Allez, la suite de mon histoire
:
… Je te ferais volontiers sentir ce qui est insupportable par le fil de mon épée sale cloporte ! Pensais-je.
°°° C’est ce que je me suis dis aussi°°°
Arrêter professeur ! Aucune réponse. L’intonation de la pensée par laquelle parlait Hyriaf n’était pourtant pas la même…
Les derniers évènements ont dû avoir plus de répercussions sur mon esprit que je ne l’aurais supposé : voilà que j’entendais des voix…
J’eu à peine le temps de reprendre mes esprits, la voix d’Hyriaf s’immisça à nouveau dans mon esprit. Je me crispai instinctivement, mes sens en éveil.
°°° Le cours va désormais pouvoir commencer. °°°
Le silence tomba sur les gradins. Chacun conscient de l’autorité du professeur.
Deux élèves se levèrent à l’unisson. Le premier, deux rangs derrière moi, le second à ma gauche Le silence se fit oppressant. Les étudiants s’agitèrent, les murmures reprirent de plus belle. La salle si calme quelques instants plus tôt semblait maintenant en ébullition.
Tout deux se dévisagèrent furtivement en descendant l’estrade
- Il va se faire massacrer par Itz !
Mon voisin semblait trépigner d’impatience. Il souri à pleines dents, puis se mordit la lèvre inférieure. Il tourna subitement la tête dans ma direction.
- T’as vu ? Itz contre Pegrith ! Le professeur Hyriaf ne sait pas ce qu’il fait ! Ça va être une véritable boucherie à sens unique !
Le dénommé Itz était une véritable masse, chacun de ces pas, lourd mais rapide, alimentaient la traîné de poussières qui se profilait sur son passage. Tunique grise, masse coincée à la ceinture. Sa mâchoire nette et carrée se serrait et se desserrait machinalement. Un sourire en coin plaqué sur son visage, il défiait d’un regard méprisant son adversaire. Le jeune Pegrith maintenant en face de lui ne paraissait nullement intimidé par son attitude. Une toge de couleur bleue sur les épaules, un chapeau vissé sur la tête, un ceinturon de cuir à la taille moulant son ventre ballonné, un bâton fermement ancré à sa main gauche. Tout son être contrastait avec son adversaire. Les paupières à moitié closes, la bouche entre ouverte. Etait-ce le coté amorphe propres aux Nu-mou qui lui donnait ce coté complètement abruti et insouciant ?
- Prépare toi à prendre une sacré raclé stupide humain écervelé !
Un filet de bave coula péniblement de sa bouche laissée grande ouverte et fut aussitôt ravalé.
Les Nu-mous présents acclamèrent vivement sa déclaration tel un ras de marée auquel quelques sympathisants se joignirent : Manifestation étrange pour des êtres habituellement si tranquille. Les regards hostiles des autres élèves se posèrent sur eux. Itz le fusilla du regard.
Un Mog lança un uppercut du droit en pleine mâchoire de son voisin, un Nu-Mou dégringola les estrades, l’opposant lui sauta dessus mais fut figé tel une statue de glace, s’arrêtant en pleine action. Une bagarre éclatait, très certainement dû à un désaccord à propos du futur combat.
°°° Cela suffit ! °°°
Inutile d’en dire plus, sous l’effet de la colère Hyriaf, assomma psychiquement une partie des fauteurs de troubles. Je fus pris moi-même de vertige. A regarder mon voisin de gauche dodeliner de la tête et froncer les sourcils en clignant stupidement des yeux, je su que je ne fut pas le seul à ressentir ses effets. Un silence de mort, entrecoupé de gémissement plaintifs, s’abattit soudainement dans les rangés.
°°° Bien. Maintenant que tout est rentré dans l’ordre et que vous aptes à prêter attention, nous pouvons commencer. Messieurs Itz et Pegrith, prenez position, à mon signale le combat commencera. J’ai pris, au préalable, la liberté de rendre vos attaques moins puissantes qu’elle ne pourrait l’être. Ne vous souciez donc pas de la puissance de vos attaques. °°°
Les deux adversaires se regardèrent intensément, guettant attentivement le signal.
- Allez-y !
Itz ancra fermement ses pieds au sol, fléchi les jambes puis se propulsa d’un mouvement brusque tel un taureau sur sa proie. Pegrith se métamorphosa à l’instant, se redressa, le visage grave, ses yeux exprimaient à présent sa détermination. Son adversaire ne lui laissa pas le temps de se préparer, dégagea l’arme à sa ceinture et tenta de décrocher la tête du Nu-Mou d’un fulgurant revers. Le pauvre mage manqua de se faire briser la nuque et tomba comme une masse. Itz s’approcha avec assurance du corps du malheureux. Prudemment, retourna le corps du pied et bondi instinctivement en arrière en apercevant son ennemi récitant de muettes incantations. Le Nu-Mou ouvrit subitement les yeux, se dévissa et tendit sa main droite paume ouverte vers son agresseur, laissant jaillir une gerbe d’éclair. Une lueur aveuglante éclaira la scène contraignant les spectateurs bouche bé à plisser les yeux face. La formidable décharge d’énergie cueillie l’assaillant de plein fouet. Itz se tenait maintenant étendu au sol, son corps, pris de spasme, se tortillait tel un poisson hors de l’eau. Pegrith lança un regard interrogateur au Maître. Son partenaire gisait inanimé sur le sol, à cet instant seul les mouvements régulier de sa cage thoracique le différenciait d’un cadavre. Les cheveux en batailles, sa veste en lambeau, le visage tuméfier, son état faisait peur à voir. Quant à Pegrith, un filet abondant de sang lui zébrait le visage lui donnant une allure curieusement barbare, son œil gauche enflé lui laissait toutefois l’air endormi qui le caractérisait quelques instant avant. Apres le violent coup de masse et son attaque magique, la pauvre créature tenait à peine sur ses deux jambes.
- N’ayez pas d’inquiétude, ces grands gaillards se remettront bien vite.
Hyriaf claqua des doigts. Quelques secondes passèrent avant qu’un groupe de trois infirmiers arrive. Les deux premiers s’occupèrent de rapatrier Itz à l’infirmerie sur leur brancard, le troisième se contenta de passer son bras autour de la taille du Nu-Mou puis le guida vers la sortie.
°°° Bien, bien… J’espère que vous avez tous retenu la leçon. °°°
Un Mog d’allure rachitique se leva.
- Oui, je t’écoute Jaref…
- Pourtant Itz était beaucoup plus fort que lui ! Il aurait du le massacrer, non ? !
- En combat au corps à corps, nul doute qu’il l’aurait battu sans difficulté, mais, comme toi, il le sous-estimait, le jugeant uniquement par son apparence nonchalante. Cette attitude lui a coûté la victoire.
Des chuchotements s’échappèrent des tribunes. Apparemment aucun d’entre eux n’avait prévu un retournement de situation pareil. D’autre suspectait le professeur d’avoir trop affaibli le coup de leur camarade en comparaison avec son ennemi. La salle commença à s’agiter.
- Retenez bien la leçon ! Quand votre tour viendra, quand vous aussi vous combattrez, n’oubliez pas d’évaluer la puissance de votre adversaire, sans quoi vous risqueriez d’être tout aussi surpris que l’a été Itz face à Pegrith. Cela doit devenir aussi naturel que de cligner des yeux !
°°° Est-ce que ceci est bien compris ? °°°
« Oui » grommela une dizaine d’élèves.
- Je ne vous entends pas !
Une vive décharge nous secoua plus qu’il n’était nécessaire.
« Oui, Maître ! » Entonnèrent tout les étudiants.
- Bien… Passons au combat suivant si vous le voulez bien.
Le sourire qui, quelques minutes plutôt semblait gravé sur son visage, disparu instantanément. Hyriaf affichait un air suffisant, scrutant ses prochaines victimes. Son regard se posa sur un énorme Vangaa, je m’étonnai de ne l’avoir vu plus tôt. Il surplombait la foule de 2, voir 3 têtes. Il était vêtu d’une armure feuilletée laissant glisser les réverbérations du soleil au rythme de sa lourde respiration, un casque en forme de tête de dragon sur ses genoux. « C’est un vrai mastodonte ce type ! » pensais-je. Un sourire carnassier se dessina sur son visage, il pivota la tête dans ma direction et sembla m’adresser un signe de tête. Hyriaf fronça les sourcils tout en me regardant fixement à son tour. Je senti une présence au fond de moi, quelqu’un qui paraissait m’observer.
°°° Veux tu que je le tue pour toi, Maître ? °°°
Un ricanement satanique éclata, s’amplifiant à chaque instant.
°°° Encore cette même voix ? ! Que me veux-tu ? ! °°°
Le ricanement cessa soudainement.
°°° Et bien mon garçon, tu viens d’être choisi par ton ami Vangaa semble-t-il. Honnêtement, je ne vois pas quel personne lui opposer, et pour tout te dire, je ne crois vraiment pas que tu puisses faire le poids, mais, enfin, si il t’a choisi… Pourquoi pas… °°°
°°° Moi ? Contre lui ? °°°
Je déglutie avec peine et lui décocha un regard.
°°° Allez, montre nous ce que tu as dans le ventre ! °°°
« Moi, j’espère que vous n’aurez pas l’occasion de voir ce qu’il y a dans mon ventre. Je préfère garder mes tripes pour moi si vous n’y voyez aucun inconvénient. » Lançai-je amèrement en mon fort intérieur.
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Voilà, voilà 
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