Partie 2 :
Chapitre 1
Reys Helmett, vingt-cinq ans et un mètre quatre-vingt-dix, s’avançait lentement dans le couloir de la prison. Il avait les cheveux coupés court, comme le règlement l’impose, et des lunettes de soleil cachaient ses yeux de manière à ne laisser paraître aucunes émotions. C’est essentiel dans ce métier. Si un prisonnier sent que vous êtes mort de peur, il va essayer d’en profiter. Il devait rendre son rapport sur l’évasion de Kenji, le détenu au numéro cinquante-trois. Il arriva enfin dans le bureau de son patron. Il hésita, fit quelques pas en arrière. Mais il fallait qu’il donne son rapport, sinon ce serait encore pire. Il finit donc par frapper à la porte, trois coups secs et brefs. Il arriva dans le bureau. Spacieux, sentant une douce odeur de café, et remplit d’objet témoignant de grands voyages à travers le monde. On aurait presque envie d’y rentrer. Mais, car il y a toujours un mais, l’odieux directeur qui inspirait la crainte, le dégout, voire même la peur faisait perdre tout les beaux rêves de ce bureau.
<< Fermez la porte après être entré, on voit bien que ce n’est pas vous qui payez le chauffage ici ! , grogna t’il dès le début du rendez-vous, comme pour mettre en condition le gardien.
-Oui, monsieur. , osa seulement répondre le gardien devant son impressionnant patron. >>
Le directeur de la prison était petit et chauve. Mais c’est surement son poste important ou alors son autorité qui poussaient les invités dans ce bureau, à se faire les plus petits possible, malgré eux.
<< Alors ce rapport ? >>
C’est mal parti pensa alors Reys, mais je dois faire ce rapport.
<< Le nommé Squall Leonart s’est rendu ici, en… >>
- Quoi ? Il a réussit à entrer ? Vous êtes vraiment des abrutis, ou alors vous vous foutez de moi ?
- euh… Je disais donc : Le nommé Squall Leonhart s’est rendu ici, en toute illégalité et a fait évadé le nommé, selon lui car personne ne le connaît, Kenji Levens.
-Et ils ont réussis à s’enfuir ? C’est un vrai gruyère cette prison ! Je ne suis entouré que d’incapables ! Je vous donne vingt-quatre heures pour les retrouver, sinon je vous promets qu’il y aura des représailles ! >>
Reys s’inclina devant son patron, tel un esclave devant son maître et prononça les mots suivants :
<< Ne vous inquiétez pas, monsieur. >>
Et il sortit de cette salle sinistre, ou plutôt de cette salle rempli par un individu sinistre. Au moins il n’avait pas eu à faire son rapport.
Deux hommes marchaient dans la rue. L’un avait les cheveux bruns et le teint pâle, l’autre était plus grand et ses magnifiques cheveux couleur châtain couvraient à moitié une cicatrice qui entaillait son visage, entre ses deux yeux. Ils marchaient silencieusement, sans mot dire en pointant tout les deux leurs regards vers le sol, comme si ils n’avaient pas envie de voir l’avenir et préféraient que tout s’arrête jusqu’à ce que le plus petit engage la conversation. Il avait encore une voix d’enfant. Mais celle-ci était bizarre, comme dépossédée de la joie qui convient aux bambins :
<< Squall, je me demandais, pourquoi m’as-tu sauvé ?
- Parce que… en fait je ne sais pas. Surement parce que si j’évite une guerre pour sauver des gens, ce n’est pas pour en laisser mourir, et puis je ne trouve pas juste de te mettre une étiquette « espion « simplement parce que tu portes des vêtements d’Esthar. Comment t’appelles-tu, au fait ?
-Quoiii ? Tu ne connais pas mon prénom ?
- Comment connaitrais-je le prénom d’un étranger ? Tu es peut-être célèbre à Esthar, mais pas ici.
- Mais je suis Kenji, ton fils !
- Tu dois délirer, je n’ai pas de fils, et encore moins un qui s’appelle Kenji. >>
Comment cela pouvait être possible ? C’est mon père, pourtant … Est-ce qu’il ne serait pas au courant de son fils ? C’est triste, mais c’est surement ça… Ma mère le détestait (il réussit à étouffer un sanglot) donc elle n’a pas voulu qu’il me connaisse et elle a donc changé de nom.
Les pensées de Kenji s’arrêtèrent alors sur ces dernières probabilités.
Squall s’arrêta soudain.
<< Bon, c’est ici que nos chemins se séparent.
- Mais ? Qu’est-ce que je vais faire ?
- Ce n’est pas mon problème, j’ai pris des risques pour que tu n meures pas pour rien, c’est tout. Basta, rideau ! Au plaisir de te revoir, « mon fils «.
Et il le planta là. Kenji courut alors le rattraper.
<< Mais qu’est-ce que je vais faire, moi ? Je n’ai pas de quoi dormir, pas de quoi manger ni boire !
- Ce n’est pas mon problème. , dit-il en continuant d’avancer.
- Mais ? Tu ne peux pas faire ça !
- Oh que si. Bon, je n’ai pas que ça à faire, si tu continue à me suivre, je vais être obligé d’utiliser la force.
- Pas grave, ça ne me fait…
- STOOOOOOOOOP, vous deux, Squall et Kenji Levens, retournez-vous et mettez vous contre le mur !!
- Hein ?
- Je suis Reys Helmett, chef des forces militaires de la prison du désert.
- Et alors ? , dit Squall sur un ton de défi tout en s’avançant vers l’ennemi qui était lui-même entouré d’une dizaine d’homme. >>
Le jeune homme essaya de retenir son père, mais sans résultat.
<< Laisse, ordonna Squall.
- Mais non, je vais m’en occuper, je ne sais pas ce qui m’arrive mais on dirait que je suis invincible.
-Tirez sur Squall, ordonna soudain le chef ennemi. >>
Les coups de feu retentirent. Kenji hésita un instant. Mais après tout, il était surement invincible grâce au changement de temps. Il se jeta devant Squall et reçut deux dans la tête.
<< Arrêtez, hurla Reys. Vous avez blessé le gamin.
Kenji ne comprenait rien. Il saignait du crâne et il avait un œil crevé.
<< Comment cela se fait ? Je suis normalement invincible, je n’ai rien senti à la torture qu’ils m’ont faite.
-Espèce d’imbécile ! , hurla Squall. Pour toi, le fait de ne pas ressentir la douleur veut dire que tu es invincible ?
Mais oui… Il était seulement insensible à la douleur. Quel idiot il avait été ! Il allait mourir à cause de sa bêtise et pourquoi ? Parce qu’il avait voulu joué au héros. Il ne faisait aucun doute que Squall aurait pu se débrouiller tout seul. Mais maintenant il allait devenir un fardeau pour… son père.
Il se releva tout de suite, ses yeux étaient empreints de colère, son âme aux mains de la haine.
<< C’est hors de question !! , hurla t’il. Je ne gênerais pas mon père, quitte à mourir !!
Il courut vers le premier homme, prêt à lui en faire baver. Le soldat essaya de le frapper avec son fusil. Kenji évita le coup avec une facilité déconcertante.
<< C’est tout ce que tu peux faire ? , rigola t’il. >>
Il lui décocha un coup de poing, dans la mâchoire. L’homme tomba à terre sous la violence du coup. Kenji en profita pour ramasser son arme et susurra ces deux mots aux soldats :
<< Bye-bye >>
Et il appuya sur la détente, son fusil pointé sur le ventre du soldat, à quelques centimètres. Le garde devint ainsi un tas de chair immonde. Mais cela ne peina pas le moins du monde Kenji. C’était sans doute du au changement temporel. Il s’avança ainsi vers l’autre garde. Celui-ci recula vivement, effrayé par le sort du précédent soldat. Kenji lui tira aussi dessus. Et tira sur tous les autres, même sur Squall. Celui-ci esquiva facilement le tir et se précipita sur l’enfant.
<< Mais qu’est-ce que t’as foutu, tu es malade ??
- ‘Faut que quelqu’un me soigne, c’est urgent, le reste on s’en fout !
- Quoi, on s’en fout ? Tu as vu le carnage que tu as fait ? En plus tu m’as tiré dessus !!
- Je ne sais pas ce qui m’a pris, je suis désolé.
- Donne-moi ce fusil, je ne tiens plus à ce que tu refasses ce genre de massacre. Et puis je ne suis pas ton père ! Bon, monte sur mon dos, je vais t’emmener à l’hôpital le plus proche. >>