Solide comme le chêne, il est toujours present... je veux parler de moi, bien entendu...
Hum... la suite de mon chapitre...
Nos cinq amis ne mirent que deux heures pour rejoindre le convoi qui était composé de deux voitures, tirées par quatre chocobos chacune. La garde du palais assurait la protection de la cargaison, mais vu la rareté de cette dernière, le renfort qu’apportaient les étudiants n’était pas superflu. L’accueil ne fut pas des plus chaleureux, les soldats avaient tous l’air plus antipathiques les uns que les autres et la palme revenait au marchand qui avait obtenu le juteux contrat du transport de la marchandise. La cinquantaine passée, cachant un embonpoint sous un corset, il avait le visage constellé de cicatrices. Affichant un large sourire édenté, il ouvrit les bras d’un air débonnaire pour saluer sa nouvelle escorte.
- Bonjour, je suis Ansel Heratt… c’est moi qui ait posté une requête pour obtenir de l’aide.
- Bonjour… Fang Izumo, leader de cette formation de cadets de la FIU.
- Je penses ne pas avoir besoin de vous expliquer les détails de votre mission.
- Effectivement… et j’ajouterais qu’il faudrait mieux se mettre en route tout de suite si vous voulez toucher la prime pour avoir respecté les délais.
- Formidable ! Je suis content d’être accompagné de jeunes gens plein d’entrain. Allons-y !
Ansel repris sa place de cocher et fit claquer son fouet. La caravane se mit aussitôt en route, cahotant aux grés des accélérations des chocobos. Le trajet emprunté s’annonçait des plus tranquille tant la route était fréquentée. La précieuse cargaison attirait toutefois les convoitises et il valait mieux se prémunir en cas d’attaque. La responsabilité d’un échec de la livraison incomberait à la FIU et nuirait à sa réputation, tous les étudiants en étaient conscients et redoublaient d’attention, sauf Tanis qui sombrait dans une léthargie inquiétante. Sa première grande mission, il s’attendait à de l’action, des combats où il prouverait une fois de plus sa valeur à Artémis, et au lieu de tout ça, une stupide escorte sur un chemin bondé de monde. Décochant des bâillements à s’en décrocher la mâchoire, il ne remarqua même pas que la deuxième voiture dodelinait dangereusement.
L’inévitable finit par arriver et un craquement sourd tira Tanis de sa rêverie où il pourfendait keurls et dragons. Le reste de la troupe se mit en branle-bas de combat, prêts à faire face à tout opposants quels qu’ils soient. L’agitation folle suivant l’accident se dissipa rapidement quand ils s’aperçurent qu’une roue venait de lâcher et que ce n’était pas l’œuvre d’une personne malveillante voulant s’approprier la matérite. Les badauds regardaient tous la scène avec avidité, bien trop content d’avoir un peu d’animation sur leur trajet et espérant voir des blessés pour raconter une histoire incroyable à la première taverne où ils iraient. Fang sentit ses joues s’empourprer, trop conscient de se donner en spectacle, il se dirigea rapidement vers Tanis.
- Qu’est ce qui s’est passé ?
- heu… bah… je ne sais pas trop…
Ansel arriva, les bras au dessus de la tête, jurant au possible et obligeant Fang à s’énerver d’avantage.
- Comment ça tu ne sais pas ? Tu était censé surveiller ce côté-ci de la diligence… tu es vraiment qu’un incapable.
Tanis se mordit la lèvre pour ne pas exprimer le fond de sa pensée, mais il devait bien l’admettre, il avait fait preuve de négligence et sur ce coup là, Fang avait raison. Pendant ce temps, Ansel jurait de plus bel, constatant l’étendue des dégâts.
- Je suis désolé, je ferais plus attention dorénavant.
- C’est donc de ta faute garnement, dit Ansel en roulant des yeux.
- Il faut l’excuser, intervint Fang, c’est encore un novice et nous nous engageons à faire les réparations.
- Et comment, c’est à la FIU de prendre ses responsabilités, je ne vous paye pas pour rien.
Trois gardes du palais affichèrent des sourires en coin et se jetèrent des regards complices, décidemment, ils étaient bien loin de l’image de soldats que se faisait Tanis. Trois heures furent consacrées aux réparations. La force des jumeaux servit à maintenir le chariot en équilibre, Fang trouva une branche qui ferait figure d’axe pour les roues et la tailla aux bonnes dimensions, Artémis se servit de sa magie du feu pour souder des pièces de métal. Quant à Tanis, il n’avait pas vraiment de talent utile et fut cantonné à disperser la foule, ce qui lui remettraient les idées en place, pensa Fang. Tanis nota cependant un détail quand il contempla l’axe brisé, une entaille bien trop nette était présente, ce qui lui fit penser à un sabotage, mais dans quel but ? Ansel entama un nouveau numéro et Tanis mit fin à sa réflexion.
- C’est scandaleux… nous avons perdu un temps fou. Impossible d’arriver à temps pour prendre le bac et ainsi traverser le fleuve
- Peut être qu’en nous dépêchant…
Tanis n’avait jamais vu Fang s’incliner devant qui que ce soit et là, il en était presque à faire des révérences.
- Nous dépêcher… ha… elle est bien bonne…
- Il y’a sûrement une solution…
Ansel se caressa la barbe naissante et contempla Fang d’un regard perfide, il ajouta d’un ton condescendant :
- Hum… il y a bien un moyen, la route n’est pas sure mais avec un peu de chance nous pourrons rattraper le retard et arriver avec de l’avance.
Les étudiants se regardèrent et seul Tanis ne semblait pas d’accord avec l’occasion qui se présentait. Fang repris la parole :
- D’accord, nous vous suivrons Ansel… dites nous en un peu plus.
- J’ai entendu parlé d’une route passant à environ un lieu du Jagd de Tax Narak. Si nous partons vers le nord au prochain carrefour, nous pourrons la rejoindre.
- Entendu… montrez-nous la voie.
Il n’en fallu pas plus à Ansel pour reprendre les rennes du convoi. Il semblait jubiler en son fort intérieur et Tanis pris fang à part.
- Ecoute Fang, je sais que je n’ai pas été à la hauteur mais là, je ne le sens vraiment pas…
- Ca suffit ! Je n’ai que faire de tes impressions, si on en est là, c’est par ta faute. Alors on suivra Ansel puisque nous n’avons plus le choix.
Tanis ne su pas quoi répondre, encore une fois Fang était dans le vrai, il était responsable de leur situation peu enviable. Pourquoi fallait-il qu’il se laisse distraire par toute sorte de chose ? Fang n’était pas comme ça et il finit par admettre que Fang méritait plus le commandement que lui. Cependant, les choses allaient changer, il ferait des efforts pour rester concentré. Ainsi, il ne broncha pas quand Fang lui ordonna de se placer en tête du convoi avec un des gardes du palais pour servir d’éclaireur. De plus, Fang lui avait glissé que c’était le seul garde qui lui inspirait de la confiance comparé aux trois autres et qu’en cas de coup dur, Tanis pourrait compter sur lui. Finalement, avait-il tenu compte de son sentiment ?
Grégoire Gardecouronne était l’héritier d’une des plus grande lignée de gardes du palais. Agé de seize ans, blond aux yeux bleu acier et d’une imposante carrure, il avait tout pour réussir et rapidement devenir chevalier, tout comme ses aïeuls. Il avait pourtant promis à son père de ne pas s’engager, mais trois mois après le décès brutal de ce dernier, il avait enfin l’age légal pour s’enrôler et ainsi faire la lumière sur la mort de son paternel. Grégoire était d’une droiture sans égal et respectait plus que tout le code de la chevalerie. Tanis avait sympathisé rapidement avec lui et avait fini par apprendre comment il s’était vu confié cette mission, il remplaçait un garde qui avait mystérieusement disparu la veille du départ.
Le plus étrange dans cette histoire, était que les trois autres remplaçaient également des gardes et que Grégoire ne les avait jamais vu auparavant. Il les trouvait louches et ils avaient semblé surpris en le voyant le jour du départ, comme si ils attendaient quelqu’un d’autre. Tanis fit part de sa découverte après l’accident et trouvait bizarre que Ansel, n’ayant uniquement entendu parler de la route, la connaisse si bien, évitant toute les difficultés. La possibilité d’un traquenard semblait de plus en plus plausible mais pourquoi avoir fait appel à des mercenaires ? L’après midi touchait à sa fin et le convoi se trouvait au plus proche du Jagd de Tax Narak. A leur gauche se trouvait un précipice et à leur droite une colline qui masquait l’horizon. Tanis pensa que c’était le lieu idéal pour une embuscade quand une flèche traversa le cou de Grégoire, mettant fin à une des plus illustre lignée d’Ivalice.
Pour la partie précédente, elle est dispo page 264, ainsi qu´un récapitulatif des pages des autres parties...
La suite demain... pour la plus sages bien sur... 