Chapitre 34 : L’acte téméraire
Durant les jours qui suivirent, Hyrule n’eut aucun signe de vie d’Alicia, ni des Ténors. Aucun signe alors que beaucoup de soldats, de chaque race, étaient à la recherche de Mélodie, qui avait elle aussi disparue depuis plusieurs jours. Alan n’avait rien répété de ce qu’il savait, et participait du coup lui même à la fouille complète d’Hyrule. Le Roi lui avait demandé de faire équipe avec Andréa, le propriétaire du Ranch, qui était mal vu depuis le retour de Malon.
- Je vous le répète mon Roi, il ne fait aucun doute que Mélodie ait été enlevée par les gerudos, il nous faut aller directement dans leur vallée, voire dans leur forteresse si nous voulons avoir une chance de la délivrer.
- C’est impossible, Andréa, répondit Alan d’un ton las. Si Alicia était l’auteur de cet enlèvement, elle nous l’aurait fait savoir ! Et puis je te rappelle que nous ne pouvons faire la guerre à ces gerudos pour le moment … Les Ténors nous donnent suffisamment de mal.
- Alors, allons-nous laisser mourir cette pauvre Mélodie ?
- Si elle n’est pas déjà morte, répliqua le prince d’un air stoïque. Nous ferons notre possible.
- Nous rendre dans la vallée, c’est dans nos possibilités, il me semble.
- Tu as raison, seulement le problème, c’est que la dernière fois que j’y suis allé, je ne suis pas revenu.
- Et pourtant vous êtes là ! Enfin, sauf votre respect mon Prince, je ne peux me résoudre à laisser cette pauvre enfant aux mains de ces barbares ! Je vais de ce pas dans la forteresse … et qu’importe si j’y perd la vie, il vaut mieux mourir que vivre dans la peur !
- Andréa non ! Je vous ordonne de rester ! s’écria Alan, interloqué par ce geste aussi fou que courageux.
Mais le propriétaire du Ranch était déjà parti au galop. Le prince, ne pouvant le laisser se jeter aux mains des ennemies, le poursuivit.
- Andréa, ne soyez pas si téméraire, nous ne pouvons pas aller dans cette vallée, c’est du suicide et je sais de quoi je parle !
Cependant le cheval d’Andréa continuait de galoper à vive allure si bien qu’ils se trouvaient déjà tout près de la vallée, plus aucun autre soldat n’était à l’horizon.
- Andréa, je vous en pris, revenez ! hurla Alan sans cesser sa poursuite vaine.
Désormais, ils étaient entrés dans la vallée, et se trouvaient précisément au point où Alan avait été vaincu. La peur au ventre, Alan continuait sa route.
- Andréa, vous êtes insensé ! La dernière fois que je suis venu, j’ai été tué alors que vingt preux chevaliers m’entouraient.
Ses paroles n’étaient pas écoutées, car Andréa traversait déjà le pont, et n’était plus qu’à deux cent mètres de la forteresse. A ce moment, Alan entendit l’alarme des gerudos se déclencher ! A ce moment, le poursuivant comprit qu’il lui était désormais impossible de revenir en arrière. Il lui fallait tenter le tout pour le tout.
Les deux chevaliers, côte à côte, se trouvaient maintenant au centre de la forteresse. Une véritable armée les entourait déjà, des arcs bandés aux mains.
- Voilà bien une visite audacieuse, mon jeune prince ! s’exclama la voix d’Alicia. Apparemment, notre dernière rencontre ne t’a pas rendu heureux ?
Alan reprenait son souffle, un peu dépassé par la suite des évènements.
- Nous ne venons pas nous battre, Alicia, précisa t’il. Nous sommes venus te demander si tu savais où se trouvait Mélodie.
- Mon jeune prince, je crois que tu te trompes de personne. Peut être que le Fléau est plus au courrant que moi.
- Le Fléau ? demanda Alan.
- Oui, c’est comme ça qu’on l’appelle. Il s’agit du fils aîné du Dieu de la discorde … C’est lui qui avait aidé Tania, ou Mélodie, à détenir autant de puissance.
- Où peut-on le trouver ?
- Pourquoi te répondre ? de toute façon tu vas mourir !
- Je veux retrouver Mélodie, même si je sais qu’elle est responsable de bien des malheurs sur cette terre.
- Il se peut que je t’aide, en effet.
- Je t’écoute, répondit le prince méfiant.
- Je t’aiderai, si toi aussi tu m’offres tes services prince.
- Je m’en doutais … Et quels genre de service ?
- J’ai en fait trois missions à te confier, Alan.
Mais le prince ne demanda pas lesquelles, il se doutait qu’Alicia espérait l’utiliser pour nuire à Hyrule, et il n’était pas sûr que Tania méritait cette prise de risque.
- Il n’est pas question que je complote avec l’ennemi de mon propre royaume Alicia.
- Soit, je comprend. Mais si tu changes d’avis, tu sais où nous trouver !
Alan fut surpris par cette réponse, il s’attendait plutôt à être massacré, comme la dernière fois. Alors lentement, il fit signe à Andréa de le suivre, et fit demi tour, calmement.
Quelques secondes plus tard, Andréa lui emboîta le pas, juste après avoir lancé un sourire vainqueur à la chef des gerudos …
Voilà, qu´en pensez vous tous les deux ?