voilà la suite de mon scénario. Merci d'avance à ceux qui accepterons de la lire et d'y laisser un commentaire afin que je puisse m'améliorer^^
Je m’arrêtai brusquement, la main sur la poignée de la porte et baissai les yeux.
Mon cœur fit un bond et je reculai d’un pas.
Il y avait une épaisse traînée rougeâtre sur le sol et une forte odeur de sang filtrait à travers la porte.
J’inspirai profondément, bloquai ma respiration et abaissai la poignée.
Dans un grincement de fin du monde la porte s’entrouvrit, me laissant apercevoir un bien triste spectacle, digne des plus grands films d’horreur.
Le corps sans vie d’une jeune femme était allongé à même le sol dans une marre de sang au milieu de la pièce.
J’étouffai un cri d’effroi et me précipitais vers elle. Son beau visage était ravagé par la terreur et ses yeux bleu marine fixaient sans le voir un point au dessus de moi.
A la vue de la robe pourpre à présent trempée de sang que portait le cadavre mon cœur s’était mis à battre à mille à l’heure. Mais en voyant le visage de la victime mes doutes s’étaient confirmés : il s’agissait de Lola Star.
Et je n’aurai désormais plus jamais l’occasion de lui reparler. Je devais dire que cette nouvelle m’attristai beaucoup, car les seuls souvenirs qu’elle aurait désormais de moi seraient on ne peut plus négatifs.
Mon regard s’arrêta sur une inscription située tout près du poignet gauche de Lola.
Mon sang se figea et je fus prise de violents maux de tête. Ma vue se brouilla et le monde sembla tanguer tout autour de moi. Mais cette inscription sanglante continuait à me narguer.
Je m’agenouillai près de Lola et me mis à pleurer. D’abord doucement, puis de plus en plus fort, sans que je puisse faire quoi que se soit pour m’arrêter.
Je me redressai et fouillai dans ma poche à la recherche de mon téléphone portable.
Je poussai un juron et essuyai du revers de la main mes larmes. Mon mobile était resté dans la salle de conférence !
Soudain j’entendis un bruit du côté des cabines de toilette. Je tendis l’oreille mais il s’était estompé, visiblement il n’y avait personne ici à part moi, ce qui était de toute manière logique, tous les invités devant être en ce moment même avec Cody Penal.
Je baissai les yeux vers mon pantalon qui était tâché de sang, je pouvais lui dire adieu !
Un courant d’air frais balaya une mèche de cheveux que je repoussai d’un geste impatient.
La fenêtre était en effet ouverte et déversai sur la pièce le froid environnant qui régnait au dehors.
A présent mes mains tremblaient et la confusion la plus totale était en train de me prendre, si ce n’était pas déjà fait. Une seule question me taraudait l’esprit : que faire ?
Un claquement sec interrompit mes pensées et la porte s’ouvrit brutalement.
_Kate ! Kate !
Une femme d’une quarantaine d’années entra en coup de vent dans la pièce et à ma vue poussa un hurlement.
Je tentai de l’apaiser.
_Oh, mon dieu, vous, vous…
Puis elle aperçut le corps de Lola, toujours dans la même position.
Elle cria de plus belle.
_Police !! Police !!!
La suite fut un enchaînement d’évènements un peu confus. Une dizaine de personnes, attirées par les hurlements de l’inconnue accoururent et bientôt d’autres cris vinrent accompagner ceux que poussait toujours la femme.
J’avais bien conscience que tous les soupçons portaient sur moi, tout d’abord mon pantalon ensanglanté, le fait que personne de toute évidence n’ait été témoin de ce qui s’était passé, et enfin que c’était moi qui avait découvert le corps de Lola.
Et puis, il y avait cette inscription.
Mais jamais je n’aurai imaginé que cela irait plus loin… Après tout j’étais innocente non ?
La police arriva sur les lieux du crime quelques minutes après qu’elle eut reçu un appel du personnel du restaurant qui avait été prévenu du drame, et ordonna aux invités de rentrer chez eux. Tous exceptés moi et la dame qui était entrée juste après dans les toilettes.
En apprenant la nouvelle Phil et Ely avaient insisté pour rester, en affirmant farouchement à l’enquêteur principal qui n’était autre que Franklin Specteur que je n’avais rien à voir dans cette histoire.
Celui-ci semblait d’ailleurs partagé, enfin juste avant qu’il ne voit l’inscription qui ne quittait pas mon esprit depuis que j’avais découvert Lola.
Nous avons conduit l’inspecteur et ses subalternes sur les lieux du crime et à mesure que nous nous rapprochions la peur me lacérait le ventre et ma gorge se nouait de plus en plus.
L’inconnue qui avait surgit dans la pièce en criant ne me quittait pas des yeux depuis quelques minutes et son visage était inondé de larmes. Elle bégaillait un mot, un seul : Kate.
Arrivé dans la pièce Specteur prit tout en charge et nous ordonna de rester en arrière.
Il s’approcha du corps mutilé de Lola Star et se figea soudain.
Je reculai d’un pas, prête à recevoir la question qui n’allait pas tarder à arriver.
_Vous l’avez tuée ? me demanda Franklin.
L’autre « témoin » poussa un hoquet de terreur et fondit de nouveau en larmes.
_Non, affirmai-je avec, j’espérai, le plus de sincérité possible.
_Alors comment comptez-vous m’expliquer ça ?
L’inspecteur s’écarta et dévoila l’inscription que j’avais trouvée il y a quelques minutes.
Un frisson me parcourut l’échine.
De toute évidence, c’était ce que Specteur semblait en tout cas m’indiquer, la victime avait eu le temps dans un dernier soupir d’écrire à même le sol le nom de son assassin.
Et celui-ci tenait en trois lettres. Trois petites lettres écrites au rouge qui allaient tout changer.
Sam.
Je fus emmenée dans la salle de conférence, désormais vide, et interrogée longuement par les enquêteurs.
Je savais qu’Ely et Phil étaient tout prêt et c’était donc pour eux, pour ne pas les inquiéter, que je m’efforçai d’être « décontractée » et coopérative.
_Que s’est-il passé quand vous avez découvert le corps de cette jeune femme ?
_J’ai essayé d’appeler la police, une fois mes émotions contrôlées, mais j’avais laissé mon portable dans la salle de restauration.
_Aviez-vous des antécédents avec la victime ?
Je soupirai et cachait derrière mon dos mes mains qui s’étaient remises à trembler au souvenir de Lola Star.
_Nous étions au collège ensemble.
_Etait-ce l’une de vos proches amies?
Je secouais la tête.
_A l’époque il y avait toujours eu une certaine rivalité entre nous, alors on peut dire que je ne la portais pas dans mon cœur.
_Hum, hum… Bien nous avons un mobile, une inscription écrite par la victime et vous étiez la première arrivée sur les lieux. Mademoiselle je crois que vous allez devoir nous avouer la vérité.
Je m’emportai.
_Quelle vérité ? Que je suis de toute évidence victime d’un coup monté ?
Franklin fronça les sourcils.
_Que voulez-vous dire ?
_Au début de la conférence j’ai reçu un appel inconnu qui me disait de me rendre au plus vite aux toilettes.
_Et pourquoi donc ?
Je choisi de jouer franc-jeu, c’était la seule manière de pouvoir m’en sortir.
_Cette… personne voulait s’entretenir avec moi à propos d’une affaire que j’ai traité il y a un mois.
_Quelle affaire ?
_L’affaire Dylan Mc Coffee.
_Oui, je m’en souviens.
Je me redressai, soudain subite d’une brusque inspiration.
_Hé, attendez, si j’arrive à prouver que cette conversation a bien eu lieu, alors je ne serai plus soupçonnée de quoi que se soit !
_C’est possible, en tout cas vous ne paraîtrez plus la seule suspecte.
_Mon portable doit être encore dans mon sac, et il a sûrement dû enregistrer la conversation que j’ai eue tout à l’heure.
_Dave ! cria Specteur. Apporte-moi le sac de mademoiselle Grat.
_De suite chef !
Le dénommé Dave tendit à son patron mon sac à main et celui-ci se mit à fouiller longuement à l’intérieur.
Il s’arrêta brusquement.
_Inspecteur ? Demandai-je, envahie d’un doute devant son manque de réaction.
Franklin sortit du sac une paire de gants ensanglantés et secoua la tête.
_Je suis vraiment navré d’en arriver là. Je pensais que vous valiez mieux que ça Samantha…
Je déglutis péniblement.
_Et… mon portable ?
_Il n’y a pas de portable.
_Je vous demande pardon ?
L’inspecteur soupira.
_Ecoutez, mentir ne vous servira à rien, si ce n’est qu’à vous nuire. Il n’y a aucun portable dans votre sac à main.
_Comment ?
_Chef !
Dave s’approcha de nous, un couteau à la main.
_Nous avons trouvé l’arme du crime.
_Très bien.
_Mais il y a également autre chose.
_Quoi encore ?
_Nous avons cherché à qui pouvait appartenir le couteau utilisé,et avons donc fait le tour de chaque table pour constater…
_Pour constater quoi ?
_ Qu’il n’y avait qu’un seul couteau qui manquait à l’appel.
_Bon, vous allez cracher le morceau oui ou non ? S’impatienta Specteur.
_Ce couteau… c’était celui de mademoiselle Grat, chef.
Je crus m’évanouir sous l’effet de la révélation qui s’imposait à moi et me mordis très fort la lèvre inférieure, si bien qu’une goutte de sang perla au coin de ma bouche.
_Restez avec elle, Dave.
Il se leva et rejoignit un petit groupe d’enquêteurs.
Dave évitait de rencontrer mon regard et je voyais bien qu’il était gêné de se retrouver tout seul en ma présence.
Enfin, à ce qui me parut une éternité, Franklin revint accompagné de deux de ces hommes et posa sur moi un regard empreint de tristesse.
Je me levai et le regardai avec un sourcil interrogateur.
_Samantha Grat vous êtes en état d’arrestation. Vous avez le droit à un avocat.
Specteur me passa deux menottes d’acier aux poignets et me poussa vers la sortie.
_Je suis vraiment désolé, Samantha, vraiment… me souffla t-il.
_Mais, attendez !!!
Je me retournai et criai à Phil qui me dévisageait avec stupeur.
_Prends soin d’Ely et ne vous inquiétez pas pour moi tout…
_Silence ! m’ordonna un policier.
« Tout ira bien », complétai-je en moi-même.
Du moins je l’espérai.
Et alors que l’on m’emmenait dans la voiture de police j’entendis une petite voix qui me criait de revenir. Une voix reconnaissable entre mille.
_Sam, non !
Pour cacher mes larmes de souffrance je baissai la tête et me laissai emmener par l’escorte de police vers une destination à laquelle je ne préférai pas penser.
_Sam !!!
La voiture démarra en trombe et je murmurai une dernière parole avant de m’emmurer définitivement dans le silence.
Je laissai alors la vague de douleur s’immiscer en moi, mes pleurs silencieux se déversant à grands flots sur mes joues rouges.
Pour la première fois de ma vie je sentis l’espoir me quitter totalement, comme une flamme soufflée sur une bougie, alors que nous faisions route dans la nuit d’encre de ce vendredi 25 Mars.
Et ça ne présageait rien de bon…
A l’extérieur du restaurant « Au justicier d’or » une frêle silhouette s’effondre sur l’asphalte noirâtre de la route.
Elle gémit d’abord doucement, puis de plus en plus fort.
Jusqu’à ce que le gémissement devienne souffrance, jusqu’à ce que la souffrance devienne douleur.
Puis le calme.
Soudain une phrase portée par le vent qui vogue dans la nuit, se jouant des obstacles de la vie.
Et si l’espoir pouvait se transmettre ?
Cinq mots.
Pas un de plus.
Pas un de moins.
« Je t’aime…petite sœur. »
Et la flamme se ralluma.