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- MU - Evra : «Le Bon Dieu nous a aidé»
C'est un Patrice Evra soulagé par la victoire et lucide sur la réussite de Manchester United qui s'est présenté aux journalistes à 3h40 du matin, heure locale (1h40, heure française). Un match qui n'en finit pas, la joie du groupe mancunien... et des difficultés à satisfaire au contrôle anti-dopage. Retour sur une folle soirée qui a fait du latéral gauche des Red Devils le vingt et unième Français à avoir remporté une Ligue des champions.
«Patrice Evra, racontez-nous votre soirée.
C'est incroyable. Pour moi c'était ma deuxième finale et je me disais «si tu la perds encore, tu va devenir un chat noir». Je ne sais même pas si j'aurais eu goût à rejouer cette compétition. Finalement, on l'a fait et je ne réalise pas encore. Sur l'ensemble de notre saison européenne, on mérite ce titre même si, ce soir, les deux équipes ont fourni un gros match. En première période, on a dominé mais on n'a pas su le tuer. En deuxième période, on a eu de la chance, Chelsea a touché la barre et un poteau. A l'arrivée, on mérite cette victoire.
Certains de vos coéquipiers souffraient de crampes en fin de rencontre, avez-vous eu peur ?
Quand j'ai vu Rio s'étirer, je lui ai dit : «T'as pas le droit, c'est une finale, tu peux pas sortir pour des crampes ou quoi que ce soit». Moi, j'avais pris un coup sur le pied mais même sur une jambe, il fallait finir. C'est une finale pour devenir champion d'Europe. Il faut avoir du caractère et rester guerrier.
Que vous êtes-vous dit quand Cristiano Ronaldo a raté son tir au but ?
Je me suis dit : «On va passer à côté». Mais le moment décisif, c'est quand John Terry a manqué son tir. Là, il ne peut plus rien nous arriver. S'il marque, ça change tout, ils sont champions. Le Bon Dieu nous a donné un coup de main.
Vous êtiez prêt à tirer ?
Le problème c'est que j'avais un petit peu mal au pied. Toutefois, au départ, j'étais prévu dans les tireurs mais s'il l'avait fallu, j'aurais frappé sans me poser de question.
Que vous a dit Sir Alex dans les vestiaires ?
Il n'a rien dit, car on ne réalise pas encore. Il n'y a pas eu une grande joie. Mais avant le match, il nous avait fait un discours et nous avait dit : «Si vous gagnez ce soir, vous êtes la meilleure équipe que j'ai jamais entraîné en vingt ans de carrière». Et ce soir, c'est ce compliment qui me revient. Lui aussi mérite sa deuxième Ligue des champions vu tout ce qu'il a fait pour Manchester.
L'expulsion de Didier Drogba vous paraît-elle logique ?
Je n'ai rien compris, je n'ai rien vu. On m'a dit qu'il avait donné une claque à Vidic. Même lorsqu'il sortait, j'avais l'impression qu'il se replaçait... Didier ne mérite pas ça parce que c'est un grand joueur et en dehors du terrain, c'est un Monsieur. C'est dommage pour lui.
A qui dédiez-vous cette victoire ?
A ma femme, à ma famille et aussi au Prince Albert de Monaco. Je me souviens, quand nous avions perdu la finale avec Monaco (en 2004 contre Porto), il nous avait dit une phrase qui m'avait touché : «Vous auriez pu au moins la gagner pour mon père...». Ce soir je partage cette victoire avec le Prince, avec tous mes coéquipiers de l'AS Monaco. Sans cette épopée, je ne serais pas en train de jouer à Manchester.
Recueilli par Stéphane BITTON à Moscou (avec S.K.)