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Drainons-nous car nous voulons du fou.

Teen_Spirit
Teen_Spirit
Niveau 10
17 septembre 2005 à 23:25:26

Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes commença à fuir. Il avait peur du panneau. Il en avait d’autant plus peur qu’il savait que les ravages qu’il provoquait pouvaient l’atteindre à tout moment… Il s’arrêta de courir.
Durant ses voyages, Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes avait acquis quelques facultés de destruction. Il n’avait pas eu à s’en servir souvent mais il se dit que contre le panneau publicitaire, il n’avait pas le choix. C’était on ne peut plus vrai. Il ne percevait que trop bien le danger que représentait le panneau. Il avait tellement peur que son corps ne lui obéissait plus, il était irrémédiablement poussé à détruire la créature.
Le panneau était comme une porte. Un œil pouvait regarder au travers. Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes avait peur qu’à ce moment, l’œil choisisse de regarder par le panneau…
Peur.
En silence, les grains de sable autour de lui commencèrent à se trémousser. La suite se passa très rapidement. Le sable jaillit vers le panneau, transperça son corps d’une infinité de trous. Puis il s’empara des jambes de la créature et les lui broya.
Le désert avait senti la peur de Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes. Il brûlait de colère de savoir qu’il avait été parasité, mais la maladie avait été éradiquée… Tels étaient les sentiments du désert.
Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes était à la fois content et très triste. Il sentait très bien que la maladie était toujours dans le corps du désert. Il avait toujours peur.
L’œil n’avait pas eu le temps de regarder à travers le panneau. Pas le temps… Il devait être occupé à regarder autre chose… par une autre porte. Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes ne doutait pas que bien d’autres panneaux étaient fichés dans la peau du désert.
Lui et le désert étaient à présent réconciliés. Il choisit de cacher ses pensées au désert. Il ne voulait pas gâcher ce bonheur que son ami retrouvait, même s’il ne le partageait pas.

Quand le désert fut endormi de nouveau et que Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes se fut reposé, il se remit en marche. Une fois en mouvement, il se sentit ragaillardi. Il avait enfin une destination, comme autrefois, lorsqu’il sillonnait le désert de long en large. Et il espérait. Sans doute pourrait-il reprendre ses explorations, s’il triomphait des panneaux publicitaires et de l’œil derrière eux.
Il retourna à la ville de métal.

Teen_Spirit
Teen_Spirit
Niveau 10
17 septembre 2005 à 23:26:15

Chapterving: J´ai voulu, mais j´ai du mal à lire les centaines de pages, et ça m´embête un peu de prendre l´histoire en cours...

Teen_Spirit
Teen_Spirit
Niveau 10
18 septembre 2005 à 21:25:10

Je me permets un up, et en prime de demander des avis.

C´est quelque chose que j´aime vraiment pas faire, mais cette histoire a pris pas mal d´importance aux yeux de quelqu´un (j´aime pas ça non plus) et par conséquent aux miens.
En outre, je poste cette histoire également sur le forum Ecriture, cependant il y a ici des gens dont les avis m´intéressent et peuvent même m´aider à continuer...

bahamut800
bahamut800
Niveau 5
18 septembre 2005 à 21:37:01

c une histoire tres space mais pourtant super interressante. par contre t´a bien fait de raccourcir les paragraphe parce que esseyer de lire un truc et en plus de comprendre sa, sa peu prendre du tmps lol

tohru
tohru
Niveau 10
19 septembre 2005 à 12:15:53

rooh nooon moi j´voulais un nouveau pavé ! Lol j´plaisante ^^ Très très bon, Teen :)

string_guerrier
string_guerrier
Niveau 6
19 septembre 2005 à 13:47:56

Je viens de commencer la lecture de ce gros pavé qui - faute de temps - sera terminé plus tard.
Donc, je préfère reserver mon avis pour ce plus tard justement.

Juste une question : Teen fan de Tim Burton?

Teen_Spirit
Teen_Spirit
Niveau 10
21 septembre 2005 à 09:02:42

Non, pas fan, même pas connaisseur en fait.

MysticalPotatoe
MysticalPotatoe
Niveau 10
21 septembre 2005 à 14:02:08

Quand je lis ca, je pense à pas mal de trucs. Des pensées remplies de musiques, comme toujours, et musicalement ton histoire me fait beaucoup penser à... un mélange de Pink Floyd, Genesis... un monde poétique, magique... J´imagine Gabriel sur une plateforme, avec un de ses deguisements, qui colle toujours au decors, et à l´ambiance... ou Gilmour, dans le desert, la nuit tombant et les étoiles avec. Monthy Pythonesque...
Imagine la strat de Stevie Ray Vaughan, plantée là, dans le sable. Au pied d´une forteresse d´acier poli, avec des toutes petites fenetres, en verre poli aussi... Cette strat usée jusqu´au coeur. Mais apres la musique planante, vient celle des chars. Avec des humains, à l´interieur. Bien sur.. pourquoi faut il toujours que ca finisse ainsi ? Une sorte de tradition ? Brûlez tout... qu´on en parle plus. De toute facon l´avenir se trouve ailleur. Peut être plus haut... dans le ciel ?

MysticalPotatoe
MysticalPotatoe
Niveau 10
21 septembre 2005 à 14:03:24

Tiens je viens de regarder ton adresse mail, et il me semble qu´on se connait. Je peux pas dire depuis quand, ni si on s´est beaucoup parlé, mais on se connait.

Teen_Spirit
Teen_Spirit
Niveau 10
23 septembre 2005 à 23:10:11

Pourquoi retourner à la ville de métal ? Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes avait fui la ville, autrefois, car il avait eu peur. Et il avait fui le panneau parce qu’il avait eu peur du panneau. Il était néanmoins revenu vers le panneau, pourquoi alors ne pas revenir vers la ville ?
Il fut bien évidemment attristé par ce qu’il vit. La ville était toute rouillée. Alors qu’elle étincelait autrefois avec douceur sous la lueur des étoiles, elle était aujourd’hui d’une couleur ocre et terne. Ce n’était rien d’ étonnant, le désert lui-même s’était beaucoup assombri, et Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes était sûr que, dans la nuit, plusieurs étoiles manquaient à l’appel depuis longtemps. Cependant, le silence qui régnait en ce lieu plaisait à Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes. Il était pesant quelque part, et même épais, mais semblait simplement paresseux, comme si l’atmosphère était endormie, tranquille… Et à bien y réfléchir, il était vrai que l’atmosphère avait du avoir la vie dure, à l’époque où lui et ses amis étaient ici.
Il retrouvait d’anciennes dunes, d’anciens paysages, il revenait, les mains comme dans les poches s’il en avait eu, au lieu de ça elles ballottaient presque gaiement au rythme de ses pas. Presque, car bien sûr, cela le touchait profondément de revoir la ville, la ville sans ses amis. Mais, quelque part, le fait qu’elle avait changé de visage l’aidait. Il avait vécu, les choses étaient différentes maintenant. Il s’était réellement endurci.
Il passa enfin sous l’arche rouillée, fit quelques pas et regarda autour de lui. Il se décida vite quant à l’endroit précis où se diriger. Il y avait peu de choses à voir au final. Il alla voir le pilier de métal contre lequel Celui Qui Portait Des Computers s’était bloqué lors de son non-retour. Il avait continué à marcher, le front collé au pilier, balayant le sable de ses pas traînants. Il avait creusé au fil du temps un trou d’une profondeur inimaginable. Il était peut-être même encore entrain de creuser inconsciemment, à l’heure qu’il était. Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes voulait aller voir. Il descendit donc dans le trou.
Combien de temps descendit-il ? Il arrêta bien vite de compter. Le pilier de métal semblait infini, s’enfonçant éternellement, toujours plus profond dans le sol. Le trou qui y était adossé suivait sa parfaite verticalité, une minuscule tâche de nuit était visible en levant la tête. Celui Qui Portait Des Computers n’avait jamais dévié d’un seul cheveu, comme s’il était profondément enclenché dans le pilier de métal. Ce devait être un monde étrange que le sien, se disait Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes, où un disque de nuit devenait un soleil et où il était toujours midi. Celui Qui Portait Des Computers ne devait pas vraiment s’en soucier.
Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes arriva finalement au fond du trou. Il arriva juste dans le dos de Celui Qui Portait Des Computers. Ce dernier avait le regard vide de ses derniers jours qui duraient éternellement. Il n’avait pas changé. Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes se perdit quelques temps dans la contemplation de ce visage, alors qu’en retour il ne lui était témoigné aucun signe d’attention. Puis il détourna ses yeux et, au bout d’un couloir dans le dos de Celui Qui Portait Des Computeurs, il vit une porte de métal. Il s’y dirigea et l’ouvrit. Il entra dans un couloir un peu plus large, en fer, tout gris. Il entendait comme des sons très lointains, étouffés. Il avança très lentement dans ce couloir, pas à pas. Il voyait une autre porte, droit devant. D’autres couloirs annexes partaient sur les côtés parfois, mais Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes ne voulait pas se perdre, et s’en tint donc à suivre une ligne droite. Il arriva devant l’autre porte. Les sons étaient désormais plus proches. Il posa sa lourde main sur la poignée, tourna, poussa. Encore du métal. Il referma la porte derrière lui.
Le son ne pouvait être plus proche, et pourtant il était toujours étouffé. Mais étouffé n’était pas le mot qui convenait. C’était comme si Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes se trouvait à l’intérieur du son. Sur les murs étaient accroché du papier, qui voletait au gré d’un vent imperceptible. Les feuilles s’envolaient parfois, et disparaissaient par une fente dans le mur. D’autres arrivaient d’une autre fente, qui se trouvait en dessous de deux carrés d’une matière très étrange que Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes avait parfois rencontrée dans ses voyages. Une matière sans vie, du sable vide, dépossédé, du verre. Il savait que le verre ne changeait pas à chaque instant d’apparence, il était bien trop mort pour cela ; il laissait passer la vue à travers lui. A travers les carrés de verre, Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes vit quelque chose qui ressemblait aux mondes qu’il avait vus parfois lorsqu’il franchissait des frontières.
C’était comme d’être derrière les yeux, et entre les tympans de quelqu’un d’autre.
Il ne voulait pas être hypnotisé par cette vision qui ne lui appartenait pas. Il fit demi-tour, rouvrit la porte, la referma derrière lui. Il remonta jusqu’à la ville de métal après avoir jeté un autre regard sur Celui Qui Portait Des Computers.

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
24 septembre 2005 à 14:50:03

Justement, la septième saison de NS, la prochaine, t´auras pas besoin d´avoir tout lu, c´est un tout nouveau principe, ce n´est pas comme si tu prenais l´histoire en cours. Ton univers personnel donnerait pas mal de renouveau à l´histoire donc, dès que ça recommencera, très honnêtement, n´hésite pas une seconde.

Ton écrit est toujours autant stylé. C´est incroyable, on sent un style. Mais pas une convention stylistique comme des centaines d´autres l´ont fait sur le forum ou autres, nan, un style qui séduit parce qu´il frappe, et qui frappe parce que nouveau. On pressent que certaines idées fantaisistes sont parfois un peu forcées (genre Celle avec les Cheveux à la place des pieds) mais le tout converge vers la construction d´une ambiance psychédélique, noire, et abyssalement déserte.

Je m´explique. J´imagine les lieux de ton imagination comme un immense désert, des villes conserves rotées par le sable comme des legos ensevelis sous des tombes furtives, avec à leur image, des personnages, et un perpétuel ciel d´univers morne et sombre parsemé de froides étoiles. C´est aussi la solitude qui griffe les yeux à la lecture de tes mots. On respire une mégalomaniaque solitude du personnage, on se sent tellement seul dans lui, pour lui, sous ses baskets. Tous les grains de sable sont pour moi des âmes mortes qui observent, amusés, le chemin absurde autour d´un monde stupidement rond et fini...

Ta prose est un revolver électrique et charmeur. J´aime, j´adopte, j´adhère, c´est hyprahumain. Bravo.

Teen_Spirit
Teen_Spirit
Niveau 10
25 septembre 2005 à 21:28:09

MysticalPotatoe>>> C´est possible en effet, toi aussi ton adresse msn me dit quelque chose... Mais je me rappelle de rien non plus.

Carvavale>>> Merci, c´est plutôt flatteur... Pour la prochaine saison de NS, je suis là que le week end mais ok, je garde un oeil dessus.

daggat
daggat
Niveau 5
26 septembre 2005 à 20:50:06

le debut est bien mais j´avoue que j´ai une flemme monstre de lire la suite...ahhh jsuis trop :sleep:

Teen_Spirit
Teen_Spirit
Niveau 10
30 septembre 2005 à 19:21:16

Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes sillonna la ville ; chaque pas stimulait sa mémoire, il retrouvait des choses au fond de lui, qui n’avaient certes pas beaucoup d’utilité. Il se prit cependant à replonger dans son passé, il sentait presque ses amis sur le dos de ses dunes. Il voyait chaque détail très clairement. Ces réminiscences étaient loin de le blesser. Il avait fait le deuil de ses amis depuis bien longtemps, petit à petit au fil de ses voyages. Peut-être cela le rendait-il triste, mais il avait acquis beaucoup de force morale et de contrôle de lui-même, et au final c’était comme s’il ne se rendait pas compte. Ca le surprenait presque, de passer outre sa tristesse sans même qu’elle ne l’affecte… Cela faisait tellement longtemps qu’il n’avait rien ressenti qu’il n’avait pas eu jusqu’alors la possibilité de découvrir sa résistance aux assauts des sentiments.
Mais il se rappelait néanmoins la panique qui l’avait assailli lorsqu’il avait dévisagé le panneau publicitaire ; sans doute que la peur l’aurait anéanti s’il n’avait pas eu cette faculté de protection.
Une tâche noire dans le sable l’extirpa de ses pensées. Il pencha son long corps et ramassa le petit objet à demi enseveli. Il s’agissait de ses lunettes de soleil, qu’il avait autrefois l’habitude de porter. L’un des verres était brisé, mais Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes s’amusa quand même à regarder les étoiles à travers le verre restant, que le temps avait laissé intact. Puis il retourna les lunettes, et vit quelque chose qui l’amusa beaucoup moins. Il vit son reflet.
Il avait vieilli. Il le savait, il le sentait depuis longtemps ; mais la vision que lui offrirent les lunettes le surprit. Il ne s’attendait à rien, il avait croisé cette image comme par hasard, et elle le prenait totalement au dépourvu, s’insinuait d’un seul coup en lui. Dans sa tête, ce fut comme si un gong glauque avait retenti.
Même en faisait abstraction du noir du verre, il s’était beaucoup assombri. Son visage était devenu plus dur, mais il avait complètement perdu l’éclat jovial de sa jeunesse. Il semblait fatigué, il semblait avoir vu trop de choses, il semblait presque malade et fou, irrité, érodé, rouillé par le temps… Un peu comme son ami le désert qui dérivait doucement vers la mort. Peut-être même que Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes était lui aussi infecté par un quelconque parasite, fiché quelque part dans son corps, sans qu’il puisse sans apercevoir ?
Ses amis dans ses souvenirs avaient gardé leur visage de jadis, et même Celui Qui Portait Des Computers, au fond de son trou, n’avait pas changé. Ils étaient tous partis avant que leur monde ne commence à s’écrouler, avait que le désert ne commence à s’effriter… Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes avait continué à le sillonner de long en large, et avait perdu au fil du temps cette lumière que ses amis et lui avaient tous autrefois en eux. Oui, sans s’en rendre compte, il s’était laissé affecter par la lente agonie du désert.
Et s’il avait eu tort ?
Il garda ses lunettes en main, monta sur un des bâtiments métalliques, et s’assit.

Teen_Spirit
Teen_Spirit
Niveau 10
14 octobre 2005 à 23:07:03

Cela faisait longtemps qu´il observait cette tâche verte au loin. Vert... La couleur du végétal. Il avait vu en ville quelques végétaux, mais il ne lui semblait pas en avoir jamais vu autant d´un coup. Et c´était, à vue d´œil, un vert uniforme, végétaux entre végétaux, sans aucun parasite métallique ou minéral. Et il marchait vers elle, depuis longtemps. La tâche verte grossissait vite, Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes marchait à grands pas. Il était le plus grand des marcheurs, ce sable qui aurait vite fatigué la créature la plus endurante était un précieux allié pour lui ; son ombre ondulait dans la nuit, suivant le jeu des dunes, comme le plus doux et le plus léger des tapis. Chaque grain de sable semblait sourire à sa venue et le saluer. De même, Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes leur témoignait toute sa bienveillance.
Il arrivait à destination. Ce n´était pas une frontière comme pour entrer en ville, c´était un lieu qui était directement là, parfaitement intégré au désert. C´était une jungle épaisse, à la fois endormie et pleine de vitalité. Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes y entra doucement, silencieusement... Pas comme un voleur, simplement comme quelqu´un qui ne voulait pas déranger. Il fut surpris de l´accueil de la jungle. Elle sembla ouvrir un œil, se rendre compte de sa présence, et se mit à frémir. Ce n´était pas pour lui faire peur, c´était plutôt une invitation ; la jungle l´invitait à la découvrir. Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes accepta, et, en remerciement, s´ouvrit à la jungle en même temps qu´elle s´ouvrait à lui. Son corps se teinta d´une magnifique couleur verte, et il eut l´agréable sensation de sentir, à partir de la plante de ses pieds, des lianes lui pousser à l´intérieur, lui monter dans les jambes et jusqu´au bout de ses doigts. Et sa conscience s´était diffusée de la racine des plantes les plus profondes à la plus haute cime des arbres de la jungle, il voyait dans des directions multiples, il surplombait le désert tout en ayant les pieds dans la terre douce, il se sentait à la fois éphémère comme une fleur sauvage et était investi de la longévité des arbres.
Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes continuait d´avancer plus profond dans la jungle. Il arriva finalement, en son centre, à une clairière. La jungle se retira en partie de lui, et lui retourna à son corps. Pas complètement. Ils étaient encore attachés par un lien qui les rendait tous deux heureux. Mais la jungle avait voulu rendre à Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes une partie de lui-même pour lui présenter son cœur.
Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes vit le reflet frétillant des étoiles, agité par un vent d´une douceur exquise, à la surface d´un lac merveilleux.

Teen_Spirit
Teen_Spirit
Niveau 10
02 novembre 2005 à 02:11:58

Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes se releva du toit, lentement... Comme pour ne pas brusquer son retour et risquer de rompre quelque chose. Il voulait laisser le chemin de cette évasion en parfait état, c´est pourquoi il prenait d´infinies précautions et ne revenait que très lentement à lui. Son corps n´avait pas besoin de tant de temps et lorsque Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes eut repris totalement conscience, la ville rouillée n´était plus qu´un point ocre à l´horizon, dans son dos. Il voulait retourner à la jungle et au lac. Il ne les avait pas revus depuis fort longtemps, et s´inquiétait de leur état de santé. Il espérait que cela lui donnerait des indices à la fois sur la gravité du mal du désert, et peut-être aussi sur sa propre santé, à lui.

Sur sa trajectoire le désert semblait retrouver un éclat depuis longtemps perdu. Les grains de sables, bien qu´ils aient toujours été bienveillants, avaient au fil des errances de Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes, été envahis d´une certaine lassitude. Mais à cet instant c´était différent. Il marchait droit et vite, son regard était fixé vers sa destination. Oui, c´était ça, de nouveau il avait un but, il marchait vers quelque chose, et son visage semblait retrouver un semblant de jeunesse. Et les grains de sable se passaient le mot, tout le désert se réveillait et se tournait vers les dunes mouvantes, comme si rien n´avait changé. A cet instant, c´est ce qu´on aurait pu croire : tout était comme avant.

Mais ce fut de courte durée. Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes sentit, bien avant de voir la tâche verte à l´horizon, la surprenante vitalité qui émanait de la jungle. Il en fut d´abord heureux mais cela ne dura pas. A mesure qu´il s´approchait il sentait que cette vie n´était plus la même qu´avant. Ce n´était pas simplement du au vieillissement. Il percevait comme des multitudes de voix qui ne s´accordaient absolument pas, qui faisaient vibrer l´air de manière complètement insensée. Dans l´air et dans le sol résonnait un vrombissement malsain qui pulsait à partir de la jungle... Une cacophonie aux limites du supportable, un flux continu de folie et de dégénérescence qui obstruait l´esprit de Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes. Il avait peine à penser, et il s´arrêta. Il devait aller voir plus près, et il était déterminé à le faire, mais il devait se concentrer pour ne pas se laisser envahir par ce terrible chant. Il mobilisa toute cette résistance et cette dureté qu´il avait apprises et s´en servit pour construire une barrière solide autour de son esprit.
Puis il se mit à courir vers la jungle sans l´ombre d´une hésitation. Le chant s´amplifia, s´amplifia encore comme il s´approchait, mais grâce à sa protection, il tint bon. Il courut et traversa la jungle. Rien ne l´arrêtait. Les branches se brisaient, les lianes se coupaient, les plantes étaient noyées par les grandes dunes qu´il laissait dans son sillage. Il transperça la végétation jusqu´au centre de la jungle, jusqu´au lac.

Ce qu´il vit le stupéfia. Des humains comme il en avait vus autrefois étaient allongés, assis, debout, se promenaient, parlaient, riaient, jouaient... Des humains par dizaines de dizaines... Et surtout, des panneaux publicitaires tout aussi nombreux étaient fichés ça et là, répandant leurs ondes. Mais le pire, c´était que la jungle était parfaitement docile, et participait même aux jeux. Elle recevait les ondes des panneaux et les retransmettait... Quelques humains avaient remarqué Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes, et le regardaient d´un air ébahi. Sa barrière mentale céda. Non pas sous les assauts du chant fou, mais sous la vague implacable d´une colère extraordinaire qui la brisa de l´intérieur. Totalement hors de contrôle, il fondit vers les humains qui le regardaient et les écrasa sous ses dunes avant qu´ils aient pu comprendre. Un vent de panique s´empara des autres, et ils se mirent à courir en tout sens. Leur chant était encore plus fou et bien plus puissant qu´auparavant, mais les ondes de colère qui déferlaient de l´esprit de Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes auraient repoussé un chant mille fois plus fort encore. Il chargea les humains, leur lança leurs panneaux publicitaires, il tua et détruisit tout ; il était devenu une furie hors limites et hors contrôle. Lorsqu´il eut fini, il voulut s´adresser à la jungle... Mais elle ne lui répondit pas. Ou peut-être qu´elle essaya de lui répondre, mais son langage contaminé n´était plus compréhensible. La jungle avait trahi Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes et le désert lui-même. Elle avait véhiculé la maladie en eux. Et ce qui blessait Celui Dont Les Baskets Dont Des Dunes, ce qui attisait sa colère, c´était de se rendre compte qu´il était, et ce depuis longtemps, bel et bien seul.

Il laissa déborder une nouvelle vague. De ses dunes se mit à grandir une sorte d´ouragan de grains de sable tournoyants, qui allèrent creuser des millions de petits trous dans la végétation. Il entendait clairement ce qui, dans ce langage dégénéré, devait être des gémissements de douleur. Mais cela ne suffirait pas. La jungle saurait réparer ces plaies.
Alors, Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes sauta très, très haut. La jungle cria. Puis deux dunes immenses vinrent combler le lac et le noyer. C´était le cœur de la jungle. Tout autour, la végétation se grisa, se recroquevilla sur elle-même, se fana. Le cri de la jungle perdit en intensité jusqu´à s´éteindre totalement.

saban
saban
Niveau 7
12 novembre 2005 à 20:35:39

ouai c´est vraiment un style très spécial...

bahamut800
bahamut800
Niveau 5
26 décembre 2005 à 13:48:11

arf g eu du male a la retrouvé cette fic j´esperai trouvé une suite mais malheureusement g deja lu tt sa.
aller un p´tit :up: pour cette fic un peu space mais quand meme sympas lol

Teen_Spirit
Teen_Spirit
Niveau 10
05 mars 2006 à 23:04:58

Lol merci bahamut800. La suite j´ai mis longtemps à la trouver, et d´ailleurs c´est une suite/fin. Même si c´est une fin provisoire, je pense que je vais laisser reposer un petit bout de temps.

Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes resta là, au sommet de ses dunes, au dessus de ce qui avait été le lac. Lui-même s´éteignait petit à petit, le vrombissement de sa terrible colère se taisait peu à peu, laissant place à un silence plus lourd encore que celui qu´il avait entendu lorsque ses amis étaient morts dans la ville de métal, il y avait bien longtemps. A cette époque, même s´il n´en avait pas réellement conscience, le sable vivait, et, quelque part, la jungle aussi. Même à travers les portails, dans les assemblages invraisemblables de pierre et de métal, résonnaient des murmures propres à la vie. Aujourd´hui Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes n´entendait plus rien. Il n´y avait plus aucun murmure de fond. Tout semblait s´être éteint avec la jungle.

Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes voulut quitter cet endroit. Il se remit à marcher. Le bruit de ses pas contrastant avec le vide vint alourdir encore le silence. Pourtant il ne voulait pas s´arrêter. Marcher, c´était sa raison d´être, qu´aurait-il pu faire d´autre ? Mais quelque chose avait changé. Jusqu´alors ses pas avaient toujours battu la mesure, en harmonie avec la mélodie du désert. Maintenant il n´était plus qu´un rythme dans le vide, un métronome qui ne voulait pas s´arrêter. Pourtant quel sens y avait-il à continuer ? A quoi servait-il ?
Surpris par ces questions, il allait s´arrêter. Mais soudain il s´aperçut d´une chose : depuis qu´il avait quitté la jungle il avait été pris en chasse, il était poursuivi. Il sentit la panique monter en lui, et il se mit à courir.

Il courut comme jamais il n´avait couru, il survolait le désert à grandes enjambées, à peine apparu l´horizon était déjà derrière lui ; rien n´y fit. Il était rattrapé petit à petit et fut finalement frappé. Il réalisa ce qu´il ne voulait pas réaliser, il comprit l´évidence qu´il avait voulu fuir. Il s´écroula, prenant conscience de ce qu´il était devenu. Il resta allongé au sol, incapable de se relever : c´était un poids trop lourd. Il avait tué la jungle.
Le désert allait mourir très prochainement et lui aussi. Ainsi le monde de Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes allait à sa fin. Et lui qui voulait lutter contre y avait finalement contribué. Peut-être même que Celui Dont Les Baskets Sont Des Dunes allait mourir avant le désert.

C´est cette pensée qui lui fit relever la tête. Etrangement, la perspective de la mort venait alléger son fardeau. Il vit qu´il était tombé juste à l´orée de la ville de métal. C´était un bon endroit pour mourir. C´était là que ses vieux amis avaient disparu, et il était heureux de disparaître au même endroit qu´eux. Mais avant de partir il voulait encore découvrir une chose. Il ne voulait pas que sa vie se finisse dans la confusion dans laquelle il était plongé, il voulait d´abord remettre de l´ordre en lui-même, comprendre comment il en était arrivé là. Il se releva donc, entra dans la ville. Il se sentait déjà plus serein. Il monta sur le toit d´un bâtiment, s´assit. Il regarda le désert pour ce qui serait peut-être la dernière fois. Il se revoyait parcourir le sable, il se remémorait ses aventures... Il prit une inspiration et plongea à l´intérieur de lui-même.

HaZck
HaZck
Niveau 10
12 mars 2006 à 23:04:41

Eh bien Teen..

Je passe en coup de vent, hasard d´un soir.. Et que vois-je en exeplorant la deuxième page ? Chose que je fais pourtant rarement (mais j´cherchais NS ^^).. Le titre d´un topic oublié.. Une histoire qui pour moi restait inachevée.. Quel agréable surprise Teen, j´suis content et préssé !

Oui, préssé de pouvoir tout relire, me renfoncer dans ce monde tordu auquel je trouve un charme très... envouteur. Seulement, pour mon plus grand désaroi(t) ? (s) ? (e) ? bref, je suis exténué, et j´ai déjà les yeux qui piquent >< Alors, je me promets de revenir...

Merci d´avoir continué...

(Nicolas, il faut qu´j´te parle !)

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