Chapitre 8
Granodorf regarda la créature avec un regard totalement creux.
Granodorf : Mais c’est quoi ce merdier ? Ca ne veut rien dire tout ça.
Zelda : Arrête de t’agiter et réfléchi un peu. ‘‘Je suis le nid de rivière de la femme de feu’’ ça, à mon avis, c’est l’énigme en entière. Et après, lorsqu’il parle du premier et du second, il parle du nid de rivière d’un côté et de la femme de feu. Maintenant, que peut être le nid de rivière ?
Granodorf : Ben, il y a bien des oiseaux dans les rivières et ils font des nids. Et la femme de feu, c’est une femme en train de brûler qui se jette dans la rivière pour s’éteindre et qui tombe sur le nid.
Zelda : Mais arrête de partir dans tes délires toi, c’est beaucoup plus fin que ça. Non, le nid de rivière, c’est une expression. Si c’est lui le premier, il garde un précieux trésor et il contient ce par quoi tout à commencé. Et le second, la femme de feu, il se lamente sur son sort et apparaît après une fin non désirée. Femme de feu ? Femme de feu ? Où est-ce que tu as déjà entendu parler d’une femme de feu ?
Granodorf : Comme par exemple, femme de feu le Roi d’Hyrule ?
Zelda : Mais oui, c’est ça, tu es un génie ?
Granodorf : Qui moi ?
Zelda : Mais oui, ‘‘feu’’, c’est aussi ainsi que l’on appelle une personne décédée. On dit : feu Tartampion qui nous a quitté etc… Et donc la femme de feu, c’est la femme de quelqu’un que l’on appelle ‘‘feu’’, et donc…
Granodorf : De quelqu’un qui est mort. Oui, car la femme de feu apparaît après une fin non désirée.
Zelda : Oui, et elle se lamente sur son sort. Grano, la femme de feu, c’est une veuve.
Granodorf : Ben ça alors, c’est aller chercher loin ce truc.
Zelda : Et le premier, le nid de rivière ?
Granodorf : Il contient ce par quoi tout a commencé ?!
Zelda : Il peut contenir. Il ne contient pas forcément ça. Mais par quoi tout à commencé ?
Granodorf : Si la mort du mari est la fin non désirée, alors le début c’est…
Zelda : Le mariage !
Granodorf : Mais quel rapport entre le nid de rivière et le mariage ?
Zelda : Je ne sais pas, d’autant plus que le mariage ne garde pas un précieux trésor. Réfléchi, dans quoi garderais-tu un précieux trésor ?
Granodorf : Dans un coffre-fort.
Zelda : Mais oui, c’est ça, dans un mariage, les mariés gardent leurs précieux trésors. Ce sont leurs alliances. Et qu’est-ce qui garde les alliances ?
Granodorf : La boîte.
Zelda : Oui, l’écrin. Le nid de rivière, c’est l’écrin, comme l’expression le dit : une rivière de diamant. Une rivière. Et quel est le ‘‘nid de cette rivière’’ ?
Granodorf : Mais, oui, l’écrin dans lequel on met les diamants.
Zelda : Tu vois que tu n’es pas si bête que ça après tout.
Granodorf : Mais ça me paraît quand même un peu tiré par les cheveux comme explication ça quand même.
Zelda : Ben au pire, si c’est pas la bonne réponse, on pourra toujours se battre contre lui.
Granodorf : Ouais, ben vas-y alors propose lui tes réponses.
Zelda s’approcha de la créature.
La créature : Alors chers mortels,
Vous êtes-vous assez creusé la cervelle ?
Avez-vous trouvé mes réponses ?
Où dans vos cœurs il faut que mes griffes j’enfonce ?
Zelda : Je pense que nous avons trouvé.
La créature : Le doute est une faiblesse qui doit être annihilée,
Vide-la de ton esprit et fait apparaître une certitude innée.
Zelda : ‘‘Le nid de rivière de la femme de feu’’, c’est ‘‘l’écrin de la veuve’’
La créature longtemps ne bougea pas, puis, après un moment certain, elle se leva, se dressa sur ses pattes et se pencha en avant, prête à bondir.
La créature : Mille guerriers par là sont passés,
Mille fois cette question fut posée,
Mille fois une réponse fut donnée,
Mille fois, ils ont remplis mon gosier.
Quand à toi jeune impudente,
Qui pense avoir trouvé réponse à ma question,
Détrompe-toi et sois prompte,
Car votre corps et mis en vente.
Une expression d’horreur se peignit sur le visage de Zelda au moment où la créature bondit sur elle.
Au même instant, Granodorf, en moins d’une fraction de seconde, mit le masque Zora sur sa tête, se transforma, et jeta tous ses boomerangs vers la créature. Tous rebondirent sur une peau qui semblait faite de métal. Mais les jets ne restèrent pas sans effets. Effectivement, la créature sembla abandonner Zelda et se focalisa sur Granodorf. Elle tourna la tête vers lui et avança lentement.
Granodorf qui sentait sa dernière heure arrivée, se tenait prêt à tenir un combat perdu d’avance contre une créature gigantesque au corps d’une solidité impressionnante. Il arracha son masque, ramassa son épée, et se tenait prêt à frapper.
Mais alors que la créature se jetait sur lui, toutes griffes dehors et prête à tuer, Zelda s’empara d’une grosse pierre sur le sol et la jeta de toutes ses forces vers la créature en criant et en l’insultant. La créature ne semblait pas avoir senti la pierre, mais elle entendit les insultes et elle s’envola alors haut dans la pièce dans des battements d’ailes puissants. Si puissant qu’une forte bourrasque s’élevait dans la pièce soulevant Zelda et Granodorf et les planquant au mur, cote à cote.
La créature se posa alors au sol et s’avança vers eux.
Zelda : Grano, je crois que cette fois, c’est la fin.
Granodorf : Heureusement, les gens du Ranch vont pouvoir continuer notre quête, espérons qu’ils trouveront la réponse à cette énigme.
Zelda : Je fus ravi de te connaître.
Granodorf : Moi aussi.
A cet instant, la créature jeta se gueule face à eux, s’arrêta, puis déclara.
La créature : Mille fois, cette question fut posée,
Mille fois une réponse fut donnée,
Mille fois, ils ont remplis mon gosier
Non pas que la réponse soit erronée,
Mais que sans vertus, ces guerriers étaient.
Plutôt que d’affronter un danger inévitable,
Il se sauvait prestement, comme des coupables,
Ils préféraient vivre avec une conscience honteuse,
Plutôt qu’un combat et une mort glorieuse.
Mais vous braves guerriers,
Vous, qui avez non seulement,
Répondu à mon énigme correctement,
Mais en plus avez choisis d’affronter,
Mes dents et mes griffes plutôt que de vous sauver.
A vous Navaria pensa, lorsque sa canne il me confia.
De précises instructions il me donna,
Une énigme il me donna,
Et d’une tâche il m’incomba.
Voici donc que ce cadeau vous échoit,
La canne que Navaria me donna,
Avec toutes mes félicitations, elle vous est donnée,
Sur ce à plus tard, car je m’en vais.
Puis, dans un souffle de vent, la créature disparu laissant apparaître sur le sol une canne verte pale.