LA QUÊTE ULTIME
SAISON 2: LA QUETE ULTIME
CHAPITRE 07 : DESESPOIR ET AUTODESTRUCTION
La vie n´est qu´une longue perte de tout ce qu´on aime.
Quatre-vingt dix jours séparaient la tant redoutée Apocalypse, qui signifierait la fin des temps, et annihilerait toute source de vie.
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Sur la Planète des Démons, San Goku était agenouillé devant le corps sans vie de Krillin, les larmes coulant sur son visage couvert de cicatrices devant les airs attristés de ses compagnons. Mais il ne s’en souciait guère. A vrai dire, il ne faisait pas attention à eux : c’était comme s’ils n’existaient plus.
Un silence insoutenable régnait en ces lieux, comme si le temps s’est subitement arrêté jusqu’à ce que San Goten décide de briser ce long silence.
- Est-ce que ça va, papa ? demanda t-il, la voix tremblotante et les yeux emplis de larmes.
- Tenez, prenez le radar, et allez rechercher les dragon balls ! Je veux vous voir ici dans deux heures, se contenta t-il de dire d’une voix lasse.
- Euh, entendu, acquiesça Chibi Trunks. Vous venez les gars ?!
Encadrés par Gohan et Goten, Chibi Trunks décolla du sol à la conquête des boules de cristal, laissant San Goku en compagnie de Miraï Trunks et Végéta. Ces derniers n’avaient jamais vu leur compatriote aussi affligé et abattu malgré toutes les mauvaises situations qu’ils avaient rencontrées par le passé.
- Je suis désolé, dixit Trunks, la mine déconfite. Vraiment, désolé.
Il s’envola également, tentant d’accomplir la mission que lui avait confiée le Chaos à savoir, retrouver les dragon balls. Il semblait donc évident que Miraï Trunks et les autres élus s’affronteraient pour la conquête de ces fameuses boules étoilées.
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San Goku ne pouvait plus détacher la tête du défunt. Il resta immobile pendant cinq bonnes minutes à contempler le corps de Krillin, déformé par la mort et dont le visage paraissait encore ferme et rigide ; les traits conservés, la peau jaunâtre et boueuse. Cet accablant spectacle était renforcé par la tête maigre et osseuse de Krillin. Une tête légèrement tuméfiée, qui grimaçait, les cheveux collés aux tempes, les paupières levées, montrant le globe blafard de ses yeux ; les lèvres tordues, tirées vers un des coins de la bouche, gardant un sourire en biais.
Cette tête comme tannée et étirée, en gardant une apparence humaine, restait aussi effrayante de douleur et d’épouvante. Le corps semblait être à présent un tas de chairs dissoutes. Quant à ses bras, ils n’étaient plus en mesure de le retenir, notamment à cause des clavicules qui perçaient la peau de ses épaules. Sur le ventre noirâtre, les côtes faisaient des bandes noires. Entre-temps, le flanc gauche, crevé, ouvert, se creusait au milieu de lambeaux d’un rouge sombre. Tout le corps pourrissait sous l’action de la flèche que Goku prit soin de retirer devant le regard impassible de Végéta.
- Qu’as-tu fait de Yamcha, Tenshinan et Chaozu ? demanda Sangoku d’une voix froide.
- Je les ai tués, évidemment !
- J’en étais sûr. Tu n’as même pas essayé de les raisonner, ne serait-ce que Yamcha. S’il y en avait bien un que tu pouvais raisonner, ç’aurait été Yamcha. Mais il a fallu que tu te battes contre lui comme si c’était ton ennemi ! Tu me déçois, Végéta !
- Pff, tu me fais bien rire !!
- Je te signale Végéta que tu viens de tuer trois de mes amis sans aucune pitié. Je te jure, Végéta, que si tu ne faisais pas partie des sept élus, je t’aurai certainement supprimé, annonça Kakarotto d’une voix rude. Tu n’avais pas le droit de les vaincre de la sorte ! Tu n’as eu la moindre pitié envers eux ! Aucune !
- Allons Kakarotto, qu’est-ce que tu voulais que je fasse ? Que voulais-tu que je lui dise ? Que j’accepte qu’il se remette avec Bulma ?! Il y a des jours où tu devrais te rendre compte de ce que tu dis ! s’emporta Végéta, à la limite de la crise de nerfs. Et qui te dis que nous sommes REELLEMENT les vrais élus ?
- Je le sais, c’est tout. Et concernant ton combat contre Yamcha, tu aurais pu faire au moins semblant de ne pas aimer Bulma, je ne sais pas… inventer quoi que ce soit. Mais, tu aurais dû empêcher qu’il meure ! Au lieu de cela, il a fallu que tu les supprimes froidement, sans le moindre scrupule.
- Ce n’est pas dans mes habitudes de mentir, ni de m’abaisser aux exigences d’autrui, répliqua Végéta d’un ton sec.
- Mais ne vois-tu pas, Végéta, que le Chaos se sert de la faiblesse des gens tels que Krillin, Yamcha ou encore ton fils pour leur promettre le pouvoir, et en conséquence les faire basculer du côté obscur ! Je pensais vraiment que toi, qui te prétends si intelligent, si fort, avec une telle présence d’esprit aurait pu penser à une telle chose mais… non, encore une fois, tu me déçois !!
- Oui, peut-être. Et maintenant, qu’allons-nous faire ?! Est-ce que l’on va rester infiniment devant la dépouille putréfiée de Krillin ?
- Tais-toi Végéta !!
- Allons Kakarotto, Krillin n’est pas une grande perte. Tu sais, c’était son destin de mourir. Ainsi va la vie, c’est tout. Tu dois l’accepter !
- TAIS-TOI, VEGETA ! JE TE PROMETS SUR LA TOMBE DE KRILLIN QUE SI DANS LA MINUTE QUI SUIT, TU NE PARS PAS, C’EST MOI QUI VAIS TE TUER ! ET JE N’AI JAMAIS ETE AUSSI SERIEUX !
- Pff, tu comprends maintenant la raison qui me pousse à rester seul dans mon coin. Les amis, c’est pour les faibles d’esprit comme toi ! Vois-tu, ils ne font que nous ralentir dans notre progression de la vie. Mais bon, puisque tu préfères rester seul, je vais te laisser !
Et sans ajouter un mot, il s’envola conscient de l’erreur qu’il venait de commettre. Il avait cruellement manqué de tact dans cette histoire. En effet, il avait voulu faire parler Sangoku mais il n’avait fait qu’empirer les choses. Quel idiot.
Cependant, il ne préféra pas s’éloigner davantage de Kakarotto. Le sachant dans un état d’extrême détresse, il soupçonnait son compatriote de vouloir aller défier le Chaos. Un combat qui ressemblerait à un suicide au vue de l’incroyable puissance de leur impitoyable ennemi.
Les yeux toujours braqués sur le corps ensablé de Krillin, Goku réfléchissait.
Peut-être voulait-il être seul parce qu’il se sentait coupable de la mort de Krillin ? Ou peut-être parce qu’il se sentait coupé des autres depuis la mort de Krillin ? En effet, c’était comme si une barrière invisible le séparait du reste de ses compagnons et de cette planète à tel point qu’il redoutait le moment où il les retrouverait. Goku avait la nette impression qu’il leur était d’une espèce étrangère, et il lui était très difficile de croire que dans quelques semaines, tous les gens qu’il aimait viendraient à mourir. A moins qu’il ne parvienne à puiser au fond de lui le courage et la force, qui lui permettraient de lutter contre le mal. Mais là encore, rien n’est moins sûr…
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Pendant ce temps, sur le Kaiohshinkaï, une femme semblait s’être foudroyée dès lors que son mari s’était éteint. Elle aurait tellement voulu lui dire à quel point elle l’aimait. Lui, qui avait changé la femme froide et avide qu’elle était autrefois en une ravissante jeune femme. Lui, avec qui elle avait partagé vingt et une superbes années de mariage. Lui avec qui elle avait eu un enfant, Marron. Malgré tout, elle n’était jamais parvenue à lui dire trois mots tant chers à son époux : « Je t’aime ».
A cette pensée, C-18 eut comme l’impression de voir Krillin mourir une seconde fois.
Pendant deux jours, C-18 et Marron restèrent dans leur lit à baldaquin sans échanger le moindre mot, sans même se voir. La plus âgée des deux femmes, assise sur son séant, appuyée contre des oreillers, regardait vaguement l’horizon. Elle demeurait des heures entières, inerte et tranquille, absorbée au fond du néant de son désespoir. Puis des crises la prenaient parfois : elle criait, pleurait, délirait.
Marron, dans la chambre voisine, paraissait dormir ; elle avait tourné la face contre la muraille, et tiré sa couverture sur ses yeux. Elle s’allongeait ainsi, raide et muette sans qu’un sanglot de son corps ne soulève le drap qui la couvrait. On eut dit qu’elle cachait dans la chambre les pensées qui la tenaient rigide.
Bulma, qui gardait les deux femmes, allait mollement de l’une à l’autre, traînant les pieds avec douceur, penchait son visage de cire sur les deux couches sans parvenir à faire retourner Marron, qui avait de brusques moments d’impatience, ni à consoler C-18 dont les pleurs coulaient dès lors qu’une voix la tirait de son abattement.
Le troisième jour, C-18 repoussa la couverture, s’assit rapidement sur le lit avec une sorte de décision fiévreuse. Elle écarta alors ses longs cheveux en se tenant les tempes, et resta ainsi, les mains au front, les yeux fixes, le visage blême, semblant réfléchir. Puis elle sauta sur le tapis. Ses membres étaient frissonnants et rouges de fièvre : on notait de larges plaques livides sur sa peau, qui se plissait par endroits comme vide de chair. Elle était vieillie.
C-17, - qui avait également eu le privilège d’assister au Tournoi Millénaire -, entrait, et resta tout surpris de la trouver levée. Il lui conseilla d’un ton flegmatique et traînard de se recoucher, de se reposer encore. Sa jumelle ne l’écoutait guère : elle cherchait et enfilait ses vêtements avec des gènes pressés et tremblants. Quand elle fut habillée, elle alla se regarder dans une glace, frotta ses yeux, passa ses mains sur son visage, comme pour effacer quelque chose. Puis, sans prononcer une parole, elle entra dans la chambre de sa fille.
Une fois pénétrée, elle tourna la tête et suivit du regard Marron, qui vint se placer devant elle, muette et oppressée. Les deux femmes se contemplèrent pendant quelques secondes, la fille avec une anxiété croissante, la mère avec des efforts pénibles de mémoire. Se souvenant enfin, elle tendit ses bras tremblants, et prenant au cou Marron par le cou, elle s’écria en suffoquant :
- Marron, je ne t’ai plus que toi au monde, maintenant !
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Au même instant, dans ladite Dimension Interdite, Sangoku venait de bouger pour la première fois depuis près de trois heures, le visage livide comme la mort, le spectre de Krillin lui revenant à l’esprit, inlassablement.
Son regard était toujours rivé sur le corps enterré de son défunt meilleur ami comme s’il espérait que d’un instant à l’autre, il ressurgirait. Il devait pourtant se rendre à l’évidence, aussi cruelle soit-elle : Krillin, Yamcha, Tenshinan, Chaozu, eux avec qui il avait tout partagé, les moments de joie comme les moments de peine, étaient morts. Morts pour Lui.
Il fut interrompu dans sa réflexion lorsqu’il sentit une odeur âcre s’approcher de lui. Il s’agissait de Végéta.
- Kakarotto, qu’est-ce que tu attends pour te relever ?! lança t-il d’un ton sec.
- Laisse-moi.
- Allons, ressaisis-toi, rétorqua Végéta, l’air à la fois hésitant et rude. Si Krillin s’est sacrifié, ce n’est pas pour te voir renoncer. Te souviens-tu de l’épopée Cell ? Tu t’étais sacrifié pour nous sauver. De ce fait, tu ne voulais pas nous voir échouer devant Cell. En fait, ce que je veux dire, c’est qu’il ne faut pas que le sacrifice soit vain, il doit servir à quelque chose. Je ne suis peut-être pas parfait, ni la personne que tu voudrais voir en ce moment, mais s’il y a bien une chose que je sais, c’est bien celle-ci.
- Oui, murmura Kakarotto d’une voix à peine audible. Tu as raison !
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Et brusquement, le guerrier saiyan se leva, prit son bâton magique, l’air plus déterminé que jamais d’en finir avec le Chaos et son armée de sbires. Puis dans un sursaut d’orgueil, il s’exclama d’une voix cassée :
- Krillin, mon ami, je ne t’oublierais jamais ! Je te vengerai ! L’Empereur du Mal le paiera de son sang et de sa propre vie ! Il paiera et mourra ! Je le torturerai comme jamais ! Croyez-moi, Yamcha, Tenshinhan et Chaozu ! Je ne me reposerai pas tant que je ne vous aurai pas vengé, mes amis ! Je vous le jure sur ma vie et celle de mes enfants que j’aurai la peau du Chaos !
Et alors que les deux guerriers saiyans s’apprêtaient à reprendre la route, ils devinrent brusquement scintillants. Que leur arrivait-il ?
Avant même qu’ils ne purent apporter la moindre réponse, ils disparurent dans un tourbillon de sons et de couleurs vers une destination des plus inconnues et des plus mystérieuses…
Nul ne savait à cet instant que cette guerre allait basculer dans une toute autre phase…
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L´humanité devra mettre un terme à la guerre, ou la guerre mettra un terme à l´humanité...