Le lendemain en me réveillant, je remarquai que mes vêtements étaient encore humides. Ils n’avaient pas trop séchés, puisque la nuit avait été fraîche. C’était, en effet, une des chose que j’avais remarquée depuis je j’avais quitté le désert. Étant habitué aux fortes chaleurs, les plaines verdoyantes qu’était mon nouvel environnement n’offraient pas la même sensation à ma peau qui était durant la nuit parcouru par de légers frissons. En quelque sorte, j’avais hâte de trouver un peu de civilisation où je pourrais dormir dans un lit. Je n’avais pas vraiment d’argent pour m’offrir ce luxe, néanmoins j’étais prête à travailler ou sinon à voler.
J’étais certaine de pouvoir arriver, avant la nuit à Ellurie ou tout au moins à un village qui devait l’entourer. C’est pour cela que je pris le temps de manger un bon petit déjeuner. Le désert offrait peut-être chaleur, mais il n’offrait pas beaucoup de nourriture; tandis que proche de ce boisé, il y avait pleins de noix et de petits fruits qui me fourniraient un bon repas. Je ramassai, donc, plusieurs fraises et framboise des bois, ainsi que quelques noisettes que je cassai avec une pierre affilée pour en extraire le centre goûteux. Je pus même, à l’aide de ma fronde, tuer une petite perdrix que je déplumai et cuit dans les braises de mon feu. Ce fut un des plus succulents repas que je pris, depuis que j’avais quitté mon clan. Bien entendu, je partageai mon repas avec le primate qui ne m’avait pas quitté. Il m’avait même aidé à cueillir des noix en allant chercher ceux accroché sur les plus hautes branches des arbres.
Je repris la route vers la fin de l’avant-midi. Tout en marchant dans le bois, je me demandais si je ne devais pas donner un nom au petit singe, puisque celui-ci semblait vouloir rester avec moi. Innocemment, je me demandai s’il n’avait déjà pas un nom.
« - Dis-moi petit singe comment aimerais-tu que je t’appelle? »
À ma grande surprise, celui-ci sembla m’écouter et comme réponse il sorti de la poche intérieure de sa veste une petite carte. Je la pris et la regardai longuement.
« - Pourquoi me donnes-tu ça? »
Avec son doigt minuscule, il pointa un mot qui était écrit plus gros que les autres. Je n’avais jamais vraiment appris à lire et à écrit; je connaissais quelques mots et je ne savais qu’écrire mon nom. Fessant un grand effort, j’essayai de lire à haute voix le mot que le singe me pointait.
« - Amdo . »
Ce ne devait pas être ce qui était écrit, puisqu’il me donna un coup sur la tête.
« - Depuis quand les singes savent lire? Dise-je un peu gêné qu’un animal sache lire et pas moi. Bon, pour te faire plaisir, je vais réessayer… Amado. »
Et encore un coup sur la tête!
« - Mais arrête, tu me fais mal, sale animal. Okay, je réessaye mais c’est la dernière fois et frappe moi plus, c’est compris, m’exclamai-je. A… ma…deo, Amadeo, voilà! »
Mais cette fois-ci je ne reçu aucun coup. Soit il avait eu peur de moi et n’avais pas recommencer, soit c’était le bon mot. Pourquoi m’avoir donner ce bout de papier et vouloir absolument que je le lise? Il me l’avait donné après que j’aille parler de lui donner un nom. Était-ce son nom? Si oui, comment un singe puisse-t-il écrire une carte de visite. Peut-être qu’il l’avait volé ou que la réponse était écrite dans les petits caractères sous le nom, mais je ne pensais pas être capable de les déchiffrer.
« - Bon, je sais pas si Amadeo c’est ton nom, mais comme tu sembles tenir à ce que je le sache, je t’appellerai désormais ainsi. »
Elle est vraiment étrange cette bête. Tous d’abord, elle porte des vêtements, elle a un nom et elle sait lire. Je lui remis le bout de papier qu’il s’empressa de ranger dans la poche de sa veste.
La forêt, dans lequel je me trouvais, se composait majoritairement de feuillus, je croisais quelques fois un sapin ou une épinette. Cependant, ce n’était pas une forêt très fournie, il y avait plus de buissons que d’arbres. C’est ainsi que je pu apercevoir de loin la fin des bois. Contournant le dernier buisson, j’atterrie dans un champs de mais jaune. Je devais me trouver sur la terre d’une petite ferme. J’apercevais non loin une cabane en bois rond et une vieille grange. Je décidai d’aller voir les gens qui devaient habiter la maisonnette pour leur demander des indications pour aller à Ellurie; j’avais un peu perdu mon chemin en passant par le boisé.
Arrivé sur le balcon, je cognai à la porte. Un vieil homme aux cheveux blanc m’ouvrit. Il était vêtu d’une chemise bleue ainsi que d’une ample salopette. C’étais le premier homme que je voyais, pourtant cela ne m’impressionna guère.
« - Bonjour, petite, quel bon vent t’amène dans ma modeste demeure, me dit-il d’un ton amical.
- Bonjour, Monsieur! Désolé de vous déranger, mais j’aimerais avoir quelques renseignements sur la direction à prendre pour aller à Ellurie.
- Bof, Ellurie tu dis? C’est pas bien loin. En quelques heures, tu devrais y être. Suffit que tu ailles vers l’ouest en suivant le sentier qui est derrière la grange, m’explicat-il.
- Merci, Monsieur, lui dis-je avec un grand sourire.
- Tu viens de où comme ça et c’est qui ce petit singe là?
- Du désert, dis-je fièrement. Et lui c’est Amadeo! »
Aussitôt que j’eu prononcé son nom, il ôta sa casquette et salua bien bas.
« - Wow, il est bien apprivoisé cette animal. Alors tu viens du désert, c’est drôlement loin. Qu’est-ce qui t’amène à Ellurie?
- Et bien, je voudrai trouver du travail.
- Ça tombe bien, je cherche justement quelqu’un pour s’occuper de mes animaux. Depuis que le gars qui m’aidait s’est marié, je suis tout seul pour tout faire et avec mon âge c’est plus aussi facile. Ça te dirais pas de m’aider? Tu sembles douée avec les animaux. Bien sur, je te payerai et nourrirai, et si tu veux tu pourras dormir dans la grange.
- Hum… laissez moi réfléchir quelques instants. »
L’idée était tentante. Avec ce petit boulot, je pourrais économiser un peu d’argent. De plus, j’apprendrai sûrement pleins d’autres trucs sur les animaux.
« - C’est d’accord, j’accepte votre offre, mais quel sera mon salaire?
- Parfait! Pour le salaire, disons que 20 rubis par jour… moins le logis et le couvert… ça te fera 10 rubis par jour. C’est bon!
- Ça ira!
- Dans ce cas je te donne ces couvertures et cet oreiller, tu peux aller t’installer dans la grange. À l’intérieur, tu devrais trouver une échelle au fond qui te mènera à un deuxième étage.
- Okay!
- Et voici ton souper, une soupe aux légumes et un sandwich au poulet. Je t’attends demain à 6h pour te montrer quel sera ton travail exactement. Et ne sois pas en retard!
- C’est bon merci et à demain, m’exclamai-je! »
Je pris le tout et parti en direction de la grange. Ça ne me disait pas trop de dormir avec les animaux, mais ce n’était pas pire que de dormir dehors.
Je trouvai sans difficulté l’échelle dont il me parlait et montai au deuxième étage. C’était une grande plateforme qui surplombait la grange. Au fond, derrière plusieurs caisses, je trouvai un matelas de paille avec une lampe déposer sur une petite boite. J’allumai la lampe et installer les couvertures et l’oreiller sur le matelas. Comparé au nuit que j’avais passé a dormir sur le sol même, ce lit était du luxe. Je mangeai la soupe et le sandwich que je partageai avec Amadeo. Le fait de savoir le nom de ce petit singe, me donnait l’impression de le connaître davantage. En parlant de nom, ça me fait penser que je ne sais même pas celui du vieil homme. Je lui demanderai demain; pour l’instant je vais me coucher, il faut que je me repose si je veux être en forme pour demain.