Il se dressa sur ses jambes, qui lui semblèrent avoir bien du mal à porter son corps... La nuit était complètement tombée, et le silence était total. La peur au ventre, il fit un pas... puis un autre... A chaque pas le rapprochant de la porte de la pièce, son coeur battait plus fort dans sa poitrine. Il approcha doucement sa main de la poignée... Tourna avec une infinie lenteur, et poussa... La porte grinça dans une longue plainte qui manqua de le faire s´évanouir. Il lui fallut, de nouveau, plusieurs minutes pour reprendre son calme. Lorsqu´il se sentit prêt, il inspecta le long couloir serti de bougies qui s´étendait devant lui.
Rien de suspect à l´horizon. Il s´avança. Il voulait de quoi se défendre. Il devait aller à l´arsenal. Il pressa le pas, désirant sortir au plus vite de ce palais hanté...
Il arriva finalement devant la porte de la cache d´armes. Il tourna la poignée... et ouvrit brusquement cette fois; il ne voulait pas se refaire peur comme la dernière fois, il avait appris sa leçon. La porte s´ouvrit brusquement, donc... sur un amoncèlement de dépouilles désarticulées, déchiquetées, démembrées. L´odeur épaisse du sang envahit les narines du roi, dont la vessie se délesta de son contenu. Il ne chercha pas à prendre d´arme. Il claqua la porte et s´enfuit en courant sans savoir où il allait.
Après de longues minutes de course efrennée, il arriva dans les cuisines... La salle était très éclairée et il vit quelqu´un de vivant. Il alla à sa rencontre. Il s´agissait visiblement d´un vieil homme, mais le roi ne pouvait voir que son dos.
" Vous avez survécu! lança-t-il.
- Oui... répondit le vieil homme."
Le vieillard se retourna lentement... Et le roi constata avec horreur qu´il n´avait plus d´yeux...
" Bien malgré toi, misérable humain!"
Le roi recula, trébucha, tomba à la renverse... Il leva les yeux vers le vieillard qui souriait cruellement, le fixant de ses orbites vides avec une précision surnaturelle... L´homme resta de longues secondes pétrifié au sol, puis la peur finit par le faire se relever et reprendre sa course. Il n´entendait pas de bruits de pas, mais il sentait cette présence derrière lui. Il prit conscience de l´obscurité qui l´entourait... Qui avait soudain éteint les bougies? Il criait à gorge déployée tout en courant comme il n´avait jamais couru de sa vie.
Il heurta quelque chose et tomba de nouveau en arrière. Il releva la tête, et vit...
Deux yeux scintillants dans la pénombre. Scintillants de plaisir, de mépris et de désirs sanguinaires... Et son autre poursuivant le ratrappa. La mort le ratrappa, dans le pire de ses revêtements...