En fait, quand on regarde le gaming live fait sur AP, toutes les critiques qui sont adressées sont justes: oui, il y a des pbs de caméra. Oui, c'est pénible de ne pas avoir à gérer les corps quand tu joues en furtivité (ça fait quand même le sel de ce genre d'approche depuis 10 ans et MGS). Oui, le jeu est difficile au début (dans le sens où tu te fais repérer sans trop savoir pourquoi), et ensuite limite trop facile avec toutes les compétences. Et oui, il y a des goulets d'étranglement qui obligent tout le monde à jouer bourrin (combats de boss, etc.), même lorsqu'on souhaite la jouer furtive.
Bref, je viens de résumer les critiques du Gaming Live. Comme je le disais dans un autre post, le problème à mon sens est que tout cela est basé sur un jugement technique et uniquement technique. Chaque défaut "évident" provoque une sous-notation, parce que la check list du bon jeu moderne n'est pas remplie: les corps disparaissent? Mince, c'est pas comme dans MGS, donc -1. La caméra est chiante? Mince, c'est pas comme dans Splinter Cell, donc -1.
En revanche, le fait que le scénario soit intéressant, super immersif, le système de dialogue et de relation aux autres personnages génial, et que malgré ces quelques défauts le jeu soit parfaitement jouable: tout cela n'a pas l'air d'être pris en compte dans la note.
Ce que je regrette, au fond, ce n'est pas tant la note en soit: AP a des défauts, on ne va pas se mentir, le principal à mon sens étant d'avoir greffé un gameplay d'infiltration sur un système de jeu (celui de Mass Effect) qui n'est pas fait pour ça (d'où les pbs de caméra, de corps qui disparaissent, etc.). Ce que je regrette, c'est qu'un jeu qui remplit la check list technique aura toujours une super note, même si fondamentalement, le jeu en question est une bouse sans nom. On parle beaucoup de Call of Duty. Palons-en: ce jeu est techniquement très bon (gameplay efficace, graphismes superbes). Il est par contre hyper répétitif, sans aucune subtilité, scandaleusement court, et surtout son scénario est d'une bétise sans nom (et quand je dis une bétise sans nom, je veux dire un truc crypto fasciste à la gloire de l'armée américaine: un film qui sortirait avec un scénar pareil serait non seulement un gros bide, mais se prendrait des 2/20 dans toutes les revues spécialisées).
Ce que je regrette, au fond, c'est qu'on ne soit pas aussi exigeant avec l'expérience que procure un jeu vidéo qu'avec celle que procure un film: quand on en arrivera là, on sera sauvé!