Les erreurs, les plaies commises par nos prédécesseurs, nos ancêtres sont loin d’être cicatrisées comme elles auraient dû l’être. Si bien qu’elles réapparaissent, puis s’évaporent et de nouveau reviennent. Cette toupie infernale fût interrompue à la suite d’un événement qui marquera et irritera le futur déjà incertain du continent d’Analphagor. Analphagor était jusqu’à cet événement un lieu privé de guides et de dirigeants pour soigner cette terre peuplée de créatures perdues. Plusieurs catégories sont recensées à Analphagor, les humains, êtres faibles et bourrés de sentiments à exploiter. À l’opposé, les démons, créatures sans pitié, abominables. D’autres créatures primitives viennent s’ajouter à la faible liste, ce sont les orques et les tsaecis, êtres neutres et incompris. Toutes ces créatures aux regards haineux étaient sans maître ni loi pour les guider, si bien que lorsqu’un probable chef venait à s’imposer, un autre prenait sa place, et ainsi de suite… Seuls deux hommes réussirent à grimper sur la marche sans trébucher, sans plier les genoux. Le premier se nommait Isarambor, c’était un Elfe aux yeux et aux caractères humains, simple et grand, il rallia hommes et orques à sa cause. Le second se nommait Simbra, homme sombre et renfermé, il réussi à unifier Tsaecis et Démons. Deux camps ainsi s’opposèrent : Le ciel céleste, dirigé par le sage Isarambor et la flèche d’obsidienne dirigée par le sombre Simbra. On appela ces hommes, les Exarques, les élus du peuple, ceux qui ont réussi à se faire entendre. Analphagor n’était plus un monde chiffonné mais était devenu un monde déchiré par la guerre introduite par cet événement, les pièces de l’échiquier sont en places, elles vont bientôt avancer, quand les écrits de la destinée seront publiés. Moi ? Je suis le meilleur témoin de ce futur.
Tout est en place, les personnages s’avancent. On voit déjà le regard inquiet d’Isarambor là-bas, dans sa tenue royale, bâton à la main. Son rôle ? Définir les choses abstraites, incertaines, voir erronées. On peut apercevoir à ses côtés le général Anoriel, non loin de son cheval gris, épée au fourreau, il fera une victime parfaite. La pièce s’assombrît. Simbra est présent, dans l’ombre là-bas, appuyé sur le mur, enveloppé par sa longue cape noire. À ses côtés, Durz-Grobh, son bras droit, il incarne le mal, il va mourir, bien que la mort n’apparaisse pas sur son visage, il sait, il se tait. Son cheval noir l’attend non loin. Les rois, les fous et les cavaliers sont ainsi présentés. La fille d’Isarambor pleure toute seul, au milieu, elle sait que son père va souffrir, mais ne dit rien, elle pleure. Moi, je suis aux côtés du seigneur Grobh, prête à servir la flèche d’obsidienne. Les soldats sont dispersés un peu partout dans la pièce. Les pions sont toujours ceux qui avancent les premiers, ceux qui servent de sacrifice, ils meurent pour leur patrie mais ne tuent pas pour leur patrie. Sur les coins de la pièce de grandes tours s’élèvent, lèvent l’étendard de chaque camp. Toutes les pièces sont en places, notre histoire va commencer, la première va remuer. Bienvenue à Analphagor, l’incarnation de la parole future, des écrits de la destinée.
Suite prochainement.