Voici quelques petites anecdotes, toutes se sont réellement déroulées bien entendu:
I/
Un jour de remise des croix, l´empereur officia quand tout à coup un jeune voltigeur sorti du rang.
"Que veut tu, mon jeune ami ?"
- "Sire, je veux la croix"
"Mais il faut la mériter !"
- " Je la mériterai".
L´Empereur lui donna la croix et le lendemain, le jeune voltigeur parti en 1ère ligne en criant "En avant !"
Il tomba , mortellement atteint en disant : "ainsi, je paye ma dette à l´empereur" !
II/
Au cours d´une revue, selon le général LEJEUNE, "un beau jeune homme à l´oeil expressif et sévère , à la tenue ferme et martiale" fait résonner son fusil en deux temps et présente les armes.
- Combien as tu de blessures? dit l´Empereur.
- Trente ,répondit le sergent.
- Je ne te demande pas ton âge ,répliqua l´Empereur avec bonté, je te demande combien as tu de blessures ?
Alors élevant la voix ,le sergent répondit son monosyllabe:
- Trente!
Contrarié par cette réponse l´Empereur dit au colonel:
- Cet homme de troupe se trompe; il pense que je lui demande son âge.
- Sire, il a bien compris; il a été blessé trente fois.
- Comment, dit l´Empereur tu as été blessé si souvent et tu n´as pas la croix?
Le sergent, alors regardant sa poitrine, s´aperçoit que le bandeau de sa giberne cache sa décoration et, tout en le déplaçant pour laisser voir sa croix, dit a l´Empereur avec énergie:
- J´en ai bien une ,mais j´en ai f..... bien mérité une douzaine!
L´Empereur heureux quand il rencontrait de tels hommes,dit a celui ci ces mots sacramentels en lui tirant amicalement la moustache:
- je te fais officier.
- C´est bien, mon Empereur, vous ne pouviez faire mieux.
III/
L´Empereur passant son régiment en revue, un voltigeur au camp de Boulogne présenta les armes et sort du rang, comme s´il avait une réclamation à faire.
- Que veux-tu ? lui dit l´Empereur
- Attendez un moment, mon général (en s´adressant à napoléon), répondit-il en mettant en même temps son sac à bas.
Chacun croyait qu´il y cherchait un papier, et ses chefs, comme il ne se pressait pas trop, lui disaient qu´il aurait dû l´avoir d´avance à la main. Mais, sans se démonter, il leur répondit :
- Mon général m´attendra bien, car c´est quelque chose que je lui garde depuis longtemps.
L´Empereur se mit à rire et lui dit de prendre son temps. Officiers, soldats, tout le monde riait autour du voltigeur pendant qu´il explorait son linge sale pour trouver une petite boîte, noire de crasse, qu´il offrit à l´Empereur, en lui disant :
- Tenez, mon général. Je garde la praline qui est dedans depuis Gënes. C´est la ration que l´on nous donnait pour un jour. Nous nous serrions diablement le ventre alors ! Eh bien, quoique nous eussions faim, je me dis un jour : « Il faut garder ta ration et , si tu as le bonheur de voir le général Bonaparte, tu la lui donneras » Je ne risquais pas grand-chose car, si les Autrichiens m´avaient pris ou tué, ils n´auraient pas fait un grand fricot avec. Je suis content à présent, puisque vous l´avez.
Officiers et sous-officiers qui avaient été à Gënes sous le maréchal Masséna reconnurent en effet cette petite boule de cacao, de la grandeur d´une petite noix, pour la ration qu´on leur donnait alors. Chacun attesta la bonne conduite de ce voltigeur, cité pour les actions d´éclat, mais qui, ne sachant pas lire, n´avait pu obtenir de l´avancement. L´Empereur lui fit donner une gratification.
Je connais des dizaines d´autres anecdotes mais je préfère seulement citer celle ci pour le moment.
Amicalement.