Apres un bon moment d´attente, voila donc la suite. Il risque d´y avoir moins de chapitres ( rappel du score : 29) mais j´espere les faire plus " condensés".
Bonne lecture !
01. Neiges.
Hmpf.
Hmpf.
Hmpf.
Courbée en deux sous les rafales de vent glacé, la silhouette avançait difficilement, ses pas s´enfonçant dans la neige épaisse. Elle jetait de nombreux coups d´oeil derrière elle et dans les cieux, essayant de discerner des poursuivants dans le tumulte hivernal.
Tandis qu´elle dépassait un éperon rocheux, la silhouette releva les pans de sa fourrure qui traînaient dans la neige et les réunit, cherchant un peu de chaleur. Elle posa le pied sur une plaque de verglas instable qui s´effrita, faisant rouler la forme dans la poudreuse sur une bonne distance.
La silhouette se releva à demi glacée alors que sa fourrure tombait à terre. Deux grandes oreilles d´apparence lapine émergèrent d´une chevelure emmêlée et battue par le vent froid de Macalania.
La Vieira ramassa la fourrure et s´emmitoufla avec et regarda à nouveau en arrière. L´imposante masse grise d´une montagne se détacha sur le ciel blanc. On y distinguait d´étranges panaches de fumée noire qui montaient à l´assaut des cieux, aussitôt chassés par les violentes bourrasques d´altitude. Firys se mordit la lèvre inférieure puis repartit droit devant elle, disparaissant parmi la neige tourbillonnante..
La Vieira, perdue dans l´immensité glacée des régions polaires de Macalania n´avait plus la notion du temps. Combien d´heures s´étaient écoulées depuis son évasion ? Une ? Deux ? Plus ?
Avait-on lancé des hommes à sa poursuite ?
Tandis que Firys essayait d´apporter une réponse à cette question, elle rentra violemment dans un obstacle et retomba assise dans la neige, se caressant le front. Regardant de plus près, la Vieira posa sa main sur l´obstacle. Une plaque de neige se détacha, révélant un mur de bois sous l´abondante couche de poudreuse.
Bien qu´à bout de force et frigorifiée jusqu´aux os, Firys contourna la paroi, la main posée sur le mur. Elle finit par trouver la porte et tambourina plusieurs fois dessus. Perdue au milieu des éléments, l´attente parut interminable. La porte s´ouvrit alors en grand et Firys, appuyée contre le battant, tomba à la renverse dans la minuscule chaumière.
Grelottant de froid, la Vieira leva les yeux sur l´habitant des lieux quand elle sentit la tête lui tourner. Croulant sous la fatigue, la Vieira ne résista pas et se laissa emporter dans les ténèbres.
Les seuls bruits que l´on entendait étaient le crépitement du feu dans l´âtre et le mugissement du vent à l´extérieur.
Attablée en face de la cheminée, regardant les flammes danser, la femme but lentement son verre. Le bruit d´une tenture que l´on tirait doucement lui fit quitter le spectacle apaisant de la cheminée. L´homme qui venait de quitter la pièce voisine se versa un peu d´eau dans un verre et but pensivement, jetant un coup d´oeil distrait par la fenêtre proche.
La femme reposa son verre et observa son mari.
- " Alors ?
- Elle est toujours dans le même état ! Elle s´endort, puis se réveille de temps à autre en délirant ! "
La femme hocha la tête pensivement et but une nouvelle gorgée.
- " Que comptes-tu faire ?
- Une bonne nuit de repos au chaud devrait la remettre d´aplomb ! J´irais chasser demain et voir si je peux trouver quelques pousses de Perce-gel !
- Tu as vu...
- Oui !
- Des blessures pareilles ne se font pas toutes seules !
- Je le sais bien !
- Mais nous ne pouvons pas la garder ici ! As-tu bien réfléchis ? Tu sais ce qu´ils pourraient faire s´ils la trouvent chez nous !
- Oui ! Mais nous ne pouvons pas leur donner cette femme ! Tu as vu comme moi les sévices qu´ils lui ont infligés ! Je n´ose imaginer les tortures qu´elle a pu endurer durant son emprisonnement !
- Pauvre fille ! Et pauvre de nous s´ils viennent fouiner ici !
- Il n´en sera rien ! La montagne est grande et la région déserte ! Comment sauraient-ils qu´elle soit venue jusqu´ici ?
- On raconte de bien étranges choses sur le maître de la forteresse ! Ce serait un devin aux pouvoirs obscurs !
- Des racontards ! "
De l´autre côté de la tenture, Firys se mit à gémir doucement. Le couple porta son attention vers la chambre, puis n´entendant plus rien, ils se dévisagèrent.
- " Allez, va donc te coucher, je veillerais jusqu´au matin ! Je vous préviendrais toutes les deux si quelque chose vient par ici ! "
La femme se leva, prit une cruche et entra dans la chambre où était allongée Firys. Versant la contenu de la cruche dans un bassin à côté du lit, elle y trempa un linge blanc qu´elle étala sur le front de la Vieira. La femme dépassa alors le lit dans lequel était allongée Firys et poussa une petite porte qui conduisait à une seconde chambre et referma la porte derrière elle.
Plus tard dans la nuit, alors que le vent redoublait de violence et que les flocons de neige fouettaient les murs, Firys se mit à parler en dormant.
- " Firys...université en danger... Avertir... Le phoenix vole et se perd dans le soleil... Jay... "