L1
- Caen - Dumas : «Comprendre pourquoi»
Irrité par des commentaires parus dans la presse, Franck Dumas s'était promis de ne plus parler à la presse après la défaite concédée contre Lens (1-4) le 10 février dernier. S'il s'était autorisé quelques petites entorses auprès notamment de quelques chaînes de télé, l'entraîneur de Caen a accepté pour notre site de rompre définitivement le silence «par correction pour les supporters (du SMC)», mais aussi pour son président Jean-François Fortin (photo L'Equipe). La situation de son équipe, redescendue au douzième rang après un mois de décembre exceptionnel, les erreurs d'arbitrage, mais aussi... les critiques qui se sont abattues sur son équipe. Le technicien n'élude aucun sujet avant un déplacement périlleux à Lille samedi.
«Franck Dumas, tout d'abord, pourquoi avoir décidé d'accepter notre entretien après être resté muet durant un certain temps ?
Par correction. Par rapport aux supporters, qui m'ont écrit et m'ont dit que je représentais le club. Et puis aussi par rapport à mon président que j'apprécie et respecte beaucoup. Je sais qu'il n'aime pas que je fasse ce genre de choses (boycotter les médias), même s'il l'accepte quand même. Enfin parce que s'il y a bien une chose que je me dois de faire, c'est de défendre mes joueurs.
Caen n'a toujours pas gagné en 2008. Cette situation vous inquiète-t-elle?
C'est mitigé. Avant de renouer avec la victoire, il faut d'abord retrouver des choses cohérentes et des sensations. Il n'y a que comme ça qu'elle viendra. Ensuite, si je suis inquiet ? Oui parce qu'avec des nuls on n'avance pas (Caen en a enregistrés cinq lors de ses neuf dernières rencontres). A la limite, je préfèrerais alterner entre une défaite et une victoire.
Comment expliquez-vous que votre équipe, qui semblait si solide au mois de décembre, ait pu basculer à ce point ?
Déjà, on a fourni beaucoup d'efforts. Ensuite, lors de la phase aller, on était parvenu à surprendre tout le monde. Or, aujourd'hui, ce n'est plus possible. Il y a beaucoup d'équipes qui viennent chez nous pour défendre. Sans oublier qu'on manque également de réussite. Tout ça réuni fait que ça devient plus compliqué.
Y-a-t-il tout de même certaines choses qui vous rassurent ?
On essaie toujours de trouver du positif, mais je crois que le plus important, c'est d'accepter d'être à cette place-là (12e). C'est un classement qui correspond à nos moyens, mais pas forcément à nos ambitions. Il n'y a donc pas lieu de s'alarmer, même s'il faut aussi rester conscient du danger.
D'autant qu'à part à Marseille (1-6) et contre Lens (1-4), votre équipe n'a jamais donné l'impression de sombrer...
Il y a tout de même des choses qui me fatiguent ! Oui contre Marseille on se prend une claque, mais il ne faut pas oublier qu'on nous refuse un but (celui du 2-0) qui peut tout changer. Il y a aussi un penalty qu'on nous oublie contre Metz (1-2), puis un autre contre Lorient (0-0). Je me suis tu pendant pas mal de temps, mais il y a quand même un moment où les erreurs d'arbitrages, ça commence à me gonfler. Alors, peut-être que je me trompe, et que, quand ça va mal, on a l'impression que tout le monde est contre nous, mais il y a tout de même des choses palpables et difficiles à accepter.
Comme les critiques qui se sont abattues dans la presse ?
Aujourd'hui, vous, les médias, avec des miettes, vous faites des baguettes. C'est facile de critiquer, mais il faut aussi trouver un équilibre. Or, quand on gagnait des matches, c'était soit disant parce que les autres jouaient mal. Et maintenant qu'on perd, on s'en prend quand même plein la gueule... Personnellement, j'aurais aimé des critiques plus pondérées, qui auraient tout de même admis qu'il y a de la qualité à Caen.
Samedi, votre équipe se déplace à Lille. Ce n'est pas vraiment l'idéal pour se relancer ?
Ce n'est pas vraiment le meilleur moment, c'est vrai (Rires). Outre leur solidité, ils ont surtout su retrouver un mental pour s'en sortir. C'est une équipe qui a plongé, et qui, à un moment donné, s'est forgé un nouvel état d'esprit pour ne pas aller à la cata. Il y a eu chez eux une vraie prise de conscience.
Dont vous aimeriez bien vous inspirer ?
Des modèles, on peut en trouver dans chaque équipe. Il y a Marseille qui a redressé la barre après une entame de Championnat catastrophique. Mais aussi Nancy qui a su faire le dos rond pour conserver sa place sur le podium. Nous, on essaie surtout d'avoir notre propre caractère pour aborder le sprint final dans les meilleures conditions. On sait que ça se jouera à la gnac, et on est tous mobilisés en ce sens. Perdre, ça fait partie du jeu, l'important, c'est de comprendre pourquoi».