Chapitre 31 : Un amour épouvantable
Même s’il restait très perplexe après cette nouvelle rencontre, Alan dû tout de même rentrer au château, en espérant y retrouver la femme de sa vie, qu’il détestait plus que n’importe qui dans ce monde. Il ignorait comment Mélodie s’était arrangée pour échapper à sa fureur, il se demandait s’il allait retrouver cette femme aux multiples identités dans son palais, et sous quelle apparence.
Une journée rude, dans laquelle Alan avait retrouvé le cadavre de sa plus vieille amie, et dans laquelle il avait réalisé la tromperie de la femme qu’il aimait …
- Le corps de Saria a été placé dans la salle du trône, Alan, s’écria Link dès qu’il rencontra son ami.
Sa voix était forte et ne laissait apparaître aucune émotion, mais son regard fuyant laissait comprendre à quel point ce décès l’avait perturbé.
- Mélodie n’avait pas disparue, elle est revenue après s’être simplement promenée dans la plaine, ajouta t’il. Il me semble qu’elle est en haut.
Alan ne dit rien. Alan ne ressentait rien. Son esprit était comme mort.
- Peut être que tu devrais aller lui annoncer toi-même la mort de Saria ?
Alan ne répondit pas. Il se dirigea vers la sortie …
- Te voilà déjà, lui dit Mélodie dès qu’il ouvrit la porte.
Alan la regarda dans les yeux. Son esprit lui revint, mais la revoir lui arracha tant le cœur qu’il ressentit de la joie.
- Marcel t’a donc protégé toi aussi ? reprit-elle.
- Qui est ce Marcel ?
- Je ne sais pas, personne sur cette terre ne le sait.
- Comment le connais-tu ?
Mélodie ne répondit rien.
La rage ! Tel était maintenant le sentiment ressentit par Alan.
- Comment la femme aux cheveux blancs a t’elle rencontré cet homme ?
- La femme aux cheveux blancs n’a jamais rencontré Marcel …
- Alors d’où le connais-tu ?
- Je l’ai rencontré aujourd’hui. J’avais entendu parler de lui. Je n’ai jamais su qui il était.
- Qui est-il ? Qui t’a parlé de lui ?
- Les morts !
Silence. Lourd et froid. La Tristesse coulait des yeux du prince.
- Comment ? Comment as-tu pu me duper ?
- La Haine, Alan, la Haine … Une haine profonde, qui malheureusement s’est heurtée à un Amour si grand …
- Que dis-tu ? rugit-il d’une voix impatiente et lasse.
- Je dis, hurla t’elle. Je dis que lorsque le sentiment haineux se mêle à l’amoureux, alors cela mène l’idiot sensible à une double trahison !
Ces paroles mystérieuses étaient de trop pour Alan qui se mit à crier :
- Qu’est-ce que la haine ? Qu’est-ce que l’amour ? Quelle est cette DOUBLE trahison dont tu oses me faire confidence ? Je te parle moi de manipulation, de jeu avec les sentiments, de la mort d’un sage et enfant d’hyrule, du décès de mon père qui t’est dû ! Je te parle d’un royaume et de l’Humanité, je n’ai aucune envie de jouer aux devinettes ! Alors passe-moi de tes énigmes et justifies toi une bonne fois pour toutes devant les Dieux ! T-a-n-i-a !
A nouveau le silence occupa la pièce. Le Silence hostile, l’opposé du Calme et le frère de la Rage.
- Je suis la femme aux cheveux blancs. La gerudo autrefois oubliée, qui a voulu se venger. La gerudo qui a ressuscité le seigneur du Malin. Celle qui voulait devenir l’impératrice d’hyrule et mener cette terre dans le néant … Cette gerudo qui a fuit et qui s’est réfugiée chez les Ténors, ennemis des Zoras et donc d’Hyrule … Cette gerudo qui voulait les aider à vaincre Hyrule.
- Tu n’es qu’une chienne ! s’écria t’il.
Alan saisit un poignard qu’il portait sur lui, et tenta de mettre fin aux jours de sa bien aimée.
- Je t’aime ! lui hurla t’elle.
Le bras du prince s’immobilisa, peut être malgré lui.
- C’est pour ça que tu m’as vu affronter Alicia aujourd’hui, elle est en train de prendre le pouvoir que j’ai perdu. C’est aussi pour ça … c’est aussi pour toi que j’ai tué le Roi des Ténors, ils ne sont que des ennemis à présent. Je suis déchiré entre la haine que je ressens pour Hyrule, et l’amour que je ressens pour le Prince de ce royaume.
La main d’Alan jeta le couteau par une fenêtre. A nouveau, un silence pesait dans la pièce. Alan regardait cette Mélodie, et repartit, en la laissant seule …