La non-localité: Dans certaines situations, l´observation d´une particule à un endroit peut influencer instantanément l´état d´une autre particule à un autre endroit, aussi lointain qu´on le veut du premier. Par conséquent, «quelque chose» peut circuler plus rapidement que la vitesse de la lumière. Ce «quelque chose» est cependant non matériel et non énergétique. De plus, et cela est fondamental, il ne peut pas être contrôlé et servir à communiquer un message. Malgré les apparences, cette influence instantanée quantique ne va pas à l´encontre de la relativité d´Einstein qui demande, non pas que rien ne puisse voyager plus vite que la lumière, mais uniquement que aucune forme de matière, d´énergie ou de communication ne puisse le faire. ( Il n´y a donc pas de paradoxe en jeu même si, historiquement, certains ont cru en voir un, d´où le nom de «Paradoxe Einstein-Podolsky-Rosen ( EPR)» souvent attribué à ce phénomène.) Cette influence instantanée est à la base de ce qu´on appelle la «téléportation quantique».
6. Le problème de la mesure : Dans la physique classique, l´observateur est «neutre» : lorsqu´il mesure les paramètres d´un système, on considère qu´il ne change pas le comportement de ce système. Dans le monde quantique, ce n´est pas le cas : une particule se comporte de manière fondamentalement différente selon qu´elle évolue librement ou qu´elle interagit avec un appareil de mesure. La «fonction d´onde» est le terme technique utilisé pour décrire l´état quantique d´une particule, c´est-à-dire le fait qu´elle n´est pas «localisée» comme un corpuscule mais plutôt «étendue» dans l´espace comme une onde. Durant une expérience d´interférence, par exemple, avant qu´on tente de la mesurer, une particule se trouve dans cet état «étendu» ( ou état de superposition) et elle peut alors passer par deux chemins complètement distincts en même temps. Par contre, dès qu´on effectue une mesure ( en déterminant sa position sur un écran de télévision par exemple), la fonction d´onde «s´effondre» en seul point : un pixel s´illumine sur l´écran cathodique et la particule devient localisée. C´est à ce moment que le facteur hasard entre en jeu puisque le choix du lieu de l´effondrement de la fonction d´onde se fait aléatoirement ( suivant certaines probabilités déterminées par le contexte expérimental); on ne peut pas prédire où la fonction d´onde va s´effondrer. Cependant, ce passage d´un état superposé à un état localisé déclenché par l´acte de mesurer n´est pas encore bien compris...