Fin du chapitre 1
_ Je ne me souvenais même plus de ce que j’avais rêvé. J’étais resté toute la nuit, avachis sur ce fauteuil marron qui trônait au milieu du salon. Je m’en voulais tellement de pas avoir saisis ma chance hier. J’aurai pu au moins essayer d’obtenir un rendez-vous ou rien qu’une conversation. Juste échanger des mots m’aurait fait du bien. Beaucoup de bien. J’ai mis beaucoup de temps pour me rendre comte que je n’avais pas passé la nuit dans mon lit. Il était 9h14 quand j’ai ouvert les yeux si ma montre ne me mentait pas. J’aurai peut-être dû déjeuner mais je n’avais pas faim ni l’envie de manger quelque chose d’ailleurs. Et bien sûr, le sommeil m’avait quitté, je n’avais pas envie de me rendormir. Jamais l’appartement n’avait semblé être aussi vide. Même la poussière n’avait pas envie d’y séjourner. Aussi curieux que ça puisse paraître, aucune personne de ma famille n’était venue me voir le jour de Noël. Pas un coup de fil, pas un message, pas un petit mot enfermé dans une pauvre enveloppe de papier. Remarque je n’en avais pas envoyé non plus de mon coté. Je me demande si ce fut une coïncidence ou un hasard ou je ne sais quoi mais il s’est passé quelque chose ce jour là.
_ Ma vie est juste celle d’un type ordinaire à qui il arrive quelque chose d’extraordinaire. Peut-être que c’était mon destin, mon karma ou je ne sais quoi... Mais dès que je me suis levé de mon fauteuil, j’entendis tambouriner à la porte d’entrée de mon appartement. J’avais immédiatement et machinalement tourné la tête. J’avais l’impression que cette porte en bois me fixait, qu’elle m’appelait. J’étais tellement désespéré et perdu que je commençais à croire en des choses surnaturelles. Dès qu’on retapa une deuxième fois, je me résolu à aller en ouvrir en retenant ma respiration, priant que ça serait quelque chose d’intéressant qu’on allait m’annoncer.
_ Un homme en costume jaune et bleu se tenait devant moi, un colis en carton sous le bras. Il avait l’air miteux, une barbe blanche sale lui accrochait le menton et ses yeux bleus soulignaient son front dégarni. Dès les premières secondes, il ne m’avait pas semblé sympathique et les instants suivants n’ont servit qu’à confirmer cette première impression. Il me fit un geste de la tête et me dit avec une voix sec :
- J’ai un colis pour vous
- Je m’en doutais en fait rétorquais-je dans la même impolitesse
- Vous pouvez signer là ?
_ Je ne lui ai même pas répondu. Il ne valait pas la peine que je supprime mon antipathie à son égard. Il m’avait juste tendit un stylo et une feuille. Avec son pouce, le vieil homme me montra l’endroit où je devais y apposer ma signature. Je fis une rapide gribouillage qui signifiait que j’avais récupéré ce fameux colis. Il ne me remercia même pas et me remis juste le paquet. Je le pris dans le creux de ma main avant de lui refermer la porte au nez. Par la suite, je rejoignis rapidement mon fauteuil en tripotant mon colis et en me demandant ce qu’il pouvait contenir. J’étais vraiment loin de me douter de ce qu’il y avait enfermé dans ce pauvre carton.