Voilà ma suite !
Attention, y a de la lecture
__________________
Une vive lueur parcourait les parois. Nos bruits de pas résonnaient dans l’escalier en colimaçon. Médryl et moi avancions prudemment, descendant marche après marche. Le moindre faux pas nous aurait été fatal. Je touchais du bout des doigts la paroi pour y prendre appui, me rassurant par ce contact rocailleux. La pierre était régulière au toucher : froide et lisse. Aucun trace d’usure, pas de fissure, pas de poussière, l’air lui même y était sain. Le temps s’arrêtait-il en ces lieux… ?
La température baissait sensiblement. Emmitouflés dans nos simples tuniques, nous grelottions de froid, l’humidité n’arrangeant pas notre état.
- Je t’avais dis qu’il aurait fallu prendre des vêtements plus chaud. A cause de toi je me les pèle !
Sa main droite était crispée sur la pierre d’ambre. Coincé entre ses doigts elle illuminait tant bien que mal d’une couleur rougeâtre le chemin à travers sa paume. Claquant des dents, les yeux exorbités par le froid, l’ambre éclairant faiblement son visage, sa tête me rappelait une tête de mort.
- « Des vêtements chauds » ? Ben, évidement, suis-je bête, pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt ? ! En plein été… Alors qu’il nous fallait marcher pendant des heures... Arrête de te plaindre Médryl…
- Hey ! Entrer dans un temple faisait parti du programme non ? ! C’est pour cela que je t’ai proposé d’emmener de quoi nous vêtir en plus !
- … Je sais bien que tu n’es jamais sorti du village, mais, crois moi, les temples sous terre ne sont pas choses courantes à Ivalice… même abandonnés. En plus, tu ne m’as jamais dis ça !
Nos voix se réverbéraient contre les murs, l’écho descendant dans les profondeurs.
- Hey ! Parce que t’es déjà sorti du village toi ? !
- Non et alors ? ! Je m’instruis moi, je lis…
- Hey ! Tu penses sérieusement que lire des bouquins chez Maître Erald t’aidera à te défendre contre des gobelins?!
- Arrête avec tes « Hey » tu m’agaces ! Et lâche cette pierre, on n’y voit rien ! Que tu me demandes d’aller devant, soit. Que tu me supplies pour garder l’ambre, passe encore… Mais si en plus tu la caches, comment veux-tu que je continue d’avancer ? ! C’est pas parce que ton père…
- Quoi mon « père » ? ! Pourquoi tu parles de mon père !
J’avais touché un point sensible. Son père, ainsi que toute sa famille, avait perdu la vie lors d’un raid de pillards contre le village. Il s’était retrouvé subitement seul au monde… Je crois que c’est d’ailleurs depuis ce moment là que nous sommes vraiment devenu inséparable, liés comme les deux doigts de la main. Le sujet était tabou.
- Excuse moi, je me suis laissé emporté...
Médryl ne dis rien.
Je me sentis vraiment bête. Nous nous retrouvions à la recherche d’un trésor tel qu’on en avait rêvé étant gamin, et voilà qu’on trouvait le moyen de se disputer… C’était trop stupide… Il ne fallait plus que j’y pense.
Mon corps suivait machinalement le rythme dicté par l’interminable série de marche. Un pied, puis l’autre, descendant toujours davantage. Mes jambes étaient en feu
Je retrouvai soudainement sur une surface plane. « Enfin ! » Je levais instantanément la tête, scrutant les ténèbres. Un couloir semblait se profiler sous mes yeux. Je fis encore quelques pas et pivotai la tête vers Médryl.
Il me fixait intensément, ses yeux étaient inexpressifs. Ses mâchoires se serraient et se desserraient, signe révélateur du trouble qui l’habitait. Je détournais la tête me concentrant sur le couloir devant moi. Le passage semblait s’élargir progressivement.
« Quand ce maudit tunnel va-t-il finir ? ! »
Nous avancions désormais côte à côte. Les parois jusqu’à présent de style simple, s’ornaient de sillons les creusant suivant des formes sphériques. Je suivais de l’index les gravures, m’amusant à en suivre les contours. Le contact avec la pierre commençait à me faire frissonner. « HA ! » Je retirais brusquement ma main, une substance gelée et gluante sur le doigt.
- Qu’est-ce qui y’a ? !
- C’est dégueulasse ce truc !
- Quoi ?
- J’en sais rien mais ça refoule !
Je toussais sous l’effet nauséabond de la chose, grimaçant de dégoût. Je frottais d’un air écœuré le liquide visqueux entre mon index et mon pouce, puis, d’un mouvement rapide du poignent, tentais de m’en débarrasser. Le fluide gluant fût projeté à terre dans un bruit spongieux. Je regardais maintenant avec aversion la paroi me jurant de ne plus y toucher. Une longue traînée la zébrait sur toute sa longueur.
- Je me demande bien qu’est-ce ça pouvait être…
Médryl hocha affirmativement la tête abordant un sourire radieux, amusé de mon infortune. Au moins avait-il retrouvé sa bonne humeur. Je me sentis soulagé, ravi que la situation est évoluée.
Nous nous remîmes en route.
Le dédale souterrain suivait une voix linéaire : aucun détour, porte ou obstacle ne nous freinait réellement. Deux bonnes heures s’étaient écoulées depuis notre entrée. La sueur perlait plaquant mes cheveux sur mon front. Je les ébouriffais d’un air las. Le souffle rauque, la gorge sèche, je m’arrêtai. Médryl se retourna, le dos courbé, les mains sur les genoux, lui aussi n’en pouvait plus. Une pause s’imposait. Je saisi ma gourde et avala une longue rasade d’eau fraîche. Je la tendis à Médryl qui me suppliait du regard, la langue pendante.
- Haaa ! Nom d’un furoncle de Gobelins ! Ça fait du bien !
- Ouais… J’suis en train de me demander si le vieux ne nous a pas roulé.
- Le vieux ? ... Ce n’est pas parce qu’il était emmitouflé dans sa cape et que l’on n’a pas vu l’ombre de son visage qu’il est forcement louche.
- … Hahaha, très amusant… Non sérieusement, jusqu’à présent à part… T’as entendu ?
- A part… « j’ai entendu »… ? Quoi ?
- Tais toi !
Un cliquetis métallique régulier, nous parvenait, presque imperceptible. Un raclement sur la pierre… Puis rien, à nouveau le silence.
- T’as entendu ?
- Non…
- T’es bouché ou quoi ? !
Un long cri strident le coupa net, nous glaçant le sang. Mon cœur battait la chamade je frissonnais. Etait-ce le froid, la peur ? Sûrement les deux à la fois. Une chose était sur, nous avions de la visite.
- Dis moi que ce ne sont que des gobelins Zek…
L’effroi et la crainte rendaient sa voix hésitante. Des gobelins, ici ? C’était peu probable. Ces créatures, bien qu’adorant les endroits obscur tels que les grottes, n’auraient aucun intérêt à être si loin de la civilisation. Non… J’ignorais quel étaient les être capable de pousser un cri aussi morbide, mais quelque chose me dit que l’on ne tarderait pas à le savoir.
- Allons-y…
______________________________
La suite arrive ^^