Chapitre 30 : L’arc, la main, l’épée et les cheveux
Alicia avançait en direction de Mélodie dont le corps, libérant son sang, gisait toujours à quelques mètres d’Alan.
- Il est temps pour toi, Nina, de payer de ton sang ta trahison !
Alicia se trouvait déjà à côté du corps de « l’orpheline ».
- Je vais me charger moi même de la libération de mon Ganondorf, lança t’ elle.
Alan était là, incapable de prendre la décision d’agir, hésitant entre laisser vivre celle qu’il a juré de tuer pendant des années, ou bien laisser mourir la femme de sa vie sous ses yeux …
Alicia saisit l’épée d’Hàrmas et la fit tournoyer au dessus de Mélodie.
« Qu’attends-tu, Prince d’Hyrule et Sage de l’esprit ? » lança brutalement une voix dans la tête d’Alan. « Même si Mélodie n’est que le masque de Tania, ne veux-tu pas être toi même le porteur de l’épée qui lui retirera la vie ? »
Aussitôt, Alan se releva d’un bond. La gerudo, trop surprise, lâcha l’épée qui, dans sa chute, allait percer le corps de Mélodie. D’instinct, Alan leva sa main gauche et l’épée s’envola à une dizaine de mètres d’eux. Alicia, reprenant ses esprits, se mit à sourire et reprit la parole :
- Alors les rumeurs sont vrais, la prince Alan a su vaincre la mort. Un exploit. Un remarquable exploit. Sont-ce les Dieux qui t’ont juger nécessaire à la cette terre ? Sont-ce les Dieux qui ont décider de sauver la planète avec un être qui, dès son retour à Hyrule, s’empressera d’épargner la vie de celle qui a fait souffrir ce monde ?
Alan ne répondit pas immédiatement, étonné par ce qu’il venait d’accomplir, étonné du fait qu’il avait le pouvoir de maîtriser la télékinésie. Puis, il répondit assurément à la gerudo.
- Cesse de parler, immonde femme ! Je refuse de voir la vie de celle que j’aime se faire arracher par une autre de mes ennemis !
Alan leva une nouvelle fois sa main gauche, Alicia s’éleva légèrement du sol et réatterrit trois petits mètres derrière …
- Tes petits pouvoirs ne la sauveront pas, lança t’elle d’un ton sarcastique. Mon petit prince, je doute que cette fois ci, tu ne puisses retrouver les tiens !
La gerudo accourut jusque la légendaire épée, Alan, dans un dernier espoir, leva une nouvelle fois sa main gauche, Alicia décolla légèrement du sol mais réussit tout de même à saisir Hàrmas. Aussitôt, la gerudo retomba sur le sol.
- Ton pouvoir est grand ! s’exclama t’elle. Dommage que tu n’aies plus le temps d’apprendre à ne mieux ne l’utiliser.
Alicia brandit Hàrmas en même temps que le prince utilisa sa main gauche une nouvelle fois. Les deux adversaires reculèrent sans le vouloir puis, peu à peu, Hàrmas et sa porteuse prirent le dessus, Alan s’envola de quelques mètres au dessus du sol.
- Que cela cesse ! hurla une voix.
Alicia sursauta et le prince chuta lentement jusqu’à la terre ferme.
Une silhouette blonde se tenait au sommet d’un rocher, un arc à la main !
« Link ! » pensa fortement Alan.
- Qui es-tu ? Comment peux-tu te donner le droit d’interrompre cet assassinat.
- Un homme qui vient aider le prince à sauver celle qu’il adore.
L’archer bondit de son rocher et atterrit gracieusement entre les deux adversaires … Ce n’était pas Link !
Alicia fit un énorme bond en arrière en découvrant le visage du mystérieux personnage !
- Marcel ! s’écria t’elle.
- Silence ! hurla t’il.
Alan ne comprenait plus. Qui était cet étranger, connu d’Alicia, mais qui semblait tout de même être un allié ?
- Peu m’importe ta venue ici, déclara Alicia. Ta puissance ne m’impressionne plus le moins du monde, Hàrmas pourra sans difficulté la corrompre.
- En es-tu bien sûre ?
A la vitesse d’un éclair, l’archer décocha une flèche sur la main dans laquelle la gerudo tenait l’épée. Sous l’effet de la douleur, Hàrmas tomba. Alicia, la main en sang, regarda le tireur : alors, le ciel sembla s’assombrir, la terreur se dessina très vite sur le visage de la gerudo. Alan ignorait ce qu’il se passait et pourtant, la scène lui faisait froid dans le dos, et il avait presque pitié de cette pauvre Alicia. Soudain, le ciel retrouva sa clarté et Alicia, releva doucement la tête.
- Va t’en d’ici ! lui ordonna l’archer.
Alicia récupéra rapidement l’épée, et fuya au plus vite.
Lentement, l’archer se tourna vers le prince.
- D’où venez-vous ? demanda Alan, paraissant sur de lui.
- Peu cela t’importe.
- Je veux savoir le nom de celui qui m’a aidé !
- Mon nom est Marcel, comme cette femme te l’a fait entendre.
- Mais je veux savoir qui vous êtes !
- Je viens de te le dire, mon nom est Marcel, comme cette femme te l’a laissé entendre.
- Ce n’est pas ce que je demandais.
- Je sais.
- Alors ?
- Rentre chez toi mon garçon. Ne t’en fais pas pour Mélodie. Elle est en sécurité.
Alan chercha où se trouvait la femme aux cheveux blancs : elle avait disparue !
- Où est-elle ? hurla t’il.
- Serais-tu sourd ? je t’ai dit qu’elle était en sécurité !
- Je sais cela ! s’énerva t’il. Mais ce n’est pas ce que je veux savoir.
- Je sais.
- Dites moi donc !
- Adieu, prince d’Hyrule.
L’archer se mit à courir, Alan le poursuivit, mais l’homme était bien trop leste et rapide pour lui et bientôt, il ne le vit plus.