8/03/2008 - Quel soutien!
Sans Dufour, puis après quelques minutes à peine, privé de Dufer, le Standard a néanmoins assuré l’essentiel, hier soir, contre Saint-Trond. Avant le match de Bruges contre Mouscron, les Rouches comptent désormais quatre points d’avance sur le Club. Le Standard n'a en fait guère douté dans cette rencontre, exception faite des cinq-six dernières minutes quand Saint-Trond a joué son va-tout, sans toutefois mettre en danger Espinoza. Si jamais, c'est plus une relative fébrilité des actuels leaders du championnat qui a fait craindre un deuxième retour de Saint-Trond au marquoir. Car les Limbourgeois de Dennis van Wijk étaient parvenus à effacer le but d'ouverture de Dieumerci Mbokani. Hélas pour eux, mais heureusement pour le Standard, les joueurs de Preud'homme n'ont guère eu le temps de douter après l'égalisation de Rocky Peeters à la 43e minute. Le doute en fait n'a même pas duré 120 secondes. Mbokani sur un spectaculaire assist à la retourne a offert le second but de la soirée à son capitaine, Igor De Camargo, son huitième but personnel cette saison.
Après la pause, le Standard n'aura pas réussi à se mettre définitivement à l'abri d'un hyptothétique retour des Trudonnaires, même si l'arbitre néerlandais aurait pu leur en donner l'occasion en sanctionnant une faute sur Jovanovic,entré en cours de 2e
mi-temps à la place de De Camargo. Puis vint, comme expliqué ci-avant, le baroud d'honneur stérile de Saint-Trond, malgré l'esprit d'entreprise de Coulibaly. Le Standard aura donc tremblé, mais surtout accompli sa mission dans une composition inédite, avec Witsel dans l'axe médian - à la place de Defour- et Goreux au back droit à la place du Brésilien Camozzato, également blessé. Et comme si ça ne suffisait pas, Dufer s'est rapidement blessé aussi, devant céder le relais à Fred.
Malgré ces remaniements et un Saint-Trond bien en place pour contrarier les plans des Principautaires, les trois points sont dans la besace et la pression sur Bruges. C'est que le fantôme de Roulers, qui était venu arracher le nul (0-0) ici-même, hantait sans doute les esprits liégeois. Paradoxalement, le Standard se sera crée moins d'occasions que contre les Roulariens...Encore un autre signe?
Dans la douleur, mais ils l’ont fait. Avec un soutien terrible du public, les Rouches n’ont pas plié dans les derniers instants de ce match stressant. Saint-Trond, une fois de pus, a bien failli leur jouer un vilain tour. Mais ils ont tenu. Autant dire qu’à la fin de la rencontre, Michel Preud’homme a poussé un énorme "ouf" de soulagement. Et sans attendre, lors de la conférence de presse d'après-match, le coach principautaire a adressé un message à ses supporters. "Ils ont joué un rôle, c'est clair. Ils nous ont soutenus comme jamais cette saison. Surtout, à un moment où ils ont senti que nous avions besoin d'eux. Et le Standard a gagné. Peut-être pas de la plus belle des manières. Mais le mérite en revient aussi à l'adversaire."
Dennis van Wijck en effet, s'en retournait un peu déçu vers Saint-Trond. "Je crois que nous aurions peut-être mérité une unité pour l'engagement et tous les efforts fournis. Nous avons pris tous les risques pour revenir au score. Cela a marché après le premier but liégeois qui nous a surpris. Mais la suite fut malheureusement moins couronnée de succès. Espinoza a quand même sorti un ballon très chaud." À un moment où le Standard affichait quelques doutes. "En deuxième période, oui, nous avons montré un peu de crainte. Nous n'avons pas osé jouer plus haut. Puis, Saint-Trond n'avait plus rien à perdre. Nous savions dès le départ qu'il faudrait batailler jusqu'à la dernière seconde pour vaincre cette formation avec une mentalité à toute épreuve. Un troisième but nous aurait évité quelques situations de stress. Il n'est malheureusement pas venu. Et pourtant, nous avons eu quelques opportunités. Sans oublier une faute sur Mbokani dans le grand rectangle."
Quant à la sortie de Gregory Dufer. "Il a une entaille de 10 centimètres au-dessus de la malléole mais il est encore trop tôt pour savoir exactement s'il sera opérationnel pour le déplacement au GBA. Sa sortie, évidemment, a engendré une réorganisation. Avec les moyens à ma disposition actuellement puisqu'il n'y avait pas de remplaçant poste pour poste. Mais avec ces moyens, et sans
trouver nécessairement toutes les solutions sur le terrain en deuxième mi-temps, nous avons gagné."
"Dans les tribunes, j’essaie de tenir le coup, pas évident.", explique Steven Defour. "Mais quand l’équipe gagne, mes douleurs s’estompent, cette indisponibilité est moins difficile à supporter. Mon épaule reste très douloureuse, je dois rester prudent, très tranquille pour l’instant. Ce succès m’aide à garder le moral mais nous savons que, désormais, chaque match pourra être un tournant du championnat. Les Brugeois doivent désormais se rendre à Mouscron, une partie qui sera sans doute difficile... "
Pas évident du tout d’affronter les Trudonnaires, sur le plan tactique.", dit Goreux. "Ils jouaient très bas, bloquent les ailes, c’était vraiment difficile de combiner, d’autant que le terrain était lourd. Personnellement, je me donne à fond, sans arrière-pensée, j’essaie de saisir la chance qu’on me propose."
"Saint-Trond est vraiment une équipe difficile à manier, Michel Preudhomme nous avait prévenus qu’on aurait du fil à retordre, mais nous avons fait preuve de maturité en gérant notre avance d’un but.", explique Sarr. "Nous voilà avec 4 points d’avance sur les Brugeois, mais les Flandriens ne lâchent jamais le morceau, c’est ce qui fait la beauté de ce championnat."
Capitaine en l'absence de Steven Defour, Igor De Camargo admettait que la tâche avait été rude. "Ce fut très dur. On savait que St-Trond avait besoin de points, les Limbourgeois sont venus pour en arracher un. Mais grâce à Dieu, nous avons affiché une énorme solidarité pour obtenir la victoire. Par le passé, les Canaris nous ont toujours posé des problèmes mais je crois qu'au vu de la totalité de la rencontre, nous méritions les trois points.", expliquait Igor. À la question de savoir si la pression était désormais sur le Club Brugeois, le Brésilien, qui a inscrit son 8e
but, déclarait: "Bruges, on s'en moque. Nous ne regardons que notre programme et nos matches. Personnellement, je suis heureux d'avoir inscrit ce but qui va me rendre encore plus de confiance. Dès ce samedi, nos pensées ne vont pas à Bruges mais uniquement au Beerschot, un club en réussite qui n'occupe pas la 3e place par hasard."