Interview : Frank Leboeuf
Mardi soir, l´OM a mis un concurrent direct à trois points. Pour autant, Frank Leboeuf et ses partenaires se refusent à parler de titre ou de Champions League. Au contraire, le capitaine note avec un brin d´ironie qu´en battant Nice, l´OM a mathématiquement assuré son maintien…
Comment va le capitaine ?
Frank Leboeuf : "Ca va mieux. Contre Paris, j´ai souffert. Je ressentais toujours une douleur au tendon rotulien. Face à Nice, je n´avais pratiquement plus mal. J´espère pouvoir répondre présent à Bordeaux".
Quel est ton sentiment sur la rencontre face à Nice ?
F.L. : "Ce fut difficile, mais on s´y attendait. Nice est une équipe qui travaille beaucoup défensivement. Elle se bat bien. Grâce à beaucoup d´acharnement en première période, nous sommes parvenus à contourner leur bloc. Par contre, on pensait davantage souffrir en deuxième mi-temps car on jouait avec le vent face à nous".
Ces dernières semaines, l´OM débute ses rencontres avec trois attaquants. Quelle est l´influence de ce dispositif ?
F.L. : "Essentiellement, il nous permet de garder l´adversaire dans ses retranchements. Surtout, lorsque les attaquants travaillent défensivement comme ils le font en ce moment. De plus, en phase offensive, ils sont ainsi déjà positionnés".
"Nous n´avons pas de joker à gaspiller"
On a senti une certaine nervosité dans les rangs olympiens mardi soir…
F.L. : "Nous étions dans la tension du match. Il y avait un réel enjeu. Et les événements ont fait que tout le monde s´est un petit peu énervé. Il y avait un certain agacement de notre côté de ne pas arriver à trouver la faille. Et puis l´arbitrage n´a pas toujours aidé…"
Grâce à cette victoire, l´OM peut se retrouver en tête avec trois points d´avance si Lyon s´incline à Lens. Le groupe commence-t-il à penser au titre ?
F.L. : "Ce serait un piège de croire qu´on y est. A quoi bon s´enflammer alors que notre position est très fragile ? Auxerre peut potentiellement nous passer devant grâce à son match en retard. Lens peut aussi revenir avec ses deux rencontres en moins. Bordeaux aussi est dans une bonne phase. Dans notre esprit, c´est très clair, nous n´avons pas de joker à gaspiller".
Et à une qualification pour la Champions League ?
F.L. : "Nous n´y pensons pas encore non plus. C´est trop tôt. Avant de parler de sprint final, on a encore trois ou quatre mois de compétition. Pour tout vous dire, ce matin on rigolait en se disant qu´avec 42 points, on était sauvé. Ca doit faire un bail que l´OM n´a plus assuré sa place en L1 si tôt dans la saison…" ( rires)
"Réussir aussi les matches contre les petites équipes"
Comment se présente ce déplacement à Bordeaux ?
F.L. : "Sur les matches aller, Bordeaux reste comme l´équipe qui nous a posé le plus de difficultés au Stade Vélodrome. Même si nous l´avions finalement emporté. On s´attend donc à un déplacement compliqué. La référence doit être notre match à Auxerre, la semaine dernière".
Le championnat va-t-il se jouer sur des chocs comme celui de mardi soir ?
F.L. : "Pas forcément. J´ai même plutôt tendance à penser qu´une bonne équipe montre sa force et sa régularité en réussissant ses matches contre les "petites" équipes".
A Bordeaux, le danger numéro 1 s´appellera une nouvelle fois Pauleta…
F.L. : "Ce serait une erreur que de se focaliser sur lui. Car en général, un autre joueur en profite pour sortir du chapeau. Bordeaux ce n´est pas uniquement Pauleta, c´est aussi Darcheville, Costa, Smertine ou encore Savio. Les Girondins ne manquent pas d´atouts".