- Ne sois pas triste, Goten. Baddack est là. En piteux état, certes. Mais il est là. Sans compter les deux Trunks qui sont toujours en vie.
- Plus pour longtemps, si on ne s’occupe pas d’eux.
- Peu importe qu’ils vivent ou non ! Sans toi, ce ne sera plus pareil ! C’est déjà dur de s’imaginer sans papa, maman. Devrais-je également perdre mon frère ?
- Arrête : on ne peut plus rien y faire.
- Je te promets de détruire l’Univers si tu pars. Je viendrais te maudire, te renier, t’insulter tous les jours de ma vie, si tu pars. Je ferais tout ce qu’il faut pour que tu vives. Tu dois vivre, bon sang. Il le faut.
- Goten !
- Qu’est-ce qui va se passer, maintenant ? demanda Baddack d’un ton brusque.
- Hayden, dit-il, brusquement.
- Comment ça ? Il y avait une femme quelque part qui était sur le point d’accoucher. Je ne suis pas sûre mais je crois qu’elle a réussi. Va la voir Goten et dis-lui que son fils doit s’appeler Hayden.
- Entendu. Et ensuite ?
- Tu vas me laisser mourir ! Tu vas aller retrouver mon neveu et ta magnifique femme. Tu vas enfin pouvoir vivre cette vie que tu as toujours rêvée d’avoir. Tu vas mener une existence paisible sur une nouvelle Terre et donner quatre magnifiques enfants à ta femme. Chibi Trunks retournera auprès de Bulma et de Bra. Il va prendre les rênes de l’entreprise familiale. Puis, il se mariera, il aura de magnifiques enfants, mais tu le connais : il peut être très instable, parfois. Le portrait de son père. Ca serait pas étonnant qu’il divorce. Deux fois. Peut-être même trois. Entre-temps, Miraï Trunks retournera sur la terre de nos ancêtres. Son retour sur Végitaseï marquera le début d’une nouvelle ère dans l’Histoire des Saiyajins. Une nouvelle race naîtra et éclora. Une race dont il sera le digne souverain…. Intègre, honnête, bienveillant, juste et dévoué à la cause des siens. Oui, pas de doute : il sera le Prince des Saiyajins. Celui que tout peuple rêverait de connaître dans ses rangs.
- Tu délires complètement.
- Je serais toi : je ne parlerais pas trop vite.
- C’est dommage que tu ne puisses pas assister à cela.
- Je sais bien.
- Promets-moi qu’on se reverra !
- C’est plutôt à toi de me le dire. A la Croisée des Chemins, peut-être. Mais avant, il te faut accomplir ta destinée. Et maintenant, va t-en. Pars loin d'ici. Loin de moi.
Goten matérialisa dans sa main une épée d’un bleu moyen, parsemés de nombreuses étoiles orangées. Submergé par l'émotions, balloté par le doute, il parvint malgré tout à tirer le glaive depuis la garde, et celui-ci s’abattit sur l’opprimé, échafaud de la dernière heure.
Il était près de midi lorsque la Vie desserrait son étreinte sur Son Gohan tandis qu’elle l’exerçait quelques plus kilomètres plus loin sur Hayden.
Il était près de midi lorsque le crépuscule de bonheur se décida à enfin percer sur l'infâme voûte.
**
Nous étions le 2 Novembre, 793.
Il était près de midi, lorsque quelque part dans l’abysse, au milieu des pleurs et des lamentations, une voix chevrotante s’éleva : « Alors, j’ai gagné ?! Un cycle d'anarchie va donc commencer ? Mon règne va dé..buter et je ne serais même pas là pour y assister», lâcha son propriétaire, confus, les yeux élargis par la stupeur.
L’entité avait fini par détruire ceux qui lui avaient donné de difficultés. Pourtant, dans le gouffre occassionné par sa nouvelle existence, il n'y avait aucune trace d'euphorie, ni même de satisfaction. Tout n’était que mélancolie, nostalgie...et culpabilité.
En fin de compte, s'apercevait-il, l'échec et la honte furent leur destination, calice d'amertume qu'ils avaient pu jusqu'à la lie.
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Nous étions le 2 Novembre, 793.
Onze heures, cinquante-neuf minutes et trente secondes ; et les cloches sonnaient en chœur, prélude d’une vie qui s’était déjà achevé.
Onze heures, cinquante-neuf minutes et trente secondes ; et la Terre, comme un seul homme, se tut, pleurant d’une seule voix la mort de ses héros légendaires qui, de leur vie, avaient préféré se défaire pour nous permettre de conserver la nôtre et de la prolonger.
Onze heures, cinquante-neuf minutes et trente secondes ; et la Terre, d’une seule voix, pleurait la mort de ses héros, dont elle ne garderait que souvenirs, photos et cassettes.
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Trois mille ans plus tard, l’Histoire relate que nul ne sut ce qui était advenu de Son Gokû et ses équipiers. Nul ne sut si les portes du Paradis leur furent finalement ouvertes…ou si les Limbes furent leur nouvelle résidence. En attendant peut-être pire.
Trois mille ans, déjà. Pourtant, une longue fissure fendait le ciel terrestre.
Comme pour rappeler que de la Grande Guerre contre le Chaos, l’Humanité en garderait toujours une cicatrice, qui tous les ans, le 2 Novembre, se remettrait à saigner.
Comme pour rappeler que le Mal laissait au cœur des traces souvent indélébiles, ecchymoses pour l’éternité.
En cette occasion, tous les Terriens s’étaient parés d’orange et de bleu – les couleurs de la paix et de la mer- pour se rendre au souvenir de leurs aînés. L'anecdote court même que des milliers de Saiyajins et de Namekseijin firent entre autres le déplacement.
En cette occasion, enfin, une lecture silencieuse fut organisée, mais de la cérémonie funèbre, on ne retiendra que ces quelques vers :
« Si j’ai le droit de dire, en japonais, aujourd’hui,
Ma peine et mon espoir, ma colère et ma joie
Si rien ne s’est voilé définitivement
De notre rêve immense et de notre sagesse
C’est que ces étrangers, comme certains les nomment encore,
Croyaient à la justice, ici-bas, et concrète
Ils avaient dans leur sang le sang de leurs semblables
Ces étrangers savaient quelle était leur patrie
La liberté d’un peuple oriente tous les peuples
Un innocent aux fers enchaîne tous les hommes
Et, qui ne se refuse à son cœur, sait sa loi
Il faut vaincre le gouffre et vaincre la vermine
Ces étrangers, comme certains d’entre nous les appellent, qui choisirent le feu
Leurs portraits, sur les murs, sont vivants pour toujours
Un soleil de mémoire éclaire leur beauté
Ils ont tué pour vivre, ils ont crié vengeance
Leur vie tuait la mort au cœur d’un miroir fixe
Le seul vœu de justice a pour écho la vie
Et lorsqu’on entendra plus que cette voix sur Terre
Lorsqu’on ne tuera pas plus, ils seront bien vengés,
Et, alors, ce sera justice. »
**
Une salve d’applaudissement retentit dans la foule, faisant vibrer les bases de la nouvelle planète.
Et au milieu des clameurs et des pleurs étouffés, un seul nom revenait avec insistance : celui de Son Gokû. Cet homme, qui, plus qu’une génération, avait marqué une planète, un univers.
Merci, les héros légendaires.
Arigato gozaimasu, Goku-San.