux de la tête aux pieds. Il se leva de son fauteuil, prit sa canne posée non loin de là, et alla fermer un petit poste de télévision.
- Les émissions de Noël ne sont plus ce qu’elles étaient...
Il marqua un temps d’arrêt, et me regarda droit dans les yeux. Je ne me démontai pas, et lui montrai que je n’avais pas peur de lui. Pourtant, je sentais des frissons, à l’idée que l’homme qui se trouvait devant moi n’était autre que le responsable de toute cette soirée.
- Vous avez passé une bonne soirée ? Moi j’ai adoré la dinde, et puis ces petits marrons, ils étaient délicieux...
- C’est vous Pendu, n’est-ce pas ?
- Oui, c’est bien moi, très flatté d’être reconnu par un jeune homme aussi brillant que vous... Répondit-il en souriant.
- Ne jouez pas ce petit jeu avec moi, vous avez eu Cass, Sheik et Saria, mais moi vous ne m’aurez pas ! Affirmais-je en le regardant droit dans les yeux.
Il sourit à nouveau.
- Vous ne voulez pas vous asseoi…
- Non !
- Ne soyez pas si agressif jeune homme, je ne vous veux aucun mal. Vous savez, j’en ai connu du monde dans cette maison, des gens de tout bord, des riches, des pauvres, des gens du Nord et du Sud de la France, j’ai même eu le privilège d’avoir un couple d’américains, et croyez-moi ils ont le sang chaud. Mais vous êtes la première personne qui m’impressionne. Je vous ai observé tout au long de cette soirée…
- Observé ?
- Vous pensiez réellement que cette télévision est branchée sur le réseau hertzien ?
Je ne répondis pas. Je ne comprenais pas pourquoi il me racontait toutes ces salades.
- Je disais donc que durant ce réveillon, je vous ai observé attentivement, et vous m’avez fortement impressionné. J’étais très proche de vous à mon adolescence. Vous avez l’air d’un loubard à première vue, mais en dessous de votre carapace se cache un cœur tendre, capable de faire don d’amitié et de solidarité. Vous savez aussi vous montrez dur quand il le faut. Sincèrement, vous m’êtes très agréable
- Désolé d’avoir laissé mes remerciements dans la voiture. Et maintenant, si vous me disiez pourquoi vous m’avez fait venir ici ?
- J’aime cela, toujours droit au but. Avec des gens comme vous, on ne perdrait pas de temps à se congratuler pendant dix minutes avant de demander quelque chose.
Il fit à nouveau une pause.
- Vous savez comment fonctionnent les gîtes ? Il faut faire du nettoyage avant de recevoir les nouveaux habitants, changer les draps de lits, récurer la salle de bain, j’en passe et des meilleures.
- J’ai une gueule de Monsieur Propre ?
- Très drôle, elle est très bonne celle là. Plus sérieusement, j’aimerais que vous me rendiez un petit service. En fait, j’ai besoin de vous pour un travail que seul vous pouvez faire.
- Je ne travaille pas les jours fériés monsieur. Répondis-je toujours au tac-au-tac, sans me laisser démonter.
Il éclata de rire, puis son sourire s´effaça complètement tandis qu’il reprit.
- Je vous demande de tuer vos camarades. Ensuite, vous brûlerez les corps dans la cheminée.
Je laissai échapper un hoquet de surprise, puis ripostai.
- Vous n’avez pas besoin de moi pour faire ce travail, je crois que votre bûcheron peut s’en charger !
- J’insiste.
Pendu maniait son dialogue avec brio. Il savait rire et être sérieux quand il le fallait. Un merveilleux homme d’affaires. Il aurait certainement fait une bonne carrière dans le commerce. Mais ça ne marchait pas avec moi, j’étais pas du genre à me faire embobiner comme ça.
- Je refuse.
- Je m’attendais à cette réponse. Vous souvenez-vous de la lumière jaune qui vous a entouré tout à l’heure ?
- Quand j’ai tenté d’ouvrir la porte ? Oui, bien sûr que je m’en souviens.
- Ceci est l’œuvre de la maison. Elle vous a choisi, vous êtes l’Elu, mon garçon.
- L’Elu ? Appelez moi comme vous voulez ça m’est égal.
- L’Elu a pour mission de tuer ses colocataires et d’en trouver des nouveaux. Si il le fait, il est libre de quitter la maison.
- Ça n’a pas de sens, votre histoire. La maison ne peut pas choisir elle-même. C’est vous qui avez fait ça !
- C’est là où vous vous trompez. Je pensais que votre amie vous aurait raconté ce que je lui ai expliqué. Cette maison est vivante ! Le gîte du Pendu a sa propre volonté, je ne suis pour rien dans ses choix. C’est lui qui décide de qui doit mourir et qui doit vivre. Je ne suis qu’un modeste intermédiaire, vous savez...
- Vous n’êtes qu’un vieux sénile Pendu ! Marguerite m’avait prévenu de ne pas vous faire confiance !
- Ah cette bonne madame Danglard, vous devriez remettre son jugement en cause. C’est un spectre, ne l’oubliez pas. Tout ce qu’elle veut, c’est ma perte, pour pouvoir partir d’ici. Mais vous, vous n’avez aucun moyen de sortir. Ce qu’elle vous a dit n’est que pur mensonge. Et réfléchissez, pourquoi est-ce qu´elle voudrait vous aider ? Tout cela n’a pas de sens. Elle s’est simplement opposée à moi, elle en a payé le prix.
- Vous l’avez tuée, c’est ça ?
- Je ne suis pas un meurtrier monsieur Simon. Sachez que Mr.Danglard a lui aussi été un Elu à son époque. Il a d’abord refusé tout comme vous l’offre qui lui était proposé, et il s’est ravisé… Il a tué sa femme, car il a compris que c’était le seul moyen pour lui de sortir d’ici vivant. Le seul moyen...
- Vous êtes cinglé !
- Je vous donne l’occasion de quitter cette maison... Tuez vos amis ou vous mourrez avec eux !
Bonne lecture à tous, merci de mettre vos commentaires, et bravo à Linki ![]()
J´y crois pas!
Tellement j´y crois pas j´peux pas lire! ![]()
Et puis j´suis sûr que vous avez cherché à intégrer une phrase du genre "je suis mon propre maître!"...
Chiche ![]()
Choche ![]()
C´est génial ![]()
Scared a de la chance
à part le fait que je ne me reconnais toujours pas dans mon personnage, mais ça j´ai appris à m´en foutre
C´est super ![]()
YEAR M-I
Merci, bah M-I c´est M-I, moitié homme moitié robot
bon ![]()
Ha au fait, Scared il avait putain de raison d´y aller au poignard ! J´comprends pas pourquoi tout le monde s´est montré rétissent ! ![]()
Génial. Vivement la suite.
La suite dans...Linki écris là ![]()
sinon moi, j´pense que réellement, dans ce genre de situation *essaye de s´imaginer...* j´crois que je serais bien un vrai connard à ne penser qu´à ma peau. J´irais pas jusqu´à tuer les autres pour sortir, lol, mais j´pourrais bien abandonner un pote comme ça
enfin bon, c´est difficile de s´imaginer ![]()
et vous, comment vous imaginez vous dans une situation pareil ? ![]()
Moi déjà j´serais mort comme dans N-I
Et j´serais solidaire envers les autres ^^