SAISON 2 : LA QUETE ULTIME
CHAPITRE 28 : POUR L’AMOUR DES MES FILS– 6ème partie –
Le néant.
Sans fin.
Juste les ténèbres, accablantes et silencieuses.
Partout tout autour.
Il a peur.
Et soudain, une lueur.
Si faible.
Si faible.
Mais elle là, réconfortante.
Elle grandit.
Il peut maintenant voir certains contours, certaines rondeurs.
Une pièce étrange.
Qui n’accroche pas la lumière. Il glisse dessus, et semble s’évaporer à jamais. Rien de ce qu’il voit, ne paraît réel. Tout au plus, des ombres.
La lueur s’arrête sur les bords aigus d’un étrange cristal.
Il n’en distingue qu’une infirme partie et pourtant il sait qu’il doit mesurer deux mètres.
Et dedans.
Dedans.
Un corps semble t-il.
Il n’en aperçoit uniquement que la main.
Et là.
Sur le poignet.
Du sang ?
Il ne sait pas, mais cette étrange substance teinte la pierre écarlate.
Qui l’appelle ?
Une voix ?
Qui ?
Un murmure.
- San Gohan…
C’est bien son nom bafouillé.
- San Gohan… Sauve-moi…
Cette voix, il la connaît.
- San Gohan, je t’en supplie, ne m’abandonne pas, ne me laisse pas….
- NOOOOONNNNN !!
Heureusement, le cri resta coincé dans sa gorge mais il se redressa si brusquement qu’il manqua de percuter le rocher, qui se trouvait face à lui.
San Gohan se releva immédiatement, le regard vitreux, teinté d’une peur irrationnelle qu’on ne lui connaissait pas.
Le cauchemar qu’il venait de faire avait l’air si réel : était-ce une vision de ce qui se passerait si les sept élus - dont il faisait partie - ne parvenaient pas à sauver l’humanité de l’Apocalypse et du règne du Chaos ?
Le guerrier métis n’en avait aucune idée. Cependant, depuis quelques semaines, il était très fréquemment victime d’hallucinations.
Cet étrange phénomène n’était que l’un d’une longue série. Mais que lui arrivait-il ?
Il ne chercha à se pencher sur cette question, et se leva prestement. C’est alors que son attention fut captée par la présence, au sol, d’une capsule blanche, qui portait le sigle de la Capsule Corporation.
Gohan s’en empara, la porta à ses yeux, et émit un cri de stupeur. En effet, il n’eut pas besoin d’amples informations pour deviner que cette infime capsule contenait six des sept dragon balls. Pourtant, à la réflexion, il se souvint qu’elles étaient la propriété de Miraï Trunks. De ce fait, comment se pouvait-il qu’elles soient désormais en sa possession ? L’élu coupa court à ses pensées lorsqu’il remarqua la veste verte de tissu que son ami avait portée dernièrement.
Néanmoins, force était de constater qu’elle était complètement réduite en lambeaux, qui plus est maculée d’un sang sec. De toute évidence, il lui était arrivé quelque chose.
Pris de panique, San Gohan s’éleva dans les airs, parcourant la vaste planète à la recherche de son équipier. C’est alors que tout à coup, plusieurs lamentations résonnèrent dans les kilomètres aux alentours.
Aussitôt, il s’immobilisa dans les airs, tentant de localiser l’individu qui agonisait. Les sens en éveil, il sentit trois présences dans les parages : deux d’entres elles étaient dépourvues de vice, mais semblaient dans un état critique. Le dernier possédait une force de combat malfaisante. Ainsi, lecteurs, vous conviendrez qu’il s’agissait du bourreau des deux victimes.
En une fraction de secondes, Gohan se transposa sur les lieux du combat, découvrant tout d’abord une femme d’une quarantaine d’années, expirant au sol, baignant dans une mare de sang, pleine de vermisseaux. Dans un élan de colère, le fils aîné de Chichi assomma le démon d’un coup de pied circulaire avec le bol du pied. Après quoi, il s’agenouilla auprès de la mourante, essayant de la ranimer grâce à quelques claques.
Cette femme était en piteux état. En témoignait son visage carbonisé et ouvert à plusieurs endroits.
**
- San… San Gohan, chuchota t-elle d’une voix à peine audible, la bouche recrachant pour chaque parole plusieurs gerbes de sang. Merci… merci de m’avoir sauvé, je…
- Quoi ?!
Au premier regard, cette femme lui avait paru familière. Il savait désormais pourquoi. En effet, il s’agissait de la mère du petit Ketsuo ; un enfant qu’il avait sauvé lors de son entraînement en vue du Tournoi Millénaire.
Puis, tout à coup, Gohan se sentit pris d’un malaise. Certains d’entre vous, lecteurs, s’interrogeront sûrement devant l’étrange réaction de leur héros.
Vous devez alors savoir que l’ancien bourreau de Cell avait rencontré cette femme et son fils dans une des nombreuses salles du Palais Céleste.
Jusque-là, rien d’étonnant, me direz-vous. Seulement, il avait fait leur connaissance dans cette fameuse mais non moins mystérieuse salle dans laquelle Goku s’était entraîné, enfant.
Cette pièce en question projetait dans le cerveau des images virtuelles. Cependant, à en juger par la présence de cette femme, les expériences qu’il avait vécues dans cette salle avaient bel et bien été réelles.
- Mais vous ne devriez pas exister : vous êtes virtuelle ! s’écria le demi saiyan, les yeux hagards. Je dois sûrement rêver !
- Non, pas du tout ! entendit-on résonner.
San Gohan se retourna, et ce qu’il vit le fit tressaillir au point qu’il manqua de s’évanouir. En effet, son interlocuteur n’était autre que Vieux Sage. Autrement dit, l’homme qui l’avait entraîné avant le Tournoi Millénaire, et qui l’avait autant fait progressé. Aux yeux du frère de Goten, Vieux Sage était celui qui lui avait vraiment révélé son potentiel.
- Senseï, est-ce que c’est bien vous ?
- Oui, mais pas si vite, répondit l’intéressé en observant son pupille se jeter dans ses bras. Lorsque tu découvriras la vérité, j’ai bien peur que tes sentiments à mon sujet changent du tout au tout.
- Mais pourquoi ça, enfin ?
- Le fait est que je suis un des conseillers de l’Empereur du Mal, et que ce dernier m’avait chargé de t’entraîné afin de faire de toi l’un de nos alliés. Cependant, je me suis tellement attaché à toi que j’ai imploré Sa Majesté le Chaos de tenir à l’écart de ses desseins.
- Vous…vous m’avez manipulé ?!
- Pas du tout à fait. Disons juste que j’ai oublié de mentionner certains faits. Mais si je t’avais vraiment manipulé, je ne t’aurai pas mis en garde sur le fait que les apparences sont souvent trompeuses. Si je me souviens bien, je t’avais dit qu’un de tes proches te trahirait pour aller servir Sa Majesté le Chaos. Cependant, tu n’as pas tenu compte des mes avertissements !
- Mais alors, tout ce qui s’est passé, commença Gohan confus, n’était t-il qu’une mise en scène ?
- Organisée pour mieux t’amadouer.
- Pourquoi faites-vous tout cela, Vieux Sage ? Comment quelqu’un d’aussi intelligent a-t-il pu s’abaisser au point de pactiser avec l’autre ordure ?
- Si j’ai fait cela, répondit le vieillard, c’est pour donner un nouveau sens à notre existence. Les humains sont cupides, cherchant tous les moyens pour satisfaire leurs besoins. Et c’est justement cette attitude qui mène aux conflits, et y mènera éternellement. Tout ce que je désire, c’est créer un monde de paix et d’harmonie ! Et aussi surprenant que cela puisse paraître, Sa Majesté le Chaos est celui qui nous permettra d’y arriver !
- Alors, vous vous êtes trompé de camp ?! rugit le demi saiyan d’un ton sec.
- Non, pas du tout !!
- Vous délirez complètement. Vous dites vraiment n’importe quoi ! N’IMPORTE QUOI !! hurla San Gohan.
Vieux Sage l’avait trahi, tout comme son père. Il l’avait abandonné.
- Je sais ce que vous pouvez imaginer, San Gohan, mais j’ai besoin de vous ! balbutia l’autre victime. Peu importe que notre rencontre ait été organisée ou non, le fait que les tiens que vous avez tissés étaient réels et forts. Ainsi vous comprenez qu’après votre départ, mon fils était totalement désoussolé ! Vous manquiez cruellement à mon fils. Le sachant, le Chaos lui a juré de vous faire revenir et de me libérer de son emprise si Ketsuo se mettait à son service. Le Chaos lui a promis tout ce dont il espère depuis sa naissance : une famille. Naïf et insouciant, mon fils a dû commettre des choses abominables pour me libérer. Cependant, il a récémment compris qu’il était l’objet d’une manipulation. A présent, il s’en veut d’avoir commis des meurtres, et est prêt à tout pour mettre des bâtons dans les roues du Chaos…
- Je…je ne savais pas ! Mais soyez tranquille : je le sauverai ! affirma Gohan d’un ton catégorique.
- Promettez-le moi !
- Je vous le jure sur ma vie ! Quant à vous, Vieux Sage, nous nous reverrons. Je peux vous le jurer.
- Je l’espère bien. Il y a certaines choses que je dois te révéler. En attendant, tu ferais mieux te dépêcher. La base dans laquelle l’Empereur s’est établit n’est à qu’à vingtaine de kilomètres d’ici. Bonne chance !
**
Pendant ce temps, tous les proches de guerriers « élus » assistaient anxieusement à leurs aventures depuis le Kaiohshinkaï. Tous excepté Shibito, qui s’était mis à l’écart du reste du groupe, songeant aux derniers évènements. En effet, comme tous les Kaiohshin, il avait la faculté de se téléporter dans l’esprit d’autrui, pouvant de la sorte détruire un individu depuis l’intérieur. Seul hic, on ne pouvait rester dans l’esprit de sa victime qu’un court instant sous peine d’y être éjecté ou de mourir.
Il s’agissait justement de cette technique qu’il avait employée. Ainsi, lecteurs, vous comprenez donc que ce fut Shibito qui permit à Goku puis à Chichi de se retrouver dans l’esprit de leur fils.
Depuis son retour de la Dimension Interdite, l’acolyte de Ro Kaï Kaiohshin n’avait dit mot, se contentant de hausser les épaules lorsqu’on lui parlait, n’adressant pas le moindre regard à qui que ce soit. En effet, il se sentait mal à l’aise. Il ne comprenait pas qu’une autorité divine de sa trempe soit aussi impuissante alors que ses mais risquaient leurs vies pour lui. « Les rôles devraient être inversés », lâcha t-il, fou de rage.
Néanmoins, il se résolut à ouvrir la bouche lorsque le Doyen des Dieux vint pour la cinquième fois à sa rencontre, et le sollicita.
- Shibito, je sais ce que tu ressens, mais tu dois l’accepter : nous ne pouvons rien faire. Notre sort repose entre les mains des guerriers « élus ».
- Mais, maître, je n’en peux plus ! Regardez, même Chichi a eu plus de courage que moi. Elle n’a pas hésité à me demander de la téléporter dans la Dimension Interdite pour sauver ses fils. Et pourtant, elle n’a aucune aptitude pour le combat ! C’est insensé !
- Shibito, ne laisse pas une question d’ego te gâcher la vie ! Et puis, peu de Kaiohshin n’auraient eu le courage d’aider Chichi comme tu l’as fait, et encore moins de lui donner le cristal de pureté.
- Quoi ? Le cristal de pureté ? s’étonnèrent d’une même voix Bra et Pan, qui firent irruption.
- C’est un cristal qui existe depuis des générations, déclara le vieux Kaiohshin d’un ton badin, et qui, comme son nom l’indique, permet de délivrer un individu de ses mauvais penchants.
- Okay, se contenta de dire Pan, confus. Mais qu’est-ce qui est advenu de grand-mère Chichi ? Vous ne pensez pas qu’on devrait l’aider ! Elle est peut—être…
- Tu dois garder ton calme, Pan, rétorqua Shibito. Cela ne sert strictement à rien de céder à la panique !
- Oui, il a raison, reprit Bra d’un ton approbateur. En tout cas, j’aimerais bien être aussi insoucieux que le Doyen des Dieux et Tortue Géniale ! Regardez-les : ils passent le plus clair de leur journée à peloter Maman ou C-18, et à lire des revues pornographiques.
- Quoi ? Mais tu dis n’importe quoi ! protesta le vieux bougre, l’air embarrassé. Et puis, qu’est-ce qui t’as parlé des revues pornographiques !
- Il y en a partout dans la chambre de Trunks, avoua l’intéressée, hilare.
- Tiens, ça me fait penser que nos deux Trunks n’ont pas encore l’une des potaras que Shibito leur a confié !
- Oui, ce serait une bonne idée, maître, acquiesça l’autre Kaiohshin ! J’espère juste qu’ils ne sont pas morts !
Un silence accablant s’installa de nouveau dans ce coin du Sanctuaire des Dieux.