ESPAGNE
- Espanyol - Beranger, le miraculé
A 26 ans, Grégory Beranger est le nouveau latéral gauche de l'Espanyol Barcelone. Mais il a bien failli ne jamais réussir... Portrait, à un peu plus d'une semaine de la reprise de la Liga.
L'histoire de Grégory Beranger, des milliers de footballeurs voudraient la vivre. Joueur du dimanche à Cagnes-sur-Mer (CFA2) il y a quatre ans, il sera titulaire cette année à l'Espanyol Barcelone, finaliste de la Coupe UEFA en 2007. Presque un miracle. «Je sais d'où je viens mais en même temps, je le prends comme une réussite personnelle, rigole Beranger, visiblement ravi de sa nouvelle vie. Maintenant, j'ai envie de tout bouffer !» Compréhensible. Viré de Nice, joueur anonyme en France et dans des clubs espagnols de seconde zone, Beranger, 26 ans, a su saisir sa chance l'an passé, quand Numancia est monté en Liga. Avec, au passage, le titre honorifique de meilleur latéral gauche de la Segunda, l'équivalent de notre L2.
«Si j'entraînais une équipe, je me demande souvent avec quels joueurs j'aimerais travailler, songe Mauricio Pochettino, l'ancien du PSG. Il y aurait Ivan De la Pena, pour distribuer le jeu. Et puis, il y aurait Beranger : c'est un bon joueur, avec une super mentalité.» L'hommage date de la fin de saison dernière : si Pochettino n'a toujours pas de club, il a trouvé le temps de conseiller l'Espanyol, pour qui le poste de latéral gauche est un mystère depuis des années (Clemente, Vignal ou même Domi s'y sont succédés, sans succès). Depuis son arrivée, la presse n'arrête d'ailleurs pas d'harceler Beranger sur la «malédiction». «Maintenant, ça me saoule un peu : j'y ai droit tous les jours, poursuit le Français, proche de Carlos Kameni et De la Pena, deux stars de l'Espanyol. Oui, ça m'a fait bizarre de les voir avec moi, mais il faut que je redescende... Ah j'oubliais : il y a aussi Tamudo, une légende ici ! C'est génial!»
Il étouffe Giggs, Nani et Tevez
Avec tout ça, Beranger aurait pu subir une melonite aiguë. A priori, il y a échappé : le Niçois roule toujours en voiture familiale et tous les après midi, il refait ses peintures. Et quand il y a du foot à la télé, il ne se gêne pas : «Si je peux voir un match, même de troisième division, je le fais, sérieux... En plus, je m'informe : vous avez vu le recrutement de Numancia ? C'est du solide ! Surveillez aussi Roman, qui vient de signer à Alméria : techniquement c'est un monstre !». Le 31 août, ce n'est pas Almeria mais Valladolid que Beranger affrontera pour l'ouverture de la saison. Après, il y aura le Real Madrid, le Barça... Mais les derniers doutes sur son niveau ont vraiment été levés il y a trois semaines, quand l'Espanyol a affronté Manchester United pour le jubilé d'Ole Gunnar Solskjaer. Les Catalans ont perdu (1-0), mais Beranger a été énorme, étouffant successivement Giggs, Tevez et Nani. La presse espagnole l'a même élu joueur du match. Cagnes-sur-Mer est bien loin.